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iPhone : 7 ans déjà

Iphone

Une claque.

C’est ce que nous avions ressenti il y a sept ans jour pour jour, en sortant de la salle de conférence d’Apple France, où nous avions été invités avec Laurent et Mourad, mes amis (et comparses depuis quelques mois de l’incroyable podcast intitulé 3 Hommes et un podcast). Debrief au Mc Do des Ulis1, on revient sur tout ce qu’on a vu durant cette conférence magistrale de deux heures. C’est juste proprement hallucinant. On n’y croit juste pas. D’ailleurs, quelques heures encore auparavant, je n’y croyais pas. Ce qu’Apple a montré est juste tellement au-delà de ce qui existait. La fluidité de l’appareil, les possibilités offertes par le multi-touch, le fait que l’iPhone fonctionne sous OS X, l’intégration tellement poussée entre les applications… 

Apple se jette donc dans le bain de la téléphonie, et de quelle manière ! Les vues d’artiste d’un iPhone étaient alors tellement loin de la réalité. Évidemment qu’Apple avait, devait faire différent. En quelques minutes, tous les soi-disants smart-phones du marché sont devenus obsolètes. Le lendemain matin, tous les médias sont en alerte, les analystes commencent déjà à analyser la mort prochaine d’Apple (car l’iPhone sera forcément un échec), et on a maintenant six mois à attendre avant son lancement aux États-Unis, bien après pour nous Européens. Sera-t-il chez Orange ? Chez SFR ? Chez Bouygues ? Les questions s’accumulent, pas assez de réponses pour le moment : est-ce qu’Apple peut réussir son coup ? Est-ce que les opérateurs suivront ? Quelle va être la réaction de ses concurrents (indice : LULZ, don’t care) ? Est-ce qu’Apple pourra tenir son objectif d’obtenir 1% du marché mobile un an plus tard ? 

Sept ans plus tard, il faudrait juste être aveugle ou de mauvaise foi pour penser qu’Apple n’a pas révolutionné le marché de la téléphonie. L’iPhone a rendu ce marché réellement intelligent. Il a préparé le terrain pour la révolution post-PC avec l’iPad. Il a lancé le marché énorme des apps sur mobile (10 Mds de dollars pour Apple en 2013 !). Le 7 janvier 2007, Apple a promis… et elle a parfaitement rempli le cahier des charges.

Joyeux anniversaire iPhone !

Et si vous ne l’avez jamais vue, prenez une heure et quarante-trois minutes pour regarder l’incroyable présentation de l’iPhone par Steve Jobs. Une de ses meilleures présentations, haut-la-main (et j’irais même jusqu’à dire la meilleure, quoique la conf de lancement du Mac en 1984 était pas mal non plus)…

  1. J’aime vendre du rêve.

iPhone 4S, iPad 3 et iPad 1 à vendre

Je mets en vente une partie de mon matériel Apple :

- Un iPhone 4S, 64 Go, noir, excellent état. Acheté en octobre 2011, il n’est plus sous garantie, MAIS il a été échangé à neuf par Apple en juillet dernier et desimlocké. Donc excellent état, et c’est peu dire (pas de choc, juste quelques micro-rayures au dos). Livré avec kit main libre Apple (jamais utilisé), chargeur Apple, câble iPhone neuf et un dock Apple, dans sa boite d’origine. 350€.

- Un iPad 3 (le premier Retina) 16 Go, blanc, Wi-Fi + 3G, desimlocké, avec Smart Cover Apple verte en état correct (un peu grisâtre à l’intérieur…). Il est en excellent état, juste quelques petites rayures au dos (et il est loin d’avoir été utilisé tous les jours). Garanti jusqu’au 10 juillet 2014 (AppleCare). 350€.

- Un iPad 1 (oui, la première génération), 32 Go, Wi-Fi uniquement. Il est en bon état général (seuls ses coins sont plus ou moins abimés) et tient encore très bien la charge. Livré avec chargeur, câble iPhone, housse de protection Apple en très bon état. 100€.

