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Vingt ans au service (pas si secret) de votre Macintosh

Le 31 octobre 1997 a marqué le début de mon aventure professionnelle dans le monde Apple. Ceux qui me connaissent bien savent que j’avais déjà travaillé à la boutique ECA Électronique à Saint-Péray début 1997, mais il s’agissait à l’époque d’un contrat à mi-temps, alors que je poursuivais – de loin – mes études. C’est d’ailleurs à cause de ces mêmes études que j’ai fait la découverte du Mac à la fac de Lumière-Lyon II en 1994. Une rencontre qui a littéralement bouleversé ma vie. Séquence souvenir.

Les turpitudes de la vie, justement, ce sont elles qui m’ont fait partir à Londres en septembre 1997. Un premier passage sous la Manche en Eurostar, un débarquement à Primrose Hill, et la recherche d’un boulot. Et à cette époque-là, être fan du Mac, c’était avoir la Foi. Il y avait une seule boutique qui vendait du Mac sur Tottenham Court Road, pas très intéressée par mon CV. Je découvrais l’immensité de Londres, la pizza à l’ananas, les joies du Tube… et pas de travail après quelques semaines, parce que je ne me résignais pas vraiment à devenir serveur dans un café (métier fort honorable, mais ce n’était pas vraiment ce que je cherchais). Et puis une léééééégère dépression quand ma compagne de l’époque a décidé que voilà, c’est fini, alors que j’étais parti la rejoindre. La vie n’est pas toujours hyper rigolote. #SéquenceEmotion

Mais la vie fait aussi parfois bien les choses, comme ce jour où dans le Guardian I.T, supplément du célèbre Guardian consacré aux Information Technologies, je tombais sur cette petite annonce :

Cherchons un technicien Apple…

« Aaaaaaaaaaaaaaaahhh ! »

… parlant français.

OOHHHHHHHHHHHHHHHH.

Un coup de fil plus tard, j’apprends qu’une société appelée ICL Sorbus recrute des techniciens, mais je ne comprends pas vraiment pourquoi. On m’envoie un formulaire par fax à renvoyer, je remplis le test haut la main, un RDV avec un recruteur plus tard, un autre test technique, et hop, embauché.

Au saint des saints.

Chez Apple Assistance. Qui à l’époque, réduction des coûts oblige, voit ses centres de support regroupés à Sidcup, dans la banlieue de Londres.

Sidcup

Officiellement, je suis engagé comme technicien de niveau 1. Avec mon casque sur la tête, je devrai aider les clients français sous contrat 90 jours après l’achat. Une équipe de français parmi une dizaine d’autres pays, le centre étant européen. La richesse des cultures.

Je commence officiellement le 31 octobre 1997, avec une journée de formation sur… Newton. Le fameux Newton qui sera tué quelques mois plus tard. J’aurai eu à traiter UN appel pour un problème Newton dans toute mon existence.

Le week-end du 1er novembre, j’aide à installer tous les Mac du centre (il faut configurer toutes les adresses IP, les adresses mail…). J’aurai le numéro 100. Mon adresse mail sera du coup icl100@euro.apple.com. Tout un symbole (ou pas).

Lundi matin, c’est le grand bain. Enfin… Noyade est le terme le plus juste, puisque les clients doivent parfois attendre une heure pour avoir un technicien, pas forcément bien formé (beaucoup de techniciens avaient été embauchés parce qu’ils parlaient français, la connaissance du Mac ayant du être assimilée en quinze jours). Mac OS 8 (pas OS X 10.8, Mac OS HUIT, la version Classic de Mac OS) a été lancé il y a à peine deux mois, et les clients essuient les plâtres. Le standard est surchargé, mais… je m’éclate. C’est mon élément. J’adore être là, même si y’a la tension, la fatigue, le manque d’informations… Et j’aime aussi aider mes collègues, parfois confrontés à des problèmes à priori insolubles. On est un peu tous dans la même galère.

Et au bout de quinze jours, Gilbert, le responsable du niveau 2, vient me voir. Le niveau 2, c’est le service qui gère les clients sous contrat AppleCare et le support aux revendeurs. Le niveau où l’on rigole moins (en vrai, on rigolait beaucoup).

– Guillaume, il faut que tu montes au niveau 2.

– Euh, OK, mais pourquoi moi ?

– On a besoin des tes compétences. 

Gloups. Ça c’est gentil. Bon, ben… OK, allons au niveau 2. Le début d’une grande aventure, où je rencontrais Pierre, Johan, et où je vis débarquer Guillaume, Max, Ansgar, Bertrand, Busham et tant d’autres… L’équipe française était unie, et nous gagnons régulièrement en compétence. C’était une chouette période. Pierre qui rapport du fromage de France pour faire fuir les anglais, Ansgar qui m’apprend les subtilités de FileMaker, Guillaume qui m’apportera toute son aide pour mon déménagement près du bureau, Bertrand avec qui nous partons régulièrement en mode déconnade… Et bien d’autres, dont Laurent, avec qui on a fait tant de séances de ciné et de parties de Starfox 64.

Ça c’était pour les gens du centre, mais j’ai également eu la chance et l’honneur de rencontrer les équipes d’Apple France : Christian à la tête d’AppleCare, Patrice et Danielle aux Relations Clientèle qui me font confiance pour gérer les cas un peu compliqués (j’avoue : j’étais HYPER fier le jour où j’ai reçu mon premier courrier de client content de mon aide), et toute l’équipe du support niveau 2.5 : Gilles (qui se rappelle toujours à moi à chaque fois que je configure une boite mail sur un iPhone…), Christian, Victor et Yann, qui devint mon mentor malgré lui. Merci à elle, à eux, et à tous celles et ceux que j’oublie, de m’avoir fait confiance.

C’est une époque également amusante, parce que je suis le premier tech d’Apple à contacter un journaliste (Jean-Luc Arnaud, remember ?) pour corriger une astuce qu’il avait publié dans Univers Mac, qui était alors MA référence magazine de l’époque. Parce qu’après tout, le support d’Apple avait parfois les réponses, pourquoi ne pas les diffuser plus largement ? Ce qui me valut une réponse enchantée de JLA et mon nom dans un magazine Mac pour la première fois le mois suivant. Peu de temps après, c’est un autre journaliste pour SVM Mac qui contacte AppleCare, il tombe sur moi, hello Vartan ! Un peu plus tard, c’est un autre journaliste qui me contacte, un certain Florian qui anime alors un de mes sites préférés, un certain Apple Café… Quelques temps plus tard, à la demande de Vartan, je commençais à rédiger une grande partie des Trucs et Astuces de SVM Mac, puis j’ai écrit dans Univers Mac, Mac & Co… Des noms qui évoquent de nombreux souvenirs, hélas disparus, la presse Mac de l’époque n’ayant pas réussi à s’adapter au monstre Internet. J’ai rencontré beaucoup des rédacteurs de l’époque, à l’exception notable de Christian Gulluyan, qui fut le rédacteur attitré des trucs et astuces d’Univers Mac à l’époque où j’ai commencé à lire le magazine, car il eut la mauvaise idée de nous quitter peu de temps avant. J’aime écrire, en tout cas. Et j’aime aider les utilisateurs de Mac.

L’époque Apple Assistance, c’est aussi l’époque fr.comp.sys.mac. Je découvre les joies des discussions parfois sans fin et je rencontre encore une fois de nouveaux copains fans d’Apple, étant le premier tech d’Apple Assistance à mettre ses pieds virtuels dans un forum public. Je fus rapidement « GG d’AA », puis « GG ex d’AA » quand je quittais mon job en mars 1998. Je participe à une Guerre des Chats mémorable, devient vice-amiral du C.C.C. (Comité Contre Les Chats).

Un jour, sur ce même FCSM, une certaine Mélanie débarque. Je lui envoie un jour un mail en privé, elle me répond. Elle débarque alors en fanfare dans ma vie. Résultat 17 ans plus tard : un mariage heureux et deux beaux enfants ♥️ (et plein de chats aussi).

J’ai rencontré des milliers de gens formidables, j’ai écrit des dizaines de bouquins, rencontré certaines de mes idoles (David Pogue, Jean-Louis Gassée…), participé à des conférences, été invité sur des plateaux de télé, lancé un logiciel à succès utilisé même par l’autre Steve, lancé un podcast avec mes irremplaçables amis Laurent et Mourad… Et j’en oublie sûrement. Avec peut-être un seul grand regret : n’avoir jamais pu rencontrer le Steve.

