Archive for Opinion

Bye bye Welovemac !

Il l’a annoncé aujourd’hui : Christophe Schmitt raccroche sa plume numérique.

Dommage, Welovemac était un site rudement sympa, avec un vrai gentil rédacteur qui écrivait sans faute et avec plein d’énergie. Bonne chance donc à Christophe pour la suite de ses aventures et son changement professionnel. Pour l’avoir vécu il y a quelques années, je sais à quel point il est parfois délicat de rester accroché à son site web… On n’a juste parfois pas le temps, pas l’envie, pas la possibilité… Et il vaut mieux savoir s’arrêter au bon moment.

Bravo à lui donc pour son œuvre, et si vous êtes vraiment trop trop triste, vous avez le droit de vous abonner à son compte Twitter perso.

Lion

[Edité : morceau manquant sur Mission Control]

Lion est un sujet compliqué. Je l’ai testé depuis de nombreux mois, et je dois vous avouer quelque chose : je n’arrive pas à en tomber intensément amoureux. Oh, rien de méchant : c’est somme toute une version très importante de Mac OS X, sur laquelle Apple a énormément travaillé pour proposer une nouvelle vision de l’informatique, toujours plus simple et théoriquement plus conviviale. Mais juste que je n’arrive pas à trouver Lion aussi excitant que, par exemple, Panther à l’époque. Lion est d’autant plus un sujet compliqué à traiter pour moi que par mon rôle de consultant membre de l’ACN, je me devrais d’être plus… positif. Mais d’un autre côté, je me dois d’avoir un certain devoir d’honnêteté intellectuelle face à mon lectorat, et mes clients.

La question est donc : est-ce qu’il s’agit d’une version vraiment intéressante de Mac OS X , et surtout, est-ce que cela vaut le coup d’y passer ?

Pour moi, la réponse est pour le moment : pas sûr. Pour plein de raisons, en fait.

Trop d’iOS dans Mac OS X tuerait-il OS X ?

Souvenez-vous : avec Lion, l’objectif d’Apple était : « Back to the Mac ». Ce que nous avions à l’époque interprété comme plus d’attention de la part d’Apple pour le Mac. En réalité, Steve Jobs expliquait la stratégie d’Apple comme « réintégrer dans OS X des éléments qui ont fait le succès d’iOS ».

Après tout, pourquoi pas : il y a des éléments d’iOS qui sont clairement très, très intéressants et qui méritaient d’être repris. Malheureusement, dans son objectif d’harmoniser iOS et Mac OS X, Apple est allée trop loin. Prenons quelques exemples.

De l’obligation (mal gérée) du multi-touch

Apple s’est sentie obligée dans OS X d’ajouter des actions orientées multi-touch. Certaines de ces actions sont très agréables à partir du moment où l’on dispose d’un Magic Trackpad. Magic Mouse ? Oubliez : gérer les mouvements à deux doigts sur une souris est juste infernal.

Malheureusement, si certaines actions sont effectivement adaptées (le glissement à trois ou quatre doigts pour passer d’un espace à un autre), ce n’est pas le cas des mouvements pour activer LaunchPad ou Mission Control qui me semblent particulièrement peu intuitifs. Et on en revient alors au problème des interfaces qui cachent trop d’informations : autant on peut facilement aller cliquer sur un menu pour voir son contenu, autant deviner à l’avance l’effet d’une action multi-points tient du coup de chance… d’autant que l’expérience n’est pas toujours cohérente d’une action à une autre.

Des écrans plus grands… mais plus vides

Avec Lion, certaines des applications historiques de Mac OS X voient leur  interface se rapprocher de celles de l’iPad. Ce qui me semble poser plusieurs soucis, en particulier pour iCal / Calendrier et Carnet d’adresses.

D’abord, Apple pense que rapprocher les interfaces d’iCal et du Carnet du Mac de leur équivalent iOS est une bonne chose. Cela pourrait être vrai si les interfaces de ces logiciels étaient top sur iOS. Manque de chance, non seulement les fonctions du Carnet et d’iCal sont quasi-identiques entre Snow Leopard et Lion, mais pire : elles sont moins pratiques que celles de Snow Leopard ! Ainsi, le Carnet d’adresse perd une colonne, pourtant fort pratique pour afficher les groupes de contacts. Il faut donc cliquer sur un bouton pour revenir en arrière, et il est impossible de lister une fiche de contact facilement en même temps que la liste des groupes. Passer d’un groupe à un autre impose plus de mouvements de souris.

Mais c’est iCal qui souffre le plus de cette « évolution ». Dans un mouvement d’unification halluciné, Apple a décidé de retirer la liste de calendriers pour en faire un popover. Quand vous tapez sur le bouton Liste, vous voyez affichés vos calendriers et la correspondance des couleurs. Heu, allo ? Je gère DIX calendriers, je passe régulièrement de l’un à l’autre, et l’impossibilité de passer d’un calendrier à un autre en un clic ainsi que de facilement voir les correspondances de couleurs dans la liste rendent iCal quasi-inutilisable. Alors qu’il n’y a rien qui justifie cette modification, à part donc, l’homogénéité entre iOS et OS X. C’est là qu’Apple a tout faux : si iOS et OS X se ressemblent, ils ne fonctionnent pas sur le même matériel. En particulier, l’écran le plus grand qu’iOS utilise aujourd’hui se limite à 1024 pixels par 768 dans un système pour lequel la notion de fenêtre est inexistante puisque mono-document et même mono-écran. Et là, il est vrai que la résolution limitée peut avoir un impact sur l’utilisation du système.

Mais sur une machine de bureau ? Qui dispose d’un écran qui peut atteindre sans grosse difficulté les 1900 voire 2500 pixels de large ? En quoi ça enquiquine Apple qu’on puisse voir la liste de calendriers en permanence, bon sang ??? Pire encore : pourquoi ne pas la rétablir par exemple automatiquement dès que la présentation passe en plein écran, plutôt que de m’afficher le même nombre de colonnes plus grandes, et encore plus vides ???

iCal n’est pas une application que j’utilise à moitié : elle m’est indispensable pour coordonner mes rendez-vous professionnels, voir la disponibilité de ma famille, et bien plus. Ces changements qui peuvent sembler triviaux ont pourtant un impact incroyable sur la productivité au jour le jour. Apple aurait pu y penser, ou simplement proposer un choix. Mais là, non : c’est popover pour tout le monde, et c’est bien gonflant. J’espère que je ne serai pas le seul à râler dans les prochains mois…

(O)Mission Control

Il est des technologies que j’étais fier de montrer sur Mac, et Exposé en faisait partie. Et bien, en une version de Mac iOS X, Apple a réussi à tuer Exposé. Honnêtement ? Je n’aime pas du tout Mission Control. C’est un fourre-tout sensé permettre de trouver plus facilement ses fenêtres, et je trouve  que c’est exactement le contraire qui se produit. Plutôt que de voir toutes les fenêtres affichées d’un coup, on voit toutes les applications d’un espace dédié, et ce n’est pas vraiment pratique. Et là encore, les gestes pour afficher les fenêtres d’une application ne sont pas naturels, et pire, donnent un résultat limité. Avec Exposé, je pouvais rapidement afficher toutes les fenêtres à l’écran, et pas juste « un petit morceau de la fenêtre regroupé par applications ». Avec Mission Control, les fenêtres sont regroupées, et si on utilise le bon (et délicat) geste pour les afficher, on en affiche juste « un peu plus », et en version réduite. Beaucoup mons pratique.

