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Le syndrome du Pro

Je me pose la question encore une fois, suite à de nombreuses discussions sur mon fil Twitter. Certains estiment que l’iPad Pro… n’est pas pro. Parce qu’il n’est pas capable par exemple de gérer facilement un disque dur USB à travers l’appli Fichiers. Une limite totalement arbitraire imposée par Apple, c’est vrai.

Pour d’autres, ça sera l’absence de souris qui constituera une faiblesse. L’absence de pavé numérique. L’absence de Photoshop / InDesign / une application de bureau classique.

Pour d’autres, c’est l’absence de Microsoft Office. Ah mais non, il est dispo depuis bientôt 4 ans. Ah oui mais non, c’est pas la même chose que sur un ordinateur de bureau. Donc pas pro.

Mais est-ce que ces seuls points discréditent l’iPad (pas forcément Pro, non plus), de remplir des tâches professionnelles ?

Chaque jour, on rencontre de nouveaux utilisateurs d’iPad qui s’en disent satisfaits. Qui bossent avec, qui créent. Ce sont aussi des pros. Mais à la différence d’autres utilisateurs, ils ont été prêts à accepter les quelques sacrifices qu’imposaient la bascule vers iOS pour un outil qui leur correspondait peut-être plus. Qui leur proposait des choses qu’un ordinateur portable ne fait pas aussi facilement. Comme prendre une photo, et griffonner des remarques dessus avec un Apple Pencil avant de l’envoyer à un contact quelconque ou le stocker dans un service cloud dédié pour qu’un client puisse également l’annoter. C’est pas pro, ça ? Pourtant, c’est exactement ce pourquoi l’iPad a été conçu.

IPad Pro

Tenez, prenez la revue-fleuve de Federico Vittici sur iOS 12. Ce n’est pas sa première revue, loin de là, entièrement réalisée sur iOS. Ce n’est donc pas un usage professionnel ? Vraiment ? Pourtant, il a produit plusieurs milliers de signe, et tout mis en ligne uniquement avec son iPad. En revanche, il est intéressant de constater que dans la liste des applications utilisées pour réaliser cette revue, il n’y a pas de ces killer apps si indispensables à tout usage pro. Pas de Microsoft Word™, pas d’Adobe Photoshop™. Car l’iPad Pro n’est pas une machine de confort. C’est un ordinateur (disons-le, oui, c’est un ordinateur, ni plus ni moins), qui ne se laissera apprivoiser que si vous acceptez de remettre en cause votre façon de travailler, vos outils, pour y trouver de bien meilleurs outils, plus adaptés à vos besoins.

C’est un peu d’ailleurs un problème général : se dire que Word ou Excel sont incontournables, alors qu’il existe des outils cent fois meilleurs pour certaines tâches, même sur Mac. Personnellement, j’ai par exemple de plus en plus de mal à travailler avec Word, alors que je prends de plus en plus plaisir avec Pages, ne serait-ce que parce qu’il gère correctement les fonctions d’auto-enregistrement de macOS.

Mais alors, on peut toujours revenir à la question initiale : qu’est-ce qu’un pro ? Un professionnel, donc. Mais de quoi ?

Si l’on prend la définition de Wikipedia: Le professionnel est une personne spécialisée dans un secteur d’activité ou exerçant une profession ou un métier. Le professionnalisme caractérise la qualité du travail de quelqu’un ayant de l’expérience. Le professionnalisme est la capacité à assurer un engagement envers la société et à répondre à ses attentes. Mais historiquement, chez Apple, les Pro… ce sont les créatifs. Enfin, ça c’était avant. Depuis, Apple a conquis avec l’iPad et l’iPhone bien d’autres marchés professionnels, dont on parle beaucoup moins, parce qu’on reste attaché à cette frange de professionnels qu’ont été les créa de l’image, du son et de la vidéo durant des années pour Apple.

Il y a cependant une différenciation très importante chez Apple sur l’utilisation du mot pro. Chez Apple, le Pro s’applique pour différencier les gammes de matériel. Ce terme Pro a remplacé le terme Power avec le temps : Power Macintosh > Mac Pro, PowerBook > MacBook Pro, Power Pascal > Pascal Praud (ok je sors). L’iPad aurait pu s’appeler le Power iPad… et cela aurait été finalement plus clair. Un iPad, avec plus de puissance, tout simplement. Apple fait donc peut-être une erreur et complique la situation en attribuant le terme Pro à ses ordinateurs qui sont simplement les plus puissants, et pas juste réservés à une clientèle pro voire une clientèle s’intéressant uniquement à la création pure.