Mais bon, au final, je n’ai pas trop le droit de me plaindre. Je ne vais pas refaire toute ma carrière dans ce billet, mais j’avoue que j’ai un poil de nostalgie en pensant à tout ce trajet accompli. Pas vraiment en ligne droite, mais j’avoue que j’ai la chance énorme aujourd’hui de pouvoir vivre de ma passion pour une marque pas comme les autres. Ce n’est pas donné à tout le monde, et rien que ça, ça se savoure.

Et tout ça à cause d’une petite annonce dans un journal anglais. Comme quoi le destin, ça ne tient parfois pas à grand chose.

Merci à vous tous de m’avoir suivi, soutenu toutes ces années.

Et merci Apple.

Apple Assistance, Guillaume Gète à votre écoute !

Apple Assistance, Guillaume à votre écoute…

Apple Pay

«  N’importe quelle technologie suffisamment avancée est virtuellement indiscernable de la magie. » — Arthur C. Clarke 

C’est exactement la phrase qui me vient à l’esprit quand j’ai commencé à utiliser Apple Pay il y a quelques semaines, à l’aune d’un changement d’établissement bancaire (une banque à priori assez populaire). Tout dans le processus d’utilisation d’Apple Pay est complètement magique. De la reconnaissance vidéo de la carte, son intégration à l’iPhone, puis à l’Apple Watch, et son utilisation… Tout a été conçu pour réduire complètement la fameuse friction technologique (si chère à mon copain Mourad de 3 Hommes et 1 podcast).

Apple pay tim cook

Le plus intéressant socialement parlant est évidemment la réaction du commerçant de l’autre côté… surtout quand on paye avec l’Apple Watch ! Autant le paiement avec le téléphone, ça commence à rentrer (doucement) dans les mœurs, autant avec l’Apple Watch, ça surprend. Mais ça marche super bien, et là encore, l’absence de friction est remarquable. Double-tap sur le bouton latéral, on approche, bip, au revoir.

La plus grosse incompréhension vient du fait que la plupart des commerçants pensent que les limitations du paiement sans contact avec une carte sans code s’appliquent également avec Apple Pay, en particulier la fameuse limitation des 20€ de paiement. Or, ce n’est pas le cas. Vous pouvez parfaitement payer des montants dans la limite de ce que permet votre carte de crédit (bon, ça doit aussi dépendre peut-être des TPE). Du coup, ça peut être bien aussi sympa de rappeler aux commerçants qu’ils peuvent commander des stickers à poser sur leurs vitrines, ou même indiquer leur compatibilité Apple Pay dans Plans (cf cette page qui répertorie tout ce qu’il y a à savoir sur Apple Pay).

Mais il y a encore du boulot dans notre beau pays. J’ai passé quelques jours à Londres il y a quelques semaines à l’occasion de la conférence MacAD UK (où j’ai été invité comme speaker, on en reparle bientôt), et là-bas, j’ai pu circuler et tout payer dans la ville sans sortir une seule fois ma carte bancaire ou retirer le moindre penny à un distributeur. Là encore, le contrôleur dans le bus était amusé par le fait de contrôler la transaction depuis ma montre… Nous ne sommes pas encore là en France. Mais on s’en approche, petit à petit.

La dernière surprise, c’est ce Kickstarter pour le retour de l’application Twitteriffic sur Mac (auquel je vous invite à participer, tant qu’à faire), et là encore, le paiement par Apple Pay s’est fait sans douleur via Safari.

Apple Pay est vraiment magique. Et avec une friction quasiment nulle, c’est aussi un outil parfait pour nous faire encore plus consommer…

Nous sommes tous des petits lapins entourés de loups aux dents très longues.

Laissez la mémoire de macOS tranquille !

Kirk Mc Elhearn (que nous avions eu le plaisir d’avoir comme invité sur 3 hommes et un podcast) a publié ces jours-ci un article (en anglais) sur les problèmes de consommation de mémoire de Safari, qu’il trouve trop gourmand. Même s’il soulève des points intéressants, je pense qu’il a une approche trop technique de la gestion de la RAM de nos ordinateurs, et surtout de nos Mac, pour ne pas dire quelque peu rétrograde (no offense, Kirk). Et je pense que c’est assez symptomatique des utilisateurs (dont je fais partie) du Mac depuis de longues années. Reprenons donc depuis le début.

Aux origines fut le Systeme 1.0

Le premier système qui a équipé le premier Macintosh était le système 1.0. D’une sophistication incroyable pour l’époque, il ne permettait qu’un seul programme en mémoire à un instant donné. Le MultiFinder puis le Système 7 ont permis d’exploiter plusieurs applications en même temps. Et ce fameux Système 7 a aussi permis d’améliorer la gestion de la mémoire à l’aide de la mémoire virtuelle. Mais toutes ces améliorations ont posé d’autres problèmes : le système gérait la mémoire de façon coopérative, ne gérait pas la fragmentation de la mémoire (des bouts contigus de mémoire ne pouvaient pas être attribués à une autre application, sauf à quitter toutes les applications lancées depuis), et chaque application devait se voir attribuée une quantité de mémoire avant le lancement. Si l’application manquait de RAM, pas de bol ! Il fallait quitter l’application, la sélectionner, utiliser la fenêtre Lire les informations pour attribuer plus de mémoire (si on en avait…).

Fenêtre Lire les informations dans le Système 6

Bref, ce n’était pas vraiment très souple… et cette gestion de la mémoire a pénalisé le Mac durant de nombreuses années, jusqu’à l’arrivée de Mac OS X.

Mac OS X : la mémoire, c’est moi !

En 2001, le nouveau système d’Apple basé sur NeXT apporte enfin au Mac une gestion dynamique de la mémoire1. Ainsi, plus besoin de gérer la mémoire à la main : le système se charge de gérer comme un vrai chef d’orchestre la mémoire, en gérant plus intelligemment également la mémoire virtuelle qui était aussi devenue dynamiquement attribuée. Mais si la puissance des processeurs de nos ordinateurs a augmenté et la quantité de mémoire vive installée également, leur plus gros point noir reste le disque dur qui équipe majoritairement nos Mac. Et c’est le drame du swap : lorsqu’un programme manque de mémoire, le système déplace une partie de la RAM vers le disque dur, ce qui génère des ralentissements importants. Et là, pas le choix : il faut quitter des applications lorsque la mémoire commence vraiment à manquer.

Mavericks : une gestion (encore) améliorée de la mémoire

OS X 10.9 (Mavericks) a également intégré un nouveau mécanisme de compression de la mémoire, afin de rendre la gestion de la mémoire plus efficace. Apple a d’ailleurs publié un nouvel article technique pour expliquer comment la mémoire est gérée par macOS (oui, on va maintenant dire macOS hein), et en particulier expliquer la notion de pression sur la mémoire. Et c’est peut-être l’endroit le plus important à comprendre pour bien gérer la mémoire de son Mac.

Moniteur Activite memoire compression

La zone Pression de la mémoire vous indique dans quel état se trouve la mémoire de votre Mac : si c’est vert, tout va bien ! Si on est dans l’orange, ça devient inquiétant, et s’il est rouge… Aie, vous êtes en mode swap total ! Dans ce cas, quitter des applications voire redémarrer devient indispensable.

Et encore, pour l’orange, ce n’est pas forcément significatif si votre Mac est équipé d’un SSD plutôt que d’un disque dur classique : certes le SSD reste moins rapide que de la vraie RAM, mais l’impact du swap sur les performances devient du coup très amoindri. Je ne dis pas qu’il n’existe pas, mais qu’il devient plus ou moins négligeable selon les cas.

Et Safari alors ?

Kirk constate que Safari consomme de la RAM, et ça le gêne. Je peux le comprendre, mais en réalité… qu’est-ce que ça peut faire si Safari consomme de la RAM si il y a encore de la RAM disponible ? Pourquoi vraiment est-ce un problème si Safari consomme 500 Mo ou un voire deux Go de RAM ? Est-ce que c’est vraiment un souci si cette mémoire n’est de toute façon pas utilisée par une autre application ? C’est le but du système d’exploitation d’attribuer de la mémoire, car la gestion qu’il en fait est bien trop complexe pour qu’on s’en occupe au final moins efficacement que lui.

Pour Apple, en fait, le but à long terme devrait être le même que pour iOS (et je pense que c’est leur objectif à long terme) : proposer le même système de gestion de mémoire que sur iOS où les apps sont tuées en arrière-plan et relancées automatiquement si besoin est (un mécanisme similaire existe dans macOS, mais je ne l’ai quasiment jamais vu en action), et où il n’y a finalement pas d’information sur la mémoire utilisée.

