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La VOD nous fait aimer le piratage

Un article bien acide du toujours excellent Pierre Dandumont, qui narre les navrantes protections utilisées pour le téléchargement *légal* du film Veronica Mars.

Le problème, c’est que les systèmes de VOD sont de plus en plus insupportables, et que ça ne s’arrange vraiment pas. Souvenez-vous de mes déboires avec Inception… Alors quand les utilisateurs avancés comme Pierre ou moi pètent un plomb, imaginez ce que ça doit être pour le grand public…

 

 

 

Lettre à mon banquier

 

Cher Monsieur G.,

Je viens de recevoir ce jour un courrier publicitaire de votre part (courrier que je joins à cette lettre car je n’en aurai certainement pas besoin, voir ci-dessous). 

 Dans votre courrier est écrit, je cite :

 « Vous pouvez être confronté à des décalages de trésorerie liés à une réduction de votre activité pendant l’été, au règlement des cotisations URSSAF  et autres charges, ou encore au financement d’un nouveau projet.»

Dans le petit fascicule associé à ce courrier, il est indiqué également :

 « Parce qu’il vous connaît, votre Conseiller bancaire peut réaliser un diagnostic précis de votre activité »

Ainsi que :

« Il vous propose des solutions pour donner plus de souplesse à votre trésorerie (ajustement de votre autorisation de découvert professionnel, affacturage, escompte, crédit de trésorerie).

 J’avoue : ce courrier m’a fait rire. Jaune, certes, mais rire.

 Car souvenez-vous : samedi 22 septembre, vous m’avez appelé vers 15h pour m’annoncer qu’un télérèglement d’environ 900 euros dont vous ne pouviez préciser l’origine allait mettre mon compte professionnel 20XXXXX à découvert. Il s’agissait d’un télérèglement pour l’impôt pour les sociétés. Je précise qu’à ce moment, le solde de mon compte était positif d’environ 500€. Je verse régulièrement tous les mois mon prélèvement pour mon scooter Piaggio MP3, pour lequel j’ai également souscrit un prêt chez vous en décembre 2010, sans même chercher à regarder ailleurs, parce qu’après tout, je fais confiance à ma banque. Même au plus fort de la crise financière qui a agité les banques françaises, ou durant la fameuse affaire Kiervel, je n’ai pensé à aller voir ailleurs, parce qu’après tout, tout se passait bien, ma carte bancaire a fonctionné à plein régime tous les mois, et je ne pense pas particulièrement avoir été un client pénible à gérer.

Je pensais donc que le bilan 2011 de mon entreprise annonçant un exercice positif de 21386 € pour 2012, et ma société n’ayant jamais eu à présenter un compte à découvert, vous auriez l’amabilité de simplement m’avertir du souci, accepter ce télérèglement en me proposant de procéder au plus rapidement au règlement de la différence, ce que je vous ai proposé de faire immédiatement en procédant à un virement à partir d’un autre compte. Mon compte aurait donc pu être à découvert d’un peu moins de 500 € durant environ 5 jours, au pire.

5 jours, sur plus de 2200 jours en tant que client dans votre banque, donc.

 

Mais lorsque vous m’avez dit que c’était impossible, et que, si j’ai bien compris, il fallait absolument que j’interrompe mon week-end en famille pour venir vous déposer la somme à l’instant même sans quoi vous rejetiez la demande de télérèglement, je suis tombé de haut. Il est donc possible, en 2012, d’avoir un tel comportement en tant que banquier avec ses clients professionnels ? Les mettre ainsi au pied du mur, sans même vous poser de question ou simplement regarder les bilans comptables, ou même regarder si ce problème ne pouvait pas être traité de façon plus intelligente ? 

J’ai donc pris acte de votre façon très particulière d’envisager la relation avec votre clientèle, et vous informe de ma volonté à ce jour de cloturer le compte bancaire professionnel numéro 20XXXXX de ma société Gete.Net Consulting.