Revenons donc à nos iPad Pro. Si vous estimez donc que vous avez absolument besoin de connecter un disque dur externe de 8 To dessus pour travailler toute la journée, alors peut-être qu’effectivement, l’iPad Pro n’est pas (encore) pour vous. Mais ne pensez pas que ce que vous ne pouvez faire qu’avec votre ordinateur disqualifie automatiquement l’iPad comme outil professionnel pour beaucoup de gens. Considérez juste l’iPad comme un outil inadapté à votre besoin, tout comme le MacBook Pro pourrait être considéré comme inadapté à d’autres besoins. Seul importe le résultat final. Et ça ne rendra pas l’iPad pro moins pro pour les autres. Your milage may vary, comme disent les anglais avant le Brexit (après, ils diront juste « Fuck fuck fuck »).

Ce n’est pas l’outil qui décidera si vous êtes un pro ou non. C’est ce que vous ferez de cet outil qui le décidera pour vous.

DiskMaker X 8 for Mojave est disponible

Si vous avez besoin de créer une clé de démarrage de macOS, et que vous avez envie de vous jeter su le nouvel OS d’Apple ce soir comme la misère sur le pauvre monde, pensez à sortir couvert ! DiskMaker X est mis à jour dans une nouvelle version pour la modique somme de ce que vous voulez.

Toutes les infos nécessaires sont sur le site http://diskmakerx.com. Qu’il va falloir qu’un jour je me prenne la tête à remettre en VF, suite à une mauvaise manip de ma part qui avait fait sauter les différentes langues, WOUHOUUUUUUU !!!

Et je reste à l’écoute de vos commentaires et suggestions à l’adresse ldm@gete.net.

Bonne migration, et n’oubliez pas le plus important avec de passer sur un nouvel OS :

SAUVEGARDEZ !!!

 

BACKUP

[Test] Fibaro, un détecteur d’ouverture de porte compatible HomeKit

Drame il y a quelques jours : un Velux resté ouvert, un orage un peu violent, une manette GamePad Wii U laissé sur le canapé… sous le Velux.

Et plouf le Gamepad.

Après avoir déboursé la rondelette somme de 80€ pour un nouveau GamePad (ouch), il a fallu trouver une solution pour éviter que le problème se reproduise. Et comme je n’en suis pas encore à lancer un Leetchi pour me faire offrir un nouvel iPhone remplacer le Velux par un modèle à détection de pluie, j’ai du chercher une solution pour au moins être alerté quand la fenêtre est ouverte.

Je n’ai donc pas encore trouvé la solution idéale, mais j’ai trouvé un détecteur de porte efficace chez Fibaro : le Door/Window Sensor (référence FGBHDW-002).

FIbaro Home door detection

Attention, il n’est pas donné : à 67,90€ chez Amazon, on n’est pas dans du produit d’entrée de gamme. L’indispensable Pierre Dandumont a lui testé deux autres solutions sur son blog.

La mise en route est normalement simplissime : on allume l’accessoire (en retirant le petit papier qui bloque la pile), et on scanne le code HomeKit (à bien conserver précieusement) avec l’application Maison. Puis…

Rien. Accessoire non détecté.

Grumpf.

Mais est-ce que le souci ne viendrait pas d’iOS ? Car je venais juste de faire le passage vers la GM d’iOS 12…

Nouveau test, avec un iPad encore en iOS 11 et des brouettes…

Eureka ! Le jumelage se fait du premier coup, et l’accessoire est ajouté et visible dans l’application Maison.

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Et désormais, quand la fenêtre est ouverte, je reçois une alerte sur mon iPhone ! Enfin presque : il a fallu que je décolle et recolle l’accessoire dans le bon sens (on peut le visser). Après, c’est bon.

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… Et même sur l’Apple Watch !

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Idem quand elle est fermée : on reçoit alors une nouvelle alerte.

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Et dans l’app Maison, le détecteur est visible et son état indiqué.

