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Utiliser l’authentification à deux facteurs d’Apple ID avec un système non supporté

J’ai activé il y a déjà quelques temps sur mon Apple ID l’authentification à deux facteurs afin de sécuriser les accès à ce compte. Mais les conditions d’utilisations de l’authentification à deux facteurs requièrent l’utilisation d’une version de macOS égale ou supérieure à El Capitan (10.11) ou iOS 9 ou ultérieur. Or, j’ai du pour diverses raisons rétrograder hier une machine en 10.10. Et là, le drame : impossible d’authentifier mon compte dans iTunes ! Pourtant le dialogue d’authentification apparaît bien dans iTunes, mais on me demande de retaper mon mot de passe AppleID, et au bout de deux essais, il m’éjecte… alors que le code de vérification apparait bien sur mes appareils de confiance !

La solution, documentée, est finalement très simple : dans le dialogue de confirmation du mot de passe affiché par iTunes (ou par le système), tapez le mot de passe de votre AppleID suivi du code à 6 chiffres reçu sur un appareil de confiance. Le logiciel le reconnaitra alors immédiatement.

De quoi s’éviter parfois bien des prises de tête !

Faut-il brûler iTunes ?

La question revient souvent sur le net ces jours-ci (voir par exemple ici, ici, avec un contre-argument ici) :

Faut-il qu’Apple scinde iTunes en plusieurs applications ?

On reproche souvent à iTunes un côté usine à gaz, trop de fonctions, trop complexe à gérer, trop de bugs… Et la solution serait de rendre les modules d’iTunes autonomes. Ex : séparer les fonctions de synchronisation de la fonction de lecture de média ou de l’iTunes Store. Cette approche rendrait iTunes plus léger et plus efficace à utiliser.

Je pense que ça serait une erreur.

La force d’iTunes, c’est justement l’intégration. Le fait que l’utilisateur lambda ait un seul logiciel à installer pour gérer l’intégralité de ses médias numériques, et pouvoir les retrouver instantanément sur tous ses appareils. Si on se retrouve à morceler les fonctions dans plusieurs applications, on crée  une nouvelle forme de complexité, des interactions difficiles entre composants. Rien ne m’agace plus que lorsque plusieurs morceaux d’une application se retrouvent éparpillés aux quatre coins du système d’exploitation1.

On voit cependant qu’Apple a déjà réfléchi au moins en partie au problème, en proposant la synchronisation via iCloud. Elle est encore loin d’être parfaite, mais elle existe, et fonctionne dans l’ensemble plutôt bien. Mais elle n’est pas adaptée à tous les média, en particulier la vidéo, beaucoup trop lourde aujourd’hui2. La synchro locale a donc encore ses avantages, qu’elle se fasse en Wi-Fi ou via un câble USB.

Le plus gros problème d’iTunes vient de son âge. iTunes est né en 2001. C’est un des plus vieux logiciels d’Apple toujours en activité… plus vieux qu’OS X3 ! Apple a ensuite greffé de plus en plus de fonctions sur iTunes, le rendant effectivement bien plus complexe qu’à l’origine, même si elle en a retiré pas mal au passage. N’oublions pas non plus que la plupart de ces fonctions sont intégrées… à la demande des utilisateurs ! Le compromis entre fonctionnalités et simplicité est toujours très dur à trouver, et je pense qu’avec iTunes, les développeurs ont fort à faire pour trouver le juste milieu. En fait, j’ai même tendance à penser que le travail d’Apple sur iTunes est sacrément bon vu les challenges qu’il implique. Sans compter, comme remarqué très justement sur un blog, les problèmes légaux impliqués par les partenariats avec les majors de la musique, de la TV et du cinéma, qui ne doivent pas faciliter le développement.

Là où Apple pourrait améliorer iTunes, c’est en séparant le moteur de l’application de son interface. Ainsi, cela rendrait l’utilisation d’interfaces alternatives de gestion plus simples, et éviterait d’avoir à lancer iTunes juste pour écouter un morceau ou pour faire une synchronisation standard ou une sauvegarde. Mais ce n’est sûrement pas facile à faire, d’autant qu’iTunes reste encore une des rares applications Carbon de Mac OS X car même si iTunes est écrit en Cocoa dans Lion (avec sûrement quelques gros bouts de Carbon dedans), il reste Carbon sous Mac OS X 10.6.8, tout en conservant les mêmes fonctions et la même compatibilité avec iTunes pour Windows ! Je ne serais du coup pas surpris qu’un iTunes X soit en cours de développement chez Apple, avec un moteur réécrit de zéro, un peu comme Final Cut X.

Parfois, la meilleure solution, c’est juste de recommencer depuis le début.

L’avantage : on sait que ça n’a jamais fait peur à Apple.