Par ailleurs, je procède au remboursement intégral du prêt n°211XYZZZZZZ de mon véhicule Piaggio MP3. Les fonds actuellement sur le compte courant devraient être suffisants pour y procéder.

Suivant la cloture, les fonds restants devront être versés au bénéfice du compte Crédit Mutuel de Châtillon (RIB en PJ). 

Je n’ose vous demander également de bien vouloir procéder au remboursement des 20€ de frais sur rejet de télérèglement du 24 septembre, ne serait-ce qu’en dédommagement pour m’avoir ainsi mis les nerfs en pelote durant tout le week-end. Notez que si vous y concédiez, vous regagneriez quelques points de karma, ce qui ne serait pas si mal.

Je vous remercie de procéder à cette cloture dans les meilleurs délais et de m’informer de son suivi par écrit.

Enfin, je vous aurais bien proposé d’agréer l’expression de mes sentiments distingués, malheureusement, je ne suis pas très sur d’en avoir encore. J’en resterai donc à « Cordialement ».


 

Les joies du téléchargement légal…

Parfois, on se dit que l’industrie audiovisuelle mérite ce qui lui arrive. Elle mérite le piratage, et elle mériterait qu’on lui mette des coups de pieds dans le derrière.

Explications.

J’ai commandé et reçu récemment l’édition Ultimate Combo Blu-Ray + DVD + Copie digitale de l’exceeeeeellent film Inception. Pas de souci : le coffret arrive le jour annoncé, je regarde le film sur la PS3, tout va bien, c’est formidable. Mais puisque Warner propose une copie digitale (qu’on utilise donc avec les doigts, plutôt qu’une copie numérique…) du film, je me décide donc à la télécharger. Un petit papier fournit donc un code à taper sur le site www.warnerathome.com. Il explique qu’il faut cliquer sur la bannière du site affichant cette promotion  (pourquoi diable ne pas proposer directement une URL du type warnerathome.com/inception ?) puis taper le code pour ensuite télécharger le film, en version WMV pour PC ou DivX pour Mac.

J’avais alors rêvé que je pouvais lire le film en trois clics sur mon ordinateur… Mais comme pour Inception, la réalité semble si compliquée qu’on se demande si on n’est pas encore en train de rêver.

Car une fois qu’on est sur le superbe (ahem) site warnerathome.com, on cherche la fameuse bannière, qui n’existe donc pas. Mon instinct me pousse à aller voir sur le site http://www.warnervideolive.com/, site de téléchargement légal de l’offre de Warner, où je devrais trouver la bannière… Ah non, toujours pas. Alors tapons le nom du film dans le moteur de recherche… Il ne s’affiche pas !?! Ah,alors cliquons sur un des liens qui parle d’Inception, quand même. Ouf ! Je peux taper un Bonuscode, je me dis que c’est sûrement de ça qu’on parle sur le petit papier fourni avec le film (le terme Bonuscode n’y étant jamais référencé).

Tapons donc le bonuscode à l’endroit indiqué. Oh, je peux choisir de télécharger le film ! Oh, mais… seulement en version WMV ! J’arrête donc pour ce soir… Je retente l’expérience trois jours plus tard, et miracle, la version DivX est également disponible. J’ajoute au panier, je vais pour m’enregistrer, et je regarde, et hop, le panier est vide ! GRAAAAAAAAAAH !!! Et impossible de retaper le Bonuscode, qui est déclaré invalide, sauf à virer les cookies…

Après avoir écrit au support de Warner, je reçois un e-mail le lendemain :

Bonjour,
C’est avec la plus grande attention que nous avons pris connaissance de votre demande.
Après vérification, il se trouve que votre BONUSCODE est parfaitement valide.
Afin de bénéficier pleinement de cette offre merci de vérifier les points suivant :
1- Rendez vous sur www.warnervideolive.com et identifiez vous sur votre compte.
2- Cliquez sur Mon panier:
Si un article est présent avec un mode de paiement BONUSCODE, vous pouvez valider la commande.
Si aucun article n’est présent, entrez votre BONUSCODE a l’emplacement indiqué a gauche et suivez les indications affichées a l’écran.