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Cependant, HomeKit reste limité : impossible de rajouter un appareil détecteur de pluie, comme une station météo, pour déclencher une alerte si le détecteur de porte est en position ouverte ET il commence à tomber de la pluie. Mais c’est peut-être faisable avec des solutions comme Homebridge. À suivre donc…

iMac : la rupture d’Apple

Il fallait vraiment avoir la foi pour croire au retour possible d’Apple en mai 1998. Steve Jobs a repris les rênes de la société depuis moins d’un an, et il a mis en chantier un plan ambitieux, axé durant les premiers mois autour de l’image de la marque, et de Mac OS (pas encore macOS), son joyau. Apple n’avait pas encore cependant marqué les esprits, et Mac OS X n’existait alors que virtuellement, le chantier de l’adaptation de NextSTEP au Mac ayant à peine commencé. La seule grande raison pour laquelle Apple avait fait parler d’elle quelques mois auparavant dans les médias, c’était lorsque Bill Gates avait daigné mettre 150 millions de dollars dans la boite (« Microsoft rachète Apple »), en actions sans droit de vote. Ce qui a permis surtout d’étouffer les procès en cours…

Mais il manquait une vraie annonce, capable de marquer durablement les esprits. Un produit capable de remettre Apple au centre de la scène. Capable de créer une déflagration.

IMac

L’iMac a été cette déflagration. Un vrai choc. Son annonce a été scrutée, analysée, disséquée. C’était un produit clivant, mais capable aussi de rassembler. Sa couleur (le fameux Bondi Blue, du nom de la plage de Bondi en Australie) ne laissait jamais indifférent

Je me souviens des débats sans fin sur fr.comp.sys.mac autour de cette annonce, de ce produit fou, sorti de nulle part, ressemblant à aucun autre. Et surtout de la rupture technologique qu’il a constitué, avec un processeur G3 performant, et l’abandon de technologies historiques comme l’ADB ou le port série, ou encore le SCSI, et l’adoption de l’USB, standard émergeant de l’époque. La fin du syndrome NIH : Not Invented Here. Des choix très critiqués à l’époque, mais finalement justifiés et qui ont permis à Apple de se relancer. Et puis, le début de la fin pour le lecteur de disquettes, alors que les clés de stockage USB n’étaient même pas un concept pour l’époque.

C’était aussi le vrai retour d’Apple sur le marché grand public et dans l’éducation, avec un ordinateur doté d’un port Ethernet (très rare en standard à l’époque), et d’un modem 33,6k en standard. Ce point avait tellement fait râler qu’Apple l’a corrigé avant la sortie de l’iMac, en intégrant finalement un modem à 56k, plus dans l’air du temps.

L’iMac a créé une rupture technologique et une rupture financière avec la fin du cycle infernal des baisses des ventes (il me semble qu’il n’y a eu ensuite qu’un ou deux trimestres où elle a vraiment bu la tasse ensuite, pas merci le G4 Cube…).

Mais surtout, l’iMac a créé une rupture émotionnelle, avec l’arrivée d’un ordinateur vraiment design, en rondeur, un véritable OVNI (« it comes from another planet… a good planet, with better designers, ajoutera-t-il malicieusement) dans le triste design industriel de l’époque. C’était la véritable arrivée de Johnny Ive aux commandes de l’Apple Industrial Design Group.

Qu’on l’aime ou pas, l’iMac aura été le symbole pour Apple d’un retour sur le devant de la scène, de sa renaissance, et le terme n’est pas trop fort. Et il est toujours amusant de constater qu’il s’agit sûrement du seul produit Apple à n’avoir jamais changé de nom depuis 20 ans, malgré ses différentes itérations qui l’ont petit à petit éloigné du concept original dans la forme, mais pas dans le fond : un ordinateur tout-en-un, pour tous.

Alors, joyeux anniversaire iMac. Le monde (et Apple) aurait été un peu moins sympa sans toi.

Et si vous avez envie d’en savoir plus sur le design des produits Apple, vous pouvez revoir ma conférence « Apple et le design », où je parle de l’iMac à partir de 24:30.