(Et si vous voulez plus d’infos sur les logiciels pour améliorer iTunes, voir iTunes : comment l’améliorer… ou s’en passer chez MacG.

  1. Les panneaux de configuration Windows m’ont par exemple toujours exaspéré, en particulier les réglages de réseau et de partage. Pourquoi le nom de l’ordinateur est-il à régler dans le poste de travail, et pas dans un panneau de configuration de partage, par exemple, comme le fait Mac OS X ?
  2. Rappel : un film HD de haute qualité, c’est plusieurs Go à transférer.
  3. À part Final Cut Pro et iMovie, je ne vois pas d’application aussi ancienne. Et même Final Cut Pro et iMovie ont subi un lifting majeur, les rendant très largement différents de leurs ancêtres.

2011 : l’année en demi-teinte d’Apple

2011 est bientôt terminée, et c’est évidemment le moment des bilans, comme le dirait Mickael Kael. Une année qui, à mon goût, ne restera pas parmi les meilleures qu’Apple a vécues. Ce fut évidemment une très triste année pour Apple : elle a perdu Steve Jobs, son co-fondateur. Même si le plan B était prévu depuis longtemps, même si Tim Cook est talentueux, même si les équipes ont été préparées au départ de Steve… Apple sans Steve Jobs sera sûrement très différente.

Ce fut également une année d’attentes côté nouveaux produits, mais une attente pas forcément récompensée. Certes, nous avons eu un iPhone 4S, superbe évolution à bien des égards (et une vraie révolution à venir quand Siri aura pris du galon). Nous avons eu une version majeure de Mac OS X, avec Lion, qui est pourtant loin de ce que j’aurais espéré pour une évolution majeure : le rapprochement vers iOS ne me semble pas si heureux que ça… C’est aussi Lion Server, un système qui n’est qu’une application de plus que Lion, pour un prix dérisoire, et une stratégie un peu bizarre de la part d’Apple, avec un système serveur professionnel vendu pas assez cher pour être totalement honnête. Du bon dans ce serveur, mais aussi du moins bon. J’attends toujours la 10.7.3 avec impatience…

La sortie la plus marquante de l’année côté matériel reste le nouveau MacBook Air, qui prend de l’ampleur et crée à lui seul le segment du « subnetbook », ordinateur puissant mais très léger. Un concept qui cartonne, au détriment de l’informatique « classique ». Et oui, c’est un produit de fin 2010, mais sa nouvelle version sortie cet été, bien plus puissant, le rend vraiment plus intéressant et plus apte à remplacer une machine de bureau sur bien des points.

2011, c’est aussi la fin officielle du Xserve, remplacé tant bien que mal (voire pas du tout remplacé) par le Mac mini Server. Bonne machine, bonne évolution matérielle, un bon concept, encore amélioré avec l’arrivée de ThunderBolt, technologie qui pourrait rendre finalement l’informatique bien plus modulaire. À voir si l’année 2012 sera l’année du ThunderBolt, ou si ça ne restera qu’une technologie pour les professionnels, réservé à une niche.

2011, c’est iOS 5. Très honnêtement, c’est un des meilleurs produits qu’Apple a sortis cette année. Une excellente évolution, avec plein de petites et grosses nouveautés partout (centre de notifications et gestion multitouch en tête). Et évidemment, iCloud, le successeur de MobileMe, qui après des débuts assez cahotiques semble enfin donner satisfaction.

Il y aura cependant eu au moins une évolution positive majeure sur Mac : l’arrivée massive du JEU ! Que ce soit par les studios indépendants qui adoptent le Mac App Store, ou l’arrivée de Steam avec le fabuleux Portal 2 et bien d’autres, on joue sur Mac, et c’est un vrai plaisir de ne pas avoir à redémarrer sous Windows rien que pour lancer un p’tit jeu comme Super Meat Boy. Espérons que cette tendance se poursuive en 2012.

2011 n’aura donc pas été une année géniale pour Apple. À un niveau plus personnel, je n’ai pas été époustouflé par les nouveautés d’Apple durant toute l’année, et le manque de renouveau matériel s’est également ressenti : la meilleure preuve, c’est que je n’ai toujours pas fait évoluer mon parc informatique significativement en 2011 (l’iPhone 4S reste à ce jour mon plus gros investissement).

Heureusement, 2012 devrait être l’année où les équipes d’Apple auront enfin l’occasion de montrer à nouveau leur talent, avec le renouvellement attendu de nombreux matériels comme le MacBook Pro… J’espère juste que la fin du monde n’interrompe pas tous les programmes de façon inopinée, bien évidemment.

Lion Efficace : en approche !

Et voilà, encore une fois, Amazon a tué tout suspense, tsssssssss.