Ces matériels sont disponibles sur Paris/Vitry sur Seine et environ en mains propres, ou en France métropolitaine (frais d’envoi à votre charge, envoi après réception de virement bancaire uniquement).

Si vous êtes intéressé, envoyez votre proposition à l’adresse matos at gete point net. Réponse rapide assurée.

Le téléphone à 700$

Hero front

J’ai lu hier sur Twitter quelqu’un de choqué de voir des des gens payer un téléphone à 700$. UN TÉLÉPHONE.

Je me demande juste : est-ce que ces gens ont déjà tenu un smartphone de leur vie ?

Le smartphone actuel n’est plus un simple téléphone. C’est un objet qui remplace :

  • Un appareil photo ;
  • Un caméscope numérique Full HD ;
  • Une webcam ;
  • Un messager de poche ;
  • Un iPod (enfin, si vous préférez, un LECTEUR AUDIO)  ;
  • Un lecteur vidéo ;
  • Un ordinateur ;
  • Une console de jeu ;
  • Un boitier GPS ;
  • Un dictaphone…

Et bien d’autres choses encore. Faites la somme de ce que coutaient tous ces appareils il y a quelques années, additionnez-les, et vous vous rendrez compte que le coût d’un iPhone ou de tout autre smartphone n’est pas si élevé que ça. Un bon GPS, ça peut coûter 300€. Une console de jeu, 150€. Un appareil photo numérique, 150€. L’intégration dans un boitier de quelques millimètres d’épaisseur a un prix.

Sans oublier que les smartphones actuels intègrent des technologies de pointe:  magnétomètre, accéléromètre, gyroscope, écran de haute qualité, dans un appareil capable d’afficher une image HD sur une télévision Full HD, sans fil.

Tout ça dans un boitier qui tient dans la poche, et qui peut tenir à peu près une journée sur batterie et qui peut répondre à vos questions par la voix. Grosso modo, quand on voyait ces technologies-là dans un film de SF il y a dix ans, ça pouvait encore nous faire sourire. Aujourd’hui, c’est la réalité. Vous pouvez faire une visioconférence avec vos proches à l’autre bout de la planète, sans difficulté majeure1.

Ajoutez un clavier Bluetooth, un écran ou un vidéoprojecteur, et hop, vous avez un outil de diffusion de saisie ou de présentation qui tient dans la poche. Inimaginable il y a encore cinq ans.

Non, l’iPhone n’est pas un « téléphone ». Si vous pensez cela, vous passez effectivement à côté de quelque chose de bien plus intéressant qu’un TÉLÉPHONE. Je connais aujourd’hui des gens qui n’utilisent quasiment pas leur iPhone pour téléphoner, mais l’utilisent pour des tonnes d’autres tâches (productives ou non) toute la journée. C’est devenu un vrai compagnon, mais aussi un outil de loisirs, ou un outil pour se faciliter la vie.

Après, le coût que vous seriez prêt à y mettre, c’est autre chose. Mais je ne trouve pas démesuré qu’on veuille mettre beaucoup d’argent dans un appareil qu’on utilise tous les jours, pour des tâches très différentes. Personnellement, je trouve démentiel qu’on puisse mettre 500€ dans un sac à mains, ou 1000€ dans un collier, qui ne fera même pas de photo HD. Ou plus de 50 000€ dans une voiture, alors que je n’y vois qu’un utilitaire capable de m’emmener d’un point A vers un point B.

Mais je peux comprendre qu’on ait ce genre d’envie. Et je ne traite pas les autres de fous pour autant. Simplement, ce que nous sommes prêts à mettre pour accéder à certaines technologies diffère d’un être humain à un autre. Nous mettons dans les objets qui nous semblent intéressants ou adaptés à nos besoins parfois un prix qui peut sembler déraisonnable aux autres… mais ça ne rend pas nos choix dingues pour autant. Juste que nos centres d’intérêt sont différents, et c’est tant mieux.