Command-iT : la conférence des Administrateurs et Administratrices Apple

Il y a presque une année de celà, mon copain Bertrand Pourcel de Maxerviciz et moi-même de Gete.Net Consulting assistions à MacAD UK, chez nos amis grand-bretons (où j’avais eu l’honneur de présenter une conférence sur DiskMaker X, entre autres). Et revint sur la table un débat qui nous avait déjà bien pris la tête durant ces dernières années :

Mais pourquoi on n’organise pas la même chose pour les Français, bon sang ?

En clair : est-ce que nous ne serions pas capables également de lancer une conférence francophone, de faire venir les experts du monde Apple pour discuter des outils d’administration, des meilleures méthodes de gérer un parc Apple, de notre façon d’appréhender ces déploiements, d’améliorer la sécurité, bref… de nous faciliter la vie et de faire profiter de notre expérience le maximum de nos confrères et consœurs ?

Un an plus tard, la réponse est SI. Nous en sommes capables. On relève le défi parce que c’est notre projet.

Voici Command-iT. IT, parce que c’est ce que nous faisons, de l’Information Technology. Command, parce que c’est la touche emblématique que l’on ne trouve que sur le clavier du Mac. Pour les plus anciens d’entre nous, elle nous accompagne depuis trente-quatre ans. Elle est le symbole de quelque chose d’intéressant.

Et c’est exactement ce que nous allons faire : quelque chose d’intéressant. De passionnant. Nous allons construire quelque chose, dès le 24 mars 2018 (inscriptions ici, avec un tarif préférentiel si vous vous inscrivez avant fin janvier). Nous allons essayer de partager notre passion, et de rendre notre travail encore plus efficace.

Être administrateur Apple, en 2018, c’est œuvrer pour un écosystème parfois complexe, en constante évolution, avec des problématiques de plus en plus pointues, dans un besoin de sécurité toujours plus important. Ce sont de nouveaux challenges, des nouvelles situations à appréhender, des nouveaux types d’appareils, de systèmes qui sont autant de nouveaux défis à surmonter. C’est devoir jongler entre des problématiques grand public et des milieux professionnels pas toujours au courant des spécificités de ces environnements.

Alors, rejoignez-nous pour cette première expérience. Elle ne sera certainement pas parfaite, car ce sera une première en France. Mais on saura enfin si nous avions raison, on vous écoutera, et si ça marche, on sera prêt pour rendre la deuxième édition encore meilleure. Et si vous avez envie de devenir partenaire, de sponsoriser l’événement, contactez-nous.

Le bonus : pour sa première, Command-iT prendra place dans un lieu fantastique, au Futuroscope de Poitiers. D’abord parce que ce sont les seuls à avoir accepté notre proposition Bertrand est du coin (ce qui me déchargeait bien de la partie logistique, soyons honnête), ensuite parce que j’ai déjà visité le parc et qu’il en vaut vraiment le coup, que ça soit en terme de qualité des attractions, d’architecture, de nourriture (sérieusement, les restaurants du parc sont à cent-mille lieux de ce que vous avez pu vous infliger dans d’autres parcs). Enfin parce que c’est un parc axé sur la technologie, et la technologie, c’est notre métier. En bonus, vous pourrez profiter du parc le dimanche, en famille si vous le souhaitez (ou tout seul, c’est très bien aussi).

Alors…

Construisons des choses intéressantes. Ensemble.

Bienvenue à Command-iT.

Utiliser l’authentification à deux facteurs d’Apple ID avec un système non supporté

J’ai activé il y a déjà quelques temps sur mon Apple ID l’authentification à deux facteurs afin de sécuriser les accès à ce compte. Mais les conditions d’utilisations de l’authentification à deux facteurs requièrent l’utilisation d’une version de macOS égale ou supérieure à El Capitan (10.11) ou iOS 9 ou ultérieur. Or, j’ai du pour diverses raisons rétrograder hier une machine en 10.10. Et là, le drame : impossible d’authentifier mon compte dans iTunes ! Pourtant le dialogue d’authentification apparaît bien dans iTunes, mais on me demande de retaper mon mot de passe AppleID, et au bout de deux essais, il m’éjecte… alors que le code de vérification apparait bien sur mes appareils de confiance !

