Archive for 11 janvier 2012

iOS et Mac OS X : une autre intégration est-elle possible ?

Par le jeu magique des liens sur lesquels je rebondis quand je surfe sur le web, je suis (re)tombé sur cet article de Gizmodo expliquant en quoi l’interface de Lion est bancale : en voulant intégrer des éléments d’iOS à Mac OS X, Apple a finalement mis au point un fourre-tout pas forcément inintéressant, mais mélangeant un peu trop une interface d’ordinateur « classique » à un système non-tactile. Et j’avoue que je suis plutôt d’accord avec cet article (je l’avais déjà dit à la sortie de Lion). La volonté d’Apple de proposer certaines des nouveautés d’iOS est certes louable, mais les personnes habituées à l’informatique ne cherchent pas forcément à avoir un LaunchPad à portée de main alors que le Dock leur suffisait très bien. Ce n’est pas que le Launchpad soit une mauvaise interface : son efficacité sur iOS n’est plus à démontrer (et mon boudchou de 3 ans me le démontre tous les jours), mais je pense qu’elle marche aussi très bien parce que c’est la seule interface pour lancer les applications. À contrario, on pourrait très bien vouloir utiliser l’interface d’iOS sur un ordinateur quand on a commencé à utiliser un iPad, et qu’on souhaite retrouver ses fonctionnalités sur le Mac : les switchers sont effectivement de plus en plus nombreux sur Mac… et pour le boudchou en question, pouvoir utiliser un Mac comme il utilise l’iPad pourrait être finalement plus simple.

Ce qui me fait penser qu’Apple pourrait finalement satisfaire tout le monde en proposant deux interfaces distinctes, selon l’envie  de l’utilisateur : ce que j’appellerai les « mode iOS » et « mode Mac OS X« . Idiot ? Pas forcément, d’autant que ce mode existe déjà partiellement sous la forme du « Finder simplifié », accessible via la préférence Système Contrôle parental. Pourquoi ne pas le faire évoluer vers un utilisation plus proche de celle d’iOS ?

Finder Simplifie

Quand on active ce mode sur un compte, on dispose d’une présentation affichant les applications avec des grosses icônes qui s’activent en un clic. Un mode finalement très proche du Launchpad… Apple pourrait alors en profiter pour imposer le mode plein écran aux applications compatibles, en oubliant complètement Mission Control (beaucoup trop complexe). Du coup, on se retrouverait avec un simili-iOS sur Mac, et ça serait plus cohérent.

Quand ce mode serait-il actif ? Facile : dès la création du premier compte du Mac, ou lors de la création d’un nouveau compte d’utilisateur. Évidemment, il faudra bien expliquer à l’utilisateur l’avantage d’un mode ou de l’autre. Voire, lui proposer le choix entre l’un et l’autre à la première ouverture de session, afin de lui permettre de choisir son interface…

Jusqu’ici, tout va bien

Note interne à Bouygues Télécom: « Arrivée d’un nouvel opérateur: Nos arguments pour y répondre »

C’est l’histoire de trois opérateurs téléphoniques qui chutent du haut de leur piedestal. Et pendant qu’ils chutent, ils se disent : « Jusqu’ici tout va bien. Jusqu’ici tout va bien…« .

Les larmes de Xavier

Free mobile1200

J’ai eu le plaisir d’assister à la conférence de lancement de Free Mobile ce matin. Et de ce que j’ai ressenti ou pu lire depuis quelques jours et ce matin sur Twitter ou ailleurs, il s’agissait probablement de la conférence de lancement la plus attendue depuis celui de l’iPad en 2010…

Pourquoi un tel impact ? Tout simplement parce que l’offre de Free est très clairement disruptive. Car Free a depuis longtemps compris un point important : les consommateurs savent que leurs abonnements de téléphone mobile leur coûtent trop cher, que la 3G a été l’occasion de faire augmenter le tarif de façon incontrôlée, en usant et abusant de cette « oligarchie » que se plaisait à dénoncer Xavier Niel. Mais nous avons subi cet abus, parce qu’Internet sur mobile est devenu une plus qu’une simple commodité, et que la « concurrence » telle qu’elle était alors présentée depuis des années était totalement inexistante. La meilleure preuve, je l’ai eue lorsqu’Orange a perdu l’exclusivité de l’iPhone : alors que j’étais en formation dans une chaine de magasins multimarques, la nouvelle était tombée le matin, et un de mes stagiaires me disait à l’heure du repas : « ah ben c’est super, ça va du coup faire une bonne concurrence pour faire baisser les tarifs et les forfaits ! ». J’ai alors ri très fort.