De nos jours, un navigateur web est une application complexe qui consomme de la RAM,  quasiment un système d’exploitation à lui tout seul, capable de gérer des applications de plus en plus complexes avec des langages interprétés dynamiquement, avec des contenus visuels ou sonores de plus en plus lourds (tiens, par exemple, placer des images Retina dans une page web, ça a forcément un impact sur la consommation mémoire de votre navigateur) . Quand Kirk dit que Google Docs consomme 500 Mo de RAM rien qu’en affichant uniquement une page blanche, c’est mésestimer la complexité de toute l’application autour de cette page. Nous ne sommes plus à l’époque de SimpleText, mais en 2016, et on s’attend à voir un traitement de texte (collaboratif en temps réel !) fonctionner à une vitesse correcte dans un navigateur web. Et pour que l’ensemble des fonctions de ce logiciel intégré au navigateur fonctionne… il faut sûrement plus de RAM que pour un Word. Et là encore, si j’ai encore de la RAM disponible, pourquoi devrais-je m’en priver si cela améliore les performances ? Si une page web consomme vraiment trop de RAM (et elles en consomment de plus en plus !), on peut toujours de toute façon la tuer sans stopper l’ensemble du navigateur (quel progrès mes aïeux !). Il arrive évidemment que certaines pages mal programmées génèrent des fuites de mémoire (j’en ai eu une aujourd’hui, en raison d’une vidéo mal programmée). Dans ce cas, pas le choix : tuez la page à l’aide du Moniteur d’activité, et passez à autre chose.

Mais alors, comment gérer la mémoire de son Mac ?

La réponse est en fait très simple : ne gérez la mémoire de votre Mac que lorsque c’est vraiment nécessaire, c’est-à-dire si vous constatez un ralentissement significatif d’activité, si une page web est plantée, si elle a un impact sur l’autonomie du Mac ou si ce dernier vous le demande poliment. Nous ne sommes plus dans les années 80, nos navigateurs sont des logiciels complexes qui ont besoin de mémoire pour fonctionner, tout comme l’ensemble de nos logiciels. Si vous avez encore la nostalgie des logiciels qui tournaient dans 100 Ko de mémoire, vous n’avez effectivement plus que vos yeux pour pleurer. Mais dans l’ensemble, macOS fait preuve d’une bonne efficacité dans la gestion de la mémoire. Ne le suppléez que si vous constatez un gros souci. J’ai eu par exemple le cas d’un logiciel (j’ai oublié lequel malheureusement) qui générait énormément de mémoire virtuelle (genre plusieurs dizaines de Go après quelques jours), alors qu’il s’agissait d’un logiciel simple qui se logeait dans la barre des menus. Lorsque j’ai constaté qu’il consommait plusieurs giga-octects de mémoire réelle probablement en raison d’une fuite de mémoire, je l’ai supprimé, et je n’ai plus eu de problème.

De même, n’oubliez pas que si vous disposez d’un SSD, la perte de performances imposée par la mémoire virtuelle est moins importante que pour un disque dur classique. Et si vous hésitez entre augmenter la mémoire installer un SSD pour améliorer un Mac vieillissant, investissez sans tarder sur le SSD !

Bref… Oubliez donc vos vieux réflexes, laissez vos programmes ouverts toute la journée si cela vous chante, et ne les quittez pas juste parce qu’ils consomment de la RAM à ne rien faire : au contraire, car cette mémoire sera disponible immédiatement en cas de besoin. Si macOS en a besoin, il saura sûrement la récupérer à son usage. Si vous quittez vos logiciels sans bonne raison, vous forcez le programme à se recharger de façon probablement inutile. N’ayez donc pas le Cmd+Q trop fréquent : vous ne feriez qu’y perdre côté inactivité. Et si toutes les fenêtres affichées d’un programme vous agacent, faites un clic droit > Masquer sur l’icône de l’application dans le Dock (ou Cmd + H pour masquer l’app en court, ou encore Cmd+Alt+H pour masquer toutes les autres applications en cours et ainsi dégager l’affichage). Ou pensez à exploiter le mode plein écran des applications macOS, c’est parfois aussi plus pratique.

Votre Mac ne pourra que vous en remercier !

leave_macos_memory_alone

  1. Ainsi que la protection de la mémoire ou un vrai multitâche, mais ce n’est pas le sujet aujourd’hui.

De l’iPhone 7 et de la critique d’Apple en général

Mon copain Pierre Dandumont a rédigé hier un excellent billet intitulé Vous êtes lourd avec l’iPhone. Il synthétise généralement ce que je pense des gens qui critiquent les choix des autres, mais je vais juste en rajouter une toute petite couche en cette soirée de sortie d’iOS 10.

Honnêtement, j’en ai aussi marre qu’à chaque sortie d’appareil Apple, on entende les mêmes critiques des mêmes gens. « Pas révolutionnaire, ils ne font que suivre les autres, Steve Jobs n’aurait jamais fait ça », et tellement d’autres conneries dans le genre que j’ai décidé de prendre une grande décision :

Je ne vais plus essayer de vous convaincre de quoi que ce soit concernant Apple. Que ça soit la meilleure boite du monde, ou pas. Elle fait des produits qui me plaisent, ils peuvent ne pas vous plaire, et vous savez quoi ? Je m’en cogne. J’en ai marre d’être le punching-ball de vos frustrations ou de votre besoin d’être rassuré sur vos choix.

Ça fait vingt-deux ans que je suis dans le monde Apple, vingt-deux ans que j’entends les mêmes critiques, les mêmes raisonnements foireux, les mêmes analyses de comptoir de gens qui ne comprennent pas Apple, vingt-deux ans que je vois une boite au bord du gouffre se relever pour devenir l’une des plus incroyables success story du XXIe siècle.

Je viens de passer la quarantaine, j’en ai marre de devoir donner les mêmes explications aux mêmes gens ou à des nouveaux qui ont envie d’être rassurés sur leur propres choix. J’en ai marre des idées préconçues sur Apple, d’être traité de bobo (ça tombe bien, en 1996, j’étais un ringard) juste parce que je ne choisis pas d’être dans la majorité et de choisir d’utiliser des produits qui ME plaisent et qui ME font en plus bosser avec bonheur depuis 20 ans.

Donc, maintenant, si vous m’abordez en m’expliquant que « Apple c’est nul » ou « Apple c’est has been », pas grave. Je vous laisse à vos opinions, et je vais arrêter de chercher à argumenter. Je vais juste continuer à faire ce que j’aime, ne plus perdre mon temps, et continuer dans cet environnement dans lequel je m’éclate depuis plus de vingt ans, où j’ai rencontré des gens fantastiques, vécu des moments parfois délicats, parfois formidables, avec des vrais émotions. Je continuerai d’écrire de temps en temps pour me faire plaisir.

Et ça m’ira très bien.

Ah, et au passage : je stoppe les commentaires sur ce blog. Je n’écris pas pour me faire incendier, j’écris pour me faire plaisir.

APFS : un Système de Fichiers pour les rassembler tous

Je ne reviendrai pas sur les grosses annonces de la WWDC 2016, les communiqués de presse d’Apple étant assez complets. Je vais plutôt me concentrer sur une annonce qui n’a pas été faite durant la présentation, mais qui me semble assez importante pour justifier un billet complet sur le sujet :

Apple présente un nouveau sytème de fichier pour ses appareils.

Je le répète :

Apple présente un nouveau sytème de fichier pour ses appareils.

En quoi est-ce important ? Pour le comprendre, il faut revenir sur l’histoire mouvementée des systèmes de fichiers sur nos Mac.

Au tout début, fut le Macintosh File System

Le premier système de fichier du Mac est apparu avec le Système 1.0 en 1984, et s’appelait Macintosh File System, ou MFS pour les intimes1. Bien que sophistiqué pour l’époque, il a vite montré ses limites, avec un maximum de 4094 fichiers par volume, ou 20 Mo de taille maximale pour un volume2. Surtout, il ne permettait pas de créer des sous-dossiers : une seule hiérarchie de dossiers était possible. Ce système de fichier fut donc rapidement remplacé, et Mac OS 8 ne permettait plus de lire des volumes MFS (de façon assez rigolote, Apple a proposé un plug-in VFS (Virtual File System) pour lire des volumes MFS sur Mac OS X 10.4… Je laisse ceci comme un challenge pour mon copain Pierre Dandumont ^^). L’une des particularités de MFS est d’avoir apporté la compatibilité avec les sacro-saintes ressources des fichiers du Mac.

Donc, exit MFS3. Et bonjour HFS.

