Archive for 31 mars 2011

Le point faible d’Apple…

… C’est qu’il y aura toujours des journalistes blogueurs pour écrire parfois tout et n’importe quoi.

Par exemple, dire que les fonctions de l’iPad sont cachées. Que le multi-tâche est dur à trouver. Qu’Apple refuse d’intégrer Flash, alors que c’est une techno qu’aucun autre constructeur n’arrive de toute façon à intégrer proprement aujourd’hui dans un appareil mobile (quatre ans après la sortie du premier iPhone…). Que la disparition d’un Steve Jobs mettrait la compagnie à genoux, alors qu’il a su avant tout remettre les valeurs d’Apple au centre de la compagnie et y placer des personnes qui ont toutes contribuées au renouveau de la société, ce qui perdurera bien après son départ 1. Qu’iOS est un système fermé et c’est trop mal, alors que c’est surtout un système qui fonctionne, ce qui est l’essentiel. Et que la notion d’ouverture est devenue d’ailleurs très relative

Désormais, donc, il faut trouver une nouvelle méthode pour taper sur Apple. Parce qu’après tout, c’est important de taper sur Apple. Sinon on ne se fait pas de pub… quitte à dire n’importe quoi.

OK, donc. Apple a implémenté le multitâche, mais n’a pas communiqué dessus. Ce n’est pas après tout comme si, quand on lance une mise à jour d’iTunes, il n’y avait pas un message qui apparaît pour dire quelles sont les nouvelles fonctions, et un lien pointant vers plus d’informations. Ce n’est pas non plus comme si ces fonctions n’étaient pas documentées sur le site, ou mises en valeur même sur la homepage d’apple.com. Et éventuellement reprises par les sites web en masse.

Je vais être critique, pour changer : il faut arrêter de penser que parce qu’Apple fait des produits plus ergonomiques que d’autres constructeurs, cela dispense l’utilisateur d’apprendre à utiliser son produit ou à se poser des questions dessus. Le problème, c’est que l’informatique, iPadesque ou pas, ça emmerde aussi beaucoup de monde. Que les mises à jour, on les fait parce que le logiciel le demande, et qu’on serait bien trop impoli de le lui refuser. Mais après, ce que ça apporte vraiment… En tant que fils de garagiste,  l’automobile m’a toujours profondément gonflée, et a un aspect particulièrement utilitaire. Je ne m’extasie pas devant un moteur V6, la courbe d’une BMW m’en touche une sans faire bouger l’autre, etc. Mais j’ai quand même fait un jour l’effort de LIRE le guide fourni avec mon automobile 2 et, incroyable, j’ai appris des choses !!!

Le problème, c’est que lire une documentation, informatique ou non, c’est souvent pénible pour quiconque. Et soit on se sent motivé, soit on espère faire face à un produit tellement simple qu’on peut se passer d’un manuel. Manque de bol, iOS 4.2 a apporté ce qu’on ne souhaitait pas voir arriver dans iOS : de la complexité. Parce que tout un tas de monde demande (exige !) des nouvelles fonctions, qui rendent le produit moins simple à utiliser. Plus complet, oui, mais moins simple. Très honnêtement, Apple aurait pu faire le minimum vital sur iOS, à savoir implémenter le multi-tâche sous forme de gestion des apps en tâche de fond. Car la plus grosse critique sur iOS quand on parlait de multi-tâche, c’était « je ne peux pas écouter Spotify en tâche de fond pendant que je surfe avec Safari, bouh caca Apple ! ». Tuer des tâches, passer rapidement d’une app à une autre, tout ceci est finalement un bonus pour les geeks. C’est juste redonner aux power users les outils qu’ils ont été amené à utiliser sur les plate-formes informatiques classiques et qu’ils pensent être indispensables pour Monsieur et Madame Michu.

Mais en réalité, Monsieur et Madame Michu 3 n’ont pas forcément vraiment besoin de fonctions multi-tâches évoluées. Les gens qui ont adopté l’iPad parce qu’il est simple ne connaissent pas tous le coup du double-clic sur le bouton de l’iPad, et dans l’ensemble… ce n’est pas dramatique. S’il s’agit d’une fonction quelque peu dissimulée, c’est qu’elle n’est pas essentielle à l’expérience de l’iPad. Sinon, Apple l’aurait laissée bien visible, ou aurait eu une autre approche du Dock d’iOS. Tout comme beaucoup de gens ne savent pas qu’on peut faire Commande + Tab pour passer d’une appli à une autre sur leur Mac 4. Ou qu’on peut glisser une icône en enfonçant Commande et Option pour créer un alias.5. C’est mieux de le savoir, mais ce n’est pas indispensable de ne pas le connaître.