Évidemment, la manipulation indiquée ne marche pas. Que ça soit avec Safari, Firefox, Chrome… Ah mais au fait, je n’ai pas tenté avec Internet Explorer ? Parallels, à la rescousse !

Et…

Bien évidemment, sous IE, ça MARCHE. Grrrrrrrrrr.

Téléchargement du film lancé… Ah non ! On obtient juste un petit fichier Inception.tix, à garder de côté. Installons plutôt le Divx Player nouvelle génération. Un lecteur à l’interface transparente même si ça ne vous plait pas, aux boutons de fenêtres originaux (comprenez : moches et non standard), et il faudra enregistrer votre lecteur DivX auprès de Warner pour pouvoir lire votre film. Car, oui, vous ne pourrez le lire que sur UN seul appareil. Oubliez votre iPhone, votre iPad, ça sera sur votre Mac, point barre. Je double-clique sur le fameux fichier .tix, ce qui lance le téléchargement… qui se bloque à mon insu au bout de 30%. Pas possible de continuer, il faut relancer l’application, 3 fois pour arriver à la fin de la journée à obtenir tout le film. Merveilleux non ?

Enfin, on lance la lecture : la qualité est bof, le film est sensé peser 1 Go selon l’application DivX, en réalité 1,69 Go selon le Finder (mais seulement 300 Mo selon la police), et, surtout, joie et bonheur, vous ne pourrez pas le regarder sans connexion Internet ! Et oui, dans un grand élan de stupidité, le lecteur DivX doit être capable de décider au moment de la lecture si vous pouvez lire le film ou non ! Si vous comptiez lancer la lecture de votre film préféré au milieu du Tunnel sous la Manche, vous pouvez oublier.

Warner complique donc encore inutilement le téléchargement dit « légal », la copie digitale étant pénible à télécharger ET pénible à utiliser. Entretemps, il vous aura sûrement fallu 2 heures pour récupérer en trois clics la copie HD sur Piratebay ou Megaupload. Quand les majors comprendront-elles qu’une expérience utilisateur désastreuse ne permettra pas de contrer le piratage ? Là j’avoue que j’ai pas trop la foi sur ce coup.

Pixar, DRM… et M*RD*.

Je suis furax.

Le père Noël a apporté à ma fille et moi-même le coffret Blu-Ray/DVD de Là-Haut, ce film de Pixar dont j’ai déjà dit tout le bien dont je pensais à sa sortie cet été. Dans un seul coffret, 4 supports optiques : 2 Blu-Ray, pour les gens qui comme moi ne sont pas encore passés à la Haute Définition, un DVD pour les gens qui comme moi utilisent cette antique technologie qu’est le DVD, et une version numérique pour les gens qui comme moi utilisent leur ordinateur pour… hein, quoi ? Vous avez quoi comme ordinateur, mon bon môssieur ? Un MAC ??? Ah mais non, c’est pas possib’, car la version numérique ne fonctionne qu’avec Windows Media Player.

Oui mais attendez… Pixar, c’est pas à Steve Jobs ? Et maintenant, Jobs il est pas à la tête de Disney ? Et d’Apple aussi ? Et y’a pas une méthode pour mettre des copies numériques qui fonctionnent aussi avec iTunes ?

Réponse globale : oui. D’où mon énervement que je qualifierai de légitime.

RAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH. Certes, ça n’enlève pour le coup rien aux qualités du film, mais quand même, c’est très énervant. Et oui, je sais, y’a Boot Camp et la virtualisation, mais ça n’est pas une bonne excuse.

Apple Store, fanboy et le mépris de la passion en général

Apple Store Louvres, Ouverture J’étais hier parmi la première centaine de personnes à rentrer dans l’Apple Store du Louvres. Arrivée à 6h15 avec mon ami Mourad, entrée dans le carrousel à 6h45 (donc au chaud, ouf), et ensuite trois bonnes heures d’attente avant d’assister enfin à l’ouverture.