LaunchPad : le lanceur inutile ?

Plus encore que Mission Control, je déteste LaunchPad. Lanceur du pauvre, il fait moins bien ce que le Dock ne faisait pourtant pas trop mal jusqu’à maintenant : donner un accès rapide aux applications. Autant c’est un système qui est très adapté à une interface tactile où l’on tape directement sur l’écran, autant il ne sert à rien sur Mac. Au contraire : atteindre une cible de taille moyenne au trackpad est loin d’être une sinécure, alors que le Dock a un avantage dû à la fameuse loi de Fitts qui explique que la facilité à laquelle une cible peut être atteinte dépend de sa taille et de sa distance au pointeur. Avec le Dock, la cible dispose au moins d’un côté où sa taille est infinie (c’est le bord de l’écran). Faites l’expérience : avec votre souris ou votre trackpad, testez en combien de temps vous arrivez à lanceur une application avec le Launchpad et la même avec le Dock. Ce dernier est bien plus rapide… Pire encore, LaunchPad ne sait pas gérer le Glisser-Déposer ! Avec le Dock, pour envoyer un fichier en pièce jointe d’un nouveau mail, il suffit de glisser la PJ sur l’icône de Mail. Avec LaunchPad ? Ne cherchez pas, ça ne marche tout juste pas.

Il s’agit là encore d’une tentative d’Apple d’adapter un type d’interface à un système pour lequel il n’est pas adapté. Dans le cas de LaunchPad, c’est un échec cuisant pour une initiative pas vraiment utile : avait-on vraiment besoin d’une nouvelle interface de lancement d’applications ? Le seul gros intérêt de Launchpad, c ‘est qu’on peut complètement s’en passer. Enfin, tant qu’Apple n’a pas la mauvaise idée de virer complètement le Dock1

Une interface aussi terne que ça

Depuis iTunes, on a vu qu’Apple a décidé de prendre la couleur en grippe. Soit… le gris peut avoir ses charmes. Mais du coup, on perd énormément de lisibilité au niveau des icônes. Pire encore : la barre latérale n’affiche plus vos icônes personnalisées mais des icônes en niveau de gris. L’affichage manque alors cruellement de contraste… Toutes les icônes des différents disques que je connecte sur mon Mac ont exactement la même icône dans la barre latérale, quand bien même j’ai passé du temps à les personnaliser… Une barre latérale dont Apple a encore modifié le comportement, en éliminant les dossiers intelligents et en décidant arbitrairement de placer la liste des disques durs plutôt en bas qu’en haut. Un choix plus ou moins justifiable, mais que j’aurais préféré pouvoir personnaliser. Pas très grave, mais un peu gênant quand même.

Un mode de distribution trop novateur ?

En proposant Lion uniquement sur le Mac App Store, Apple tente un coup d’audace assez impressionnant : imposer à ses clients de passer par une boutique uniquement en ligne pour télécharger son nouveau système est quelque chose qu’aucune société commerciale n’a proposé jusqu’à maintenant. C’est sur certains points une bonne idée, mais dans une société où l’ADSL n’est pas encore (loin s’en faut) la norme et où de nombreux abonnements se voient appliqués une limitation de téléchargement, cela paraît un peu tôt, même si Apple tient évidemment à son image de précurseur2. Et quid de l’installation si on n’a pas Mac OS X 10.6 déjà installé ? Sera-t-il possible de facilement installer Lion sur un Mac dont le disque vient d’être fraichement changé ? Beaucoup de questions… qui n’amènent pas forcément des réponses très satisfaisantes.

Une licence simple… et compliquée

Malheureusement, il reste le problème de la licence. Pas de problème côté utilisateur : on peut installer Lion sur autant de postes qu’on veut chez soi. Mais pour les entreprises ? C’est évidemment une licence par poste, avec ce que ça impose théoriquement : un compte AppleID par poste ! Juste galère à gérer au jour le jour… Et des difficultés supplémentaires pour l’achat : il faudra passer par un achat en ligne avec CB ou crédit en carte iTunes, sans possibilité de passer par le principe habituel du bon de commande / facture couramment utilisé. Apple n’aime-t-elle vraiment pas le marché de l’entreprise ? Au moment où celui-ci recommence à lui faire les yeux doux, fort dommage…

Le cas Lion Server

Intégré à Mac OS X client, installable pour une bouchée de pain : voilà Lion Server. D’un côté, j’applaudis à cette nouvelle accessibilité, en particulier côté tarif. D’un autre côté, c’est à se demander si peu cher, ce n’est pas « pas assez cher » : à croire qu’Apple veut diluer la valeur de Lion Server en le rendant trop accessible. Et pourtant, il y a plein de bonnes choses et bonnes idées dans ce Lion Server. Mais comme d’habitude, je conseillerai d’attendre un peu pour la mise en production. Comme d’habitude : sauvegarde et mise en place d’un serveur de test ne seront pas de trop avant une migration qu’il ne faut pas forcer si votre entreprise dépend de la bonne santé de votre serveur. J’aurai l’occasion de revenir dessus sous peu.

« Mais enfin, GG, tu l’aimes pas du tout Lion ? »

Il y a de très bons points dans Lion, quand même. Versions, les améliorations en terme de sécurité (chiffrement complet des disques, miam), AirDrop, la reprise de session et l’enregistrement automatique, les améliorations de Mail ou de Safari ainsi que plein d’ajouts dans le Finder ou dans Spotlight contribuent largement à un système intéressant. Mais j’attendais peut-être trop d’Apple… Et peut-être que j’aurais aimé un peu plus de folie plutôt que de tenter d’adapter à tout prix des idées d’une interface tactile sur un matériel qui n’a pas été conçu à cet effet. J’attendais aussi un nouveau système de fichiers pour remplacer le vénérable HFS+, mais cela n’arrive toujours pas…

Mais avec un peu de chance, Apple entendra rapidement les critiques, et les premières mises à jour de Lion nous feront oublier certains de ces désagréments 3.

En attendant, pour ceux qui se jettent sur Lion aujourd’hui, n’oubliez pas : SAUVEGARDEZ AVANT D’INSTALLER.

  1. Et pourtant, Dieu que je ne suis pas un fan du Dock…
  2. Et d’un autre côté, j’applaudis la prouesse technique de permettre une installation d’un système complet avec création d’une partition de récupération en quelques clics seulement, de façon entièrement automatique pour l’utilisateur.
  3. Pas tous, évidemment : le passage par le Mac App Store reste par exemple un point de non-retour définitif.