En revanche, je vous le confirme : si vous achetez aujourd’hui un téléphone à 700€ juste pour passer des coups de fil, c’est idiot. Filez-le moi plutôt, j’en ferai bon usage, promis.

  1. Faites gaffe au décalage horaire, quand même.

Les larmes de Xavier

Free mobile1200

J’ai eu le plaisir d’assister à la conférence de lancement de Free Mobile ce matin. Et de ce que j’ai ressenti ou pu lire depuis quelques jours et ce matin sur Twitter ou ailleurs, il s’agissait probablement de la conférence de lancement la plus attendue depuis celui de l’iPad en 2010…

Pourquoi un tel impact ? Tout simplement parce que l’offre de Free est très clairement disruptive. Car Free a depuis longtemps compris un point important : les consommateurs savent que leurs abonnements de téléphone mobile leur coûtent trop cher, que la 3G a été l’occasion de faire augmenter le tarif de façon incontrôlée, en usant et abusant de cette « oligarchie » que se plaisait à dénoncer Xavier Niel. Mais nous avons subi cet abus, parce qu’Internet sur mobile est devenu une plus qu’une simple commodité, et que la « concurrence » telle qu’elle était alors présentée depuis des années était totalement inexistante. La meilleure preuve, je l’ai eue lorsqu’Orange a perdu l’exclusivité de l’iPhone : alors que j’étais en formation dans une chaine de magasins multimarques, la nouvelle était tombée le matin, et un de mes stagiaires me disait à l’heure du repas : « ah ben c’est super, ça va du coup faire une bonne concurrence pour faire baisser les tarifs et les forfaits ! ». J’ai alors ri très fort.

L’offre Free est, cette fois-ci, clairement distruptive, et cela va bien au-delà des chiffres. D’abord, parce qu’elle est volontairement très simple, mais aussi complète :

- Appels illimités, y compris à l’étranger vers 40 pays. Le coût de la communication est aujourd’hui dément sur mobile, alors qu’il n’y a pas de raison technique à cela.

- SMS et MMS illimités. Connaissez-vous le coût d’un Mo de données transféré par SMS ? Lisez ceci. Et pleurez.

- 3 Go de data « Fair use » : c’est largement suffisant pour 99,999% des utilisateurs. Il faudra juste voir si la limitation imposée est alors tarifaire ou impactée sur le débit (je penche évidemment pour la 2 : facturation = plus cher et plus dur à contrôler).

Pas de limitation sur les usages : VoIP ? Inclus. P2P ? Inclus. Mode modem ? Inclus. Ce dernier point me rend dingue depuis des années : Orange qui facture autant que l’abonnement juste pour surfer avec son téléphone depuis son ordinateur, mais QUEL EST LE FUCK ? Je paye pour une bande passante, Orange me dit « Monsieur, votre application pour iPhone, c’est plus cher si vous la téléchargez de votre ordinateur que si vous la téléchargez directement de votre iPhone ? » . Les opérateurs ont abusé de leur possibilité de bloquer le mode modem pour imposer des tarifs hallucinants. Il paraît que lorsque les opérateurs ont imposé de faire payer plus cher pour le mode modem sur iPhone, Steve Jobs était devenu enragé. Tu m’étonnes.

