Archive for iPhone

Faut-il brûler iTunes ?

La question revient souvent sur le net ces jours-ci (voir par exemple ici, ici, avec un contre-argument ici) :

Faut-il qu’Apple scinde iTunes en plusieurs applications ?

On reproche souvent à iTunes un côté usine à gaz, trop de fonctions, trop complexe à gérer, trop de bugs… Et la solution serait de rendre les modules d’iTunes autonomes. Ex : séparer les fonctions de synchronisation de la fonction de lecture de média ou de l’iTunes Store. Cette approche rendrait iTunes plus léger et plus efficace à utiliser.

Je pense que ça serait une erreur.

La force d’iTunes, c’est justement l’intégration. Le fait que l’utilisateur lambda ait un seul logiciel à installer pour gérer l’intégralité de ses médias numériques, et pouvoir les retrouver instantanément sur tous ses appareils. Si on se retrouve à morceler les fonctions dans plusieurs applications, on crée  une nouvelle forme de complexité, des interactions difficiles entre composants. Rien ne m’agace plus que lorsque plusieurs morceaux d’une application se retrouvent éparpillés aux quatre coins du système d’exploitation1.

On voit cependant qu’Apple a déjà réfléchi au moins en partie au problème, en proposant la synchronisation via iCloud. Elle est encore loin d’être parfaite, mais elle existe, et fonctionne dans l’ensemble plutôt bien. Mais elle n’est pas adaptée à tous les média, en particulier la vidéo, beaucoup trop lourde aujourd’hui2. La synchro locale a donc encore ses avantages, qu’elle se fasse en Wi-Fi ou via un câble USB.

Le plus gros problème d’iTunes vient de son âge. iTunes est né en 2001. C’est un des plus vieux logiciels d’Apple toujours en activité… plus vieux qu’OS X3 ! Apple a ensuite greffé de plus en plus de fonctions sur iTunes, le rendant effectivement bien plus complexe qu’à l’origine, même si elle en a retiré pas mal au passage. N’oublions pas non plus que la plupart de ces fonctions sont intégrées… à la demande des utilisateurs ! Le compromis entre fonctionnalités et simplicité est toujours très dur à trouver, et je pense qu’avec iTunes, les développeurs ont fort à faire pour trouver le juste milieu. En fait, j’ai même tendance à penser que le travail d’Apple sur iTunes est sacrément bon vu les challenges qu’il implique. Sans compter, comme remarqué très justement sur un blog, les problèmes légaux impliqués par les partenariats avec les majors de la musique, de la TV et du cinéma, qui ne doivent pas faciliter le développement.

Là où Apple pourrait améliorer iTunes, c’est en séparant le moteur de l’application de son interface. Ainsi, cela rendrait l’utilisation d’interfaces alternatives de gestion plus simples, et éviterait d’avoir à lancer iTunes juste pour écouter un morceau ou pour faire une synchronisation standard ou une sauvegarde. Mais ce n’est sûrement pas facile à faire, d’autant qu’iTunes reste encore une des rares applications Carbon de Mac OS X car même si iTunes est écrit en Cocoa dans Lion (avec sûrement quelques gros bouts de Carbon dedans), il reste Carbon sous Mac OS X 10.6.8, tout en conservant les mêmes fonctions et la même compatibilité avec iTunes pour Windows ! Je ne serais du coup pas surpris qu’un iTunes X soit en cours de développement chez Apple, avec un moteur réécrit de zéro, un peu comme Final Cut X.

Parfois, la meilleure solution, c’est juste de recommencer depuis le début.

L’avantage : on sait que ça n’a jamais fait peur à Apple.

(Et si vous voulez plus d’infos sur les logiciels pour améliorer iTunes, voir iTunes : comment l’améliorer… ou s’en passer chez MacG.

  1. Les panneaux de configuration Windows m’ont par exemple toujours exaspéré, en particulier les réglages de réseau et de partage. Pourquoi le nom de l’ordinateur est-il à régler dans le poste de travail, et pas dans un panneau de configuration de partage, par exemple, comme le fait Mac OS X ?
  2. Rappel : un film HD de haute qualité, c’est plusieurs Go à transférer.
  3. À part Final Cut Pro et iMovie, je ne vois pas d’application aussi ancienne. Et même Final Cut Pro et iMovie ont subi un lifting majeur, les rendant très largement différents de leurs ancêtres.

Multitâche sur iOS : pourquoi on ne le comprend pas

Encore et toujours ce satané multitâche d’iOS dans un billet ? C’est que je trouve le sujet particulièrement intéressant, et il mérite encore qu’on se penche dessus. Car dès que quelqu’un tente d’expliquer pourquoi il n’est pas utile de quitter des applications sur iOS, il y a toujours quelqu’un pour expliquer que SI, il FAUT quitter TOUTES les apps régulièrement sur iOS. Alors que, je l’avais déjà expliqué, ce n’est nécessaire que dans des cas spécifiques.