WWDC 2011 : la nouvelle ère d’Apple

La conférence inaugurale de la WWDC 2011 aura vu son contenu clairement annoncé par Apple dès la semaine passée : Lion, iOS5, et iCloud. Rien de plus, rien de moins. Et Steve Jobs s’en sera donc tenu là.

Lion : le système presque trop simple

Rien de bien neuf sur Lion comparé à ce qui avait été annoncé il y a quelques mois. La plus grosse surprise vient de l’annonce du tarif de 23,99€ (j’aurais plutôt tablé sur 129,99€, Lion n’étant pas un OS de transition comme pouvait l’être Snow Leopard) et surtout, celle du mode de distribution uniquement via Internet. Ce qui me semble être audacieux, voire un peu trop :

  • Quid des gens qui n’ont pas l’ADSL ?
  • Quid des revendeurs Apple ? Je sais que ce n’est pas la principale préoccupation d’Apple, mais quand même…
  • Et les licences entreprise ? C’est évidemment un point qui me fait tiquer particulièrement : impossible de lier le téléchargement d’un OS à un identifiant unique. Et surtout, le paiement par CB sur l’iTunes Store va énerver et compliquer inutilement la vie de beaucoup de monde.

Lion Server est lui annoncé à 39,99€. Là encore, la chute de prix est spectaculaire : 87 pour cent de réduction ! Là, c’est un peu compliqué car Apple envoie un double message : nos produits sont très peu chers. Mais en même temps, cela voudrait presque dire « nos produits sont au rabais » pour certains clients[1]. Ce qui est encore plus étonnant, c’est à quel point Apple souhaite complètement simplifier à l’extrême sa gamme de produits logiciels. Il y a quelques années, Apple proposait une gamme de tarifs bien plus complexe, avec des mises à jour, des versions complètes, des versions 10 clients ou clients illimités, et même des numéros de série pour la version serveur. Pas d’activation, pas de tarification avec version famille, pro, ultime, 16 soupapes inversées… Tout le monde à la même enseigne, ce qui facilite aussi le développement je pense et évite les énervements des clients…

Mais en réalité, la baisse de tarif est encore plus spectaculaire, puisque vous pourrez acheter UNE copie de Lion pour l’installer sur autant de postes que vous le souhaitez chez vous. Même plus de pack familial… Là encore, simplification de la gamme et économies pour le client. Mais toujours pas de stratégie clairement annoncée pour l’entreprise, ce qui est particulièrement agaçant. C’est à croire qu’Apple ne vend aucun ordinateur aux entreprises, alors que le succès du Mac mini Server montre qu’il y a encore largement de la place pour Apple sur ce marché. De même, les nombreuses nouvelles fonctions de Lion Server montrent que celui-ci aura toute sa pertinence dans l’entreprise, avec une intégration encore plus poussée des appareils iOS. Wait and see, donc.

iOS 5 : l’année de l’émancipation

Les nouveautés pour iOS5 sont finalement très peu surprenantes, mais elles font particulièrement plaisir. Ce qui est surtout important, c’est qu’iOS devient ENFIN un système autonome. Souvenez-vous de ce billet où j’expliquais que l’iPad devait vivre sans iTunes.

Et bien, ça y est, c’est fait. L’iPad n’est plus un périphérique, mais un ordinateur, à lui tout seul. Idem pour l’iPhone. Ce sont des produits devenus totalement émancipés. Si vous souhaitez utiliser un iPad sans iTunes, c’est désormais totalement faisable, même pour faire les mises à jour. Et avec la synchronisation Wi-Fi, le transfert des données et la sauvegarde complète se font sans douleur au moment de la recharge, futé.

Mais là encore, il manque quelques réponses à des questions typiques des entreprises : comment acheter des applications iOS en masse ? Comment j’accède à mes serveurs ? Vraiment dommage, à une époque où les entreprises commencent vraiment à s’intéresser plus que sérieusement à l’iPad et l’iPhone.

Et pour la partie polémique : on aurait effectivement voulu qu’Apple apporte un peu plus de fraicheur à iOS, avec quelques manques encore patents qui montrent que le jailbreak a encore de beaux jours. On pourrait même se demander pourquoi Apple a ainsi recopié le système de notifications d’Android, euh de WebOS… Ben vous pouvez y aller, critiquez. Mais honnêtement, si Apple a choisi cette solution, c’est peut-être parce qu’il s’agit simplement de la meilleure solution… Et qu’elle n’a pas (heureusement) le monopole des bonnes idées.

iCloud, ou la mort du système de fichiers

Le dernier gros morceau de la conférence était dédié à iCloud. J’ai d’ailleurs beaucoup aimé la petite réflexion de Jobs : « pourquoi faire confiance à la société qui nous a proposé MobileMe ? ». Moment de lucidité… Mais on peut effectivement espérer qu’Apple propose enfin avec iCloud toutes les solutions pour faciliter la synchronisation d’informations entre vos appareils. Le gros problème avec cette satanée synchronisation est de savoir où est la Vérité (l’information à jour la plus récente, et donc probablement la plus correcte) dès lors qu’on multiplie les points de synchronisation[2]. La seule solution ? Ne jamais avoir plus d’un seul point de synchronisation. Et iCloud va être ce point unique.

iCloud va loin, très loin. Contacts, calendriers, mails, photos, applications, livres, musique, données des logiciels, sonneries, configuration de l’appareil, vidéo… et même les documents. Ça, c’est vraiment vraiment bien. Vous enregistrez un document sur un appareil, et hop, il est disponible sur un autre en quelques secondes. Mais là encore, ça pose la question de la confidentialité des données et risque de faire peur à pas mal d’entreprises… À moins que pour Apple, la cause soit entendue : en dehors d’Exchange[3], point  (enfin plutôt, peu) de salut, et pour l’accès aux données, chaque entreprise doit décider de sa propre stratégie.

Mais iCloud est surtout la preuve que l’OS devient linéaire : l’emplacement des données sur votre disque importe peu, ce qui compte, c’est d’y avoir accès. C’est critiquable si on est utilisateur avancé, mais pour beaucoup de monde, ça sera largement suffisant. Vos données, partout, instantanément. On retrouve le côté « magique » de l’iPad. Et évidemment, avec un avantage énorme : c’est gratuit ! Enfin, du moins, pour les 5 premiers Go, et encore : une grosse partie des données ne fait pas partie de ce quota, dont la musique…

La musique, justement, parlons-en. iTunes Match était un énorme One More Thing. J’avais imaginé il y a longtemps qu’Apple puisse proposer ce type de système pour faciliter la migration de la musique inzecloud. Et c’est ce qu’elle a fait. Ne vous trompez pas : ce qu’Apple a mis en place est tout sauf simple, et les technologies derrière justifient probablement une bonne partie du nouveau Data Center à plein de sous qu’elle a mis en place. Et que les majors aient suivi Apple sur ce coup n’est pas la moins remarquable des victoires de Steve Jobs. Évidemment cette solution ne fonctionnera au début qu’aux USA (la mondialisation n’est pas un mot encore dans le dictionnaire des majors), mais quand même : bel effort.

iCloud montre donc que le hub numérique décrit par Steve Jobs en 2001 n’est plus du tout d’actualité. iCloud est appelé à devenir une brique fondamentale de l’expérience iOS / Mac OS X. La synchronisation manuelle est dépassée : le but est de ne même plus savoir où sont les données, juste de les utiliser.

