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Goodbye Google (et Gmail)

Gmail logo

C’est fait : j’ai supprimé mon compte Google. Et donc, viré ma boite Gmail au passage.

Pourquoi ?

Il y a plusieurs raisons à cela. La première, et sûrement la meilleure, est que… finalement, je ne l’utilisais quasiment pas. Oh, j’avais bien quelques services pratiques chez Google, mais rien d’irremplaçable. En réalité, la fonction que j’utilisais le plus dans Gmail, c’était son filtre antispam, ceux de mon hébergeur (1and1) n’étant pas bien efficace à l’époque. Ça a l’air d’être bien mieux aujourd’hui. Et dans le pire des cas, il y a d’autres solutions, comme SpamSieve, ou passer par un SMTP supplémentaire nettoyant le mail (dyn.com propose ce service). La seule fonction qui va peut-être me manquer, c’est la synchro des flux RSS. Peut-être que je créerai un autre compte Google (anonyme, celui-ci) uniquement à cet usage. Je verrai.

La deuxième raison : ces « innovations » de Google m’inquiètent de plus en plus. En clair : Google souhaite utiliser vos e-mails pour proposer des résultats de recherche supplémentaires lors d’une requête sur sa page principale. Alors évidemment, j’ai très bien compris que ce n’est pas parce que vous faites une recherche dans Google que vous allez taper dans mes mails. Mais quand même, je n’aime pas ce procédé. Certains l’apprécient peut-être, moi pas.

Google était formidable, il y a dix ans. Lorsque Google faisait son cœur de métier, et le faisait bien : proposer juste de la recherche, rapide, avec juste une barre de recherches, et… c’est tout. Depuis l’avènement de Facebook et d’iOS, Google flippe que l’utilisateur se détourne de la recherche, et donc, de ses revenus, puisque Google tire ses revenus de la publicité intégrée dans ses pages de résultats. Et cela la pousse à aller sur des terrains très glissants. Sûrement trop.

Gmail était également formidable à sa naissance, en 2004. À cette époque où les hébergeurs filaient royalement 10 ou 20 Mo de stockage pour le mail, Google en proposait 50 à 100 fois plus. Si vous vous demandez pourquoi avoir une adresse Gmail était très recherché… N’allez pas voir plus loin. Gmail a permis à Google de récupérer des tonnes de nouveaux « clients » simplement en proposant une solution BEAUCOUP plus intéressante par le seul aspect du stockage. Stockage qui ne lui coûtait d’ailleurs probablement presque rien : est-ce que tous ces utilisateurs exploitaient (ou exploitent toujours) réellement cet espace de stockage ? Cette mutualisation a évidemment fait énormément de publicité au service, qui, de plus, était fort bon, et a proposé très rapidement le protocole IMAP, à un moment où les appareils mobiles ont commencé à débarquer.

Un autre point important : j’utilise très peu les solutions web. Traitez-moi de vieux con si vous voulez, mais… je préfère toujours avoir les données en local, dans une application dédiée. Le webmail me donne des boutons, car j’ai toujours l’impression d’une solution moins évoluée techniquement que ce que me propose un client mail intégré. Un exemple tout bête : je suis un dingue du Glisser-Déposer. Je n’utilise jamais le bouton Ajouter une pièce jointe dans mon application de mail, car je l’ajoute toujours via un Glisser-Déposer. Or, quand je travaille avec une solution en webmail, la seule solution1, avec Safari, consiste à glisser la pièce jointe exactement sur le bouton d’ajout de PJ. Quand j’utilise Mail, je peux glisser ma pièce jointe n’importe où dans la fenêtre entière, ce qui rend les choses bien plus simples. Du coup, toutes les options kikoolol de Gmail… je ne les exploite jamais. Les fonctions d’archive, de tchat intégré, de recherche hyper balaise… Du vent, pour moi. Je précise bien pour moi. Si vous les appréciez et les utilisez, tant mieux. Personnellement, je n’y arrive pas.

Alors, quelle solution ?

En 1994, le sujet du bac de philosophie était : « Un acte gratuit est-il possible ? ». Comment je sais cela ? Parce que c’était l’année de mon bac, bien évidemment. Ma réponse, appuyée par des exemples des pubs de lessive (mais oui) était alors qu’il était quasiment impossible qu’un acte purement altruiste existe vraiment2.

