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Modifier les éléments d’un groupe (sans le décomposer) dans Keynote

Cette astuce est tellement simple, tellement limpide que je me demande comment je ne suis pas tombé dessus avant. Si ça se trouve, elle est même documentée, mais bon.

Lorsque vous travaillez dans un document Keynote, vous avez souvent besoin de rassembler plusieurs objets dans un seul groupe. Pour cela, vous passez par le menu Disposition > Grouper après avoir sélectionné les objets à regrouper. Lorsque vous cliquez sur un objet du groupe, vous sélectionnez en fait tout le groupe, que vous pouvez alors déplacer à votre guise.

Souci : si vous souhaitez déplacer par la suite un élément unique du groupe, vous êtes normalement obligé de dissocier le groupe, puis de le recréer.

Mais ça, c’était avant. Car sachez que si vous double-cliquez sur cet objet, il sera sélectionné et pourra être déplacé… sans que cela ne casse le groupe. Vous pouvez ainsi rapidement déplacer un objet, et continuer à bouger par la suite tout le groupe de façon dépendante.

Franchement futé, et une preuve encore de la merveille qu’est Keynote. Apple, quand tu veux tu le mets à jour hein.

Quelle télécommande pour donner une présentation ?

Il y quelques jours sur Twitter, Audrey Couleau m’a signalé un tweet de Compétences Mac, le site ayant publié un article intitulé : UN POINTEUR LASER POUR RÉUSSIR VOS PRÉSENTIONS À COUP SÛR.

Manque de bol, contrairement à ce que pensait Audrey, c’est sûrement une des pires télécommandes qui soient. En présentation, la télécommande la plus simple restera toujours la meilleure, parce que lorsqu’on a le stress de devoir assurer devant 500 personnes pas forcément acquises à votre cause, il faut éviter au maximum que la technique soit contre vous.

Par conséquent, une télécommande doit répondre à mon avis pas si humble du tout à des critères bien précis. Entre autres, elle doit :

  • bien tenir dans une main. S’il vous faut deux mains pour l’utiliser, il y a une erreur d’ergonomie quelque part. Si c’est une brique, pas la peine d’y penser. Idéalement, le public ne voit même pas que vous avez une télécommande dans la main. Rendez la technologie invisible : cela participera à la magie de la présentation.
  • être utilisable sans même avoir besoin de la regarder. Du coup, exit les télécommandes avec des tonnes de boutons. La télécommande idéale ne devrait avoir que trois boutons au maximum : diapo suivante, diapo précédente1 et passer la présentation en mode écran noir.
  • être utilisable même si l’ordinateur n’est pas visible. Exit donc les télécommandes infrarouge, et bonjour les télécommandes à onde radio ou Bluetooth.
  • fonctionnelle en quelques secondes. Si vous présentez régulièrement, vous savez sûrement qu’il arrive parfois qu’on ait très peu de temps pour se préparer avant une conférence lorsque celles-ci s’enchaînent. Or, s’il vous faut du temps pour connecter votre télécommande à un réseau Wi-Fi ou configurer votre ordinateur en borne Wi-Fi, connecter votre iPhone, lancer l’application Keynote Remote2, s’assurer que tout fonctionne bien… Vous risquez de perdre trop de temps. Qui plus est, si vous vous connectez à un réseau Wi-Fi tierce partie, vous risquez de dépendre d’un matériel qui pourrait s’avérer défaillir durant la présentation. Autant limiter les risques. Personnellement, les quelques fois où j’ai du utiliser mon iPhone comme télécommande, je m’en suis mordu les doigts.
  • Ne pas intégrer de pointeur laser.
Tiens, parlons-en du pointeur laser : lorsque j’en vois un utilisé par un présentateur, j’ai envie de lui saisir sa télécommande et lui enfoncer le laser dans l’œil. Outre le risque d’aveugler son assistance par un geste maladroit, j’ai tendance à penser que si on doit pointer quelque chose avec un laser, c’est qu’il y a un souci dans la conception de la diapositive. En plus, si les gens passent leur temps à essayer d’éviter le laser que vous allez leur pointer dans les yeux, ils vont cligner des yeux. Et vous connaissez le risque.
 