Mais en réfléchissant un peu plus sur le sujet, je pense que le principal problème du multitâche d’iOS n’est pas dans son implémentation, finalement assez finaude et totalement adaptée à un système mobile, répondant à des exigences draconiennes en terme de consommation d’énergie. Non, le problème est dans la façon dont iOS présente le multitâche.

Vous connaissez donc la manipulation si vous êtes ne serait-ce qu’un peu geek 1  : vous faites un double clic sur le bouton central, et vous accédez aux applications dernièrement lancées. Soit. La barre d’icône peut faire pas mal penser au Dock de Mac OS X : elle permet de lancer une application déjà lancée, ou une application récemment lancée mais qui serait quittée, et permet aussi de quitter une application (enfin, c’est ce qu’on pourrait croire, voir plus loin).

En clair : cette barre présente trop de choses différentes de façon identique. Le Dock de Mac OS X présente les applications de façon différente selon qu’elles sont lancées ou non 2. Je dois avouer que je n’ai jamais été trop fan du Dock : il cumule énormément de fonctions différentes sans forcément bien les différencier. Il s’est certes amélioré avec les années, mais ce côté fourre-tout un peu bordélique m’a toujours un peu gêné. Combien de fois j’ai du expliquer en formation que non, on ne peut pas mettre n’importe quoi à gauche dans le Dock, ce n’était que des applications, sans que cela soit clairement bien expliqué ou visible directement dans l’interface…

On retrouve donc ce côté fourre-tout bordélique dans le gestionnaire du multitâche d’iOS :

  • Les applications en cours d’utilisation (mais pas au premier plan) ;
  • Les applications récemment lancées mais peut-être actives, sauf que je ne peux pas le savoir… Par exemple, il  se peut que la dernière application que j’ai lancée ait quitté inopinément… et elle n’est plus chargée en mémoire. Ou qu’elle ne gère pas correctement le fait d’être mise en arrière-plan et quitte systématiquement.
  • Les applications lancées depuis je ne suis plus quand. Je ne plaisante pas : je trouve sur mon iPhone à la fin de la liste des applications que je n’ai pas relancées depuis plus de trois semaines. Ces applications ne consomment en réalité rien du tout : ce serait plutôt l’équivalent du menu Éléments récents du menu Pomme de Mac OS X.

Que se passe-t-il réellement quand je tape sur l’icône d’une application dans le gestionnaire de tâches ? Si on reprend l’analogie avec Mac OS X, je peux passer d’une application à une autre qui aurait été lancée récemment, ou je tape en fait sur un raccourci vers l’application. Le problème évident est que je ne peux pas savoir à l’avance l’état de l’application. Regardez la copie d’écran suivante :

IOS Multitache

Petit jeu : une de ces applications n’est pas réellement active. Ami lecteur, sauras-tu retrouver laquelle ?

Et oui, il n’est fait aucune distinction entre les applications en arrière-plan selon leur état réel. Comment donc savoir si cliquer sur la petite icône de sens interdit que l’on observe quand on appuie plus d’une seconde sur une icône est vraiment utile ? Du coup, autant tout supprimer, comme ça on aura aussi les apps réellement chargées en mémoire… Mouaaaaaaaaaaaaaais.

Pourtant, cela pourrait être assez simple de donner un peu plus d’informations, non ? Imaginons :

IOS Multitache2

C’est une mise en situation très rapide, je ne suis pas graphiste, ni ergonome, donc je vous remercie par avance pour votre indulgence :) Mais disons que la situation des applications pourrait gagner en clarté avec un petit badge. Par exemple, indiquer que l’appli Tweetbot est en veille et donc ré-utilisable très rapidement. Que le BBC iPlayer est en cours de chargement d’un épisode de Doctor Who ou de Sherlock, par exemple. Et que l’application France est un alias vers l’application et est donc fermée. Encore que cette image ne parlerait pas aux gens qui ne font pas d’informatique, donc je doute de sa pertinence. Une autre solution : que la barre n’affiche vraiment QUE les applications lancées, et pas de raccourcis du tout vers des applications déjà quittées. Mais on y perdrait en facilité d’accès… Pas facile d’avoir une ergonomie simple ET compréhensible par tous !

Je comprends cependant très bien ce qu’Apple a voulu faire avec ce gestionnaire de tâches : rendre du pouvoir aux geeks, sans  pour autant sacrifier la simplicité d’iOS. Certes, la gestion du multitâches pour les applications tierces était nécessaire, car ne pas pouvoir utiliser un GPS en arrière-plan était juste risible… mais le gestionnaire de tâches méritera probablement plus d’attention de la part d’Apple dans le futur pour être plus clair.