L’offre Free est, cette fois-ci, clairement distruptive, et cela va bien au-delà des chiffres. D’abord, parce qu’elle est volontairement très simple, mais aussi complète :

– Appels illimités, y compris à l’étranger vers 40 pays. Le coût de la communication est aujourd’hui dément sur mobile, alors qu’il n’y a pas de raison technique à cela.

SMS et MMS illimités. Connaissez-vous le coût d’un Mo de données transféré par SMS ? Lisez ceci. Et pleurez.

3 Go de data « Fair use » : c’est largement suffisant pour 99,999% des utilisateurs. Il faudra juste voir si la limitation imposée est alors tarifaire ou impactée sur le débit (je penche évidemment pour la 2 : facturation = plus cher et plus dur à contrôler).

– Pas de limitation sur les usages : VoIP ? Inclus. P2P ? Inclus. Mode modem ? Inclus. Ce dernier point me rend dingue depuis des années : Orange qui facture autant que l’abonnement juste pour surfer avec son téléphone depuis son ordinateur, mais QUEL EST LE FUCK ? Je paye pour une bande passante, Orange me dit « Monsieur, votre application pour iPhone, c’est plus cher si vous la téléchargez de votre ordinateur que si vous la téléchargez directement de votre iPhone ? » . Les opérateurs ont abusé de leur possibilité de bloquer le mode modem pour imposer des tarifs hallucinants. Il paraît que lorsque les opérateurs ont imposé de faire payer plus cher pour le mode modem sur iPhone, Steve Jobs était devenu enragé. Tu m’étonnes.

Et tout ça, donc, pour 19,90€ par mois. En restant rentable, comme Niel le dit lui-même, et je veux bien le croire… Et toujours sans engagement. Là aussi, l’image des chaines n’est pas trop forte, quand on voit à quel point les opérateurs ont résisté pour proposer une itinérance réduite du numéro de téléphone (et encore, on reste à quelques jours en France là où dans certains pays, la modification se fait dans la journée…). Ah, et bien joué le coup du forfait à 13,37€ HT pour les abonnés Freebox… :)

Xavier Niel est ensuite revenu à la charge, sur les fameux forfaits RSA, où « moins tu as de l’argent, plus tu raques ». Et le pire, c’est que sa démonstration est sans appel. Les opérateurs téléphoniques devraient avoir honte. Free propose ici une offre réellement différenciée. Vous n’avez pas de gros revenus ? Pour 24€/an, vous avez plus que ce que les autres vous proposent pour cinq fois plus cher. Ça fait vraiment réfléchir, non ? Et en plus, si vous êtes déjà abonné Free ADSL, un abonnement vous est offert…

Donc, OUI, la proposition de Free est importante. Non pas parce qu’elle va provoquer un mouvement monstrueux de clients des autres opérateurs vers Free (c’est de toute façon acquis) mais parce qu’elle crée une vraie disruption dans un marché ankylosé et contrôlé par les trois opérateurs. Il y a 5 ans jour pour jour, j’avais rédigé cet article suite au lancement de l’iPhone. Je ne pensais pas alors à ce moment que cette journée serait aussi historique, que cet appareil allait autant bouleverser les usages et le marché de la téléphonie en général. Free lance la deuxième révolution du mobile, et c’est tant mieux pour tous.