Un service gratuit impose une contrepartie. Il faut un modèle économique pour qu’une entreprise survive. Soit le service est payant, soit il propose une gratuité à travers la publicité. Pour Gmail, la question ne se pose pas : le service est gratuit, et financé par une publicité particulièrement ciblée.

Si vous utilisez des produits Apple, vous pouvez utiliser iCloud, qui est… gratuit ! Mais pas totalement, en réalité : iCloud est financé par les produits Apple que vous achetez. N’oubliez pas qu’Apple tire la majorité de ses profits de la vente de matériel. iCloud n’a d’intérêt que si vous utilisez des produits Apple3

Personnellement, pour ce qui est de l’e-mail, j’ai depuis 1998 ans adopté toujours la même stratégie : utiliser uniquement des adresses e-mail liées à mon nom de domaine. Un nom que je paye chaque année, quelques euros par an. C’est un premier pas vers une certaine indépendance. Avantage énorme : votre adresse e-mail n’est plus liée à un hébergeur particulier. Vous pouvez changer d’hébergeur comme de chemise, c’est invisible pour tous vos correspondants. Un autre avantage : un nom de domaine à votre nom fait un poli plus sérieux.

J’utilisais Gmail quasiment uniquement pour le filtrage des e-mails. Ma stratégie était alors la suivante :

– Je crée autant d’alias que souhaité en @gete.net ;

– Chaque alias redirige vers mon compte Gmail ;

– Les messages non bloqués par le filtre antispam sont redirigés vers un compte unique de mon hébergeur, compte qui ne correspond pas à une adresse e-mail que j’utilise.

– Je relève alors via IMAP uniquement le contenu de cette boite.

L’un des avantages de cette méthode : elle évite de multiplier les comptes à relever. Je n’exploite qu’un seul compte, et ça me va très bien. Et comme tout est en IMAP, pas de problème de synchronisation entre Mac, iPhone et iPad.

Et à noter que tout ceci ne pose pas de souci, pour une raison bien précise : j’utilise Mail sur OS X. Et ce dernier sait gérer plusieurs adresses e-mails sur un seul compte (contrairement à Entourage ou Outlook). Du coup, je n’ai qu’un seul compte à relever pour récupérer les messages envoyés à toutes mes adresses e-mail, et je peux envoyer avec toutes ces adresses e-mail. Pratique. Et à noter que cette astuce fonctionne également sur iOS.

C’est une stratégie qui semble alambiquée sur le papier, mais elle est réellement efficace. Et surtout, elle me permet d’utiliser les mêmes adresses e-mail depuis 1999, malgré les changements de FAI ou d’hébergeur. C’est une indépendance qui a un certain coût, mais… elle est très agréable.

Comme déjà dit, mon usage de Gmail était très limité. Donc impact également très limité. Mon action sur Gmail 

Et pour le reste ?

Restent les autres services proposés par Google, et liés au compte Google :

  • Youtube : je n’ai publié qu’un tout petit nombre de vidéos sur YouTube. J’ai récupérées celles que je trouvais vraiment intéressantes et je les mettrai en ligne plus tard sur Vimeo
  • RSS : pour la synchronisation des flux RSS, malheureusement peu, voire pas de solutions. Peut-être que je recréerai un compte Google, anonyme, juste pour cet usage.
  • Analytics : mon hébergeur me propose une solution d’analyse, pas géniale, mais je m’en fous un peu, pour être honnête. Je ne vis pas vissé sur mes stats. Mon métier n’est pas lié au web. Certes, ça m’amuse de voir parfois les pics de connexion lors d’une sortie de Lion DiskMaker. Mais ça ne va pas plus loin. Je ne monétise pas le contenu de ce site.
  • iGoogle : je n’utilise pas. Ma page de démarrage est vierge par défaut.
  • Maps : je me suis toujours limité aux fonctions assez basiques de Maps. Pas trop d’impact pour moi. J’ai juste mis un lien personnalisé vers mon adresse sous forme de lien, que j’ai stocké dans la barre des signets de Safari.
  • Google Plus : AH AH AH ! Ahem.
  • Synchro calendriers / Carnet d’adresse : ça fait des années que j’utilisais MobileMe, puis iCloud, donc pas besoin de changer ici. Car j’ai curieusement beaucoup plus confiance envers Apple qu’envers Google pour respecter ma vie privée. C’est peut-être une erreur, mais… c’est comme ça.
  • Stockage : le coût du stockage ayant fortement baissé, l’avantage qu’avait Gmail a disparu. Tous les hébergeurs proposent désormais une quantité de stockage largement suffisante pour héberger nos mails et un bon paquet de données.