 

Dontblink

 
 
Si dans le cheminement de votre présentation, vous pensez « Ah tiens, il faudrait que je pointe ça avec ma télécommande », brûlez la diapositive, et refaites-la. Imaginez par exemple que votre télécommande tombe en panne pile poil durant votre présentation… Hop, plus de laser, et d’un seul coup, de grosses difficultés à continuer le cheminement de la présentation. Pas bon. Le public ne vient pas voir un point sur un écran : il vient vous voir, vous.
Enfin, les pointeurs laser sont interdits dans les avions. Si vous voyagez beaucoup, ça risque d’être une plaie.
 
Alors, quelle est la télécommande idéale pour moi ? Et bien, la voici, ta-daaaaaaaaaaaaam !
Keynote si600 Remote
 
Le modèle que j’utilise – cadeau de mon épouse – est la 33374, qui intègre un laser, mais ce modèle sans laser vendu par Amazon devrait tout aussi bien s’y substituer. Avantages de cette télécommande : 
  • Elle fonctionne par onde radio avec une excellente portée ;
  • Le module USB se loge dans la télécommande quand il n’est pas utilisé (même s’il est un peu gros et donc dépasse pas mal de l’ordinateur) et coupe le laser, donc les piles ne s’épuiseront pas inutilement dans votre sac ;
  • Elle fonctionne en mode Plug’n’Play total : vous la branchez, et vous pouvez l’utiliser sans configuration aucune avec Keynote ou PowerPoint ;
  • Elle épouse bien la forme de la main, avec une texture agréable ;
  • Elle n’est pas trop grosse ni trop petite ;
  • Elle est manipulable uniquement avec le pouce, avec des boutons assez gros et assez espacés pour qu’on ne s’y trompe pas ;
  • Elle fonctionne avec 2 piles bâton AAA. Pas forcément plus mal que des batteries rechargeables : en cas de doute horrible, vous n’aurez pas à chercher un câble idiot qu’on n’a jamais sous la main mais juste à réinsérer des piles neuves3.

Vous savez donc ce qu’il vous reste à faire pour rendre vos présentations… magiques !

  1. Et encore, certains diront que c’est un bouton de trop. Ne soyons pas trop extrême quand même.
  2. Si vous utilisez Keynote, mais évidemment que vous utilisez Keynote hein ?
  3. Dont vous emporterez évidemment un jeu dans votre sac par pure sécurité.

Nettoyer tous les commentaires d’une présentation Keynote

Allez hop, encore un tout p’tit script bête comme chou suite à une demande de mon inestimable ami et confrère Laurent : comment faire pour supprimer rapidement toutes les notes du présentateur d’une présentation Keynote ? 

AppleScript à la rescousse ! Cette petite application (à télécharger ici, pour la modique somme de 26 Ko…) fait exactement cela. Enfin pas tout à fait : il remplace toutes les notes du présentateur par un espace dans le document au premier plan (pour une raison que j’ignore, il ne peut pas supprimer la note, et utiliser un texte vide ne fonctionne pas) . Ensuite, il ne reste plus qu’à enregistrer le document.

Note : une variante pourrait consister à transformer la présentation en droplet pour glisser un fichier Keynote dessus, mais là, pas trop le temps de m’y consacrer :)

Mon Mac & Moi : Pages, Numbers et Keynote sur iBooks Store

Agnosys, Centre de Formation Officiel Apple, sort en format iBooks (donc lisible sur iPad, iPhone et iPod touch) le livre Mon Mac & Moi :  iWork’ 09 (que j’avais rédigé en 2009) sur sous la forme de trois opus consacrés à Pages, Numbers et Keynote. Chaque livre est disponible au format iBooks à partir de l’iBooks Store (cherchez Mon Mac & Moi) et au tarif absolument incroyable de 4,99€. Moi je dis, à ce prix-là, il faut prendre les trois…

Say Hello to iPad !