  1. Et encore : mon épouse, plutôt dans la tranche des utilisateurs à qui l’informatique ne fait pas peur, ne connaissait pas la fonction.
  2. Enfin, c’était vrai jusqu’à Lion, puisque ce dernier peut également masquer l’indicateur d’activité des applications, ce que je trouve être une mauvaise idée.

Pourquoi ne pas quitter les apps sur iOS (suite)

J’avais déjà écrit sur ce sujet, mais cet article (en anglais) va un peu plus loin. Très instructif.

2011 : l’année en demi-teinte d’Apple

2011 est bientôt terminée, et c’est évidemment le moment des bilans, comme le dirait Mickael Kael. Une année qui, à mon goût, ne restera pas parmi les meilleures qu’Apple a vécues. Ce fut évidemment une très triste année pour Apple : elle a perdu Steve Jobs, son co-fondateur. Même si le plan B était prévu depuis longtemps, même si Tim Cook est talentueux, même si les équipes ont été préparées au départ de Steve… Apple sans Steve Jobs sera sûrement très différente.

Ce fut également une année d’attentes côté nouveaux produits, mais une attente pas forcément récompensée. Certes, nous avons eu un iPhone 4S, superbe évolution à bien des égards (et une vraie révolution à venir quand Siri aura pris du galon). Nous avons eu une version majeure de Mac OS X, avec Lion, qui est pourtant loin de ce que j’aurais espéré pour une évolution majeure : le rapprochement vers iOS ne me semble pas si heureux que ça… C’est aussi Lion Server, un système qui n’est qu’une application de plus que Lion, pour un prix dérisoire, et une stratégie un peu bizarre de la part d’Apple, avec un système serveur professionnel vendu pas assez cher pour être totalement honnête. Du bon dans ce serveur, mais aussi du moins bon. J’attends toujours la 10.7.3 avec impatience…

La sortie la plus marquante de l’année côté matériel reste le nouveau MacBook Air, qui prend de l’ampleur et crée à lui seul le segment du « subnetbook », ordinateur puissant mais très léger. Un concept qui cartonne, au détriment de l’informatique « classique ». Et oui, c’est un produit de fin 2010, mais sa nouvelle version sortie cet été, bien plus puissant, le rend vraiment plus intéressant et plus apte à remplacer une machine de bureau sur bien des points.

2011, c’est aussi la fin officielle du Xserve, remplacé tant bien que mal (voire pas du tout remplacé) par le Mac mini Server. Bonne machine, bonne évolution matérielle, un bon concept, encore amélioré avec l’arrivée de ThunderBolt, technologie qui pourrait rendre finalement l’informatique bien plus modulaire. À voir si l’année 2012 sera l’année du ThunderBolt, ou si ça ne restera qu’une technologie pour les professionnels, réservé à une niche.

2011, c’est iOS 5. Très honnêtement, c’est un des meilleurs produits qu’Apple a sortis cette année. Une excellente évolution, avec plein de petites et grosses nouveautés partout (centre de notifications et gestion multitouch en tête). Et évidemment, iCloud, le successeur de MobileMe, qui après des débuts assez cahotiques semble enfin donner satisfaction.

Il y aura cependant eu au moins une évolution positive majeure sur Mac : l’arrivée massive du JEU ! Que ce soit par les studios indépendants qui adoptent le Mac App Store, ou l’arrivée de Steam avec le fabuleux Portal 2 et bien d’autres, on joue sur Mac, et c’est un vrai plaisir de ne pas avoir à redémarrer sous Windows rien que pour lancer un p’tit jeu comme Super Meat Boy. Espérons que cette tendance se poursuive en 2012.

2011 n’aura donc pas été une année géniale pour Apple. À un niveau plus personnel, je n’ai pas été époustouflé par les nouveautés d’Apple durant toute l’année, et le manque de renouveau matériel s’est également ressenti : la meilleure preuve, c’est que je n’ai toujours pas fait évoluer mon parc informatique significativement en 2011 (l’iPhone 4S reste à ce jour mon plus gros investissement).

Heureusement, 2012 devrait être l’année où les équipes d’Apple auront enfin l’occasion de montrer à nouveau leur talent, avec le renouvellement attendu de nombreux matériels comme le MacBook Pro… J’espère juste que la fin du monde n’interrompe pas tous les programmes de façon inopinée, bien évidemment.

Mon top 3 des jeux iOS

C’est la fin de l’année, période propice aux top dans tous les genres, et comme j’adore les tops en tous genres, en voici un tout petit sur mes jeux iOS préférés cette année. Car oui, j’ai pas mal joué aussi sur mon iPhone et mon iPad… au point que mes consoles portables ont plutôt pris la poussière cette année (heureusement, la baisse de prix et les nouveaux bons jeux de la 3DS ont sacrément inversé la tendance).