Enfin, et comme je parlais de Jobs un peu plus haut… évidemment, Xavier Niel est très fortement inspiré par le mentor d’Apple, et ça se sent dans sa présentation, très « naked presenter » : pas de fiches (mais un prompteur quand même), diapos très épurées, de l’humour, beaucoup d’énergie (parfois un peu trop rapide), pas de pupitre, et quelques instants très « one more thing ». De ce point de vue, sa présentation est donc un quasi-sans-faute. J’en retiens surtout ce très joli moment d’émotion à la fin, avec quelques larmes après les remerciements. La tension doit être monstrueuse chez Free depuis des mois, et on a bien senti qu’i ll se sentait vraiment libéré… Vraiment free.

Bien joué.

Message personnel : merci AA. ;-)

En direct de la conf Free Mobile

Je serai ce matin à 8H30 chez Free pour assister à la conférence de lancement de Free Mobile. Pour la suivre de façon un peu décalée, suivez-moi sur Twitter ! Et pensez à récupérer la grille de bingo avant :)

Le Bingo Free Mobile !

Pour s’amuser à peu de frais durant la conférence de lancement de Free Mobile le 10 janvier 2012 à 8h30 (http://live.free.fr ou Canal 198 sur Freebox TV), voici un petit jeu tout simple, adapté du fameux Bingo de Macword Expo. Rien de compliqué : vous téléchargez la grille, et lorsqu’un des événements ou mots indiqués dans la grille est cité (prononcé ou affiché d’une façon ou d’une autre), cochez la case ad hoc. Si toutes les cases sont cochées, criez « BINGO ! » (vous pouvez aussi le twitter). La case JOKER est libre : vous pouvez y mettre la formule ou l’événement que vous souhaitez (pensez à la remplir AVANT la conférence, sinon ce n’est pas drôle).

 

Cliquez ici pour télécharger le PDF du Bingo Free Mobile

 

Have fun ! Et rappelez-vous : il n’y a absolument rien à gagner ! :-)

 

Multitâche sur iOS : pourquoi on ne le comprend pas

Encore et toujours ce satané multitâche d’iOS dans un billet ? C’est que je trouve le sujet particulièrement intéressant, et il mérite encore qu’on se penche dessus. Car dès que quelqu’un tente d’expliquer pourquoi il n’est pas utile de quitter des applications sur iOS, il y a toujours quelqu’un pour expliquer que SI, il FAUT quitter TOUTES les apps régulièrement sur iOS. Alors que, je l’avais déjà expliqué, ce n’est nécessaire que dans des cas spécifiques.

Mais en réfléchissant un peu plus sur le sujet, je pense que le principal problème du multitâche d’iOS n’est pas dans son implémentation, finalement assez finaude et totalement adaptée à un système mobile, répondant à des exigences draconiennes en terme de consommation d’énergie. Non, le problème est dans la façon dont iOS présente le multitâche.

Vous connaissez donc la manipulation si vous êtes ne serait-ce qu’un peu geek 1  : vous faites un double clic sur le bouton central, et vous accédez aux applications dernièrement lancées. Soit. La barre d’icône peut faire pas mal penser au Dock de Mac OS X : elle permet de lancer une application déjà lancée, ou une application récemment lancée mais qui serait quittée, et permet aussi de quitter une application (enfin, c’est ce qu’on pourrait croire, voir plus loin).

En clair : cette barre présente trop de choses différentes de façon identique. Le Dock de Mac OS X présente les applications de façon différente selon qu’elles sont lancées ou non 2. Je dois avouer que je n’ai jamais été trop fan du Dock : il cumule énormément de fonctions différentes sans forcément bien les différencier. Il s’est certes amélioré avec les années, mais ce côté fourre-tout un peu bordélique m’a toujours un peu gêné. Combien de fois j’ai du expliquer en formation que non, on ne peut pas mettre n’importe quoi à gauche dans le Dock, ce n’était que des applications, sans que cela soit clairement bien expliqué ou visible directement dans l’interface…

On retrouve donc ce côté fourre-tout bordélique dans le gestionnaire du multitâche d’iOS :

  • Les applications en cours d’utilisation (mais pas au premier plan) ;
  • Les applications récemment lancées mais peut-être actives, sauf que je ne peux pas le savoir… Par exemple, il  se peut que la dernière application que j’ai lancée ait quitté inopinément… et elle n’est plus chargée en mémoire. Ou qu’elle ne gère pas correctement le fait d’être mise en arrière-plan et quitte systématiquement.
  • Les applications lancées depuis je ne suis plus quand. Je ne plaisante pas : je trouve sur mon iPhone à la fin de la liste des applications que je n’ai pas relancées depuis plus de trois semaines. Ces applications ne consomment en réalité rien du tout : ce serait plutôt l’équivalent du menu Éléments récents du menu Pomme de Mac OS X.