HFS : les grands débuts d’un grand système de fichiers

Dès l’arrivée du premier disque dur pour le Mac en 1985, Apple lance son nouveau système de fichiers : HFS, pour Hierarchical File System. Déjà beaucoup plus mur, il est taillé pour le futur proche : avec une taille maximale de fichiers de 2 Go, 65535 fichiers par volume qui peut atteindre 2 To, il ne semble pas prêt de montrer ses limites, alors que FAT16 sur Windows accepte des volumes de seulement 2 Go maximum (4 Go sur Windows NT), ce qui posera pas mal de soucis avec l’arrivée des premiers disques atteignant cette taille à la fin des années 90… Et finalement, il remplissait bien son office.

Enfin, presque. Car il restait un système de fichiers 16-bits, limité à de nombreux niveaux. Et en particulier, le nombre fixe de 65535 blocs d’allocation sur le disque créait un gâchis d’espace énorme. Un petit alias de quelques octets sur un disque de petite taille pouvait peser plusieurs Ko sur un disque de 1 Go. Et tout comme Windows a du faire le saut vers FAT32, le Mac a du passer vers un autre format de fichiers.

HFS+ : HFS, mais en (beaucoup) mieux

Exit la limite des blocs sur 16 bits : HFS+ (ou Mac OS Étendu) apporte la gestion de volumes sur 32 bits, réduisant ainsi la taille des blocs d’allocation et apportant plein de nouvelles fonctions sympa. Les volumes, lisibles à partir de Mac OS 8.1, sont également compatibles Unicode avec des noms de fichiers jusqu’à 255 caractères, mais le système en bénéficiera réellement avec l’arrivée de Mac OS X. Et donc, HFS+ devient obligatoire pour installer Mac OS X, si vous étiez assez fou pour l’installer dès le 21 mars 2001 sur votre Mac.

Mais attention ! Bien qu’il a été officiellement lancé en 1998, HFS+ n’a pas cessé d’évoluer depuis. Entre autres :

  • Le support de la journalisation avec Mac OS X 10.2.2. Cette fonction est essentielle sur les systèmes modernes : en cas de plantage, on peut se fier à l’état du journal pour retrouver l’état fiable d’un volume après un crash système plutôt que de faire un contrôle de cohérence sur l’ensemble du disque.
  • Les listes de contrôle d’accès (ACL) avec Mac OS X 10.4 ;
  • La gestion des hard links vers des dossiers, essentiellement pour Time Machine (Mac OS X 10.5) ;
  • La compression de fichiers (Mac OS X 10.6) ;

Et aujourd’hui, votre iPhone, votre Mac, votre iPad… utilisent encore une version améliorée d’HFS+. Un système qui a pratiquement 20 ans. Il était temps de changer. Car HFS+ commence à montrer ses limites, et à se montrer indigne de nos machines. Et c’est surtout avec Time Machine que les limitations commençaient à être atteintes.

En effet, Time Machine est très exigeant : on parle de stocker des centaines de milliers de fichiers, certains variant très peu, et pour lesquels la fiabilité est essentielle. Or, HFS+ échoue quasiment à tous les niveaux avec Time Machine :

  • Pas de déduplication de fichiers. Vous avez plusieurs copies de fichiers dans votre Mac ? Pas de bol, HFS+ va garder une copie de chaque fichier sur votre disque. Pire : vous disposez de plusieurs copies de fichiers dans vos sauvegardes Time Machine ? Pas de bol, il y aura autant de copies du fichier qu’il sera mentionné sur le disque, même s’il a été juste déplacé. Pas très efficace.
  • Pas de vérification de la cohérence des fichiers lors de la copie. Il n’existe pas de mécanisme permettant de s’assurer à 100% qu’une copie de fichier est totalement cohérente lors de la sauvegarde Time Machine. Votre fichier devrait être bien copié, mais… on ne peut pas le garantir à 100%.
  • Pas de snapshot. Et pourtant, ça serait génial, et pas que pour Time Machine. Vous faites une modification de votre système de fichier, vous installez une grosse mise à jour, vous redémarrez, BIM, machine plantée. Vous pouvez en une seconde retrouver votre disque tel qu’il était avant la màj. Le rêve.
  • Pas de sauvegarde atomique des fichiers. Vous avez déplacer un fichier dans l’arborescence de votre Mac ? Et oui, Time Machine est idiot, il ne le sait pas, parce que HFS+ ne peut pas lui dire qu’un fichier juste déplacé n’a pas besoin d’être recopié intégralement. Et du coup, il le sauvegarde à nouveau. Ne déplacez jamais vos dossiers de films téléchargés du net. Jamais.
  • Pas de gestion de clone de fichiers. Un clone de fichier est une copie de fichier qui ne prend pas de place sur le disque dur. Et toutes les modifications que l’on fait à ce fichier sont ajoutées sous la forme de blocs supplémentaires sur le disque. Exemple : J’ai créé un document Word, je l’enregistre, Time Machine le sauvegarde. Je rajoute un paragraphe : Time Machine re-sauvegarde tout le fichier, y compris la partie déjà enregistrée. Pas efficace. Avec un clone, Time Machine pourrait dire « ne sauvegarde que la partie manquante du fichier, le reste, je l’ai déjà en clone ».

Et Apple a failli nous apporter toutes ces fonctions. On y a cru. Vraiment.

ZFS : l’espoir douché

Avec l’arrivée de Mac OS X Server 10.6, Apple a annoncé également la compatibilité d’OS X avec le format ZFS. Ce système de fichiers créé par Sun portait tous nos espoirs pour un système de fichiers moderne. Mais très peu de temps après l’annonce, toute mention de ZFS est retirée, et on n’en entend plus parler du tout. On suppose pour éviter des problèmes de licences avec Sun… Mais n’empêche, les admins Mac sont malheureux, et même si une tentative de solution commerciale a existé quelques mois, elle a été rapidement tuée dans l’œuf. La tristesse absolue.

Et depuis, on voit les évolutions d’HFS+ qui s’améliore un peu, mais on souffre devant l’inefficacité de Time Machine à gérer son espace intelligemment. On voit des sauvegardes échouer bêtement, des disques se remplir inutilement, des espaces de stockage gaspillés. C’était même une blague récurrente dans le milieu : se demander si Apple, enfin, allait faire plaisir au célèbre John Siracusa en proposant enfin un système moderne. En effet, dans ses loooongues revues d’OS X, le problème du système de fichiers était régulièrement abordé par M. Siracusa, qui avait même consacré un article complet sur le sujet il y a pratiquement… dix ans.

On n’y croyait plus. On a attendu, on se disait qu’Apple ferait bien quelque chose un jour. Mais durant la conférence, rien. Désespoir.

Et soudain, un tweet qui tombe. L’espoir renait.

Bienvenue à Apple File System !

Apple File System (APFS) a été annoncé en douce, via le planning de la WWDC, juste à la fin de la conférence, et confirmé lors de la conférence OS State of the Union, beaucoup plus technique que la conférence inaugurale (historiquement, c’est même souvent celle où l’on découvre le plus de choses croustillantes). Un nouveau système de fichier, plus moderne à tous les niveaux, qui va faire sourire tout le monde et mieux sécuriser nos informations. Petit tour du propriétaire.

Un système de fichier unique, taillé pour les stockages modernes

APFS a été conçu pour tous les appareils Apple : de l’Apple Watch jusqu’au Mac, en pensant par l’iPhone et l’iPad, en tenant compte des spécifités des SSD ou mémoires flash qui les équipent. Ainsi, les fonctions TRIM sont nativement supportées, ce qui améliorera les performances et la durée de vie de ces mémoires solides.

Surtout, APFS n’a quasiment plus de limite : en étant un système de fichier 64 bits, il est capable de gérer jusqu’à neuf quintillions de fichiers. Soit un milliard de trilliards un million neuf milliards de milliards de fichiers (merci @mlamelot Jean-Paul Blanc, décidément, c’est pire que du Krazuki). Ça va, vous devriez être peinard pour pouvoir stocker vos trois documents Word sur votre bureau.

Plus intéressant encore, dans un monde où la synchronisation d’informations devient de plus en plus critique, APFS sait gérer des datations à la nanoseconde près. Ça parait étrange, mais le monde est ainsi fait : il faut que l’information devienne vraiment précise.