Sans plus attendre, donc, mon top 3 :

Numéro 3 : Jetpack Joyride

TinyWings

Je viens tout juste de découvrir ce jeu, et dans le genre Canabalt-like, JetPack Joyride se pose très bien. Vous contrôlez un p’tit bonhomme uniquement en appuyant sur l’écran pour faire varier la hauteur de son déplacement, dans le but de faire le plus haut high score.  Une animation rapide et fluide, des tonnes d’objets et de challenges, une difficulté bien dosée, vraiment de quoi s’amuser. Mes enfants ne le lâchent pas, un signe qui ne trompe pas !

 

Numbeure 2: Tiny Wings

Tiny Wings

Autant j’ai du mal avec Angry Birds, autant j’ai adoré jouer à Tiny Wings. Un concept simple mais accrocheur : vous contrôlez le vol d’un gros oiseau à l’œil et surtout au doigt, en appuyant sur l’écran pour le faire descendre le long des collines composant le jeu. Le terrain de jeu est généré aléatoirement chaque jour, et les nombreuses missions permettant d’améliorer son « nid » rendent le jeu incroyablement prenant. Le jeu est magnifique techniquement, et la musique tellement entêtante… Dommage qu’il n’y ait pas des missions supplémentaires ! On attend avec impatience le prochain épisode… Tiny Wings est d’ailleurs jeu de l’année sur l’iTunes Store, si c’est pas une preuve ça !

Number Ouane : Groove Coaster

Groove Coaster

LE jeu sur lequel j’ai clairement passé le plus de temps cette année ! Jeu de rythme endiablé, Groove Coaster a tout pour plaire : un excellent choix de musique punchy (il faut quand même apprécier la musique électro voire jazzy par moments) , une réalisation impeccable, une animation nerveuse, des petites références qui plairont aux geeks (Arkanoid et Space Invaders, anyone ?) et du FUN à ne plus savoir qu’en faire. C’est également la preuve que si le jeu est bon, le client est prêt à investir : j’ai acheté sans hésiter les différents packs de morceaux et même quelques objets supplémentaires… sans oublier la bande originale (et là encore, excellente idée de la proposer à l’achat sur iTunes Store puisque j’ai aussi craqué…). Un jeu vraiment formidable si vous aimez les jeux de rythme bien conçus.

Voilà, c’était juste un petit top trois pour se détendre avant la fin de l’année. N’hésitez pas à présenter vos jeux préférés dans les commentaires, ils sont faits pour ça.

WWDC 2011 : la nouvelle ère d’Apple

La conférence inaugurale de la WWDC 2011 aura vu son contenu clairement annoncé par Apple dès la semaine passée : Lion, iOS5, et iCloud. Rien de plus, rien de moins. Et Steve Jobs s’en sera donc tenu là.

Lion : le système presque trop simple

Rien de bien neuf sur Lion comparé à ce qui avait été annoncé il y a quelques mois. La plus grosse surprise vient de l’annonce du tarif de 23,99€ (j’aurais plutôt tablé sur 129,99€, Lion n’étant pas un OS de transition comme pouvait l’être Snow Leopard) et surtout, celle du mode de distribution uniquement via Internet. Ce qui me semble être audacieux, voire un peu trop :

  • Quid des gens qui n’ont pas l’ADSL ?
  • Quid des revendeurs Apple ? Je sais que ce n’est pas la principale préoccupation d’Apple, mais quand même…
  • Et les licences entreprise ? C’est évidemment un point qui me fait tiquer particulièrement : impossible de lier le téléchargement d’un OS à un identifiant unique. Et surtout, le paiement par CB sur l’iTunes Store va énerver et compliquer inutilement la vie de beaucoup de monde.

Lion Server est lui annoncé à 39,99€. Là encore, la chute de prix est spectaculaire : 87 pour cent de réduction ! Là, c’est un peu compliqué car Apple envoie un double message : nos produits sont très peu chers. Mais en même temps, cela voudrait presque dire « nos produits sont au rabais » pour certains clients[1]. Ce qui est encore plus étonnant, c’est à quel point Apple souhaite complètement simplifier à l’extrême sa gamme de produits logiciels. Il y a quelques années, Apple proposait une gamme de tarifs bien plus complexe, avec des mises à jour, des versions complètes, des versions 10 clients ou clients illimités, et même des numéros de série pour la version serveur. Pas d’activation, pas de tarification avec version famille, pro, ultime, 16 soupapes inversées… Tout le monde à la même enseigne, ce qui facilite aussi le développement je pense et évite les énervements des clients…