La solution, documentée, est finalement très simple : dans le dialogue de confirmation du mot de passe affiché par iTunes (ou par le système), tapez le mot de passe de votre AppleID suivi du code à 6 chiffres reçu sur un appareil de confiance. Le logiciel le reconnaitra alors immédiatement.

De quoi s’éviter parfois bien des prises de tête !

Quand Siri joue à Super Mario Run

Je plussoie sur la recommandation pour Peach.

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APFS : un Système de Fichiers pour les rassembler tous

Je ne reviendrai pas sur les grosses annonces de la WWDC 2016, les communiqués de presse d’Apple étant assez complets. Je vais plutôt me concentrer sur une annonce qui n’a pas été faite durant la présentation, mais qui me semble assez importante pour justifier un billet complet sur le sujet :

Apple présente un nouveau sytème de fichier pour ses appareils.

Je le répète :

Apple présente un nouveau sytème de fichier pour ses appareils.

En quoi est-ce important ? Pour le comprendre, il faut revenir sur l’histoire mouvementée des systèmes de fichiers sur nos Mac.

Au tout début, fut le Macintosh File System

Le premier système de fichier du Mac est apparu avec le Système 1.0 en 1984, et s’appelait Macintosh File System, ou MFS pour les intimes1. Bien que sophistiqué pour l’époque, il a vite montré ses limites, avec un maximum de 4094 fichiers par volume, ou 20 Mo de taille maximale pour un volume2. Surtout, il ne permettait pas de créer des sous-dossiers : une seule hiérarchie de dossiers était possible. Ce système de fichier fut donc rapidement remplacé, et Mac OS 8 ne permettait plus de lire des volumes MFS (de façon assez rigolote, Apple a proposé un plug-in VFS (Virtual File System) pour lire des volumes MFS sur Mac OS X 10.4… Je laisse ceci comme un challenge pour mon copain Pierre Dandumont ^^). L’une des particularités de MFS est d’avoir apporté la compatibilité avec les sacro-saintes ressources des fichiers du Mac.

Donc, exit MFS3. Et bonjour HFS.

HFS : les grands débuts d’un grand système de fichiers

Dès l’arrivée du premier disque dur pour le Mac en 1985, Apple lance son nouveau système de fichiers : HFS, pour Hierarchical File System. Déjà beaucoup plus mur, il est taillé pour le futur proche : avec une taille maximale de fichiers de 2 Go, 65535 fichiers par volume qui peut atteindre 2 To, il ne semble pas prêt de montrer ses limites, alors que FAT16 sur Windows accepte des volumes de seulement 2 Go maximum (4 Go sur Windows NT), ce qui posera pas mal de soucis avec l’arrivée des premiers disques atteignant cette taille à la fin des années 90… Et finalement, il remplissait bien son office.

Enfin, presque. Car il restait un système de fichiers 16-bits, limité à de nombreux niveaux. Et en particulier, le nombre fixe de 65535 blocs d’allocation sur le disque créait un gâchis d’espace énorme. Un petit alias de quelques octets sur un disque de petite taille pouvait peser plusieurs Ko sur un disque de 1 Go. Et tout comme Windows a du faire le saut vers FAT32, le Mac a du passer vers un autre format de fichiers.

HFS+ : HFS, mais en (beaucoup) mieux

Exit la limite des blocs sur 16 bits : HFS+ (ou Mac OS Étendu) apporte la gestion de volumes sur 32 bits, réduisant ainsi la taille des blocs d’allocation et apportant plein de nouvelles fonctions sympa. Les volumes, lisibles à partir de Mac OS 8.1, sont également compatibles Unicode avec des noms de fichiers jusqu’à 255 caractères, mais le système en bénéficiera réellement avec l’arrivée de Mac OS X. Et donc, HFS+ devient obligatoire pour installer Mac OS X, si vous étiez assez fou pour l’installer dès le 21 mars 2001 sur votre Mac.