Une bien meilleure gestion de l’espace de stockage

APFS regorge d’astuces pour améliorer la gestion au jour le jour de l’espace de stockage. Certes, ce n’est pas très important si vous réinitialisez votre disque dur une fois tous les cinq ans, mais pour moi ou tous mes confrères qui avons l’habitude de formater des disques tous les jours, ce n’est pas négligeable ! Par exemple, l’allocation des blocs se fait de façon extensible dynamiquement, ce qui devrait rendre l’initialisation d’un disque beaucoup plus rapide et efficace à gérer dans le temps. De même, lorsqu’un fichier comporte beaucoup de « trous » dans ses données, la fonction dite « sparse file » permettra de mieux gérer l’espace de stockage, en réduisant la taille physique occupé par ces fichiers. Un peu comme si vous retiriez les trous d’un morceau d’emmental et compactiez tout le fromage pour qu’il prenne moins de place.

Notons encore des caractéristiques rigolotes comme le partage d’espace (space sharing) : imaginons que vous ayez formaté votre disque de 1 To en deux volumes, le premier contenant 100 Go de données, le deuxième en contenant 200 Go. Et bien, l’espace restant disponible annoncé sera de 700 Go au total, même si le disque a été divisé en deux volumes identiques. Magique ! Et particulièrement utile par exemple pour Boot Camp, puisque ça pourrait fonctionner quelque soit le système de fichier au dessus du container APFS.

Une meilleure sureté des données…

Vos données seront bien plus en sureté sur un disque initialisé avec APFS : en effet, divers mécanismes comme le copy-on-write ou « l’enregistrement sûr atomique », ou la coalescence des enregistrements permettront de s’assurer qu’un fichier soit toujours correctement enregistré sur votre disque. À bas les opérations à moitié effectuées !

… Ainsi qu’une meilleure sécurité !

La sécurité de vos données reste un sujet important de préoccupation pour Apple. D’où l’idée d’améliorer encore le chiffrement des disques après FileVault 2, en proposant carrément en option un chiffrement multi-clés avec des clés pour les fichiers et une clé spécifique pour les méta-données sensibles. Ainsi, même si la sécurité physique du disque est compromise, vos données restent chiffrées. De quoi rendre fous les gouvernements du monde entier.

APFS, l’ami de Time Machine (on l’espère)

Normalement, avec tout ça, la plupart des gros défauts abordés plus haut pour Time Machine devraient être de mauvais souvenirs.L’espace devrait être bien mieux géré, puisque le clonage de dossiers ou fichiers est nativement supporté, tout comme les snapshots. De quoi regagner énormément d’espace sur vos disques de sauvegarde, et rendre ces dernières beaucoup, beaucoup plus rapides. Et du coup, si vous utilisez Time Machine sur un serveur de fichiers, le réseau devrait beaucoup moins tirer la langue. On pourrait même imaginer une sauvegarde quasi-permanente et instantanée sur un autre disque, à intervalles hyper courts. Ça devient faisable.

Quelques limitations…

Évidemment rien n’est parfait dans ce bas monde, et pour cette première version beta publique de OS X Sierra, on rencontrera des limitations importantes :

  • L’impossibilité de démarrer sur une partition APFS ;
  • L’impossibilité de le partager en AFP (SMB obligatoire, de toute façon, AFP est officiellement annoncé comme déprécié, l’étape ultime avant d’être complètement retiré) ;
  • L’impossibilité de créer un volume insensible à la casse ;
  • L’absence de compatibilité Time Machine ;
  • L’impossibilité d’utiliser FileVault ;
  • L’incompatibilité avec les disques Fusion Drive, qui rassemblent disque dur physique et SSD pour créer un seul volume logique.
Pas d’inquiétude pour autant : à ce stade du développement, il est normal que certaines fonctions  soient indisponibles, aussi importantes qu’elles soient. Pour le moment, si vous avez installé la beta de MacOS Sierra, vous ne pouvez que créer des conteneurs APFS sur un disque. De quoi tester… mais attention à bien sauvegarder vos fichiers dans tous les cas :)

… mais énormément de promesse !

L’importance d’un système de fichiers efficace pour l’avenir n’est pas à négliger, et avec APFS, Apple prépare son futur pour les vingt prochaines années au minimum. D’autant plus qu’il semble qu’il sera possible de convertir dynamiquement un volume HFS+ en APFS.
À ce propos, les OS précédents ne seront pas capables de lire un disque APFS, mais est-ce qu’Apple renouvellera le principe très élégant des volumes HFS+ qui, lorsqu’on les branchait sur un Mac non compatible HFS+, n’affichaient pas une alerte d’initialisation du disque, mais montaient volume en affichant juste… un fichier texte appelé «  Where_have_all_my_files_gone » ? Une solution typiquement Apple.
En tout cas, Apple nous fait désormais attendre 2017 avec impatience pour profiter enfin d’un système de fichiers modernes. Et pour ne rien gâcher, ses spécifications techniques seront open source, contrairement à NTFS ou exFAT. Prends ça dans les dents, Microsoft !
  1. Oui, cette abréviation est beaucoup plus drôle à dire quand on parle français.
  2. En réalité, 20 Mio)
  3. excitées mes… quoi ???

Goodbye Major Tom

Quelle meilleure façon de commencer l’année que de vous adresser mes meilleurs vœux pour 2016, avec de l’amour, du bonheur, de la santé, tout ça ?

Sauf que la vie avance, et qui dit vie qui avance, dit aussi, hélas, disparitions de ceux qui nous touchent.

David Bowie fait partie de ces artistes qui m’ont touché. Je ne sais pas comment l’expliquer, c’est arrivé par hasard il y a une quinzaine d’années, et même si je ne suis pas un fan de Bowie de la première heure, j’ai assez apprécié son œuvre depuis quelques années pour être vraiment peiné par sa disparition soudaine.

Je ne vais pas déblatérer trop longtemps sur son œuvre, d’une complexité incroyable. Mais juste vous parler d’un morceau.

Il s’appelle Absolute Beginners, et est extrait du film éponyme (qui a été un flop). Ce n’est pas son meilleur morceau, ni le plus connu. Mais quand j’étais petit, ce morceau passait de temps en temps au Top 50, et je le trouvais juste fascinant, du haut de mes 9 ans.

Et puis allez, un deuxième morceau. Parce que c’est un arrangement incroyable d’un des morceaux les plus connus de Bowie, et qu’il vous donnera des frissons dans le dos tant sa voix cristalline s’élève dans la foule totalement silencieuse.

 

David Bowie est et restera toujours une légende. Merci à lui.

Et comme lu aujourd’hui sur Twitter : If you’re ever sad, just remember the world is 4.543 billion years old and you somehow managed to exist at the same time as David Bowie.

Test : Epson LW-600P, l’imprimante à étiquettes idéale

Ça fait un petit paquet de temps que je cherchais une imprimante à étiquettes autocollantes noir et blanc sympathique à utiliser. Car quand je fais une installation informatique, c’est toujours sympa indispensable de pouvoir étiqueter tout ce qui traine dans la salle informatique : les serveurs, les routeurs, les switches, les câbles… J’utilisais jusqu’à maintenant une imprimante portable Dymo, mais j’ai toujours trouvé cette dernière incommode, et surtout anti-ergonomique au possible : changer rapidement une partie seulement d’une étiquette était une gageure, le clavier était pénible au possible, etc. Et surtout, sa compatibilité Mac annoncée sur la boite était juste inexistante dans les faits. Bref, pas satisfait, le GG. Enfin, idéalement, je souhaitais avoir une imprimante compatible non seulement avec mon Mac, mais surtout avec mon iPhone : pouvoir juste utiliser ce dernier pour rapidement taper le texte, et envoyer l’impression. Et jusqu’à maintenant, je n’avais pas encore trouvé mon bonheur…

Mais… je crois que ça y est, j’ai enfin trouvé ! Et c’est chez Epson qu’elle se trouve : la bien nommée LW-600P.

Epson LW 600P

 

Non j’déconne, comme quasiment toutes les imprimantes, elle a un nom affreux. MAIS elle a de solides arguments qui la rendent très attractive.

Tout d’abord, elle n’est vraiment pas très grosse : 54  x 132 x 146 mm, soit un petit peu moins qu’une borne Airport, et un peu moins de deux fois plus épaisse1. Donc assez facilement portable, d’autant qu’elle ne pèse que 500 g, et que son bloc d’alimentation externe est tout léger. Alors certes, il y a un bloc d’alimentation externe, mais non seulement il pèse que dalle (95g), mais en plus vous pouvez le remplacer par un jeu de 6 piles bâton AA (155g, quand même, et oui j’ai pesé). En tout cas, c’est sympa de pouvoir l’utiliser en mode full autonome.

L'imprimante est un peu plus petite mais plus épaisse qu'une borne Airport.