Les trente premières années n’étaient que le début, annonçait Apple en 2007. Apple amorce un tournant bien plus remarquable pour elle et ses utilisateurs qu’on pourrait le croire après cette conférence. Vu les changements incroyables opérés durant ces quatre dernières années, je n’ose pas imaginer à quel point les prochaines années vont être passionnantes…

  1. Ne riez pas : l’excuse « votre produit n’est pas assez cher pour être crédible m’a déjà été donnée par des DSI.
  2. Apple fournit avec les outils développeur un programme Synchrospector, très intéressant, qui fait souvent référence à cette notion de « The Truth », avec un grand T.
  3. Qu’Apple adopte de plus en plus au sein de Mac OS X et d’iOS…

Et si Apple devenait opérateur mobile ?

C’est la question que pose Matthew Panzarino sur son blog. Et bien plus que la rumeur de télévision Apple qui occupe certains esprits, je me demande si celle-ci n’est pas finalement bien plus crédible.

La première question qui vient en effet à l’esprit par rapport aux colossales réserves de cash d’Apple, c’est : pourquoi accumuler autant si ce n’est pour faire des réserves pour racheter un opérateur mobile OU construire son propre réseau ? La question, incongrue il y a quelques années, ne serait pas finalement si idiote. Regardons de plus près : depuis des années, les opérateurs ont imposé leur loi aux fabricants de mobiles : placement de logo, applications préembarquées, fonctionnalités, design… étaient en réalité pilotés par les opérateurs, pas par le constructeur. Avec l’iPhone, Apple a changé complètement la donne en proposant un appareil pour lequel les opérateurs devenaient juste des fournisseurs de tuyaux.

Manque de bol, ça ne leur plait pas. L’inénarrable Stéphane Richard expliquait ces dernières heures qu’il ne comprenait pas pourquoi Apple ne voulait pas pré-installer l’applications d’Orange sur son téléphone plutôt que d’obliger les utilisateurs à les télécharger en boutique [[1. Au passage, bravo à Stéphane Richard qui n’hésite pas à essayer de se faire mousser en parlant du prochain iPhone.. J’aurais bien une réponse, mais elle serait considérée comme vulgaire, donc contentons-nous de dire que les applications proposées par les opérateurs ne sont pas vraiment au top de ce qu’on peut trouver sur iOS, et qu’elles dégraderaient l’expérience utilisateur, commune à tous les utilisateurs d’iPhone dans le monde.

Ce que les opérateurs ne veulent surtout pas comprendre – ou plutôt comprennent parfaitement mais ne veulent surtout pas mettre en place – est que leur rôle est finalement très, très bête : on leur demande juste de fournir des tuyaux et de laisser passer des données dedans. En clair : de faire leur métier. Mais ça ne leur plait pas aux opérateurs : c’est qu’avec l’avénement de TCP/IP sur les mobiles, ils voient poindre le pire de leurs cauchemars : un monde où ils ne pourraient plus facturer des tarifs exorbitants pour des données aussi simples que des SMS. À ce propos, connaissez-vous le coût réel au mega-octet d’un SMS ? Lisez, c’est édifiant. Pire encore, la voix transite par TCP/IP, rendant obsolète leur mode de facturation à l’heure des communications. Un forfait Apple vraiment illimité, à 30€ par mois communications et SMS/MMS inclus, qui vote pour ?

Mais pour le moment, les opérateurs ont encore un moyen de réplique : la facturation du Mo transféré. Quand l’iPhone a débarqué, les opérateurs (Orange en tête) étaient plutôt confiants : l’iPhone était un appareil novateur, puissant, mais se reposant uniquement sur ses quelques applications d’origine. Rien de trop méchant. Manque de bol : avec l’App Store et l’iPhone 3G, le public a commencé à utiliser réellement le réseau et à le soumettre à des tensions finalement très prévisibles. L’opération a été finalement très simple : transformer les forfaits illimités en… pas-tout-à-fait illimités. En clair : tu as un forfait illimité, mais à 1 Go/mois, sinon ben tu apprends ce que le mot escargot du réseau veut dire.

Pire encore : lorsque l’iPad est annoncé, Apple annonce également un nouveau modèle de facturation de la 3G à l’utilisation, avec l’achat d’un forfait directement à travers l’interface de l’iPad. Aux États-Unis, le tarif est raisonnable, mais quid de la France ? Et bien, les opérateurs ont juste décidé de proposer des abonnements hors de prix (40€ par mois pour un iPad, avec limite à 2 Go ? Sériously, guys ?).

Et puis, il y a les petites mesquineries. Enfin, petites… Perso, j’ai toujours en travers de la gorge le racket (il n’y a pas d’autre mot) des opérateurs qui imposent un abonnement supplémentaire pour utiliser un iPhone en mode modem ou point de partage Internet sans fil. On paye des abonnements avec un Go de consommation par mois, mais on doit payer beaucoup plus cher parce que les octets viennent de et vont vers mon ordinateur plutôt que mon iPhone ? Prenons un cas simple : je télécharge une appli sur l’App Store à partir de mon iPhone 4. Rien ne m’est facturé en plus. Je décide de télécharger la MÊME appli à partir d’iTunes sur mon Mac, et Orange me prélève 10€ par mois pour avoir ce privilège ??? Où est la logique ?

C’est bien connu : Steve Jobs déteste les opérateurs téléphoniques. Il doit clairement penser que la beauté de ses appareils est sérieusement endommagée par leur côté rapiat. Mais je ne serai pas surpris que d’ici cinq ans, Apple se soit lancé d’une façon ou d’une autre dans la création d’un réseau ou le rachat d’un opérateur téléphonique après être devenu MVNO. Travail de longue haleine ? Complètement. Dangereux ? Également. Culotté ? Certainement. Mais ça serait finalement une telle rupture avec les opérateurs classiques et leur fâcheuse tendance à prendre les clients pour des pigeons qu’un tel effort pourrait devenir indispensable pour Apple, qui proposerait alors une solution complète de télécommunication, efficace et à tarif agressif.

Bien sûr, ce serait une tâche de longue haleine, colossale, remplie d’épines, dont la compliquée passation de pouvoir entre les opérateurs classiques et Apple. Mais d’un autre côté, Apple n’était sensée avoir aucune chance sur le marché de la téléphonie il y a quatre ans… We’ve come a long way, baby.

Apple, opérateur téléphonique, ça ne sera donc pas pour demain. Mais je suis sûr que du côté de Cupertino, ça doit pas mal cogiter dans ce sens… Et je suis quasiment sûr que le réseau téléphonique d’Apple pourrait arriver bien avant une TV Apple.