Mais attention ! Bien qu’il a été officiellement lancé en 1998, HFS+ n’a pas cessé d’évoluer depuis. Entre autres :

  • Le support de la journalisation avec Mac OS X 10.2.2. Cette fonction est essentielle sur les systèmes modernes : en cas de plantage, on peut se fier à l’état du journal pour retrouver l’état fiable d’un volume après un crash système plutôt que de faire un contrôle de cohérence sur l’ensemble du disque.
  • Les listes de contrôle d’accès (ACL) avec Mac OS X 10.4 ;
  • La gestion des hard links vers des dossiers, essentiellement pour Time Machine (Mac OS X 10.5) ;
  • La compression de fichiers (Mac OS X 10.6) ;

Et aujourd’hui, votre iPhone, votre Mac, votre iPad… utilisent encore une version améliorée d’HFS+. Un système qui a pratiquement 20 ans. Il était temps de changer. Car HFS+ commence à montrer ses limites, et à se montrer indigne de nos machines. Et c’est surtout avec Time Machine que les limitations commençaient à être atteintes.

En effet, Time Machine est très exigeant : on parle de stocker des centaines de milliers de fichiers, certains variant très peu, et pour lesquels la fiabilité est essentielle. Or, HFS+ échoue quasiment à tous les niveaux avec Time Machine :

  • Pas de déduplication de fichiers. Vous avez plusieurs copies de fichiers dans votre Mac ? Pas de bol, HFS+ va garder une copie de chaque fichier sur votre disque. Pire : vous disposez de plusieurs copies de fichiers dans vos sauvegardes Time Machine ? Pas de bol, il y aura autant de copies du fichier qu’il sera mentionné sur le disque, même s’il a été juste déplacé. Pas très efficace.
  • Pas de vérification de la cohérence des fichiers lors de la copie. Il n’existe pas de mécanisme permettant de s’assurer à 100% qu’une copie de fichier est totalement cohérente lors de la sauvegarde Time Machine. Votre fichier devrait être bien copié, mais… on ne peut pas le garantir à 100%.
  • Pas de snapshot. Et pourtant, ça serait génial, et pas que pour Time Machine. Vous faites une modification de votre système de fichier, vous installez une grosse mise à jour, vous redémarrez, BIM, machine plantée. Vous pouvez en une seconde retrouver votre disque tel qu’il était avant la màj. Le rêve.
  • Pas de sauvegarde atomique des fichiers. Vous avez déplacer un fichier dans l’arborescence de votre Mac ? Et oui, Time Machine est idiot, il ne le sait pas, parce que HFS+ ne peut pas lui dire qu’un fichier juste déplacé n’a pas besoin d’être recopié intégralement. Et du coup, il le sauvegarde à nouveau. Ne déplacez jamais vos dossiers de films téléchargés du net. Jamais.
  • Pas de gestion de clone de fichiers. Un clone de fichier est une copie de fichier qui ne prend pas de place sur le disque dur. Et toutes les modifications que l’on fait à ce fichier sont ajoutées sous la forme de blocs supplémentaires sur le disque. Exemple : J’ai créé un document Word, je l’enregistre, Time Machine le sauvegarde. Je rajoute un paragraphe : Time Machine re-sauvegarde tout le fichier, y compris la partie déjà enregistrée. Pas efficace. Avec un clone, Time Machine pourrait dire « ne sauvegarde que la partie manquante du fichier, le reste, je l’ai déjà en clone ».

Et Apple a failli nous apporter toutes ces fonctions. On y a cru. Vraiment.

ZFS : l’espoir douché

Avec l’arrivée de Mac OS X Server 10.6, Apple a annoncé également la compatibilité d’OS X avec le format ZFS. Ce système de fichiers créé par Sun portait tous nos espoirs pour un système de fichiers moderne. Mais très peu de temps après l’annonce, toute mention de ZFS est retirée, et on n’en entend plus parler du tout. On suppose pour éviter des problèmes de licences avec Sun… Mais n’empêche, les admins Mac sont malheureux, et même si une tentative de solution commerciale a existé quelques mois, elle a été rapidement tuée dans l’œuf. La tristesse absolue.

Et depuis, on voit les évolutions d’HFS+ qui s’améliore un peu, mais on souffre devant l’inefficacité de Time Machine à gérer son espace intelligemment. On voit des sauvegardes échouer bêtement, des disques se remplir inutilement, des espaces de stockage gaspillés. C’était même une blague récurrente dans le milieu : se demander si Apple, enfin, allait faire plaisir au célèbre John Siracusa en proposant enfin un système moderne. En effet, dans ses loooongues revues d’OS X, le problème du système de fichiers était régulièrement abordé par M. Siracusa, qui avait même consacré un article complet sur le sujet il y a pratiquement… dix ans.