Bref : il y aura toujours différents niveaux d’utilisateurs. Il y aura toujours plusieurs niveaux d’utilisation de l’informatique. Il y aura toujours des gens intéressés par le sujet, et qui seront plus performants avec leur outil, parce qu’ils auront décidé de s’investir un peu plus que d’autres. Il y aura toujours des débutants, et des gourous. Ce n’est pas MAL que le constructeur / développeur propose ces solutions. Mais ce n’est pas MAL non plus que tout le monde ne les utilise pas. Le plus important reste que le produit soit stable, simple à utiliser, et qu’il apporte du plaisir à l’utilisateur. Si iOS gagne en fonctionnalités, c’est toujours mieux, mais il est parfois important que l’on fasse un petit bout de chemin tout seul. Ne serait-ce aussi que pour en retirer un peu de satisfaction personnelle.

Il y a une différence entre connaître le chemin, et arpenter le chemin – Morpheus, In Matrix.

  1. Même si je suis parfaitement conscient que sa disparition impactera à court terme la société.
  2. Une Prius II, puisque vous voulez tout savoir de ma vie, bande de pervers.
  3. Qu’on devrait peut-être arrêter de traiter comme s’ils ne connaissaient rien à l’informatique : si ça se trouve, il y a en France un monsieur Michu qui dirige des réseaux de botnets et va faire tomber mon serveur tandis que son épouse recompile des noyaux Linux entre deux pots de confiture. Les ordures.
  4. Oui, je sais, Alt + Tab sur PC. Mais vous êtes jamais venu sur ce blog ou quoi ?
  5. Si vous avez appris ces astuces ce soir, la prochaine étape, c’est Snow Leopard Efficace.

Aide pour le Japon

Je suis, comme beaucoup, scotché sur les flux RSS, sur les chaines de télé, à regarder la situation déjà cataclysmique au Japon empirer de minute en minute. Ce drame (mais peut-on parler de drame à un tel niveau ?) me fait à la fois enrager, fulminer, monter les larmes aux yeux, bref, me bouleverse. Je suis atterré par tout ce qu’on peut voir, et cette peur de la catastrophe nucléaire quasi-inéluctable rend mon travail difficile. Surtout que j’ai toujours été assez fasciné par le Japon, sa culture, ses habitants…

Alors, pour essayer de faire bonne figure, pour tenter de venir en aide à toutes ces familles sinistrées, chacun peut faire un geste. Je vais en faire un, à ma manière, comme je l’ai déjà fait il y a quelques temps. Il me reste sept exemplaires de mon dernier livre À la découverte de son iPad. Vous m’envoyez un chèque du montant du livre ou plus (après tout, il n’est qu’à 19€), je vous envoie le livre à mes frais, et je double votre don. Donc, pour chaque livre vendu, c’est 40€ que je reverserai à la Croix-Rouge. Pourquoi la Croix-Rouge ? Parce que même si vous ne souhaitez pas donner pour le Japon (chacun ses choix), votre don pourra bénéficier à une autre cause, et Dieu sait que la planète est mal en point en ce moment.

Si vous êtes intéressé, envoyez un e-mail à webmaster arobase gete point net. Et si vous n’avez pas envie d’acheter le livre, n’hésitez quand même pas à faire un don.

PS : j’ai une pensée spéciale pour tous ces hommes qui se battent actuellement au cœur de Fukushima et des radiations pour empêcher le pire. Si vous cherchez des vrais héros, en voici.

Présentation iOS en entreprise le 24/03 à Paris

Je présenterai iOS pour l’entreprise chez iCLG Paris, 26 rue du Renard (face à Beaubourg), 75004 Paris, le 24 mars prochain à 10h.

Au programme de la matinée :

– iOS : généralités
– L’intégration et le support Exchange.
– Messagerie, calendriers et carnets d’adresse avec les standards ;
– Contrôler l’environnement iOS avec les profils ;
– Les solutions de gestion mobile : MDM (Mobile Device Management) ;
– iOS et la sécurité ;
– La force d’iOS : les Apps – Achat, gestion, déploiement, SDK…

Une présentation de FileMaker Go pour iPad et iPhone complètera cette matinée.

Pour vous inscrire , cliquez sur ce lien :

http://www.iclg.com/inscription-iclgpro.asp?dateSem=110324&heureSem=10

Venez nombreux !