Les paris sont ouverts.

Améliorer sa signature dans les mails

L’e-mail est un outil indispensable désormais, mais je suis toujours aussi effaré sur le peu de gens qui savent utiliser efficacement la signature dans leur logiciel de messagerie. Pire, parfois, la signature est tellement mal utilisée qu’elle risque de donner de vous une image pas forcément positive… Voici donc quelques conseils pour faire une signature qui donnera un sourire Émail diamant à vos correspondants.

  1. Commencez votre signature par « ––  » (tiret tiret espace). Cette combinaison de deux tirets suivis d’un espace est détectée par certains logiciels, qui élimineront automatiquement la signature lors de l’utilisation de leur fonction Répondre. Fort pratique. Malheureusement, Mail dans Mac OS X ne gère pas correctement ce séparateur, alors qu’Entourage, oui… BOUH APPLE !!!
  2. Évitez les signatures trop longues. Inutile de laisser votre CV dans la signature. Conservez les informations vraiment utiles : votre prénom et nom, fonction,  nom de votre entreprise, votre adresse, site web, numéro de téléphone… Éventuellement, votre compte Twitter, votre adresse MSN, etc. Pas utile de mettre de citation philosophique, ou de lien vers vos photos de vacances. Sur Usenet, la règle voulait que les signatures fassent moins de 4 lignes, et moins de 72 caractères par ligne. C’était dans la plupart des cas très suffisant.
  3. Mettez plus d’informations sur une seule ligne. Et séparez les informations avec le signe |. Par exemple :
    Web : http://www.gete.net | Twitter : http://twitter.com/ggete | Blog : http://blog.gete.net
  4. Ne faites pas de mail-art. Dessiner un logo Star Wars était super joli et original quand on surfait sur AOL en 1994. Depuis, le monde a évolué. En bien. Je vous assure.
  5. Ne mettez pas ces informations pertinentes directement dans une image. Pourquoi ? Tout simplement parce que les logiciels de mail sont de nos jours capables de détecter directement ces informations et permettre d’ajouter directement vos informations dans leur carnet d’adresse en un clic. En intégrant ces infos dans une image, vous les forcez à devoir recopier les informations à la main. Ce qui est particulièrement agaçant. Si si. Enfin, les images pèsent beaucoup plus lourd que du texte. Quand je suis connecté en EDGE et que je dois attendre qu’une image s’affiche pour lire un mail, j’ai juste envie de pendre l’expéditeur avec un câble SCSI.
  6. Ne mettez pas votre portrait dans votre signature. Je vais vous faire une confidence : vous n’êtes pas si beau que ça. Et si vous voulez vraiment montrer votre beau visage : faites un blog. C’est encore meilleur pour l’ego. Enfin, dites-vous que chaque image transférée, c’est de la bande passante consommée inutilement et de l’espace inutilement occupé sur les disques durs de vos correspondants.
  7. Si vous voulez vraiment mettre une image en signature, OPTIMISEZ-LA. Pas plus de 20 Ko (et encore, c’est 20 Ko de trop). Et testez les formats : certaines images passent mieux en PNG ou en GIF qu’en JPEG.
  8. Ne rajoutez pas d’avertissement sur la politique de gestion des e-mails (ou « disclaimer ». Manque de bol, pleins d’entreprises se sentent obligées de rajouter un blob de texte sur chaque e-mail envoyé pour indiquer leur politique de gestion des e-mails… alors que rien ne vous oblige à le faire, et que ça ne vous protège pas ni votre destinataire de quoi que ce soit pour autant. Par contre, ça a un effet très désagréable : comme les gens, naturellement feignants, ne nettoient pas leurs réponses avant de les envoyer, on a droit à des disclaimers qui prennent 200 lignes. Pour une réponse qui en fait 2. Insupportable. Le plus simple donc : oubliez ce qu’on vous a dit, et virez ce disclaimer qui ne sert à rien. Si votre patron vous explique qu’il faut le mettre pour vous protéger, faites-le lire ce blog. Et passez au Pôle Emploi pour avoir paumé votre emploi à force de lire ce site plutôt que de bosser.
  9. Formatez correctement votre adresse. Ne serait-ce que pour faire plaisir à vos correspondants qui utilisent un logiciel comme Mail, qui a le bon goût de détecter automatiquement les adresses dans les messages. Vous pouvez même améliorer l’ordinaire pour vos correspondants. Par exemple, ajoutez Bureau : devant votre numéro de téléphone pro, et Mail le rajoutera automatiquement dans la fiche du contact à la catégorie Travail. Juste magique.

    Mail gère la détection des adresses dans les signatures de façon très efficace.

  10. Évitez les signatures en HTML. L’avantage du texte brut, c’est qu’il est lisible par n’importe qui, alors que le HTML ne passe pas partout. Alors certes, votre signature sera un poil moins jolie, mais honnêtement, ça ne fascinera que vous (ou pire : auprès d’un public plus au courant des technologies, de vous faire passer pour un ringard). Restez simple, tout le monde vous en remerciera.
  11. N’intégrez pas de V-Card dans votre signature. Le format vCard est fort pratique pour transférer ses coordonnées. Mais la mettre dans votre signature est une supra-mauvaise idée. Est-ce que lorsque vous voyez vos collègues de bureau, vous leur donnez une carte de visite à chaque fois que vous leur parlez ? Intégrer votre vCard dans votre signature est tout aussi idiot (et ça consomme de la bande passante pour rien). Insérez votre vCard dans un mail en PJ lors de votre premier échange avec un client/prospect/ami/extra-terrestre, et c’est tout.
  12. Ne mettez pas 36 adresses e-mails ou 10 types de messagerie instantanée ou solution VOIP. Une adresse e-mail, votre identifiant Skype ou AIM, ça suffit. Et encore, si vous acceptez qu’on vous contacte par ces moyens.
  13. Utilisez plusieurs signatures. Quand je réponds sur une liste de discussion, j’utilise une signature sans mon numéro de téléphone : cette information n’est pas pertinente. Quand je réponds à des courriers privés, j’utilise une signature moins informelle.
  14. Attention aux citations. Mettre une citation peut être considéré comme amusant. Mais certaines citations peuvent ne pas faire rire votre destinataire… Réservez-les éventuellement aux forums ou listes de discussion.
  15. Oui, vous pouvez vous faire un (petit) peu de pub. Je réserve dans ma signature une ligne pour indiquer la sortie d’un nouveau livre, par exemple. C’est à mon goût toujours intéressant de voir qu’il y a de l’activité chez un correspondant professionnel. Par contre, pas la peine d’y joindre le PDF de 12 Mo…
  16. Testez votre signature. Envoyez quelques mails, et recevez-les sous différentes formes et clients. Si vous êtes sur Mac, envoyez un mail vers un PC. Le tout étant d’éviter les mauvaises surprises d’interprétation de la signature par chaque logiciel.