La voici donc, la fameuse tablette, et son nom est bien iPad, comme prédit.

Et donc, qu’en penser ?

Pour moi, il y a plusieurs points fondamentaux à voir dans ce produit, et comme tous les produits Apple, il va être source d’émerveillement et de frustration.

Reprenons d’abord le matériel. On ne peut pas dire grand chose sur le design : c’est bien un gros iPod touch, en à peine plus évolué, mais en assez léger, même si les premiers commentaires annoncent un poids qui se sent bien en main. Et tout de suite, on constate qu’il lui manque peut-être un p’tit quelque chose, comme une webcam, et ça je trouve que c’est fort dommage.

Mais continuons. L’écran semble très brillant, très belle qualité, et un des arguments d’Apple est : « vous n’aurez plus envie d’avoir un cadre photo numérique ». Certes, avec l’adaptateur qui va bien, ça devrait le faire. Et surtout, vu que la plupart des cadres photos numériques sont une plaie à utiliser, il ne devrait pas y avoir photo (hin hin) sur l’utilisation de l’iPad pour tout ce qui est graphique en général.

Maintenant, regardons l’intérieur de l’appareil. C’est probablement dedans que se joue une partie du futur d’Apple : le processeur Apple A4. Si vous vous demandiez pourquoi Apple a racheté PA Semi, vous avez l’explication : pouvoir fournir ses propres processeurs à basse consommation, des processeurs très rapides et très puissants. 10 heures d’autonomie, et une vitsse qui semble vraiment au rendez-vous : des premiers commentaires, la réactivité de l’appareil serait très, très impressionnante. Selon John Gruber, ce serait même le point qui rendrait vraiment l’iPad attractive.

Côté OS, j’avais pensé qu’il ne s’agirait pas d’iPhone OS, or il s’agirait d’iPhone OS 3.2. Mince ! Et c’est vrai que l’interface ressemble fortement à celle de l’iPhone. Pourtant, j’ai l’impression que cette interface n’est pas finale, et que le vrai iPad OS sera la version 4 d’iPhone OS : un vrai système capable de faire s’envoler cet appareil.

Avec iBooks, mon pronostic sur la Gazette des sorciers se concrétise quelque peu… Et Amazon va devoir se bouger sérieusement les fesses. Même si nombreux sont ceux qui ne jurent que par le e-Ink, l’iPad risque de faire du mal. Parce que si le Kindle est excellent pour lire des livres, l’iPad risque d’être très bonne pour les livres, et exceptionnelle pour tout le reste.

iWork… Ça c’est bon ! J’adore l’idée de pouvoir travailler sur un document Keynote en mode multitouch et de pouvoir le diffuser directement via l’iPad (possible désormais pour toute application avec le nouveau SDK). À tester, mais ça pourrait être génial. Dommage que les applis soient par contre toutes payantes.

La plus grosse surprise de l’iPad, ça reste quand même le tarif. 499$ ! Alors certes, si on rajoute les options 3G et la grosse capacité de stockage, le tarif n’est plus le même. Mais quand même… Pour un produit que tout le monde pensait à 1000$, c’est une sacré bonne surprise.

De façon plus générale, Apple voit l’iPad comme le produit à mi-chemin entre l’iPhone et le portable classique, et ce n’est pas encore le produit ultime capable d’attirer tout le monde. D’un côté, il a des concessions, et peut-être qu’Apple a vraiment cherché à atteindre un prix qui lui semblait vraiment accessible. Il est clair qu’à moins de 500$, l’iPad aura forcément du succès.

Certains sont déçus car ils espéraient un système plutôt basé sur Mac OS X. Mais je crois que pour Apple le but était de faire un produit simple, utilisable par n’importe qui, et quand même très puissant. L’informatique classique est intimidante : le grand public a du mal à utiliser la souris et le clavier. Avec l’interface simple et épurée de l’iPad, le message semble plutôt être « je suis simple mais efficace pour la plupart des usages. » Dans le même ordre d’idée, l’absence de système de fichier va dans une logique de simplicité et d’interaction plus directe. À l’heure actuelle, la majorité des utilisateurs d’ipod touch ou iPhone n’ont pas accès au système de fichier de leur appareil et ça ne les empêche pas de dormir. Au contraire : ça leur rend l’informatique accessible.