Mais en réalité, la baisse de tarif est encore plus spectaculaire, puisque vous pourrez acheter UNE copie de Lion pour l’installer sur autant de postes que vous le souhaitez chez vous. Même plus de pack familial… Là encore, simplification de la gamme et économies pour le client. Mais toujours pas de stratégie clairement annoncée pour l’entreprise, ce qui est particulièrement agaçant. C’est à croire qu’Apple ne vend aucun ordinateur aux entreprises, alors que le succès du Mac mini Server montre qu’il y a encore largement de la place pour Apple sur ce marché. De même, les nombreuses nouvelles fonctions de Lion Server montrent que celui-ci aura toute sa pertinence dans l’entreprise, avec une intégration encore plus poussée des appareils iOS. Wait and see, donc.

iOS 5 : l’année de l’émancipation

Les nouveautés pour iOS5 sont finalement très peu surprenantes, mais elles font particulièrement plaisir. Ce qui est surtout important, c’est qu’iOS devient ENFIN un système autonome. Souvenez-vous de ce billet où j’expliquais que l’iPad devait vivre sans iTunes.

Et bien, ça y est, c’est fait. L’iPad n’est plus un périphérique, mais un ordinateur, à lui tout seul. Idem pour l’iPhone. Ce sont des produits devenus totalement émancipés. Si vous souhaitez utiliser un iPad sans iTunes, c’est désormais totalement faisable, même pour faire les mises à jour. Et avec la synchronisation Wi-Fi, le transfert des données et la sauvegarde complète se font sans douleur au moment de la recharge, futé.

Mais là encore, il manque quelques réponses à des questions typiques des entreprises : comment acheter des applications iOS en masse ? Comment j’accède à mes serveurs ? Vraiment dommage, à une époque où les entreprises commencent vraiment à s’intéresser plus que sérieusement à l’iPad et l’iPhone.

Et pour la partie polémique : on aurait effectivement voulu qu’Apple apporte un peu plus de fraicheur à iOS, avec quelques manques encore patents qui montrent que le jailbreak a encore de beaux jours. On pourrait même se demander pourquoi Apple a ainsi recopié le système de notifications d’Android, euh de WebOS… Ben vous pouvez y aller, critiquez. Mais honnêtement, si Apple a choisi cette solution, c’est peut-être parce qu’il s’agit simplement de la meilleure solution… Et qu’elle n’a pas (heureusement) le monopole des bonnes idées.

iCloud, ou la mort du système de fichiers

Le dernier gros morceau de la conférence était dédié à iCloud. J’ai d’ailleurs beaucoup aimé la petite réflexion de Jobs : « pourquoi faire confiance à la société qui nous a proposé MobileMe ? ». Moment de lucidité… Mais on peut effectivement espérer qu’Apple propose enfin avec iCloud toutes les solutions pour faciliter la synchronisation d’informations entre vos appareils. Le gros problème avec cette satanée synchronisation est de savoir où est la Vérité (l’information à jour la plus récente, et donc probablement la plus correcte) dès lors qu’on multiplie les points de synchronisation[2]. La seule solution ? Ne jamais avoir plus d’un seul point de synchronisation. Et iCloud va être ce point unique.

iCloud va loin, très loin. Contacts, calendriers, mails, photos, applications, livres, musique, données des logiciels, sonneries, configuration de l’appareil, vidéo… et même les documents. Ça, c’est vraiment vraiment bien. Vous enregistrez un document sur un appareil, et hop, il est disponible sur un autre en quelques secondes. Mais là encore, ça pose la question de la confidentialité des données et risque de faire peur à pas mal d’entreprises… À moins que pour Apple, la cause soit entendue : en dehors d’Exchange[3], point  (enfin plutôt, peu) de salut, et pour l’accès aux données, chaque entreprise doit décider de sa propre stratégie.

Mais iCloud est surtout la preuve que l’OS devient linéaire : l’emplacement des données sur votre disque importe peu, ce qui compte, c’est d’y avoir accès. C’est critiquable si on est utilisateur avancé, mais pour beaucoup de monde, ça sera largement suffisant. Vos données, partout, instantanément. On retrouve le côté « magique » de l’iPad. Et évidemment, avec un avantage énorme : c’est gratuit ! Enfin, du moins, pour les 5 premiers Go, et encore : une grosse partie des données ne fait pas partie de ce quota, dont la musique…

La musique, justement, parlons-en. iTunes Match était un énorme One More Thing. J’avais imaginé il y a longtemps qu’Apple puisse proposer ce type de système pour faciliter la migration de la musique inzecloud. Et c’est ce qu’elle a fait. Ne vous trompez pas : ce qu’Apple a mis en place est tout sauf simple, et les technologies derrière justifient probablement une bonne partie du nouveau Data Center à plein de sous qu’elle a mis en place. Et que les majors aient suivi Apple sur ce coup n’est pas la moins remarquable des victoires de Steve Jobs. Évidemment cette solution ne fonctionnera au début qu’aux USA (la mondialisation n’est pas un mot encore dans le dictionnaire des majors), mais quand même : bel effort.

iCloud montre donc que le hub numérique décrit par Steve Jobs en 2001 n’est plus du tout d’actualité. iCloud est appelé à devenir une brique fondamentale de l’expérience iOS / Mac OS X. La synchronisation manuelle est dépassée : le but est de ne même plus savoir où sont les données, juste de les utiliser.