La grande question : quel est le coût de notre indépendance ?

Peut-être que je suis naïf, peut-être que l’indépendance n’existe pas, sauf à carrément monter son propre serveur chez soi, et là, je me dis même : pourquoi pas ?. Mais je n’en suis pas encore là. Pour le moment, quitter Google n’aura pas un impact majeur chez moi. Mais là encore, il ne s’agit que de mon expérience. Peut-être qu’il vous sera plus difficile de quitter Gmail. Peut-être même que vous ne souhaiterez pas le quitter.

Mais… laisser toutes nos données personnelles dans les mains d’une entreprise qui était fière d’indiquer qu’il ne fallait pas être malveillant dans sa devise et qui semble aujourd’hui fort sujette à caution me semble être une erreur. On peut rester vigilant. Google n’est pas encore totalement irremplaçable… même si cela a un coût.

  1. La plupart du temps, ça s’améliore de nos jours
  2. J’ai eu 11/20.
  3. On pourra me rétorquer qu’on pourrait très bien utiliser iCloud pour ne faire que de la synchronisation entre deux PC, et… c’est vrai. Mais je ne pense pas que ça soit un usage majoritaire, loin de là.

iPad vs GooglePad : guerre (pas encore) déclarée

Le très souvent pertinent et très « dans le(s) nuage(s) » Louis Naugès aborde sur son blog la concurrence à venir de l’iPad, qui pourrait se présenter sous la forme d’une GooglePad (appelée ici gPad…). Il en profite pour apporter un peu d’eau à son moulin en expliquant pourquoi le gPad sera sûrement le meilleur choix face à l’iPad.

Malheureusement, le score sans appel (4/1 pour le gPad) est très fortement sujet à caution. Pour s’en rendre compte, il faut reprendre le p’tit schéma de M. Naugès.

Maintenant, je reviens sur ses conclusions :
– Monotâche vs multitâches : L’iPad fonctionne avec l’OS de l’iPhone qui est encore, pour le moment, monotâche. Le gPad sera nativement multitâche, dès sa sortie.
Avantage …. gPad.

Cet argument-là est totalement pernicieux, puisqu’il compare un OS existant à un OS qui n’existe pas. Tout en supposant que l’OS existant n’évoluera pas d’ici là… Par ailleurs, il faut arrêter avec l’argument selon lequel iPhone OS n’est pas multitâche : il l’est, mais Apple refuse pour le moment que les applications tierce-partie puissent fonctionner en tâche de fond. Rien n’empêche une future évolution d’iPhone OS de tirer parti du multitâche, mais c’est seulement quand Apple aura trouvé la bonne implémentation qu’elle le mettra en route.
Enfin, Chrome OS est, à ce que j’ai compris, un système complètement basé sur le « Cloud », donc, un navigateur doté d’onglets, chacun de ces onglets étant une « tâche »… Rien n’empêche dans ce cas Safari d’être considéré comme une base de système multitâches ». Pour moi, pas de gagnant.

– Client lourd vs Client Allégé : l’iPad perpétue la logique client lourd d’Apple et privilégie les usages en mode non connecté. Le gPad, à l’inverse, ne fonctionnera qu’en mode connecté, toutes les applications étant accessibles depuis un navigateur. Pour les rares situations de non-accès au réseau, HTML 5 fournira en standard la capacité de travailler Off-line. Avantage …. gPad.

Là encore, il y a une erreur à mon avis importante : parce que le HTML 5 permettRA de faire du off-line, cela annihilerai la capacité actuelle de l’iPad… à déjà faire du offline ? Pas d’avantage particulier au gPad, je dirais même plutôt « au contraire », car il restreint l’usage au web. Souvenez-vous de l’accueil glacial des développeurs en 2007 quand Steve Jobs leur a expliqué que le truc super cool avec l’iPhone, c’est qu’on pouvait faire des Web apps et que ça serait suffisant… Le SDK est arrivé l’année suivante, et le paysage de la mobilité a été littéralement chamboulé. Avantage iPad, et pour moi, il est très clair ! Ah, et pour rappel : Safari sait *déjà* gérer le offline avec HTML5.