Ce que j’ai vu durant cette attente (qui finalement est passée très vite), c’était des gens contents d’être là, heureux de partager leur passion ou admiration pour une firme qui ne fait décidément rien comme tout le monde, qui discutaient, partageaient, bloggaient, criaient, twittaient, bref, des gens finalement très… vivants. J’y ai rencontré des lecteurs de mon site, et même quelques-uns de mes followers. L’ouverture fut une fête : des employés vraiment contents de participer à ce grand événement, car que ça plaise ou non, l’ouverture d’un Apple Store en France est un événement à plus d’un titre. D’abord, parce qu’Apple se dote d’une boutique à un emplacement privilégié pour vraiment mettre en valeur ses produits. Ensuite, parce que le lieu est finalement très proche de l’esprit Apple : c’est une entreprise qui n’a pas envie de faire comme les autres, de rentrer dans le moule, qui met en avant la créativité, l’inventivité. Enfin, parce que l’Apple Store est encore une preuve que cette capacité à se remettre en question et à tenter des solutions qui semblent condamnées d’avance.

Tiens, si on revient sur les Apple Store, revenons quelques instants sur leur conception. Le premier Apple Store a été lancé en mai 2001, alors que Gateway – une société informatique que tout le monde a oublié et parmi les leaders de son secteur – commençait à fermer sa chaine de magasins et Dell était la valeur sûre du marché. Huit ans après, Apple a montré qu’elle avait raison d’investir sur ses boutiques, puisqu’elles donnent une visibilité sans commune mesure à ses produits, dans une ambiance classieuse et avec des services qu’aucun autre constructeur informatique n’avait pensé à fournir : support technique gratuit et immédiat avec le Genius Bar, wi-fi gratuit en permanence et accès à Internet également illimité sur les ordinateurs, et une vraie mise en avant de ses produits autour de solutions. Là où le revendeur informatique du coin aurait du mal à proposer une licence d’Office pour Mac, les Apple Store présentent des centaines de références. Là où un revendeur d’une boutique multi-marque cassera le sucre sur le dos du Mac parce qu’il ne connaît pas le produit, le vendeur d’un Apple Store présente les produits de sa marque, et il sait les présenter et connaît ses caractéristiques techniques. Enfin, les Apple Store sont situés dans des endroits stratégiques, à très forte fréquentation, où de nombreux revendeurs n’auraient pas forcément les reins assez solides pour pouvoir se placer.

La présence de l’Apple Store est donc un signe d’encouragement pour les utilisateurs de produits Apple depuis de nombreuses années. Ce que l’on célébrait hier, c’est l’audace d’Apple, et le plaisir d’avoir cru à un moment en cette compagnie que l’on aime tellement ou qu’on aime tellement détester. Apple sera toujours l’alpha et l’omega de l’informatique. C’est une société qui déclenche les passions, positives et négatives, et rien que pour cela, elle mérite d’être respectée. Ce n’est pas être un fanboy que de dire ça, c’est juste regarder la réalité économique en face : en dix ans, Apple est devenue la société qui a bouleversé le marché de la musique ET de la téléphonie tout en se permettant d’afficher une croissance effarante en plein milieu d’une crise économique sans précédent et en augmentant de 50% les ventes de ses ordinateurs d’année en année.

Alors, est-ce que les personnes qui ont attendu hier pour entrer dans la boutique méritent-elles ce terme si négatif de « fanboy » ? Car c’est de nos jours le bon terme à utiliser pour couper court à une discussion : « tu es un fanboy, donc ton argument ne peut être valable ». « Fanboy », c’est un peu devenu le point Godwin de notre époque : si tu apprécies trop ceci ou cela, c’est forcément sujet à caution. Pourtant, les fans sont aussi un moteur de notre société, et il existe des cas bien plus dangereux de fans que celui qui apprécie une marque informatique (supporters du PSG et de l’OM, je lorgne de votre côté). Pas d’émeute à l’Apple Store : on est loin du lancement des soldes d’été ou d’hiver, où les images diffusées sont bien plus violentes (voire dramatiques).