Et tout ça, donc, pour 19,90€ par mois. En restant rentable, comme Niel le dit lui-même, et je veux bien le croire… Et toujours sans engagement. Là aussi, l’image des chaines n’est pas trop forte, quand on voit à quel point les opérateurs ont résisté pour proposer une itinérance réduite du numéro de téléphone (et encore, on reste à quelques jours en France là où dans certains pays, la modification se fait dans la journée…). Ah, et bien joué le coup du forfait à 13,37€ HT pour les abonnés Freebox… :)

Xavier Niel est ensuite revenu à la charge, sur les fameux forfaits RSA, où « moins tu as de l’argent, plus tu raques ». Et le pire, c’est que sa démonstration est sans appel. Les opérateurs téléphoniques devraient avoir honte. Free propose ici une offre réellement différenciée. Vous n’avez pas de gros revenus ? Pour 24€/an, vous avez plus que ce que les autres vous proposent pour cinq fois plus cher. Ça fait vraiment réfléchir, non ? Et en plus, si vous êtes déjà abonné Free ADSL, un abonnement vous est offert…

Donc, OUI, la proposition de Free est importante. Non pas parce qu’elle va provoquer un mouvement monstrueux de clients des autres opérateurs vers Free (c’est de toute façon acquis) mais parce qu’elle crée une vraie disruption dans un marché ankylosé et contrôlé par les trois opérateurs. Il y a 5 ans jour pour jour, j’avais rédigé cet article suite au lancement de l’iPhone. Je ne pensais pas alors à ce moment que cette journée serait aussi historique, que cet appareil allait autant bouleverser les usages et le marché de la téléphonie en général. Free lance la deuxième révolution du mobile, et c’est tant mieux pour tous.

Enfin, et comme je parlais de Jobs un peu plus haut… évidemment, Xavier Niel est très fortement inspiré par le mentor d’Apple, et ça se sent dans sa présentation, très « naked presenter » : pas de fiches (mais un prompteur quand même), diapos très épurées, de l’humour, beaucoup d’énergie (parfois un peu trop rapide), pas de pupitre, et quelques instants très « one more thing ». De ce point de vue, sa présentation est donc un quasi-sans-faute. J’en retiens surtout ce très joli moment d’émotion à la fin, avec quelques larmes après les remerciements. La tension doit être monstrueuse chez Free depuis des mois, et on a bien senti qu’i ll se sentait vraiment libéré… Vraiment free.

Bien joué.

Message personnel : merci AA. ;-)

Multitâche sur iOS : pourquoi on ne le comprend pas

Encore et toujours ce satané multitâche d’iOS dans un billet ? C’est que je trouve le sujet particulièrement intéressant, et il mérite encore qu’on se penche dessus. Car dès que quelqu’un tente d’expliquer pourquoi il n’est pas utile de quitter des applications sur iOS, il y a toujours quelqu’un pour expliquer que SI, il FAUT quitter TOUTES les apps régulièrement sur iOS. Alors que, je l’avais déjà expliqué, ce n’est nécessaire que dans des cas spécifiques.

Mais en réfléchissant un peu plus sur le sujet, je pense que le principal problème du multitâche d’iOS n’est pas dans son implémentation, finalement assez finaude et totalement adaptée à un système mobile, répondant à des exigences draconiennes en terme de consommation d’énergie. Non, le problème est dans la façon dont iOS présente le multitâche.

Vous connaissez donc la manipulation si vous êtes ne serait-ce qu’un peu geek 1  : vous faites un double clic sur le bouton central, et vous accédez aux applications dernièrement lancées. Soit. La barre d’icône peut faire pas mal penser au Dock de Mac OS X : elle permet de lancer une application déjà lancée, ou une application récemment lancée mais qui serait quittée, et permet aussi de quitter une application (enfin, c’est ce qu’on pourrait croire, voir plus loin).