Une connexion simplissime

Côté ports, il n’y a pas grand chose à l’arrière : le port d’alimentation, une entrée USB2 type B, et un bouton Bluetooth, qui vous permet d’activer la connexion Bluetooth si elle a été désactivée (éteignez l’imprimante, puis appuyez sur le bouton Bluetooth et d’allumage en même temps). Le logo Bluetooth se met alors à pulser : ça va être le moment de vous connecter avec votre appareil iOS ! Un saut dans les réglages Bluetooth, et on y découvre la LW-600 dans toute sa splendeur… Un tap, et hop, c’est connecté. Petit défaut cependant : si l’imprimante s’éteint, vous devrez sûrement repasser par la préférence Bluetooth pour la re-connecter à votre appareil une fois rallumée.

Imprimer depuis iOS

Mais ça ne suffira pas ! Il faut maintenant aller dans l’App Store, et télécharger l’app Epson iLabel. Une fois installée, elle permettra d’imprimer… ce que vous voulez, ou presque. On parle d’étiquettes autocollantes en noir et blanc, quand même, hein. Alors certes, l’interface n’est pas délirante, mais elle est plutôt fonctionnelle. On y trouve plusieurs possibilités :

 

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    • Nouvelle étiquette : probablement celle que vous utilisez le plus. On peut choisir différentes polices, l’alignement du texte, les marges à l’impression (NB : inutile de trop les diminuer, le texte sera sûrement coupé… Laissez le réglage en automatique). Notez que sur l’iPhone, il faudra défiler à droite pour voir les options supplémentaires d’intégration d’image, alors qu’elles sont toutes disponibles sur l’iPad. Vous pourrez ajouter des cadres, des signes, écrire à la main, ajouter des infos de contact… et même des côtes-barres ou des QR Codes. Mieux encore : vous pourrez ajouter à votre texte une photo importée depuis Dropbox, Google Drive ou les photos de votre iPad/iPhone, avec différentes méthodes d’importation.
    • QR Code : utile pour créer un QR Code, par exemple pour télécharger facilement un pilote pour une imprimante, et poser le sticker sur ladite imprimante.  Je me suis amusé à créer un QR Code pour le diriger ver une page web, et ça fonctionne sans souci. Vous pouvez aussi faire un QR Code à partir d’un de vos contacts. J’ai testé avec un ruban 18mm, et ça… ne marche pas. Du tout. Je pense qu’il faut l’imprimer sur du ruban plus large pour que le code soit vraiment interprétable par le téléphone2.

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  • Code-Barres : choisissez votre type de code-barre, et go ! Pas testé, mais pas de raison que ça ne marche pas.
  • Catalogue d’étiquettes : sympa, plein d’étiquettes prêtes à l’emploi pour la sécurité, l’information… Il y en a vraiment un paquet ! Avec texte et logo.

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    • Date et heure : vraiment besoin d’expliquer ?
    • Service en ligne : importez directement vos contenus (images ou étiquettes enregistrées depuis l’app) depuis Dropbox ou Google Drive. Dommage qu’il n’y en ait pas plus de supportés. Si l’app était compatible avec le Document Picker standard d’OS X, ça aurait pu être sympa…
    • Historique. Là aussi, pas besoin d’expliquer.
    • Acheter un ruban : bah oui, vous pouvez commander directement vos rubans sur le site d’Epson. Et il y en a BEAUCOUP de types disponibles : ininflammable, pour câbles, transparents, phosphorescent… un choix très complet !

Bref : si l’ergonomie de l’app est parfois perfectible et si elle n’est pas la plus jolie du marché, elle est incroyablement complète. Honnêtement, je n’en attendais pas autant.

Imprimer depuis un Mac

Pour le Mac, à peu près pareil, mais il faudra d’abord télécharger et installer le (très léger) pilote, et brancher l’imprimante en USB. Enfin, il faudra également télécharger l’app Epson Label Editor Lite sur le Mac App Store. Malheureusement, l’app est clairement moins complète (pas de catalogue d’étiquettes) et beaucoup plus old school que sa comparse iOS (lire : moche). Bon, si vous avez beaucoup d’étiquettes texte à faire, ça peut être  quand même plus pratique que l’app iOS.

 

Epson Label Mac

Impression depuis Windows

J’en sais rien, et je m’en tape, et non, je ne ferai pas de test sous Windows. Vous savez où vous êtes, non ?

Impression depuis Android

Cf supra.

Qualité d’impression

Il ne faut pas évidemment s’attendre à avoir une qualité délirante : il s’agit d’une imprimante à étiquettes. Il n’y a pas une définition de fou, mais à quelques dizaines de cm, ça fait bien illusion. En terme de vitesse d’impression, comptez moins de 10s entre l’ordre d’impression et l’étiquette récupérée dans votre main, découpée et prête à coller. Ah oui, car comme toute imprimante à étiquette qui se respecte, elle découpe toute seule le ruban comme une grande. Notez que vous pouvez changer à n’importe quel moment de ruban d’étiquettes, mais cela mettra l’imprimante hors tension.

Conclusion

Cette imprimante fait le job proprement, de façon hyper simple et rapide. Pour de l’informatif, c’est largement suffisant, même si on verra évidemment bien le manque de définition à l’impression. Mais pour moi, elle remplit parfaitement les critères demandés : petite, portable, autonome, et compatible avec mon iPhone avec un logiciel largement plus que correct, même si perfectible. Et tout ça pour 72€ TTC en ce moment chez Amazon, avec 3 ans de garantie par Epson. La LW-600 d’Epson remplacera donc idéalement ma médiocre Dymo. Que demande le peuple ?

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Note de l’auteur : test fait avec un exemplaire payé par mes soins, et sans aucune pression d’Epson, que je ne connais d’ailleurs pas mais qui sont sûrement des gens charmants.

  1. Comme je crois qu’il y a parfois des fans d’Apple qui me lisent, je pense qu’il faut que je donne des référentiels qu’ils comprennent :-)
  2. iPhone 6s Plus, vous excuserez du peu, hein.

Bref… J’ai vu Shigeru Miyamoto

(Note : article écrit juste quelques jours avant la triste disparition de Satoru Iwata).

Il y a quelques semaines, j’ai appris par la magie des Internets que Shigeru Miyamoto serait présent pour une masterclass, une première mondiale pour cet illustre personnage. Même si vous n’avez aucune culture du jeu vidéo, vous avez peut-être déjà entendu parler de Monsieur Miyamoto, puisqu’il est l’auteur de quelques-uns de jeux aussi géniaux que Starfox, F-Zero, Donkey Kong, Pikmin, mais surtout Zelda et… Super Mario Bros. Ceux qui me connaissent savent à quel point je voue un culte aux divers épisodes de ces sagas. Mario et Zelda, ce sont des centaines d’heures passées à parcourir des univers complètement fous, bourrés d’idées, de magie, de poésie, tout cela avec une jouabilité proche de la perfection. Et même si certains jeux de ces séries sont moins brillants que d’autres, on reste souvent ébahis par l’inventivité dont elles font preuve. Le dernier Super Mario en date, Super Mario 3D World, est d’ailleurs à ce titre une véritable merveille.

Mais la première claque, la première grosse, grosse baffe originelle, restera toujours Super Mario Bros. La première fois que j’ai touché ce jeu, j’étais juste émerveillé. On avançait vers la droite, sans arrêt, on gagnait des pouvoirs, on découvrait des passages secrets ou des vies cachées, des nouveaux ennemis à chaque niveau, de nouvelles astuces… Infernal. J’ai toujours le livret de ma cartouche originale de Super Mario Bros (elle, je l’ai revendue il y a longtemps avec ma première NES, snif), je suis retombé dessus il y a quelques jours, petit choc émotionnel.

Mon deuxième jeu, c’était… The Legend of Zelda. Légendaire, il l’était. Une cartouche dorée (idée de génie), une sauvegarde avec une PILE (autre idée de genie), et un univers phénoménal, gigantesque. J’ai mis longtemps à le finir… mais je l’ai fini. C’était d’ailleurs un jeu assez brutal, et vraiment ouvert : on pouvait quasiment aller découvrir Ganon, le boss final, dès le tout début du jeu sans se taper tous les palais (bon, on ne pouvait alors clairement pas le vaincre, mais quand même). Quand on se rend compte que quasiment CHAQUE ÉCRAN de la carte contient en fait un secret, et qu’après l’avoir fini, on peut se refaire le jeu avec des donjons plus durs…

Et après ces deux jeux qui m’ont rendu Nintendosexuel à vie [1, des hits à la pelle, et autant de grandioses souvenirs : le choc Super Mario Bros 3 et ses costumes (inoubliables, l’envol en raton-laveur, les niveaux en grenouille ou les bateaux volants…), Super Mario World et son monde gigantesque, Zelda III, Mario Kart, F-Zero (le jeu le plus rapide de l’Univers), Starfox qui m’a retourné comme jamais… La découverte d’une 3D VRAIMENT intelligemment exploitée dans Super Mario 64 (le Lakitu-caméraman, putain !), Ocarina of Time qui a été une des aventures les plus extraordinaires qui soient… Je continue ? Allez, juste Super Mario Galaxy I et II, les deux jeux de plate-forme les plus révolutionnaires des dix dernières années. Et oui j’arrête. 