Non, là, juste des gens, pas forcément fans, mais des gens heureux de partager une culture atypique et commune, découvrir l’architecture de l’endroit, d’acheter souvent, de se faire dépanner aussi. Autant dire que je suis atterré par les commentaires sur les forums, façon « pfffffff mais ils sont trop cons, y’a tellement mieux à faire, vous êtes tous des moutons, et Apple vient prendre votre pognon et vous vous faites arnaquer comme des cons, et vous êtes des fanatiques, votre religion fait peur, en plus y’a rien de nouveau dans cette boutique ». Je répondrai juste que je suis venu de mon plein gré, que je donne mon pognon à qui je veux, que je dépense sur un coup de tête si j’ai envie, qu’Apple n’est pas une religion mais juste une marque qui a ses fans comme toutes les marques (et c’est heureux), et j’étais là pour participer à cette fête. Je ne serai sûrement pas un client régulier de l’Apple Store, mais je suis content que la marque investisse de façon visible. Et au passage, j’ajouterai quand même que cette boutique va faire vivre selon mon estimation environ 100 personnes, c’est quand même à saluer en cette période où le chômage remonte à des niveaux historiques, non ? Je suis encore plus attristé par les gens qui sont mécontents de voir des gens heureux : si vous n’êtes pas heureux pour de bonnes raisons (enfin des raisons qu’ils estiment bonnes), c’est donc forcément louche et dangereux aussi. Ouaaaaaaais. (*)

Mais bon, il faut croire que le plaisir des uns doit passer par l’aigreur des autres… Laissons donc les tristes sires là où ils sont, et retournons vaquer à nos occupations. La fête est finie, la vie reprend le dessus, mais je conserverai quand même un excellent souvenir de cette matinée, pleine de gens heureux. En ces temps où le monde n’est pas trop rigolo, c’est déjà ça de bon à prendre.

(*) Amusant de noter aussi que certaines têtes connues ont critiqué les personnes présentes… alors qu’elles avaient évidemment pu assister à l’ouverture pour les journalistes deux jours avant. Et que finalement, ça les arrange bien… Hmmmmmm… Et s’il n’y avait eu que 100 personnes à l’ouverture, ça aurait été probablement « un échec retentissant pour Apple »… Il faut bien écrire pour manger, ma bonne dame.

Slate.fr et la mauvaise foi

Slate.fr se démarque une nouvelle fois par un article absolument ridicule : selon eux, Apple devrait autoriser n’importe quel périphérique à pouvoir se synchroniser avec le contenu de l’ordinateur via iTunes.

Outre le fait que cela demande à Apple de s’occuper de la gestion de périphériques tierce-partie et à assurer leur support (ce que personne ne fait, pas même Microsoft) avec son logiciel, il faudrait aussi arrêter de penser que Palm est un gentil ch’tit n’ange et que Apple c’est le gros méchant qui veut rien que les bloquer.

La vérité, c’est que chez Palm, ce sont des grosses feignasses, et qu’ils ont été bien plus pourris qu’Apple par le passé. Souvenez-vous : il y a quelques années, Palm a vendu de nombreux périphériques capables théoriquement de se synchroniser avec le Mac. Théoriquement, c’est le mot : car si Palm a un jour racheté Claris Organizer pour permettre la synchro, son développement était tellement buggé que la plupart des possesseurs de Palm se sont rués sur des solutions tierce-partie payantes, comme The Missing Sync. Et pour avoir eu en ma possession un LifeDrive durant quelques temps, je peux confirmer que ces solutions étaient parfaitement fonctionnelles, et bien meilleures que celles fournies par Palm.