Les trente premières années n’étaient que le début, annonçait Apple en 2007. Apple amorce un tournant bien plus remarquable pour elle et ses utilisateurs qu’on pourrait le croire après cette conférence. Vu les changements incroyables opérés durant ces quatre dernières années, je n’ose pas imaginer à quel point les prochaines années vont être passionnantes…

  1. Ne riez pas : l’excuse « votre produit n’est pas assez cher pour être crédible m’a déjà été donnée par des DSI.
  2. Apple fournit avec les outils développeur un programme Synchrospector, très intéressant, qui fait souvent référence à cette notion de « The Truth », avec un grand T.
  3. Qu’Apple adopte de plus en plus au sein de Mac OS X et d’iOS…

Et si Apple devenait opérateur mobile ?

C’est la question que pose Matthew Panzarino sur son blog. Et bien plus que la rumeur de télévision Apple qui occupe certains esprits, je me demande si celle-ci n’est pas finalement bien plus crédible.

La première question qui vient en effet à l’esprit par rapport aux colossales réserves de cash d’Apple, c’est : pourquoi accumuler autant si ce n’est pour faire des réserves pour racheter un opérateur mobile OU construire son propre réseau ? La question, incongrue il y a quelques années, ne serait pas finalement si idiote. Regardons de plus près : depuis des années, les opérateurs ont imposé leur loi aux fabricants de mobiles : placement de logo, applications préembarquées, fonctionnalités, design… étaient en réalité pilotés par les opérateurs, pas par le constructeur. Avec l’iPhone, Apple a changé complètement la donne en proposant un appareil pour lequel les opérateurs devenaient juste des fournisseurs de tuyaux.

Manque de bol, ça ne leur plait pas. L’inénarrable Stéphane Richard expliquait ces dernières heures qu’il ne comprenait pas pourquoi Apple ne voulait pas pré-installer l’applications d’Orange sur son téléphone plutôt que d’obliger les utilisateurs à les télécharger en boutique [[1. Au passage, bravo à Stéphane Richard qui n’hésite pas à essayer de se faire mousser en parlant du prochain iPhone.. J’aurais bien une réponse, mais elle serait considérée comme vulgaire, donc contentons-nous de dire que les applications proposées par les opérateurs ne sont pas vraiment au top de ce qu’on peut trouver sur iOS, et qu’elles dégraderaient l’expérience utilisateur, commune à tous les utilisateurs d’iPhone dans le monde.

Ce que les opérateurs ne veulent surtout pas comprendre – ou plutôt comprennent parfaitement mais ne veulent surtout pas mettre en place – est que leur rôle est finalement très, très bête : on leur demande juste de fournir des tuyaux et de laisser passer des données dedans. En clair : de faire leur métier. Mais ça ne leur plait pas aux opérateurs : c’est qu’avec l’avénement de TCP/IP sur les mobiles, ils voient poindre le pire de leurs cauchemars : un monde où ils ne pourraient plus facturer des tarifs exorbitants pour des données aussi simples que des SMS. À ce propos, connaissez-vous le coût réel au mega-octet d’un SMS ? Lisez, c’est édifiant. Pire encore, la voix transite par TCP/IP, rendant obsolète leur mode de facturation à l’heure des communications. Un forfait Apple vraiment illimité, à 30€ par mois communications et SMS/MMS inclus, qui vote pour ?

Mais pour le moment, les opérateurs ont encore un moyen de réplique : la facturation du Mo transféré. Quand l’iPhone a débarqué, les opérateurs (Orange en tête) étaient plutôt confiants : l’iPhone était un appareil novateur, puissant, mais se reposant uniquement sur ses quelques applications d’origine. Rien de trop méchant. Manque de bol : avec l’App Store et l’iPhone 3G, le public a commencé à utiliser réellement le réseau et à le soumettre à des tensions finalement très prévisibles. L’opération a été finalement très simple : transformer les forfaits illimités en… pas-tout-à-fait illimités. En clair : tu as un forfait illimité, mais à 1 Go/mois, sinon ben tu apprends ce que le mot escargot du réseau veut dire.