Ces règles vous semblent compliquées ? Ou arbitraires ? Il s’agit juste de règles de bon sens. Lorsque vous communiquez avec des professionnels, la signature imprime votre marque : vous êtes aussi jugé sur cet aspect de votre communication. Est-ce que vous enverriez un CV rédigé en Comic Sans avec des dégradés arc-en-ciel et du Word Art juste parce que vous pouvez le faire ? Personnellement, quand je reçois une signature qui me fait mal aux yeux, ça ne me donne pas forcément envie d’aller plus loin, c’est comme les mauvais PowerPoint chers à Garr Reynolds ou Phil Waknell. Ce dernier a d’ailleurs écrit un très bon billet (en anglais) intitulé First impressions Last. La signature de vos mails fait partie de cette première impression. Autant limiter les risques et rester simple et efficace. Simple is beautiful.

Nouvel iMac : le SSD qui fait mal [MàJ]

J’attendais avec impatience l’annonce des nouveaux iMac, non pas pour moi, mais pour certains de mes clients qui sont pas loin de renouveller leur parc. Dans l’ensemble, cette génération est bien plus intéressante que l’ancienne, mais je suis un peu déçu par un point : l’option SSD.

En effet, autant sur le MacBook Air, Apple est allé à fond sur le SSD avec le succès qu’on connaît, autant sur l’iMac, elle reste très conservatrice : gros disque dur, et SSD en option, mais pas sur tous les modèles.

Déjà, l’option SSD n’est pas disponible pour le modèle 21,5″ d’entrée de gamme, qui est pourtant exactement le même que le deuxième modèle. Donc, si vous voulez le SSD, c’est 300€ de plus.

Mais pire : la seule option SSD est un modèle 256 Go, facturé la bagatelle de 500€. Même s’il est vrai qu’on est plutôt dans la fourchette basse du prix du SSD (certains modèles haut-de-gamme tapent dans les 1300€), j’aurais apprécié un modèle avec moins de capacité, genre 128 Go, en complément du SSD, tout en gardant l’option du disque 1 To.

Résumons, donc : si vous voulez le SSD en complément du disque 1 To, il vous en coûte donc 600€ (SSD 500€, DD 100€)… qui s’ajoutent aux 300€ du deuxième modèle d’iMac. Soit le SSD additionnel à 900€. OUCH. Évidemment, on pourra penser (certainement à raison) que le but est justement de pousser à l’upgrade, et c’est bien dommage : le tarif va refroidir plus d’un client potentiel, alors qu’Apple pourrait se poser en leader de la révolution du SSD avec un SSD à bas prix.

D’un autre côté… Je me demande si l’idée n’est pas justement d’éviter que le client achète cette option en masse, car elle pose un problème de complexité liée à la taille actuelle des SSD et à leur coût. Explications : un SSD ne permet pas de stocker autant de données qu’un disque dur pour des raisons de coût de production[1]. Or, avec les besoins actuels en stockage de donnée, le SSD pose problème par ses faibles capacités, sauf à y mettre le prix fort. L’ajout d’un deuxième disque dur classique de grosse capacité permet de réduire fortement ce problème, mais au prix d’une complexité plus grande pour l’utilisateur, car si ses données sont stockées sur le SSD, il faut ensuite régulièrement les copier sur le disque dur. Perte de temps, et d’énormes complications.

Il faudrait donc, comme le précise @DanDuGeek du Journal du Lapin, qu’Apple propose une meilleure gestion du couple SSD + disque dur. L’idéal serait que l’Assistant Réglages proposé au démarrage ou l’Assistant de migration propose de migrer automatiquement et de façon transparente les données les plus sensibles et lourdes, à savoir le plus souvent les dossiers Musique, Vidéo et Images du dossier de départ de l’utilisateur. Une option permettrait ainsi de déplacer dès la migration de l’utilisateur toutes ses données « lourdes » et ayant moins besoin du SSD vers le disque dur. On pourrait même imaginer une option encore plus transparent : un système de fichier (un HFS++ ?) qui saurait gérer correctement un JBOD[2] et répartirait intelligemment les données en fonction de leur type. Un seul volume à gérer par l’utilisateur, mais l’avantage des deux disques. Beaucoup plus compliqué à créer et à gérer, évidemment… et peut-être pas si intéressant si l’on considère que nous sommes dans une phase de migration vers le SSD.

[MàJ] Une autre piste très intéressant a été soulevée : l’utilisation d’une nouvelle technologie Smart Response made in Intel qui permettrait d’utiliser le SSD comme super-cache du disque dur. Plus de détails chez MacGe. Et merci à @jmarc ;-) ).

En attendant, si vous souhaitez prendre un iMac avec SSD, il faudra donc sortir le chéquier… Le marketing d’Apple a encore bien joué !

  1. n’attendez pas la parité du coût disque dur / SSD avant 18 mois, dixit les constructeurs.
  2. Just a Bunch of Disk, un lot de disques agrégés, en somme.

Parts de marché

Il est donc acté aujourd’hui que puisqu’Apple propose une solution mobile fermée et qu’Android est ouvert (ahem), Apple est forcément condamnée à revivre le scénario des années 1990, et à revivre la même chute aux enfers. Parce qu’il est bien connu que l’histoire se répète, surtout en informatique.

La preuve : Windows Mobile est un succès écrasant aujourd’hui sur le marché des smartphones, Microsoft a écrabouillé tout le monde sur son passage, et il n’y  plus aucune société pour les combattre dans le domaine informatique. Non ? Je me serais trompé ?

Les analystes (et dans une certaine (grande) mesure, les journalistes) aiment à penser que le scénario de Windows il y a 20 ans est celui du succès et qu’il faut qu’Apple ouvre son système pour réussir à battre la concurrence. Quand bien même il y a beaucoup plus d’exemples de sociétés qui ont perdu, puis gagné à nouveau du terrain, alors que la domination de Microsoft via Windows est la véritable exception des technologies numériques.

Apple est devenue en moins de 10 ans l’une des plus grandes entreprises au monde en terme de capitalisation boursière sans pour autant avoir adopté Windows sur toutes ses bécanes 1. Et si on regarde de près, la suprématie de Windows n’a pas été particulièrement ébranlée sur les machines de bureau, où Linux ne perce que très timidement. Alors qu’il est tout aussi « gratuit » qu’Android pour les téléphones portables, non ?

Autre point amusant : continuer d’entendre qu’Apple aurait du licencier Mac OS dès 1985. Alors que le Mac était une architecture totalement différente du PC de l’époque, avec des écrans de bien plus haute résolution, et une ROM matérielle qui comportait la moitié de l’OS, donc un système totalement incompatible avec la technologie PC de l’époque. En 1995, Apple a autorisé des constructeurs à sortir des clones de Mac. Cela a failli la tuer. À la même époque, elle dépendait d’un OS en bout de course et sans aucun successeur (Copland était un fatras sans aucun vrai chef de projet).