Alors, où est le problème aujourd’hui ? Pas compliqué : il semble que Jon Rubinstein, ancien d’Apple et désormais dans le top trois des boss de Palm, en veuille quelque peu à Steve Jobs de s’être fait lourder, et a décidé de taper là où ça fait du bien pour lui et du mal pour Apple. En clair : « Apple bloque la synchro du Palm ». Non : Apple empêche Palm de faire croire que son appareil est un produit qu’il n’est pas, ce qui est de la malhonnêteté de la part de Palm. Si Palm était honnête, elle aurait arrêté les frais dès le deuxième blocage, et se serait dite « bon, ben achetons une licence Missing Sync à Markspace, et vendons-la avec chaque Palm », fin de l’histoire. Ou mieux, elle aurait créé sa propre soluce de synchro, comme l’a fait RIM récemment pour le BlackBerry. Mais non : Palm, redresseur de torts, décide d’aller jusqu’à contourner les règles de l’USB Consortium en faisant croire que son appareil est fabriqué par Apple. Woah.

« Apple est hypocrite », selon l’auteur du torchon de Slate. « L’iPod aurait été un fiasco si Microsoft l’avait empêché de se brancher sur des PCs. ». Euh, et le soft de synchro, c’est Microsoft qui l’a fourni sur PC ???

« La dernière version du Mac OS peut même automatiquement se synchroniser avec Microsoft Exchange – quelque chose que même Windows ne permet pas ». Apple a fait quoi ? Elle a acheté une licence ActiveSync à Microsoft. Et alors ?

« Palm est obligé de s’en remettre à un piratage parce qu’Apple ferme toutes les voies légales d’accès – en rendant illégale cette même compatibilité qui a longtemps été la raison d’être d’Apple. » Et non, et c’est bien le problème. Si la synchro était impossible sans Apple, Missing Sync n’aurait aucune raison d’être.

Quand à l’argument Samba, il est bidon : Microsoft pouvait ne pas aimer Samba, mais son fonctionnement basé sur du retro-engineering ne pouvait être soumis à caution.

Alors, qu’Apple impose parfois des méthodes limites de verrouillage, pourquoi pas, mais dire qu’Apple bloque la synchronisation d’iTunes est juste de la mauvaise foi. La seule chose qu’Apple bloque, ce sont les méthodes plus que limites de Palm. Si ces derniers veulent fournir leurs outils de synchronisation, les API de synchro via MobileMe sont publiques, et il n’y a pas de difficulté à synchroniser le contenu d’iTunes pour le Pre. Il faut juste que les développeurs de Palm se mettent vraiment au boulot, et arrêtent de faire croire qu’ils sont trop gentils. Imposer à ses clients le jeu du chat et de la souris est un danger pour Palm, pas pour Apple : au bout d’un moment, ce seront les clients qui en auront marre.

Ah, et qu’on arrête avec le monopole d’iTunes et de l’iPod : Apple n’a rien imposé, les clients ont toujours été libres d’acheter leur musique ailleurs que sur iTunes Store, l’iPod n’a jamais été le seul baladeur MP3 du marché, et les DRM ont été imposés par les majors, pas par Apple.

Des logiciel de compta pas très Sage

J’ai eu le (dé)plaisir de procéder à la mise à jour d’une version de Sage Compta et Sage Gestion Commerciale chez un de mes clients il y a quelques jours. Pour rappel, nous sommes en 2009, et les Mac Intel sont sortis depuis plus de trois ans.

Et bien, les performances et la compatibilité, ça ne compte pas pour Sage, qui propose toujours ses magniiiiiiiiiifiques produits en version PowerPC uniquement. Ouch. Comme leurs petits camarades de chez Ciel d’ailleurs.

Il est carrément lamentable de voir un tel niveau de support là où des boites comme Cogilog ou 8Sens proposent des mises à jour très régulières et ne se moquent pas ouvertement de leurs clients. Comme d’habitude : plus une boite est grosse, plus elle peut nous prendre pour des vaches à lait…

(Note : ceci n’est PAS un billet sponsorisé. Je pourrai juste ajouter que je suis un utilisateur de Cogilog depuis plus d’un an, et que j’en suis positivement ravi. Mais je ne toucherai pas un centime pour cela).