Pire encore : lorsque l’iPad est annoncé, Apple annonce également un nouveau modèle de facturation de la 3G à l’utilisation, avec l’achat d’un forfait directement à travers l’interface de l’iPad. Aux États-Unis, le tarif est raisonnable, mais quid de la France ? Et bien, les opérateurs ont juste décidé de proposer des abonnements hors de prix (40€ par mois pour un iPad, avec limite à 2 Go ? Sériously, guys ?).

Et puis, il y a les petites mesquineries. Enfin, petites… Perso, j’ai toujours en travers de la gorge le racket (il n’y a pas d’autre mot) des opérateurs qui imposent un abonnement supplémentaire pour utiliser un iPhone en mode modem ou point de partage Internet sans fil. On paye des abonnements avec un Go de consommation par mois, mais on doit payer beaucoup plus cher parce que les octets viennent de et vont vers mon ordinateur plutôt que mon iPhone ? Prenons un cas simple : je télécharge une appli sur l’App Store à partir de mon iPhone 4. Rien ne m’est facturé en plus. Je décide de télécharger la MÊME appli à partir d’iTunes sur mon Mac, et Orange me prélève 10€ par mois pour avoir ce privilège ??? Où est la logique ?

C’est bien connu : Steve Jobs déteste les opérateurs téléphoniques. Il doit clairement penser que la beauté de ses appareils est sérieusement endommagée par leur côté rapiat. Mais je ne serai pas surpris que d’ici cinq ans, Apple se soit lancé d’une façon ou d’une autre dans la création d’un réseau ou le rachat d’un opérateur téléphonique après être devenu MVNO. Travail de longue haleine ? Complètement. Dangereux ? Également. Culotté ? Certainement. Mais ça serait finalement une telle rupture avec les opérateurs classiques et leur fâcheuse tendance à prendre les clients pour des pigeons qu’un tel effort pourrait devenir indispensable pour Apple, qui proposerait alors une solution complète de télécommunication, efficace et à tarif agressif.

Bien sûr, ce serait une tâche de longue haleine, colossale, remplie d’épines, dont la compliquée passation de pouvoir entre les opérateurs classiques et Apple. Mais d’un autre côté, Apple n’était sensée avoir aucune chance sur le marché de la téléphonie il y a quatre ans… We’ve come a long way, baby.

Apple, opérateur téléphonique, ça ne sera donc pas pour demain. Mais je suis sûr que du côté de Cupertino, ça doit pas mal cogiter dans ce sens… Et je suis quasiment sûr que le réseau téléphonique d’Apple pourrait arriver bien avant une TV Apple.

Les paris sont ouverts.

Conférences Apple’s Day : le Mac et iOS en entreprise [MàJ]

Je donnerai deux TROIS conférences le samedi 28 mai à l’Epita / Epitech / Etna (rayez les mentions inutiles) à l’occasion de l’Apple’s Day.

Les sujets que j’aborderai :

  • 14h00 : Intégrez vos Mac dans votre environnement informatique en un temps record
  • 16h00 : Découvrez comment intégrer iPhone et iPad dans votre entreprise
  • 17H30 : Mac OS X et la virtualisation

Ces conférences sont gratuites. Tout se passera sur le campus d’EPITA (24 rue Pasteur, Le Kremlin-Bicêtre).

Pour assister obtenir votre invitation, n’oubliez surtout pas de vous inscrire en ligne.

Et si vous souhaitez faire dédicacer vos exemplaires de À la découverte de son iPad, Leopard Efficace ou Snow Leopard Efficace, n’hésitez pas à faire un saut :)

Utiliser le nouveau calendrier MobileMe avec iOS 3

L’ami MacBrains du site éponyme s’est plaint ce soir d’un problème important : désormais, Apple force la migration des calendriers MobileMe vers un nouveau système. Las, ce nouveau système ne permet de récupérer les calendriers qu’à partir d’iOS 4, ce qui met sur la (multi)touche[1] le magnifique iPhone 3G de notre hélvète ami.

Sauf qu’en fait… ça marche très bien. Pour accéder à son calendrier après migration, il suffit de configurer le compte ainsi sur votre iPhone :

  • Lancez l’application Réglages.
  • Tapez Mail, Contacts, Calendriers.
  • Tapez Ajouter un compte.
  • Là, ne tapez PAS sur MobileMe, mais sur Autre.
  • Tapez Ajouter un compte CalDAV.
  • Renseignez les informations de la façon suivante :
    • Serveur : cal.me.com
    • Nom d’utilisateur : votre identifiant MobileMe, sans @me.com.
    • Mot de passe : le mot de passe de votre compte MobileMe.
    • Description : ce que vous voulez.
  • Tapez Suivant.

Le compte est ajouté, et utilisable sur votre « vieil » iPhone. Cette astuce a été testée sous iOS 3.1.3 et un iPhone 2G.

On dit merci qui ?