De même, comme le rappelle ce billet, il existe de nombreux marchés où il n’y a pas eu de vainqueur bien défini, comme celui des jeux vidéo. Et c’est une très bonne chose : cela évite à chacun de dormir sur ses lauriers, la concurrence étant motrice d’innovation technologique. Dans les années 90, Nintendo dominait le marché jusqu’à l’arrogance, puis s’est prise une claque avec la PS 1 puis 2, Microsoft a débarqué, a dégainé le premier sur le marché des consoles « Next-Gen » avec la Xbox 360, alors que Nintendo revenait comme innovateur avec la DS puis la Wii.

Ce qui a sorti Apple du gouffre, ce n’est pas d’avoir tout abandonné à Windows : c’est de créer des nouvelles machines, de sortir des sentiers balisés, d’innover, de tracer sa voie sans écouter ceux qui avaient forcément raison. Si on avait écouté ces mêmes personnes, un produit comme l’iMac n’aurait jamais pu sortir2 et Apple aurait du prendre une licence de Windows NT 4 dès 1996 tout en enterrant Mac OS. Selon ces mêmes personnes, l’iPod aurait été un échec, et face au BlackBerry, l’iPhone, sans clavier, n’aurait eu aucun succès. Quand à l’iPad, c’est un gros iPod touch, personne ne veut utiliser ça pour remplacer son ordinateur.3

À vrai dire, je trouve presque cette volonté d’uniformisation des pensées (« allez tous vers Android ! » après « Allez tous vers Windows ! ») presque inquiétante. Comme si il fallait absolument qu’il n’y ait qu’UNE solution universelle dirigée par UNE compagnie. Alors qu’on a très bien vu ce qui se passait quand une seule compagnie faisait la pluie et le beau temps, et en particulier le frein à l’innovation que cela devenait…

Donc : la concurrence d’Android est bonne. Mais la disparition de toutes les plate-formes ne serait pas une bonne chose. Mettre tous les pouvoirs dans les mains d’une seule société qui en a déjà beaucoup ne serait peut-être pas une bonne idée… Que cette société soit Google ou Apple.

  1. Certes, on peut installer Windows sur un Mac, mais ce n’est pas l’élément déclencheur qui a permis aux ventes de Mac d’accélérer depuis quelques années. L’arrivée de Mac OS X et d’iLife ont été les deux événements les plus significatifs à mon goût
  2. « Pas de lecteur de disquettes ! Pas de SCSI ! USB, mais c’est quoi ça ! »
  3. Quand bien même Apple a bien expliqué qu’il s’agissait d’un produit entre l’iPhone et le Mac.

Le point faible d’Apple…

… C’est qu’il y aura toujours des journalistes blogueurs pour écrire parfois tout et n’importe quoi.

Par exemple, dire que les fonctions de l’iPad sont cachées. Que le multi-tâche est dur à trouver. Qu’Apple refuse d’intégrer Flash, alors que c’est une techno qu’aucun autre constructeur n’arrive de toute façon à intégrer proprement aujourd’hui dans un appareil mobile (quatre ans après la sortie du premier iPhone…). Que la disparition d’un Steve Jobs mettrait la compagnie à genoux, alors qu’il a su avant tout remettre les valeurs d’Apple au centre de la compagnie et y placer des personnes qui ont toutes contribuées au renouveau de la société, ce qui perdurera bien après son départ 1. Qu’iOS est un système fermé et c’est trop mal, alors que c’est surtout un système qui fonctionne, ce qui est l’essentiel. Et que la notion d’ouverture est devenue d’ailleurs très relative

Désormais, donc, il faut trouver une nouvelle méthode pour taper sur Apple. Parce qu’après tout, c’est important de taper sur Apple. Sinon on ne se fait pas de pub… quitte à dire n’importe quoi.

OK, donc. Apple a implémenté le multitâche, mais n’a pas communiqué dessus. Ce n’est pas après tout comme si, quand on lance une mise à jour d’iTunes, il n’y avait pas un message qui apparaît pour dire quelles sont les nouvelles fonctions, et un lien pointant vers plus d’informations. Ce n’est pas non plus comme si ces fonctions n’étaient pas documentées sur le site, ou mises en valeur même sur la homepage d’apple.com. Et éventuellement reprises par les sites web en masse.

Je vais être critique, pour changer : il faut arrêter de penser que parce qu’Apple fait des produits plus ergonomiques que d’autres constructeurs, cela dispense l’utilisateur d’apprendre à utiliser son produit ou à se poser des questions dessus. Le problème, c’est que l’informatique, iPadesque ou pas, ça emmerde aussi beaucoup de monde. Que les mises à jour, on les fait parce que le logiciel le demande, et qu’on serait bien trop impoli de le lui refuser. Mais après, ce que ça apporte vraiment… En tant que fils de garagiste,  l’automobile m’a toujours profondément gonflée, et a un aspect particulièrement utilitaire. Je ne m’extasie pas devant un moteur V6, la courbe d’une BMW m’en touche une sans faire bouger l’autre, etc. Mais j’ai quand même fait un jour l’effort de LIRE le guide fourni avec mon automobile 2 et, incroyable, j’ai appris des choses !!!

Le problème, c’est que lire une documentation, informatique ou non, c’est souvent pénible pour quiconque. Et soit on se sent motivé, soit on espère faire face à un produit tellement simple qu’on peut se passer d’un manuel. Manque de bol, iOS 4.2 a apporté ce qu’on ne souhaitait pas voir arriver dans iOS : de la complexité. Parce que tout un tas de monde demande (exige !) des nouvelles fonctions, qui rendent le produit moins simple à utiliser. Plus complet, oui, mais moins simple. Très honnêtement, Apple aurait pu faire le minimum vital sur iOS, à savoir implémenter le multi-tâche sous forme de gestion des apps en tâche de fond. Car la plus grosse critique sur iOS quand on parlait de multi-tâche, c’était « je ne peux pas écouter Spotify en tâche de fond pendant que je surfe avec Safari, bouh caca Apple ! ». Tuer des tâches, passer rapidement d’une app à une autre, tout ceci est finalement un bonus pour les geeks. C’est juste redonner aux power users les outils qu’ils ont été amené à utiliser sur les plate-formes informatiques classiques et qu’ils pensent être indispensables pour Monsieur et Madame Michu.

Mais en réalité, Monsieur et Madame Michu 3 n’ont pas forcément vraiment besoin de fonctions multi-tâches évoluées. Les gens qui ont adopté l’iPad parce qu’il est simple ne connaissent pas tous le coup du double-clic sur le bouton de l’iPad, et dans l’ensemble… ce n’est pas dramatique. S’il s’agit d’une fonction quelque peu dissimulée, c’est qu’elle n’est pas essentielle à l’expérience de l’iPad. Sinon, Apple l’aurait laissée bien visible, ou aurait eu une autre approche du Dock d’iOS. Tout comme beaucoup de gens ne savent pas qu’on peut faire Commande + Tab pour passer d’une appli à une autre sur leur Mac 4. Ou qu’on peut glisser une icône en enfonçant Commande et Option pour créer un alias.5. C’est mieux de le savoir, mais ce n’est pas indispensable de ne pas le connaître.