En clair : cette barre présente trop de choses différentes de façon identique. Le Dock de Mac OS X présente les applications de façon différente selon qu’elles sont lancées ou non 2. Je dois avouer que je n’ai jamais été trop fan du Dock : il cumule énormément de fonctions différentes sans forcément bien les différencier. Il s’est certes amélioré avec les années, mais ce côté fourre-tout un peu bordélique m’a toujours un peu gêné. Combien de fois j’ai du expliquer en formation que non, on ne peut pas mettre n’importe quoi à gauche dans le Dock, ce n’était que des applications, sans que cela soit clairement bien expliqué ou visible directement dans l’interface…

On retrouve donc ce côté fourre-tout bordélique dans le gestionnaire du multitâche d’iOS :

  • Les applications en cours d’utilisation (mais pas au premier plan) ;
  • Les applications récemment lancées mais peut-être actives, sauf que je ne peux pas le savoir… Par exemple, il  se peut que la dernière application que j’ai lancée ait quitté inopinément… et elle n’est plus chargée en mémoire. Ou qu’elle ne gère pas correctement le fait d’être mise en arrière-plan et quitte systématiquement.
  • Les applications lancées depuis je ne suis plus quand. Je ne plaisante pas : je trouve sur mon iPhone à la fin de la liste des applications que je n’ai pas relancées depuis plus de trois semaines. Ces applications ne consomment en réalité rien du tout : ce serait plutôt l’équivalent du menu Éléments récents du menu Pomme de Mac OS X.

Que se passe-t-il réellement quand je tape sur l’icône d’une application dans le gestionnaire de tâches ? Si on reprend l’analogie avec Mac OS X, je peux passer d’une application à une autre qui aurait été lancée récemment, ou je tape en fait sur un raccourci vers l’application. Le problème évident est que je ne peux pas savoir à l’avance l’état de l’application. Regardez la copie d’écran suivante :

IOS Multitache

Petit jeu : une de ces applications n’est pas réellement active. Ami lecteur, sauras-tu retrouver laquelle ?

Et oui, il n’est fait aucune distinction entre les applications en arrière-plan selon leur état réel. Comment donc savoir si cliquer sur la petite icône de sens interdit que l’on observe quand on appuie plus d’une seconde sur une icône est vraiment utile ? Du coup, autant tout supprimer, comme ça on aura aussi les apps réellement chargées en mémoire… Mouaaaaaaaaaaaaaais.

Pourtant, cela pourrait être assez simple de donner un peu plus d’informations, non ? Imaginons :

IOS Multitache2

C’est une mise en situation très rapide, je ne suis pas graphiste, ni ergonome, donc je vous remercie par avance pour votre indulgence :) Mais disons que la situation des applications pourrait gagner en clarté avec un petit badge. Par exemple, indiquer que l’appli Tweetbot est en veille et donc ré-utilisable très rapidement. Que le BBC iPlayer est en cours de chargement d’un épisode de Doctor Who ou de Sherlock, par exemple. Et que l’application France est un alias vers l’application et est donc fermée. Encore que cette image ne parlerait pas aux gens qui ne font pas d’informatique, donc je doute de sa pertinence. Une autre solution : que la barre n’affiche vraiment QUE les applications lancées, et pas de raccourcis du tout vers des applications déjà quittées. Mais on y perdrait en facilité d’accès… Pas facile d’avoir une ergonomie simple ET compréhensible par tous !

Je comprends cependant très bien ce qu’Apple a voulu faire avec ce gestionnaire de tâches : rendre du pouvoir aux geeks, sans  pour autant sacrifier la simplicité d’iOS. Certes, la gestion du multitâches pour les applications tierces était nécessaire, car ne pas pouvoir utiliser un GPS en arrière-plan était juste risible… mais le gestionnaire de tâches méritera probablement plus d’attention de la part d’Apple dans le futur pour être plus clair.

  1. Et encore : mon épouse, plutôt dans la tranche des utilisateurs à qui l’informatique ne fait pas peur, ne connaissait pas la fonction.
  2. Enfin, c’était vrai jusqu’à Lion, puisque ce dernier peut également masquer l’indicateur d’activité des applications, ce que je trouve être une mauvaise idée.

Pourquoi ne pas quitter les apps sur iOS (suite)

J’avais déjà écrit sur ce sujet, mais cet article (en anglais) va un peu plus loin. Très instructif.