Il y a un point très important dans la mise en scène de la présentation de l’iPad : le fauteuil. Le message est clair : « ce n’est pas un produit que vous utiliserez devant une table ». Prenons l’exemple de mon épouse qui surfe sur le canapé ou dans le lit. Le Macbook est très bien, mais son autonomie est moindre, il chauffe, et il est finalement un peu lourdaud pour des besoins finalement simples. Mais il ne pourra pas être remplacé tout de suite par un iPad pour d’autres raisons : capacité plus limitée, pas de multitâche… En revanche, ce dernier pourrait être un objet purement familial pour des utilisations sans prise de tête.

Enfin le dernier point sensible, ce sont bien evidemment les applications. Dés sa sortie, l’iPad propose plus de 120000 applications ! Mais là encore, elle ne donnera sûrement sa mesure qu’avec des applications taillées pour elles (iLife, anyone ?). Et je lui prédis un incroyable succès dans le monde professionnel. Attendez-vous à voir l’iPad débarquer rapidement dans les hôpitaux, chez les transporteurs ou bien d’autres endroits où vous imagineriez voir des Mac. D’autant que la question de l’intégration en milieu hétérogène se pose moins qu’avec le Mac, car finalement beaucoup plus simple.

Au final, l’iPad est comme d’habitude un produit de concessions qui ne pourra pas satisfaire tout le monde. Certains regretteront (avec raison) qu’il manque par exemple une webcam. Mais l’iPad va proposer une expérience utilisateur inimitable… et l’expérience utilisateur, c’est une des plus grandes forces d’Apple.

Intégrer des données multimédia dans un bloc Pages

J’utilise Pages à peu près tous les jours, et j’adore tout particulièrement son intégration avec la suite iLife via le navigateur multimédia (appelé aussi « Navigateur iLife »), qui donne accés instantanément à toutes les photos d’iPhoto, Aperture, Photo Booth…, la musique d’iTunes ou encore les séquences vidéos dans le dossier Séquences, etc.

Lorsque vous glissez une image du navigateur multimédia vers un document Pages, elle se positionne par défaut en mode flottant, au dessus du texte. Mais il y a une petite astuce que je viens de découvrir : si vous enfoncez la touche Commande en même temps que vous glissez l’image, vous pouvez intégrer l’image directement en mode Alignement, c’est à dire intégrée dans un bloc de texte. Si ce n’est pas clair, essayez, vous comprendrez (c’est un peu comme le Keno).

C’était l’astuce cadeau du jour ! À dans trois mois pour une autre astuce cadeau !

Mon Mac & Moi : iWork’ 09, bientôt dispo !

mmm-iwork-3m039J’ai fini il y a quelques jours la rédaction du livre Mon Mac & Moi consacré à iWork’ 09. 212 pages consacrées aux nouvelles versions de Pages, Numbers et Keynote, avec des tonnes de nouvelles astuces, de conseils, une prise en main de la version beta d’iWork.com, et tout ça dans un bouquin en couleur avec un super joli papier, et qui tient dans une (grande) poche. Pour 13,90€, moi je dis, c’est presque donné. Le bouquin est disponible en pré-commande sur le site, et d’ici une semaine à dix jours dans les librairies. Vos commentaires sont les bienvenus (par mail ou, euh, en commentaire).