Bref : il y aura toujours différents niveaux d’utilisateurs. Il y aura toujours plusieurs niveaux d’utilisation de l’informatique. Il y aura toujours des gens intéressés par le sujet, et qui seront plus performants avec leur outil, parce qu’ils auront décidé de s’investir un peu plus que d’autres. Il y aura toujours des débutants, et des gourous. Ce n’est pas MAL que le constructeur / développeur propose ces solutions. Mais ce n’est pas MAL non plus que tout le monde ne les utilise pas. Le plus important reste que le produit soit stable, simple à utiliser, et qu’il apporte du plaisir à l’utilisateur. Si iOS gagne en fonctionnalités, c’est toujours mieux, mais il est parfois important que l’on fasse un petit bout de chemin tout seul. Ne serait-ce aussi que pour en retirer un peu de satisfaction personnelle.

Il y a une différence entre connaître le chemin, et arpenter le chemin – Morpheus, In Matrix.

  1. Même si je suis parfaitement conscient que sa disparition impactera à court terme la société.
  2. Une Prius II, puisque vous voulez tout savoir de ma vie, bande de pervers.
  3. Qu’on devrait peut-être arrêter de traiter comme s’ils ne connaissaient rien à l’informatique : si ça se trouve, il y a en France un monsieur Michu qui dirige des réseaux de botnets et va faire tomber mon serveur tandis que son épouse recompile des noyaux Linux entre deux pots de confiture. Les ordures.
  4. Oui, je sais, Alt + Tab sur PC. Mais vous êtes jamais venu sur ce blog ou quoi ?
  5. Si vous avez appris ces astuces ce soir, la prochaine étape, c’est Snow Leopard Efficace.

Aide pour le Japon

Je suis, comme beaucoup, scotché sur les flux RSS, sur les chaines de télé, à regarder la situation déjà cataclysmique au Japon empirer de minute en minute. Ce drame (mais peut-on parler de drame à un tel niveau ?) me fait à la fois enrager, fulminer, monter les larmes aux yeux, bref, me bouleverse. Je suis atterré par tout ce qu’on peut voir, et cette peur de la catastrophe nucléaire quasi-inéluctable rend mon travail difficile. Surtout que j’ai toujours été assez fasciné par le Japon, sa culture, ses habitants…

Alors, pour essayer de faire bonne figure, pour tenter de venir en aide à toutes ces familles sinistrées, chacun peut faire un geste. Je vais en faire un, à ma manière, comme je l’ai déjà fait il y a quelques temps. Il me reste sept exemplaires de mon dernier livre À la découverte de son iPad. Vous m’envoyez un chèque du montant du livre ou plus (après tout, il n’est qu’à 19€), je vous envoie le livre à mes frais, et je double votre don. Donc, pour chaque livre vendu, c’est 40€ que je reverserai à la Croix-Rouge. Pourquoi la Croix-Rouge ? Parce que même si vous ne souhaitez pas donner pour le Japon (chacun ses choix), votre don pourra bénéficier à une autre cause, et Dieu sait que la planète est mal en point en ce moment.

Si vous êtes intéressé, envoyez un e-mail à webmaster arobase gete point net. Et si vous n’avez pas envie d’acheter le livre, n’hésitez quand même pas à faire un don.

PS : j’ai une pensée spéciale pour tous ces hommes qui se battent actuellement au cœur de Fukushima et des radiations pour empêcher le pire. Si vous cherchez des vrais héros, en voici.

« Ouais mais on trouve pareil et gratos sur Internet ! »

Ce commentaire, je le lis de plus en plus souvent dans les commentaires de différents sites, et souvent à propos de livres, souvent informatiques.

Je l’ai lu par exemple à propos d’un livre que j’avais rédigé sur iWork’ 09. Un petit malin avait posté sur différents sites le même commentaire, à savoir que l’on trouvait la doc des logiciels d’iWork gratos sur Internet en PDF, rédigée par Apple, et que du coup c’était pas la peine d’acheter ce livre.

Je viens de lire un commentaire de ce genre chez MacGeneration, à propos de l’excellent livre de Jean-Christophe Courtes Travailler avec un iPad. Certes, il est en noir et blanc et c’est dommage, mais ça ne retire rien de la qualité de son contenu. J’ai eu aussi le droit à ces commentaires sur certains bouquins que j’ai écrit.

J’avoue : ces commentaires m’agacent. Ils m’énervent car ils négligent  complètement que la qualité d’un livre n’est pas liée qu’à son contenu, mais également à sa pédagogie et donc à son auteur. Ceux qui pensent qu’il n’est pas nécessaire d’acheter un livre sur Keynote parce qu’Apple a déjà écrit à son sujet ont-ils déjà vraiment ouvert un de ses documents ? Tous ne sont pas mauvais, certes. Mais si je regarde le nombre de personnes qui m’ont demandé si je comptais un jour faire un livre sur Mac OS X Server, alors qu’elles pourraient largement se contenter de la doc d’Apple sur Mac OS X Server… Après tout il y en a quand même 1500 pages, non ? Bah alors, elle est pas intéressante ? Ou alors, elle est un peu dure à digérer ? Ou pas assez didactique ou explicative, peut-être ?

Un livre ou une documentation, quel qu’il/qu’elle soit, impose un point de vue et une approche qui ne peuvent être universels. Chaque auteur apporte sa vision des choses, ses commentaires, ses critiques, son ton, son humour, sa passion… Il écrit son livre. Tout comme une scène de cinéma peut être filmée de multiples façons, tout comme Hugo n’aurait certainement pas décrit les Halles de la même façon que Zola, chaque auteur, quelque il soit, apporte sa patte. Se dire qu’on n’est pas limité à un seul auteur sur un champ donné est déjà une richesse !

Donc, ami lecteur, ami commentateur qui ne sait pas la complexité qu’il peut y avoir à créer un livre, qu’il fasse 100 ou 500 pages, n’essaie pas d’écraser de ton mépris cet auteur qui a juste peut-être eu envie de partager son expérience, sa passion au sein de ces pages. Ne pense pas parce que tu ne payes pas, tu as forcément un meilleur service que si tu avais investi quelques euros dans un livre. Dis-toi que peut-être que l’investissement que tu feras dans un bon bouquin te sera peut-être rendu au centuple le jour où, face à ton ordinateur, ton iPhone, ton iPad, tu rencontreras une galère (un indice : si ton ordi est en panne, l’Internet sera peut-être plus difficile d’accès, déjà). Dis-toi aussi que le temps que tu ne perdras pas à rechercher des informations sur des dizaines ou centaines de sites différents, il y aura peut-être quelqu’un qui l’aura pris pour le faire à ta place, et te le présenter de façon digestible.

Oui, sur Internet, il y a du contenu gratuit, et c’est bien. Mais non, il n’est pas forcément meilleur que celui que vous allez acheter. Et heureusement que ce n’est pas parce que quelqu’un a déjà écrit sur un sujet qu’il ne faut plus que quiconque écrive dessus…