Et si Apple devenait opérateur mobile ?

C’est la question que pose Matthew Panzarino sur son blog. Et bien plus que la rumeur de télévision Apple qui occupe certains esprits, je me demande si celle-ci n’est pas finalement bien plus crédible.

La première question qui vient en effet à l’esprit par rapport aux colossales réserves de cash d’Apple, c’est : pourquoi accumuler autant si ce n’est pour faire des réserves pour racheter un opérateur mobile OU construire son propre réseau ? La question, incongrue il y a quelques années, ne serait pas finalement si idiote. Regardons de plus près : depuis des années, les opérateurs ont imposé leur loi aux fabricants de mobiles : placement de logo, applications préembarquées, fonctionnalités, design… étaient en réalité pilotés par les opérateurs, pas par le constructeur. Avec l’iPhone, Apple a changé complètement la donne en proposant un appareil pour lequel les opérateurs devenaient juste des fournisseurs de tuyaux.

Manque de bol, ça ne leur plait pas. L’inénarrable Stéphane Richard expliquait ces dernières heures qu’il ne comprenait pas pourquoi Apple ne voulait pas pré-installer l’applications d’Orange sur son téléphone plutôt que d’obliger les utilisateurs à les télécharger en boutique [[1. Au passage, bravo à Stéphane Richard qui n’hésite pas à essayer de se faire mousser en parlant du prochain iPhone.. J’aurais bien une réponse, mais elle serait considérée comme vulgaire, donc contentons-nous de dire que les applications proposées par les opérateurs ne sont pas vraiment au top de ce qu’on peut trouver sur iOS, et qu’elles dégraderaient l’expérience utilisateur, commune à tous les utilisateurs d’iPhone dans le monde.

Ce que les opérateurs ne veulent surtout pas comprendre – ou plutôt comprennent parfaitement mais ne veulent surtout pas mettre en place – est que leur rôle est finalement très, très bête : on leur demande juste de fournir des tuyaux et de laisser passer des données dedans. En clair : de faire leur métier. Mais ça ne leur plait pas aux opérateurs : c’est qu’avec l’avénement de TCP/IP sur les mobiles, ils voient poindre le pire de leurs cauchemars : un monde où ils ne pourraient plus facturer des tarifs exorbitants pour des données aussi simples que des SMS. À ce propos, connaissez-vous le coût réel au mega-octet d’un SMS ? Lisez, c’est édifiant. Pire encore, la voix transite par TCP/IP, rendant obsolète leur mode de facturation à l’heure des communications. Un forfait Apple vraiment illimité, à 30€ par mois communications et SMS/MMS inclus, qui vote pour ?

Mais pour le moment, les opérateurs ont encore un moyen de réplique : la facturation du Mo transféré. Quand l’iPhone a débarqué, les opérateurs (Orange en tête) étaient plutôt confiants : l’iPhone était un appareil novateur, puissant, mais se reposant uniquement sur ses quelques applications d’origine. Rien de trop méchant. Manque de bol : avec l’App Store et l’iPhone 3G, le public a commencé à utiliser réellement le réseau et à le soumettre à des tensions finalement très prévisibles. L’opération a été finalement très simple : transformer les forfaits illimités en… pas-tout-à-fait illimités. En clair : tu as un forfait illimité, mais à 1 Go/mois, sinon ben tu apprends ce que le mot escargot du réseau veut dire.

Pire encore : lorsque l’iPad est annoncé, Apple annonce également un nouveau modèle de facturation de la 3G à l’utilisation, avec l’achat d’un forfait directement à travers l’interface de l’iPad. Aux États-Unis, le tarif est raisonnable, mais quid de la France ? Et bien, les opérateurs ont juste décidé de proposer des abonnements hors de prix (40€ par mois pour un iPad, avec limite à 2 Go ? Sériously, guys ?).