 

Bienvenue dans le monde réel, Néo

Même mise en scène. Même fauteuil. Même présentateur. Et pour certains, le même produit, mais cette fois-ci en version 2. La bonne version, comme aiment à le rappeler les Guignols. Mais un produit qui déjà, dans sa version 1, a révolutionné pas mal d’usages, qui a changé des vies, comme la vidéo d’introduction le montrait. Un iPad 2, pas forcément révolutionnaire, juste « mieux ». Pas mieux que la concurrence, mais juste mieux que le premier. En fait, si, forcément mieux que la concurrence, car… l’iPad est déjà là depuis un an, et son successeur est arrivé ce week-end aux USA.

Et entre temps, qu’a fait la concurrence ? Grosso modo : rien. Oh, oui, il y a bien eu la Galaxy Tab, et la Xoom arrive… Mais comparé au raz-de-marée qu’a été l’iPad, c’est négligeable. Car les constructeurs ont été totalement pris par surprise. Pensez donc : eux qui ont cherché parfois durant des années à faire un PC sous forme de tablette, n’ont pas ENCORE sortis un seul produit capable de la concurrencer. Pas une seule tablette à 500€ capable de faire ce que fait l’iPad. Et encore moins garni d’une bibliothèque de 65000 logiciels dédiés sortis en moins d’un an. Oui, certains étaient des réadaptations de logiciels existant sur l’iPhone, mais une énorme quantité d’entre eux ne pouvaient exister que sur une grande surface tactile. En ajoutant l’App Store pour télécharger ces applications en quelques clics ou « taps », en faisant évoluer régulièrement son logiciel, elle en a fait un produit qui a déclenché un intérêt énorme, et pour beaucoup, une nouvelle façon d’appréhender l’informatique. Mon fils a 2 ans et demi, mais il utilise l’iPad depuis un an, avec une aisance réellement surprenante. Aucun appareil électronique avant l’iPad ne peut probablement se targuer d’avoir une courbe d’apprentissage aussi rapide.

Ce qu’a fait Apple en l’espace de 10 mois est colossal. Mais l’erreur est de croire que tout le travail d’Apple s’est fait en quelques mois : en réalité, c’est un travail de plusieurs années (souvenez-vous de Steve Jobs qui expliquait qu’elle avait commencé par la tablette pour finalement se lancer sur l’iPhone). C’est la mise en place d’une architecture, d’un OS, et en réalité, d’une plate-forme : l’App Store. Le plus grand succès de ces dernières années, ce n’est pas iOS, mais bien la plate-forme de téléchargement menée de main de maitre par Apple.

Mais surtout, Apple a compris quelque chose d’essentiel : aujourd’hui, pour gagner, il ne faut pas se contenter d’annoncer, mais il faut délivrer en temps et en heure. Alors qu’Apple était la reine pour présenter des concepts dans son ère pré-Jobs, elle est devenue beaucoup plus terre-à-terre. La preuve : plus aucun ordinateur-concept n’a été annoncé depuis. Seulement des produits finis et livrés aux clients, en temps et en heure (à quelques exceptions près). Apple ne vend plus du rêve : elle vend du très concret, quitte à ce qu’il semble parfois un peu incomplet. Mais que vaut-il mieux : un produit pas complet à 100% mais qui donne satisfaction à 90%… Ou un produit de rêve qu’on ne touchera finalement jamais ?1. Le plus amusant étant qu’il y a quand même un contre-exemple important à cette règle, avec… l’iPhone blanc, qui n’est pas encore disponible pour des raisons techniques, et surtout je pense à cause d’un besoin de perfection. Pour le coup, Apple a préféré annuler sa sortie que le diffuser dans une forme qui lui aurait semblé de mauvaise qualité… Certains auraient sûrement eu moins de remords, en livrant une tablette incomplète.2.

Il faut voir également un autre point intéressant pour comprendre le succès de l’iPad : Apple ne dépend pas des opérateurs avec ce produit. Ou en tout cas beaucoup moins : pour un téléphone portable, il n’y a pas de choix : l’opérateur est un passage obligé, avec tout ce que ça implique comme conditions désagréables… et encore, Apple permet beaucoup moins aux opérateurs que les autres constructeurs3.

Apple est devenue une entreprise concrète, réaliste. Elle annonce, et elle réalise, parfois le jour même. Elle ne promet pas un produit qui fera monts et merveilles dans 4 mois ou plus, mais elle sort un produit qui fait déjà énormément et très bien dans sa version actuelle. Et que vous aimiez l’iPad ou pas, il est quand même évident qu’il aura tracé une nouvelle fois pour l’informatique des prochaines années.