« – OS propriétaire vs Open Source : Microsoft avec son annonce récente de Windows Mobile 7 et Apple persistent dans leur démarche d’OS mobiles propriétaires. Google, Intel, Nokia ont choisi la voie Open Source, comme l’immense majorité des acteurs de ce marché. » Ouaip, et on voit comment ça leur réussit en termes de vente, par exemple chez Nokia. Par ailleurs, c’est oublier que ce n’est pas parce qu’une partie de l’OS est propriétaire qu’il est entièrement propriétaire (cf WebKit, qu’ils sont bien contents d’avoir chez Google & co). Enfin, avoir son propre OS, c’est aussi se permettre d’innover à son propre rythme. L’iPhone n’aurait jamais pu exister si Apple avait du attendre qu’un autre développeur se bouge les fesses pour sortir ce qu’elle voulait. Et parfois, il vaut mieux tout reprendre à zéro que s’embêter avec l’existant ! Pour rappel, Apple avait envisagé à une époque de prendre Linux pour iPhone OS, avant d’adopter OS X… Si elle ne l’a pas fait, il y avait probablement d’excellentes raisons. Enfin, si les autres plate-formes se sont mises aux applications en téléchargement sur les portables, c’est probablement que la logique « Web partout » ne fonctionne pas pour tout.

– Connectique minimale vs connectique ouverte : L’iPad est vraiment très pauvre dans ce domaine : une prise écouteur et une prise «propriétaire» pour se relier à un dock de chargement et de synchronisation, comme l’iPhone. Le gPad disposera, lui de connecteurs ouverts, USB en priorité.
Avantage …. gPad.

Ok, léger avantage. Encore que des accessoires pour le connecteur iPhone, c’est pas ce qui manque… Et que les accessoires indispensables seront probablement disponibles dès sa sortie.

– Applications propriétaires vs Applications Web : Les utilisateurs d’iPad auront immédiatement à leur disposition les 140 000 + applications déjà disponibles pour l’iPhone plus des applications nouvelles construites spécialement pour profiter des nouvelles caractéristiques de l’iPad. Les utilisateurs de gPad auront, immédiatement… toutes les applications du Web à leur disposition et probablement quelques applications spécialement réalisées pour le gPad.
Avantage …. iPad.

Et là encore, l’avantage est bien plus important pour l’iPad, puisqu’il bénéficie également de toutes les applications pour le Web, et d’applications qui seront optimisées pour son interface !

La conclusion suivante me semble encore bien hasardeuse : « Le gPad sera un choix beaucoup plus logique pour des responsables informatiques qui souhaiteront proposer une tablette professionnelle à leurs clients, capable d’accéder facilement à tous les nouveaux usages SaaS / Cloud Computing en situation de mobilité. » Je ne vois pas en quoi une solution basée sur iPad serait moins logique, alors qu’elle sera déjà fiabilisée, et qu’il existe déjà de nombreuses applications développées par ces mêmes entreprises pour l’iPhone, y compris en SaaS ou Cloud Computing.

Pour en revenir au sujet initial, je pense que le Cloud a clairement de beaux jours devant lui, et bien évidemment les solutions en ligne auront les faveurs de bien des services informatiques. Mais il reste un critère important à ne pas sortir de l’équation : l’utilisateur. Et là, Apple dispose d’une arme de poids : un parc d’utilisateurs déjà plus que conséquent de la plate-forme iPhone OS. Les entreprises qui se sont déjà lancées avec succès sur iPhone OS ne vont pas forcément avoir envie de se lancer sur une plate-forme juste parce qu’il y a marqué Google dessus. Par contre, avec une plate-forme déjà reconnue comme iPhone OS, les risques sont moins importants…

Enfin, il est toujours facile de comparer un vaporware face à un produit réel… Pour le moment, le gPad n’existe pas, l’iPad sort dans moins de 45 jours. D’ici à fin 2010, Apple dispose d’un boulevard pour convaincre les entreprises de la pertinence de sa plate-forme et pour faire évoluer iPhone OS… Et ce n’est pas parce que l’approche d’Apple est différente qu’elle est forcément mauvaise. Enfin, est-ce que toutes les entreprises ont vraiment envie d’être dépendantes de Google, alors qu’elles sont à peine en train de sortir de l’hégémonie de Microsoft ? Rien n’est moins sûr…

En tout cas, je rejoins Louis Naugès sur un point : les mois à venir vont être compliqués pour les services informatiques. Et passionnants :-)