 

Shigeru Miyamoto est pour moi un demi-dieu vivant.

 

N’ayant jamais eu la chance d’assister à une des célèbres keynotes de mon autre demi-dieu (hélas parti trop tôt en octobre 2011), j’avais décidé que je ne me ferai pas avoir une deuxième fois.

Donc, arrivée le vendredi matin à Japan Expo un peu avant 9h, le temps de traverser le parking et de passer en mode « tenue légère » (l’absence de shorts et de chaussures ouvertes ayant été fortement regretées la veille), avec une bonne bouteille de flotte et de quoi manger, traversée du salon pour me planter devant l’immense salle Ichigô (capacité de 13000 personnes, y’en a eu quand même beaucoup moins). Bonne surprise : à 9h30, seulement une dizaine de personnes était déjà présente. Assis contre un pilier dans une zone climatisée, je discute jeux vidéo, Japon et jeux vidéo avec deux sympathiques nouveaux camarades. D’ailleurs si on vous dit que les jeux vidéo ça isole les gens, je pourrais vous conter des dizaines d’histoires démontrant le contraire… « Hey, à quoi tu joues ? » Et hop. Parties de Smash Bros sur 3DS, Street Pass en folie (100 nouveaux Mii dans la journée), on attend dans la bonne humeur, et parfois des moments d’excitation quand on voit la star sur scène à travers les portes durant les répétitions.

Donc, on attend, et ça se rempliit doucement. Puis il y a de plus en plus de monde jusqu’à 13h… Ça se tasse derrière nous, et comme il n’y a pas vraiment de file, des gens passent un peu devant, mais ça va, c’est pas trop méchant.

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Malheureusement, l’organisation était un peu foireuse : dès que les portes s’ouvrent, l’ordre d’arrivée n’est plus respecté, les gens entrent et courent dans la salle, passent les barrières, on se fait griller des places, on est bien vénère. Heureusement, on a quand même des places correctes, on s’assied, et la conférence commence assez rapidement après.

Et là, après une présentation rapide du toujours très pro et super sympa Bertrand Amar, Miyamoto-san débarque enfin sur scène. En vrai. Le gars qui a produit tous ces jeux que j’ai adorés depuis des années. Et donc, là, j’ai quand même chialé (oui je sais, don’t judge me).

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Après que tout le monde se fut calmé, la Master Class a donc commencé. Miyamoto était traduit par… tadaaaaa, Grégoire Hellot, le Greg du Joypad de mon enfance, bordel, quand même, si c’est pas la classe absolue ! On assiste à une présentation de Starfox Zéro (déjà vu et testé la veille sur le stand Nintendo), et de Super Mario Maker (également déjà vu et testé la veille sur le stand Nintendo). Le vrai bon point, c’est qu’il s’agissait d’une vraie Masterclass, avec des explications sur le fonctionnement des jeux, qui me rendent du coup StarFox singulièrement plus intéressant que je l’aurais pensé, même après y avoir un peu joué hier (je l’avais alors trouvé un peu trop mou, et clairement pas hyper joli).

Ensuite, bonne surprise puisque Miyamoto-San avait pensé à apporter dans ses bagages M. Takashi Tezuka, qui est certes moins connu que Miyamoto, mais a été quand même le premier designer embauché par ce dernier, rien que ça, game designer de Mario, et directeur d’un paquet de hits chez Nintendo. Grosso modo, il a bossé en tandem avec Miyamoto sur la plupart de ses hits. Pas un mauvais quoi. Beaucoup de blagues entre eux deux, excellente ambiance, et la présentation de Super Mario Maker prend des tournants très rigolos lorsqu’ils affrontent un niveau conçu par Michel Ancel (le papa de Rayman) basé sur Pacman. Remarque amusante d’ailleurs de Miyamoto, qui cherchait un champignon sur le premier écran du niveau : « ça aurait été moi, il y aurait eu un champignon caché juste ici ! ».

Ensuite, c’est Bertrand Amar qui doit affronter un niveau conçu par les deux compères reprenant… Paris ! Avec Arc de triomphe, Sacré Cœur et Tour Eiffel ! Bertrand s’en sort plutôt pas mal, et le public est conquis…

Et alors qu’on pensait que la présentation allait se terminer, une dernière surprise avec l’arrivée de Tsubasa Sakaguchi, réalisateur du génial Splatoon, fraichement sorti des labos de Nintendo, et qui s’amuse à tirer au fusil à eau sur le public. Quelques questions, et on a presque fini… Pour une séance de photos. Ah oui, j’oubliais : en 2015, y’a une conf publique, mais on pouvait pas faire de photos ni de vidéos (mais genre on allait se gêner).

On est quand même sortis avec mes 3 comparses avec un grand sourire aux lèvres, ravis par ce contenu, et d’avoir enfin pu réaliser un petit rêve de gosse… jusqu’à ce que l’un d’eux se rende compte qu’il s’était fait tirer son réflex à 800 boules durant le rush final. Parce que bon, monde de Mario ou pas, y’a quand même toujours des connards qui restent des connards.

Bref… j’ai vu Shigeru Miyamoto.

 

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  1. Coucou Kwyxz !

Quatres semaines avec l’Apple Watch

J’ai donc reçu mon Apple Watch il y a pratiquement quatre semaines, en même temps d’ailleurs que mes comparses de 3 hommes et un podcast. Je dois admettre que j’étais assez impatient, bien que réservé sur certains aspects de la montre. En aurais-je vraiment besoin ? Allait-elle vraiment me plaire ? Allais-je la retourner sous 14 jours comme certains l’ont fait ?

Déjà, le choix de la montre a été assez chaotique. Parti au départ pour prendre une Apple Watch en version sidérale 42mm, le coût m’avait quand même légèrement fait frémir : à 1249€, pour quelqu’un qui n’utilise plus de montre depuis des années, ça faisait légèrement bobo au portefeuille. Surtout si le test n’est pas concluant.

Je me suis donc rabattu sur le modèle Sport 42mm, avec le bracelet en fluoroélastomère (en plastique quoi), mais toujours en version sidérale. Un poil plus cher certes, mais infiniment plus joli à mon goût que le modèle standard.

Apple watch

L’Apple Watch a été livrée dans un boitier étonnement lourd, assez classieux, avec ses deux tailles de bracelet. Même si je suis resté durant tout ce temps avec le bracelet d’origine (M/L), je vais essayer maintenant de tester le bracelet S/M, même s’il m’oblige à utiliser le dernier point de fixation. Le bracelet est effectivement très confortable, j’arrive très facilement à oublier que je la porte. Côté solidité, ça a l’air plutôt très bien, mais je l’enlève lors des activités de bricolage à la maison… Limitons les risques, quoi (même si c’est souvent à ce moment que je perds le plus de calories !).

Côté affichage, je suis resté sur le look Modulaire, qui est parfait pour mes besoins : simple, mais efficace grâce aux quelques complications disponibles. Elle me donne les infos dont j’ai besoin très rapidement.

L’Apple Watch : le positif

Apres ces quelques semaines d’utilisation, voici ce que j’apprécie vraiment :

– Le look. Sur mon poignet, je ne la trouve pas très massive, finalement. Pas discrète, mais son côté monolithe compact a un côté rassurant.

– L’autonomie. Apple annonçait une journée, on est en fait bien au-delà. Perso je suis plutôt dans les 50% en soirée avec charge la nuit et utilisation à partir de 8h du matin. Alors oui ce n’est pas idéal (j’aimerais que la batterie tienne plutôt deux ou trois ans, eh), mais dans l’état de la technologie actuelle, c’est pas si dégueu.

– Les notifications. Sonores, visuelles, et surtout le fameux contact haptique, ces alertes sont bien fichues et relativement discrètes. Du coup j’utilise moins l’iPhone. Pour moi c’est la vraie force de la Watch. Ne plus avoir besoin de son iPhone pour répondre rapidement à un message, pour visualiser son calendrier, etc. Vraiment pratique.