  1. Oui, Courier, je te regarde.
  2. On pourra m’objecter que l’iPad est incomplet parce qu’il n’a pas de port SD-Card fonctionnel ou de Flash. La grosse différence ici : Apple n’a jamais annoncé que sa tablette aurait  ces capacités. Que penseriez-vous si vous achetiez une voiture décapotable et qu’on vous annonçait que la capote ne pourrait être ouverte qu’en septembre prochain parce qu’une mise à jour du toit doit être faite ?
  3. À l’exception très notable des verrouillages sur le mode modem ou désormais le partage Wi-Fi, toujours soumis à ce  racket honteux des opérateurs.

« Ouais mais on trouve pareil et gratos sur Internet ! »

Ce commentaire, je le lis de plus en plus souvent dans les commentaires de différents sites, et souvent à propos de livres, souvent informatiques.

Je l’ai lu par exemple à propos d’un livre que j’avais rédigé sur iWork’ 09. Un petit malin avait posté sur différents sites le même commentaire, à savoir que l’on trouvait la doc des logiciels d’iWork gratos sur Internet en PDF, rédigée par Apple, et que du coup c’était pas la peine d’acheter ce livre.

Je viens de lire un commentaire de ce genre chez MacGeneration, à propos de l’excellent livre de Jean-Christophe Courtes Travailler avec un iPad. Certes, il est en noir et blanc et c’est dommage, mais ça ne retire rien de la qualité de son contenu. J’ai eu aussi le droit à ces commentaires sur certains bouquins que j’ai écrit.

J’avoue : ces commentaires m’agacent. Ils m’énervent car ils négligent  complètement que la qualité d’un livre n’est pas liée qu’à son contenu, mais également à sa pédagogie et donc à son auteur. Ceux qui pensent qu’il n’est pas nécessaire d’acheter un livre sur Keynote parce qu’Apple a déjà écrit à son sujet ont-ils déjà vraiment ouvert un de ses documents ? Tous ne sont pas mauvais, certes. Mais si je regarde le nombre de personnes qui m’ont demandé si je comptais un jour faire un livre sur Mac OS X Server, alors qu’elles pourraient largement se contenter de la doc d’Apple sur Mac OS X Server… Après tout il y en a quand même 1500 pages, non ? Bah alors, elle est pas intéressante ? Ou alors, elle est un peu dure à digérer ? Ou pas assez didactique ou explicative, peut-être ?

Un livre ou une documentation, quel qu’il/qu’elle soit, impose un point de vue et une approche qui ne peuvent être universels. Chaque auteur apporte sa vision des choses, ses commentaires, ses critiques, son ton, son humour, sa passion… Il écrit son livre. Tout comme une scène de cinéma peut être filmée de multiples façons, tout comme Hugo n’aurait certainement pas décrit les Halles de la même façon que Zola, chaque auteur, quelque il soit, apporte sa patte. Se dire qu’on n’est pas limité à un seul auteur sur un champ donné est déjà une richesse !

Donc, ami lecteur, ami commentateur qui ne sait pas la complexité qu’il peut y avoir à créer un livre, qu’il fasse 100 ou 500 pages, n’essaie pas d’écraser de ton mépris cet auteur qui a juste peut-être eu envie de partager son expérience, sa passion au sein de ces pages. Ne pense pas parce que tu ne payes pas, tu as forcément un meilleur service que si tu avais investi quelques euros dans un livre. Dis-toi que peut-être que l’investissement que tu feras dans un bon bouquin te sera peut-être rendu au centuple le jour où, face à ton ordinateur, ton iPhone, ton iPad, tu rencontreras une galère (un indice : si ton ordi est en panne, l’Internet sera peut-être plus difficile d’accès, déjà). Dis-toi aussi que le temps que tu ne perdras pas à rechercher des informations sur des dizaines ou centaines de sites différents, il y aura peut-être quelqu’un qui l’aura pris pour le faire à ta place, et te le présenter de façon digestible.

Oui, sur Internet, il y a du contenu gratuit, et c’est bien. Mais non, il n’est pas forcément meilleur que celui que vous allez acheter. Et heureusement que ce n’est pas parce que quelqu’un a déjà écrit sur un sujet qu’il ne faut plus que quiconque écrive dessus…

iOS 4.3 : encore plus de support des VPN SSL

L’utilitaire de configuration iPhone 3.3 disponible dès ce soir en téléchargement contient une petite nouveauté : le support des VPN SSL tierce-partie non référencés. C’est une bonne nouvelle, car cela veut probablement dire qu’on peut désormais se connecter sur un VPN de type OpenVPN sans grosse difficulté.

En tout cas, à tester !