On n’y croyait plus. On a attendu, on se disait qu’Apple ferait bien quelque chose un jour. Mais durant la conférence, rien. Désespoir.

Et soudain, un tweet qui tombe. L’espoir renait.

Bienvenue à Apple File System !

Apple File System (APFS) a été annoncé en douce, via le planning de la WWDC, juste à la fin de la conférence, et confirmé lors de la conférence OS State of the Union, beaucoup plus technique que la conférence inaugurale (historiquement, c’est même souvent celle où l’on découvre le plus de choses croustillantes). Un nouveau système de fichier, plus moderne à tous les niveaux, qui va faire sourire tout le monde et mieux sécuriser nos informations. Petit tour du propriétaire.

Un système de fichier unique, taillé pour les stockages modernes

APFS a été conçu pour tous les appareils Apple : de l’Apple Watch jusqu’au Mac, en pensant par l’iPhone et l’iPad, en tenant compte des spécifités des SSD ou mémoires flash qui les équipent. Ainsi, les fonctions TRIM sont nativement supportées, ce qui améliorera les performances et la durée de vie de ces mémoires solides.

Surtout, APFS n’a quasiment plus de limite : en étant un système de fichier 64 bits, il est capable de gérer jusqu’à neuf quintillions de fichiers. Soit un milliard de trilliards un million neuf milliards de milliards de fichiers (merci @mlamelot Jean-Paul Blanc, décidément, c’est pire que du Krazuki). Ça va, vous devriez être peinard pour pouvoir stocker vos trois documents Word sur votre bureau.

Plus intéressant encore, dans un monde où la synchronisation d’informations devient de plus en plus critique, APFS sait gérer des datations à la nanoseconde près. Ça parait étrange, mais le monde est ainsi fait : il faut que l’information devienne vraiment précise.

Une bien meilleure gestion de l’espace de stockage

APFS regorge d’astuces pour améliorer la gestion au jour le jour de l’espace de stockage. Certes, ce n’est pas très important si vous réinitialisez votre disque dur une fois tous les cinq ans, mais pour moi ou tous mes confrères qui avons l’habitude de formater des disques tous les jours, ce n’est pas négligeable ! Par exemple, l’allocation des blocs se fait de façon extensible dynamiquement, ce qui devrait rendre l’initialisation d’un disque beaucoup plus rapide et efficace à gérer dans le temps. De même, lorsqu’un fichier comporte beaucoup de « trous » dans ses données, la fonction dite « sparse file » permettra de mieux gérer l’espace de stockage, en réduisant la taille physique occupé par ces fichiers. Un peu comme si vous retiriez les trous d’un morceau d’emmental et compactiez tout le fromage pour qu’il prenne moins de place.

Notons encore des caractéristiques rigolotes comme le partage d’espace (space sharing) : imaginons que vous ayez formaté votre disque de 1 To en deux volumes, le premier contenant 100 Go de données, le deuxième en contenant 200 Go. Et bien, l’espace restant disponible annoncé sera de 700 Go au total, même si le disque a été divisé en deux volumes identiques. Magique ! Et particulièrement utile par exemple pour Boot Camp, puisque ça pourrait fonctionner quelque soit le système de fichier au dessus du container APFS.

Une meilleure sureté des données…

Vos données seront bien plus en sureté sur un disque initialisé avec APFS : en effet, divers mécanismes comme le copy-on-write ou « l’enregistrement sûr atomique », ou la coalescence des enregistrements permettront de s’assurer qu’un fichier soit toujours correctement enregistré sur votre disque. À bas les opérations à moitié effectuées !

… Ainsi qu’une meilleure sécurité !

La sécurité de vos données reste un sujet important de préoccupation pour Apple. D’où l’idée d’améliorer encore le chiffrement des disques après FileVault 2, en proposant carrément en option un chiffrement multi-clés avec des clés pour les fichiers et une clé spécifique pour les méta-données sensibles. Ainsi, même si la sécurité physique du disque est compromise, vos données restent chiffrées. De quoi rendre fous les gouvernements du monde entier.