– Répondre au téléphone avec la Watch : alors oui, c’est sûrement too much, mais qu’est-ce que c’est marrant :-D 

– Les apps. J’utilise peu d’apps sur la Watch, mais Mac ID est incroyablement fun à utiliser (déverrouiller son Mac avec sa montre, non mais ALLO QUOI).

– Le suivi d’activité. Alors, certes, c’est peut-être moins bon qu’un bracelet dédié… MAIS la Watch m’oblige à me bouger un peu plus. Je ne suis pas sportif, je suis souvent trop verrouillé sur mon clavier, et le fait que la Watch me rappelle de temps en temps qu’il faut me déconnecter, ou que ça serait plus pertinent de monter par les escaliers chez ce client plutôt que de prendre l’ascenseur, bref, qu’elle me force subtilement à être un poil plus actif n’est pas pour me déplaire. On peut le voir comme une contrainte, ou on peut estimer pathétique de devoir en arriver là… mais le fait est que pour moi, ça marche plutôt bien.

– Le bracelet sport. J’étais pas convaincu au départ, je trouvais le bracelet milanais vraiment chouette, mais au final… je trouve que le bracelet Sport me convient bien, il est agréable à porter, donc très bien.

– Siri. J’utilise déjà Siri tous les jours sur l’iPhone, et son intégration avec la Watch est vraiment agréable. Mais des petits défauts quand même : si je lui dis « Appelle mon épouse sur son mobile », la Watch ne fait pas le lien avec Madame Gète, là où l’iPhone le fait très bien. Cependant, elle n’est pas totalement idiote : elle propose alors de transférer via la fonction Handoff d’iOS la requête vers l’iPhone, qui peut alors déclencher l’appel. Futé.

L’Apple Watch : le pas forcément positif.

– L’interface est parfois vraiment confuse. On ne sait plus trop où aller pour lancer l’opération suivante. Ça mériterait un peu d’éclaircissement, ou d’homogénéité. Bref, ça semble parfois plus compliqué que nécessaire.

– Les fonctions Force Touch sont… troublantes. Pas évident de savoir quand il faut appuyer de façon forte ou pas. Mais on s’y fait.

– Le bouton des contacts favoris. Il rend les choses inutilement confuses, et je ne l’utilise quasiment pas.

– Les fonctions de messages personnels à base d’envoi du rythme cardiaque à sa douce ou de GIFs pas très jolis… Non, vraiment pas fan.

– La couronne digitale. L’idée est géniale, l’exécution un peu moins, et là encore c’est plutôt lié à l’interface utilisateur qui ne suit pas. Perso, je ne l’utilise pas beaucoup au jour le jour.

« Mais à quoi ça sert, vraiment ? Pourquoi en aurais-je vraiment besoin ? »

La réponse ? Elle est absolument impossible à donner. Je sais juste que c’est un superbe objet, fait avec soin, avec une vraie attention au détail, toujours disponible (dans la mesure où sa batterie est pleine, hin hin)… mais surtout infiniment personnel. Tim Cook l’a toujours dit : « c’est l’appareil Apple le plus personnel qui soit ». Et effectivement : il s’agit d’un produit totalement orienté vers l’affect, autrement dit, rien qui puisse être mis sur une liste de choix.

Dans l’ensemble, la Watch en est à sa version 1.0. Comme le premier iPhone qui n’avait pas de 3G ou de GPS, c’est un produit en devenir. Déjà, l’arrivée d’un SDK un peu plus complet devrait permettre de voir débarquer des vraies applications natives, et là les choses pourraient devenir bien plus intéressantes. De même, je suis curieux de voir ce qu’Apple va développer autour du cardiofréquencemètre… Il y a beaucoup de choses à faire.

En conclusion… je ne peux pas conclure. Je ne peux pas vous dire que c’est le meilleur produit Apple jamais créé, ni que c’est le plus indispensable. Mais c’est un superbe objet qui montre (art) un futur connecté, et pas aussi idiot ou inutile qu’on voudrait le faire croire.

N’essayez pas l’Apple Watch sur une seule journée pour faire votre opinion. Testez-la, utilisez-la vraiment. Elle saura se faire apprécier. 

En tout cas, j’aime mon Apple Watch, et je la garde :-)

Ceci n’est pas une montre

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Soyons honnête : ceci n’est pas une montre. Si on prend en compte le fait qu’une montre est un objet attaché autour d’un poignet et qui donne l’heure, alors non, l’Apple Watch n’est pas une montre.

C’est bien plus que cela. Et c’est peut-être le produit le plus complexe qu’Apple ait jamais sorti, car il se situe sur un territoire totalement inconnu pour nous, clients potentiels, mais également pour les sociétés informatiques ET les fabricants de montres.

Un ordinateur est… un ordinateur. Qu’il soit personnel ou professionnel, cela reste majoritairement un écran posé sur un bureau ou sur nos genoux, avec lequel nous agissons avec un clavier et une souris/trackpad. Ce n’est pas un objet personnel, dans le sens où est il facilement interchangeable avec un autre, et nous en sommes physiquement détachés.

Le smartphone est déjà beaucoup plus personnel. Il nous permet de créer un lien intime avec l’extérieur, et il reste proche de nous, souvent dans notre poche 1. Le smartphone, c’est bien plus qu’un téléphone. C’est aussi un ordinateur de poche, un GPS, un appareil photo, une caméra, un walkman, et tellement plus de choses encore.

Mais la montre… c’est un objet particulièrement intime, que l’on porte quasiment en permanence avec nous. Mais certains s’en passent également très bien… surtout depuis l’arrivée des smartphones !

Et pour Apple, le challenge est énorme. Parce que nul est capable de dire si la Watch est capable de capter un large public… ou non. Nul n’est capable de dire si ses avantages, ses nouvelles fonctions, seront capables de compenser ses faiblesses (réelles).

Mais si certains se sont dit déçus par les annonces sur la Watch, c’est parce que nous avons une tendance naturelle à trop attendre d’Apple, qui fait parfois des merveilles de technologie, en étant capable de pondre des ordinateurs portables capables d’atteindre la journée d’autonomie. Pour la Watch, la batterie sera un vrai challenge. Elle pourrait tenir 18 heures en utilisation normale, mais on aurait préféré qu’elle fasse beaucoup, beaucoup plus. Ici, Apple a préféré choisir une technologie d’affichage et de construction supérieure à celle de la Pebble, mais elle ne fera pas encore de miracle sur son autonomie, hélas.

En revanche, ce que la Watch perd en autonomie, elle le gagne en design pur et dur. C’est un vrai, beau produit Apple, élégant dans sa forme, avec une vraie approche émotionnelle du produit. Je pense que beaucoup seront tentés par la Watch après l’avoir vue en magasin ou après l’avoir vue au poignet d’un ami ou collègue 2.

Surtout… il n’y a pas qu’une Watch, il y a des Apple Watches. Apple ne lance pas un produit, mais une collection aux prix très variés. C’est presque inédit pour un constructeur à la base d’ordinateurs. Et pourtant, ce n’est pas la première fois qu’Apple fait ça, souvenez-vous des iMac multicolores… Apple essaie ici réellement de s’affirmer comme une société au carrefour des sciences humaines et de la technologie. C’est son crédo. Mais elle va encore plus loin en mettant un pied dans le domaine du luxe, et ça, c’est quasiment inédit dans le monde informatique3.

La Watch sera lancée le 24 avril, et en pré-commande dès ce vendredi 10 avril. Personnellement, je pense qu’elle sera un joli succès, mais je peux tout à fait me tromper. Je pense aussi la commander, ne serait-ce que parce que sa sortie a le bon goût de coïncider peu ou prou avec mon anniversaire… Mais aussi parce que je suis curieux de voir si avoir à nouveau une montre à mon poignet peut me changer ma dépendance (assez réelle, soyons honnête) au smartphone.

Est-ce que la Watch sera le premier vrai échec de Tim Cook ? Ou est-ce que ce sera un succès aussi colossal que l’iPhone dans quelques années ? Nul n’est capable de le dire. Et contrairement à ce qu’on entend souvent, Apple a parfaitement le droit à l’échec : elle a aujourd’hui les reins financièrement assez solides pour tenter des paris un peu fous.

En tout cas, les prochains mois seront sûrement passionnants. Et pour ceux que mon avis intéresse vraiment, n’oubliez pas d’écouter 3 hommes et un podcast, le sujet a été abondamment traité ces derniers mois :-)

  1. Attention, évitez la poche arrière. Surtout avec l’iPhone 6.
  2. L’effet iPod : on le trouvait trop cher, mais après quelques minutes d’utilisation, on en voulait un…
  3.  à part Vertu, qui propose des smartphones à prix prohibitif, mais surtout un service de conciergerie associé.