Donc, Lion Efficace est bien en route, et il devrait être dispo d’ici la fin de l’année, si tout va bien. Comme d’habitude, il ne sera pas le premier livre sur le marché à parler de Lion, mais je reste fidèle à mon objectif : faire le meilleur livre sur le nouveau système d’Apple. Plutôt que d’être le premier à sortir un livre incomplet, je préfère prendre un peu plus de temps pour vous offrir1 le maximum d’astuces, de solutions, de méthodes pour utiliser Lion de façon la plus efficace (ahem).

Une des autres raisons pour lesquelles le livre sera en retard : tant qu’à faire, autant parler de la dernière version de Mac OS X, et d’une de ses plus grosses nouveautés, en forme de nuage

Le tarif, donc : 32€.

Le nombre de pages : plein. Aux alentours de 500, en tout cas, il ne devrait pas être très éloigné de Snow Leopard Efficace.

Les chapitres : la table des chapitres diffèrera peu de celle de Snow Leopard Efficace. Cependant, il est probable qu’iCloud tiendra une place particulière.

One more thing ? Qui sait…

Sur ce, je vous remercie pour votre attention et je retourne au boulot :)

  1. Euh… Vous vendre, quand même.

WWDC 2011 : la nouvelle ère d’Apple

La conférence inaugurale de la WWDC 2011 aura vu son contenu clairement annoncé par Apple dès la semaine passée : Lion, iOS5, et iCloud. Rien de plus, rien de moins. Et Steve Jobs s’en sera donc tenu là.

Lion : le système presque trop simple

Rien de bien neuf sur Lion comparé à ce qui avait été annoncé il y a quelques mois. La plus grosse surprise vient de l’annonce du tarif de 23,99€ (j’aurais plutôt tablé sur 129,99€, Lion n’étant pas un OS de transition comme pouvait l’être Snow Leopard) et surtout, celle du mode de distribution uniquement via Internet. Ce qui me semble être audacieux, voire un peu trop :

  • Quid des gens qui n’ont pas l’ADSL ?
  • Quid des revendeurs Apple ? Je sais que ce n’est pas la principale préoccupation d’Apple, mais quand même…
  • Et les licences entreprise ? C’est évidemment un point qui me fait tiquer particulièrement : impossible de lier le téléchargement d’un OS à un identifiant unique. Et surtout, le paiement par CB sur l’iTunes Store va énerver et compliquer inutilement la vie de beaucoup de monde.

Lion Server est lui annoncé à 39,99€. Là encore, la chute de prix est spectaculaire : 87 pour cent de réduction ! Là, c’est un peu compliqué car Apple envoie un double message : nos produits sont très peu chers. Mais en même temps, cela voudrait presque dire « nos produits sont au rabais » pour certains clients[1]. Ce qui est encore plus étonnant, c’est à quel point Apple souhaite complètement simplifier à l’extrême sa gamme de produits logiciels. Il y a quelques années, Apple proposait une gamme de tarifs bien plus complexe, avec des mises à jour, des versions complètes, des versions 10 clients ou clients illimités, et même des numéros de série pour la version serveur. Pas d’activation, pas de tarification avec version famille, pro, ultime, 16 soupapes inversées… Tout le monde à la même enseigne, ce qui facilite aussi le développement je pense et évite les énervements des clients…

Mais en réalité, la baisse de tarif est encore plus spectaculaire, puisque vous pourrez acheter UNE copie de Lion pour l’installer sur autant de postes que vous le souhaitez chez vous. Même plus de pack familial… Là encore, simplification de la gamme et économies pour le client. Mais toujours pas de stratégie clairement annoncée pour l’entreprise, ce qui est particulièrement agaçant. C’est à croire qu’Apple ne vend aucun ordinateur aux entreprises, alors que le succès du Mac mini Server montre qu’il y a encore largement de la place pour Apple sur ce marché. De même, les nombreuses nouvelles fonctions de Lion Server montrent que celui-ci aura toute sa pertinence dans l’entreprise, avec une intégration encore plus poussée des appareils iOS. Wait and see, donc.

iOS 5 : l’année de l’émancipation

Les nouveautés pour iOS5 sont finalement très peu surprenantes, mais elles font particulièrement plaisir. Ce qui est surtout important, c’est qu’iOS devient ENFIN un système autonome. Souvenez-vous de ce billet où j’expliquais que l’iPad devait vivre sans iTunes.

Et bien, ça y est, c’est fait. L’iPad n’est plus un périphérique, mais un ordinateur, à lui tout seul. Idem pour l’iPhone. Ce sont des produits devenus totalement émancipés. Si vous souhaitez utiliser un iPad sans iTunes, c’est désormais totalement faisable, même pour faire les mises à jour. Et avec la synchronisation Wi-Fi, le transfert des données et la sauvegarde complète se font sans douleur au moment de la recharge, futé.