PS : chez David, pour les petites coupures, tu les laisses sur le compte en Suisse, comdab. Merci.

  1. AH AH AH.

Parts de marché

Il est donc acté aujourd’hui que puisqu’Apple propose une solution mobile fermée et qu’Android est ouvert (ahem), Apple est forcément condamnée à revivre le scénario des années 1990, et à revivre la même chute aux enfers. Parce qu’il est bien connu que l’histoire se répète, surtout en informatique.

La preuve : Windows Mobile est un succès écrasant aujourd’hui sur le marché des smartphones, Microsoft a écrabouillé tout le monde sur son passage, et il n’y  plus aucune société pour les combattre dans le domaine informatique. Non ? Je me serais trompé ?

Les analystes (et dans une certaine (grande) mesure, les journalistes) aiment à penser que le scénario de Windows il y a 20 ans est celui du succès et qu’il faut qu’Apple ouvre son système pour réussir à battre la concurrence. Quand bien même il y a beaucoup plus d’exemples de sociétés qui ont perdu, puis gagné à nouveau du terrain, alors que la domination de Microsoft via Windows est la véritable exception des technologies numériques.

Apple est devenue en moins de 10 ans l’une des plus grandes entreprises au monde en terme de capitalisation boursière sans pour autant avoir adopté Windows sur toutes ses bécanes 1. Et si on regarde de près, la suprématie de Windows n’a pas été particulièrement ébranlée sur les machines de bureau, où Linux ne perce que très timidement. Alors qu’il est tout aussi « gratuit » qu’Android pour les téléphones portables, non ?

Autre point amusant : continuer d’entendre qu’Apple aurait du licencier Mac OS dès 1985. Alors que le Mac était une architecture totalement différente du PC de l’époque, avec des écrans de bien plus haute résolution, et une ROM matérielle qui comportait la moitié de l’OS, donc un système totalement incompatible avec la technologie PC de l’époque. En 1995, Apple a autorisé des constructeurs à sortir des clones de Mac. Cela a failli la tuer. À la même époque, elle dépendait d’un OS en bout de course et sans aucun successeur (Copland était un fatras sans aucun vrai chef de projet).

De même, comme le rappelle ce billet, il existe de nombreux marchés où il n’y a pas eu de vainqueur bien défini, comme celui des jeux vidéo. Et c’est une très bonne chose : cela évite à chacun de dormir sur ses lauriers, la concurrence étant motrice d’innovation technologique. Dans les années 90, Nintendo dominait le marché jusqu’à l’arrogance, puis s’est prise une claque avec la PS 1 puis 2, Microsoft a débarqué, a dégainé le premier sur le marché des consoles « Next-Gen » avec la Xbox 360, alors que Nintendo revenait comme innovateur avec la DS puis la Wii.

Ce qui a sorti Apple du gouffre, ce n’est pas d’avoir tout abandonné à Windows : c’est de créer des nouvelles machines, de sortir des sentiers balisés, d’innover, de tracer sa voie sans écouter ceux qui avaient forcément raison. Si on avait écouté ces mêmes personnes, un produit comme l’iMac n’aurait jamais pu sortir2 et Apple aurait du prendre une licence de Windows NT 4 dès 1996 tout en enterrant Mac OS. Selon ces mêmes personnes, l’iPod aurait été un échec, et face au BlackBerry, l’iPhone, sans clavier, n’aurait eu aucun succès. Quand à l’iPad, c’est un gros iPod touch, personne ne veut utiliser ça pour remplacer son ordinateur.3

À vrai dire, je trouve presque cette volonté d’uniformisation des pensées (« allez tous vers Android ! » après « Allez tous vers Windows ! ») presque inquiétante. Comme si il fallait absolument qu’il n’y ait qu’UNE solution universelle dirigée par UNE compagnie. Alors qu’on a très bien vu ce qui se passait quand une seule compagnie faisait la pluie et le beau temps, et en particulier le frein à l’innovation que cela devenait…

Donc : la concurrence d’Android est bonne. Mais la disparition de toutes les plate-formes ne serait pas une bonne chose. Mettre tous les pouvoirs dans les mains d’une seule société qui en a déjà beaucoup ne serait peut-être pas une bonne idée… Que cette société soit Google ou Apple.

  1. Certes, on peut installer Windows sur un Mac, mais ce n’est pas l’élément déclencheur qui a permis aux ventes de Mac d’accélérer depuis quelques années. L’arrivée de Mac OS X et d’iLife ont été les deux événements les plus significatifs à mon goût
  2. « Pas de lecteur de disquettes ! Pas de SCSI ! USB, mais c’est quoi ça ! »
  3. Quand bien même Apple a bien expliqué qu’il s’agissait d’un produit entre l’iPhone et le Mac.