Les fichiers d’iWork’ 09 sont TARés (ah ben non)

Avant iWork ’09, les fichiers Pages, Numbers et Keynote étaient des paquets, c’est à dire des dossiers considérés comme des fichiers par le système. On pouvait alors, avec un Contrôle + Clic / clic droit, accéder au contenu de ce dossier en utilisant Afficher le contenu du paquet. Pratique par exemple pour récupérer une image ou une vidéo dans un fichier Keynote…

Or, dans iWork ’09, ce n’est plus le cas : les documents sont des fichiers plats, dont le contenu est inaccessible (*). Enfin, pas tout à fait… En réalité, ce sont désormais des archives au format Tar Zip. Pour accéder à leur contenu, il suffit donc de dupliquer le fichier et de changer son extension .pages, .numbers ou .keynote en .tar.zip.
doc_numbers

Attention cependant, ça ne marchera pas dans l’autre sens : une fois le fichier désarchivé, vous ne pourrez plus le ré-archiver pour l’utiliser tel quel, et c’est pour cela que je conseille bien de travailler sur une copie du fichier…

MàJ (oui je sais chérie, je fais aussi des Màj, et je fais ce que je veux, na) : comme le fait remarquer l’affreux Laurent-qui-a-toujours-raison-parce-qu’il-connait-mieux-Unix-que-moi, les fichiers ne sont pas de .tar mais des .zip. Du coup, ça explique pourquoi on ne peut pas reconvertir le fichier : il faut juste compresser le dossier et le renommer en .pages, .numbers ou .keynote.

Bon, on dira que je me mets un 14/20 : « Résultats encourageants, continuez comme ça ! ».

(*) On peut quand même revenir au format paquet par défaut dans les préférences de chaque logiciel.

QuickTime 7.6 dispo

QuickTime passe en version 7.6. Et elle corrige un bug très agaçant rencontré chez un client : lors de l’export de Keynote vers QuickTime, la synchro image et son n’était pas conservée. La mise à jour 7.6 sembler corriger le souci. Ouf !

iWork.com : la pire chose qui pourrait arriver à Microsoft Office ?

Allez, un titre provoc’, pour pas changer, vu que je sais que les commentaire vont affluer suite à ce que je vais déblatérer dans les paragraphes suivants.

J’ai donc pu essayer quelque peu les fonctionnalités « in ze cloud » proposées par le nouveau service iWork.com proposé par Apple. Son objectif est de proposer la visualisation des documents et l’annotation des documents iWork (Pages, Numbers, et Keynote) à travers un simple navigateur Web. Certes, il faut quand même un navigateur récent, mais c’est déjà pas si mal.

Ce qui est très étonnant, c’est que certains commentateurs souhaitent absolument comparer ce service qui sera payant à celui par exemple de Google Docs, qui selon un lecteur de MacGeneration, est gratuit et fait tant de choses en plus : « interactivité avec les lecteurs, droits différents, 7 Go de sauvegarde, visionnable sur tous les navigateurs Mac et PC et GRATUIT ! ).

Bon. Reprenons quand même nos esprits. Certes Google Docs est sympa si on est motivé, qu’on se sent geek dans l’âme, et qu’on a pas envie de faire preuve de trop de créativité. Car avec son choix époustouflant de onze polices, ses 256 couleurs RVB, ses possibilités de mise en page poussées, euh non, poussives, inexistantes… on ne peut pas dire que GoogleDocs se caractérise par des qualités créatives exceptionnelles, ni par des capacités d’innovation délirantes. Comment, des transitions d’objets ou de diapositives dans un document de présentation ? Mais vous n’y pensez pas mon ami ! (*)

Tout ça pour dire qu’il faut revenir parfois un peu sur terre, et réfléchir quelque peu avant de parler trop vite. Pour qu’une comparaison soit valable, il faut comparer ce qui est comparable. Je ne cherche pas à dézinguer illico la solution de Google, mais elle propose à l’heure actuelle des limitations importantes par rapport à une application classique. Dans quelques années, il ne fait aucun doute que les applications Web feront sûrement autant que les applications classiques, mais on en est encore assez loin. Pour le moment, l’intégration entre iLife et iWork est infiniment supérieure à l’intégration entre Google Docs, et, euh, rien en fait.

modele_doc_pagesPrenez par exemple un document standard proposé parmi les modèles de Pages, comme celui ci-contre. Il est impossible de recréer le même document dans GoogleDocs (sauf à y insérer une grosse image faite dans un autre logiciel, OK). Pas aujourd’hui, pas demain, pas avant de nombreux mois/années.
Et c’est là la beauté d’iWork.com : mettre à la disposition de tous ces documents visuellement très poussés à tout le monde, et permettre de les commenter. Là, ce qui est plus impressionnant, c’est comment iWork.com réussit à recréer le même document dans le navigateur quasi sans erreur, en conservant les typos, la mise en page, etc.