Mais là encore, il manque quelques réponses à des questions typiques des entreprises : comment acheter des applications iOS en masse ? Comment j’accède à mes serveurs ? Vraiment dommage, à une époque où les entreprises commencent vraiment à s’intéresser plus que sérieusement à l’iPad et l’iPhone.

Et pour la partie polémique : on aurait effectivement voulu qu’Apple apporte un peu plus de fraicheur à iOS, avec quelques manques encore patents qui montrent que le jailbreak a encore de beaux jours. On pourrait même se demander pourquoi Apple a ainsi recopié le système de notifications d’Android, euh de WebOS… Ben vous pouvez y aller, critiquez. Mais honnêtement, si Apple a choisi cette solution, c’est peut-être parce qu’il s’agit simplement de la meilleure solution… Et qu’elle n’a pas (heureusement) le monopole des bonnes idées.

iCloud, ou la mort du système de fichiers

Le dernier gros morceau de la conférence était dédié à iCloud. J’ai d’ailleurs beaucoup aimé la petite réflexion de Jobs : « pourquoi faire confiance à la société qui nous a proposé MobileMe ? ». Moment de lucidité… Mais on peut effectivement espérer qu’Apple propose enfin avec iCloud toutes les solutions pour faciliter la synchronisation d’informations entre vos appareils. Le gros problème avec cette satanée synchronisation est de savoir où est la Vérité (l’information à jour la plus récente, et donc probablement la plus correcte) dès lors qu’on multiplie les points de synchronisation[2]. La seule solution ? Ne jamais avoir plus d’un seul point de synchronisation. Et iCloud va être ce point unique.

iCloud va loin, très loin. Contacts, calendriers, mails, photos, applications, livres, musique, données des logiciels, sonneries, configuration de l’appareil, vidéo… et même les documents. Ça, c’est vraiment vraiment bien. Vous enregistrez un document sur un appareil, et hop, il est disponible sur un autre en quelques secondes. Mais là encore, ça pose la question de la confidentialité des données et risque de faire peur à pas mal d’entreprises… À moins que pour Apple, la cause soit entendue : en dehors d’Exchange[3], point  (enfin plutôt, peu) de salut, et pour l’accès aux données, chaque entreprise doit décider de sa propre stratégie.

Mais iCloud est surtout la preuve que l’OS devient linéaire : l’emplacement des données sur votre disque importe peu, ce qui compte, c’est d’y avoir accès. C’est critiquable si on est utilisateur avancé, mais pour beaucoup de monde, ça sera largement suffisant. Vos données, partout, instantanément. On retrouve le côté « magique » de l’iPad. Et évidemment, avec un avantage énorme : c’est gratuit ! Enfin, du moins, pour les 5 premiers Go, et encore : une grosse partie des données ne fait pas partie de ce quota, dont la musique…

La musique, justement, parlons-en. iTunes Match était un énorme One More Thing. J’avais imaginé il y a longtemps qu’Apple puisse proposer ce type de système pour faciliter la migration de la musique inzecloud. Et c’est ce qu’elle a fait. Ne vous trompez pas : ce qu’Apple a mis en place est tout sauf simple, et les technologies derrière justifient probablement une bonne partie du nouveau Data Center à plein de sous qu’elle a mis en place. Et que les majors aient suivi Apple sur ce coup n’est pas la moins remarquable des victoires de Steve Jobs. Évidemment cette solution ne fonctionnera au début qu’aux USA (la mondialisation n’est pas un mot encore dans le dictionnaire des majors), mais quand même : bel effort.

iCloud montre donc que le hub numérique décrit par Steve Jobs en 2001 n’est plus du tout d’actualité. iCloud est appelé à devenir une brique fondamentale de l’expérience iOS / Mac OS X. La synchronisation manuelle est dépassée : le but est de ne même plus savoir où sont les données, juste de les utiliser.

Les trente premières années n’étaient que le début, annonçait Apple en 2007. Apple amorce un tournant bien plus remarquable pour elle et ses utilisateurs qu’on pourrait le croire après cette conférence. Vu les changements incroyables opérés durant ces quatre dernières années, je n’ose pas imaginer à quel point les prochaines années vont être passionnantes…

  1. Ne riez pas : l’excuse « votre produit n’est pas assez cher pour être crédible m’a déjà été donnée par des DSI.
  2. Apple fournit avec les outils développeur un programme Synchrospector, très intéressant, qui fait souvent référence à cette notion de « The Truth », avec un grand T.
  3. Qu’Apple adopte de plus en plus au sein de Mac OS X et d’iOS…