Que se passe-t-il réellement quand je tape sur l’icône d’une application dans le gestionnaire de tâches ? Si on reprend l’analogie avec Mac OS X, je peux passer d’une application à une autre qui aurait été lancée récemment, ou je tape en fait sur un raccourci vers l’application. Le problème évident est que je ne peux pas savoir à l’avance l’état de l’application. Regardez la copie d’écran suivante :

IOS Multitache

Petit jeu : une de ces applications n’est pas réellement active. Ami lecteur, sauras-tu retrouver laquelle ?

Et oui, il n’est fait aucune distinction entre les applications en arrière-plan selon leur état réel. Comment donc savoir si cliquer sur la petite icône de sens interdit que l’on observe quand on appuie plus d’une seconde sur une icône est vraiment utile ? Du coup, autant tout supprimer, comme ça on aura aussi les apps réellement chargées en mémoire… Mouaaaaaaaaaaaaaais.

Pourtant, cela pourrait être assez simple de donner un peu plus d’informations, non ? Imaginons :

IOS Multitache2

C’est une mise en situation très rapide, je ne suis pas graphiste, ni ergonome, donc je vous remercie par avance pour votre indulgence :) Mais disons que la situation des applications pourrait gagner en clarté avec un petit badge. Par exemple, indiquer que l’appli Tweetbot est en veille et donc ré-utilisable très rapidement. Que le BBC iPlayer est en cours de chargement d’un épisode de Doctor Who ou de Sherlock, par exemple. Et que l’application France est un alias vers l’application et est donc fermée. Encore que cette image ne parlerait pas aux gens qui ne font pas d’informatique, donc je doute de sa pertinence. Une autre solution : que la barre n’affiche vraiment QUE les applications lancées, et pas de raccourcis du tout vers des applications déjà quittées. Mais on y perdrait en facilité d’accès… Pas facile d’avoir une ergonomie simple ET compréhensible par tous !

Je comprends cependant très bien ce qu’Apple a voulu faire avec ce gestionnaire de tâches : rendre du pouvoir aux geeks, sans  pour autant sacrifier la simplicité d’iOS. Certes, la gestion du multitâches pour les applications tierces était nécessaire, car ne pas pouvoir utiliser un GPS en arrière-plan était juste risible… mais le gestionnaire de tâches méritera probablement plus d’attention de la part d’Apple dans le futur pour être plus clair.

  1. Et encore : mon épouse, plutôt dans la tranche des utilisateurs à qui l’informatique ne fait pas peur, ne connaissait pas la fonction.
  2. Enfin, c’était vrai jusqu’à Lion, puisque ce dernier peut également masquer l’indicateur d’activité des applications, ce que je trouve être une mauvaise idée.

Pourquoi ne pas quitter les apps sur iOS (suite)

J’avais déjà écrit sur ce sujet, mais cet article (en anglais) va un peu plus loin. Très instructif.

Deux-mille-douze, année de la loose ?

Je ne vous le souhaite pas, en tout cas !

Que cette nouvelle année, qui ne sera de toute façon pas la dernière, vous apporte bonheur, félicité, amour, et la santé, bien évidemment., et plein de gadgets pommés dans les poches ou sur vos bureaux…

 

Pour ma part, j’espère avoir un peu plus le temps d’écrire sur ce blog, et espère avoir l’occasion de vous rencontrer, lecteurs, lors d’une conférence ou d’un salon… qui sait ! En attendant, n’hésitez pas à me suivre sur Twitter si vous avez du temps à perdre.