Alors, là où ça va paraître dingue, c’est que je pense sincèrement qu’iWork.com peut être suffisamment simple, puissant et percutant pour pousser des entreprises à oublier Microsoft Office, et voici pourquoi.

Durant les présentations Mac@Work, une grande emphase est mise sur la suite iWork (elle constitue en fait le tiers de la présentation). À un moment de la présentation vient alors la grande remarque : « oui, mais moi j’ai besoin de Word pour partager mes documents avec mes clients ». Le besoin est là : partager. iWork.com, c’est le partage. Si on peut partager simplement les documents iWork avec le monde PC, le combat serait donc (au moins en partie) gagné. Et là, d’un seul coup, la stratégie d’Apple apparaît, limpide : pour un quart du prix de Microsoft Office, vous pouvez créer des documents sophistiqués, les publier sur Internet sans quitter votre logiciel, et permettre à vos clients de les commenter… en temps réel ! Vous pouvez rester maitre de vos contenus (vous conservez la version originale), les clients peuvent annoter plutôt que de s’occuper de modifier eux-même les documents… Bien évidemment, cette technique ne pourra pas fonctionner si le client a aussi besoin de modifier les documents en conservant très précisément leur mise en page. Mais c’est une approche qui présente des avantages, puisque l’annotation peut être faite de n’importe où, par n’importe quel ordinateur équipé d’un simple navigateur.

C’est finalement une autre approche de complémentarité web app/web classique : Microsoft pense que la solution du futur revient à construire des applications Web identiques à celles proposées en version desktop (cf Office Live!), et Google pense uniquement au web en tant qu’application (tout est dans le « cloud », et je déteste ce terme). Pour Apple, les applications desktop sont essentielles, mais la diffusion du contenu passe par le web. Et c’est ici la différence majeure entre Google et Apple : Google pense au web comme créateur de contenus et diffuseur. Pour Apple, les applications Desktop créent le contenu, et le Web est un support de diffusion de masse.

Et d’un seul coup, on se dit que finalement, si l’utilisateur d’iWork peut diffuser simplement ses contenus, les partager, les voir annotés, sans qu’il y a besoin de passer par Microsoft Office… Peut-être, peut-être qu’on est au début de quelque chose de nouveau, une nouvelle façon de voir l’échange des documents informatiques sur Mac, dont iWork’09 devient la porte d’entrée, et iWork.com la plaque tournante. Certes, cela sera difficilement applicable dans les très grandes entreprises, mais ça tombe bien, Apple n’a pas fait iWork pour eux, mais pour le marché qui représente près de 98% des entreprises : les PME/PMI, et celles qui auront finalement le plus d’intérêt et facilités à passer à iWork.

Ou peut-être que j’ai tout faux, que je rêve trop, et qu’on continuera à acheter autant MS Office en masse dans les prochaines années. Mais quand même, j’aimerais bien un petit peu avoir raison. Même un tout petit peu… Et d’ailleurs, je pense que je vais passer par iWork.com pour l’échange de mes documents durant les prochains mois. Et on verra dans un an ou deux si j’ai raison. Ou pas.

(*) Et oui, je sais que ce n’est pas essentiel d’avoir des jolies transitions ou effets, mais un bon contenu et un bon présentateur, et qu’avoir trop d’effets spéciaux médiocres peut desservir la présentation. Mais bien utilisé, l’impact ajouté durant la présentation est non négligeable (voir la conférence de MacWorld Expo 2009 par Schiller 2007 par Steve Jobs pour s’en convaincre)