APFS, l’ami de Time Machine (on l’espère)

Normalement, avec tout ça, la plupart des gros défauts abordés plus haut pour Time Machine devraient être de mauvais souvenirs.L’espace devrait être bien mieux géré, puisque le clonage de dossiers ou fichiers est nativement supporté, tout comme les snapshots. De quoi regagner énormément d’espace sur vos disques de sauvegarde, et rendre ces dernières beaucoup, beaucoup plus rapides. Et du coup, si vous utilisez Time Machine sur un serveur de fichiers, le réseau devrait beaucoup moins tirer la langue. On pourrait même imaginer une sauvegarde quasi-permanente et instantanée sur un autre disque, à intervalles hyper courts. Ça devient faisable.

Quelques limitations…

Évidemment rien n’est parfait dans ce bas monde, et pour cette première version beta publique de OS X Sierra, on rencontrera des limitations importantes :

  • L’impossibilité de démarrer sur une partition APFS ;
  • L’impossibilité de le partager en AFP (SMB obligatoire, de toute façon, AFP est officiellement annoncé comme déprécié, l’étape ultime avant d’être complètement retiré) ;
  • L’impossibilité de créer un volume insensible à la casse ;
  • L’absence de compatibilité Time Machine ;
  • L’impossibilité d’utiliser FileVault ;
  • L’incompatibilité avec les disques Fusion Drive, qui rassemblent disque dur physique et SSD pour créer un seul volume logique.
Pas d’inquiétude pour autant : à ce stade du développement, il est normal que certaines fonctions  soient indisponibles, aussi importantes qu’elles soient. Pour le moment, si vous avez installé la beta de MacOS Sierra, vous ne pouvez que créer des conteneurs APFS sur un disque. De quoi tester… mais attention à bien sauvegarder vos fichiers dans tous les cas :)

… mais énormément de promesse !

L’importance d’un système de fichiers efficace pour l’avenir n’est pas à négliger, et avec APFS, Apple prépare son futur pour les vingt prochaines années au minimum. D’autant plus qu’il semble qu’il sera possible de convertir dynamiquement un volume HFS+ en APFS.
À ce propos, les OS précédents ne seront pas capables de lire un disque APFS, mais est-ce qu’Apple renouvellera le principe très élégant des volumes HFS+ qui, lorsqu’on les branchait sur un Mac non compatible HFS+, n’affichaient pas une alerte d’initialisation du disque, mais montaient volume en affichant juste… un fichier texte appelé «  Where_have_all_my_files_gone » ? Une solution typiquement Apple.
En tout cas, Apple nous fait désormais attendre 2017 avec impatience pour profiter enfin d’un système de fichiers modernes. Et pour ne rien gâcher, ses spécifications techniques seront open source, contrairement à NTFS ou exFAT. Prends ça dans les dents, Microsoft !
  1. Oui, cette abréviation est beaucoup plus drôle à dire quand on parle français.
  2. En réalité, 20 Mio)
  3. excitées mes… quoi ???

Jouez au Bingo WWDC 2016 !

Allez, hop, pour s’amuser durant la présentation de la WWDC ce soir, une petite grille de bingo à remplir ! Si vous faites une ligne, criez « BINGO » (et éventuellement servez-vous à boire).

Grille du bingo WWDC 2016

 

Télécharger la grille du bingo_WWDC_2016 ici (PDF, 69 Ko)

Compétence Mac n°47 disponible, avec plein de GG dedans

Bonne nouvelle : le numéro 47 du magazine Compétence Mac (mai/juin 2016) est enfin sorti. Et si c’est une bonne nouvelle, c’est aussi parce que j’ai eu l’honneur de participer à la confection de la majeure partie du magazine, sous la houlette bienveillante de Audrey Couleau et Gérald Vidamment.

Compétences Mac 47 - Couverture

Intitulé « PROTECTION • SAUVEGARDE • PARTAGE : GÉREZ MIEUX VOS DONNÉES », ce nouveau numéro aborde de nombreux sujets : on y parle autant de chiffrement que de sauvegarde, de protection de la vie privée, de sécurité informatique, de publication d’informations en ligne, et bien d’autres sujets passionnants (et parfois terriblement d’actualité…).

En vente en ligne et chez tous les bons marchands de journaux pour 9,90€ ! Et évidemment, vos critiques (constructives) sont les bienvenues.