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PowerPoint, outil de médiocrité

Je sais qu’en écrivant ce titre, je vais me faire tomber dessus à bras raccourcis par de nombreux fans dudit logiciel.

Pourtant, c’est une évidence : PowerPoint, aujourd’hui, est très inférieur à Keynote. Que ce soit du point de vue technique ou du point de vue pratique : quand on lance PowerPoint, on a affaire à un logiciel typique du Microsoft des mauvais jours.

J’en veux d’autant plus à PowerPoint que par sa faute, des millions de mauvais orateurs se sont sentis bien plus puissants grâce à leurs diapositives faites avec amour. Manque de bol, la seule pire chose qu’un mauvais orateur, c’est un mauvais orateur qui utilise PowerPoint comme support de lecture.

Les entreprises sont désormais élevées au culte du PowerPoint. C’est devenu plus qu’un outil de présentation : on utilise désormais PowerPoint comme traitement de texte. Si si.

Mais plus encore, PowerPoint appauvrit la création, car chez Microsoft, on est tout sauf créatif. Microsoft n’a jamais rien compris aux créatifs, n’opposant qu’une logique technologique pas forcément douée de sens. Et aujourd’hui, cette logique commence à mal supporter les ans.

Garr Reynolds, sur son site Presentation Zen, se pose la question : Le monde est-il devenu meilleur après 20 ans de PowerPoint ? J’ai un horrible doute.

Pour comprendre où on en est arrivé, une petite histoire vécue : alors que je travaillais dans le service informatique d’un groupe de publicité, nous avions fait venir l’équipe commerciale d’un grand constructeur. Un très grand. Du genre qui aurait revendu sa branche de fabrication d’ordinateurs à un groupe chinois y’a quelques années. Et durant cette réunion, la représentante commerciale nous a sorti son ordinateur, a lancé sa présentation PowerPoint, et… à peu de choses près, nous l’a lue. Or, il y avait déjà trop de texte dessus, pas assez d’informations permettant de différencier son produit face à celui de ses concurrents.

Mais il y a eu pire. À un moment, la dite commerciale nous a dit « bon, ben là, je vous laisse lire, ça sera plus simple ». J’avoue que là, j’ai failli tomber de mon fauteuil : le commercial qui s’efface complètement derrière sa présentation, j’avoue que ça, on me l’avait jamais fait. C’était en dessous de tout : là, ce n’était même plus au commercial de faire sa présentation, mais au client de se faire son idée du produit, en se basant juste sur des diapos (pardon, dites « slides », ça fait genre je connais bien le logiciel).

modelepp.png
Des bien beaux modèles, comme on aimerait en voir plus souvent…

Cette approche de la présentation, Microsoft en est à mon goût en grande partie responsable. On pourrait dire que ce n’est pas vrai, car ils ne font que fournir un outil. C’est faux : Microsoft fournit l’outil, mais également des modèles de documents prêts à l’emploi. Disponibles dans la Bibliothèque de projets d’Office, chaque document utilise une présentation hideuse, et fournit des conseils non seulement éculés, mais parfois dangereux. Microsoft standardise la présentation, limite la créativité, et impose en plus son mauvais goût à chaque utilisateur de son produit.

Microsoft n’a pourtant aucune excuse : Office est sûrement sa branche la plus lucrative, elle devrait donc y consacrer une énorme partie de ses ressources pour faire un produit meilleur à tous les niveaux, un véritable outil de présentation destiné à appuyer le discours… et non pas à le remplacer totalement !

D’un autre côté, il n’est pas difficile de comprendre pourquoi Microsoft a du mal. C’est tout simplement en adéquation avec son créateur. Il suffit de télécharger cette présentation et de la regarder avec PowerPoint pour comprendre : essayez juste de me résumer le message de Bill Gates durant cette présentation en moins de deux phrases de 30 mots. Bon courage : ça sent tellement la confusion, qu’on ne peut sortir que déséspéré d’une telle présentation. Pour Bill Gates, il faut présenter toute la richesse du produit, quitte à tomber dans l’abus (notez qu’il adore le mot « riche », on le retrouve très souvent à toutes les sauces sur le site de Microsoft).

C’est d’ailleurs pour cela que Steve Jobs a poussé à publier Keynote : pour que la médiocrité de PowerPoint ne soit pas le standard absolu, contre lequel rien ne peut être fait. C’est pour cela que j’adore utiliser Keynote, qui lui au moins sait ce qu’est une couche Alpha, qui ne me dit pas ce que je dois rentrer sur telle diapositive de ma présentation, et a par contre le bon goût de m’indiquer si mes objets sont bien alignés ou non. Keynote a ouvert une voie salvatrice aux logiciels de présentation. Si Apple avait le bon goût de l’offrir au monde Windows, je ne serais même pas choqué, au contraire, j’apprécierais vraiment. Ne serait-ce que parce que ça permettrait peut-être d’avoir un outil capable de libérer la créativité des utilisateurs… et non pas de l’enfermer dans des modèles tout préconçus, et moches de surcroit.

Bien entendu, ça ne change rien au fait qu’un mauvais orateur restera un mauvais orateur. Mais peut-être qu’en montrant mieux les vrais principes de la communication, les outils de présentation seront capables d’atténuer notre douleur dans les années à venir.

On peut toujours rêver…

Sony préparerait la fermeture de son service Connect

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Les trois clients sont sous le choc.