Et puis, il y a les petites mesquineries. Enfin, petites… Perso, j’ai toujours en travers de la gorge le racket (il n’y a pas d’autre mot) des opérateurs qui imposent un abonnement supplémentaire pour utiliser un iPhone en mode modem ou point de partage Internet sans fil. On paye des abonnements avec un Go de consommation par mois, mais on doit payer beaucoup plus cher parce que les octets viennent de et vont vers mon ordinateur plutôt que mon iPhone ? Prenons un cas simple : je télécharge une appli sur l’App Store à partir de mon iPhone 4. Rien ne m’est facturé en plus. Je décide de télécharger la MÊME appli à partir d’iTunes sur mon Mac, et Orange me prélève 10€ par mois pour avoir ce privilège ??? Où est la logique ?

C’est bien connu : Steve Jobs déteste les opérateurs téléphoniques. Il doit clairement penser que la beauté de ses appareils est sérieusement endommagée par leur côté rapiat. Mais je ne serai pas surpris que d’ici cinq ans, Apple se soit lancé d’une façon ou d’une autre dans la création d’un réseau ou le rachat d’un opérateur téléphonique après être devenu MVNO. Travail de longue haleine ? Complètement. Dangereux ? Également. Culotté ? Certainement. Mais ça serait finalement une telle rupture avec les opérateurs classiques et leur fâcheuse tendance à prendre les clients pour des pigeons qu’un tel effort pourrait devenir indispensable pour Apple, qui proposerait alors une solution complète de télécommunication, efficace et à tarif agressif.

Bien sûr, ce serait une tâche de longue haleine, colossale, remplie d’épines, dont la compliquée passation de pouvoir entre les opérateurs classiques et Apple. Mais d’un autre côté, Apple n’était sensée avoir aucune chance sur le marché de la téléphonie il y a quatre ans… We’ve come a long way, baby.

Apple, opérateur téléphonique, ça ne sera donc pas pour demain. Mais je suis sûr que du côté de Cupertino, ça doit pas mal cogiter dans ce sens… Et je suis quasiment sûr que le réseau téléphonique d’Apple pourrait arriver bien avant une TV Apple.

Les paris sont ouverts.

Pourquoi ne pas (toujours) tuer les apps sur iOS

Mon copain Jean-Christophe Courte vient de publier un article (après une looooooooongue discussion sur Twitter) à propos de la nécessité de tuer les apps sur iOS toutes les 24 heures. Dans la majorité des cas, je suis d’accord avec ses astuces, mais pas dans ce cas précis.

L’idée communément admise est qu’avec iOS4, Apple a enfin autorisé le multitâche sur l’iPhone, l’iPad et l’iPod touch. C’est évidemment inexact : iOS gère le multitâche préemptif depuis ses débuts au niveau du noyau. Vous vous souvenez ? « iPhone runs OS X… » (à 3:55)

Ce qu’Apple a permis à partir  d’iOS4 est une gestion plus poussée du multitâche et ouverte aux développeurs, par exemple pour mettre une application sonore autre que l’iPod en arrière-plan. Dans le même temps, Apple a ajouté une possibilité de contrôle par l’utilisateur des taches à l’aide d’un gestionnaire de tâches, que l’on révèle par une double pression 1

Comme l’explique très bien Jean-Christophe, on peut aussi depuis iOS tuer des applications. Mais je pense que cette fonction est très souvent mal utilisée. Je vois souvent des utilisateurs penser qu’il FAUT quitter les apps après utilisation ou qu’il faut tout quitter régulièrement.

Comme sur un ordinateur quoi. Mais l’iPad et l’iPhone ne sont pas des ordinateurs comme les autres. C’est bien là tout le problème ! Nous avons été habitués à exploiter des gestionnaires de taches, ajoutant une couche de complexité à leur exploitation. Avec iOS, Apple a proposé une nouvelle façon de gérer ses applis : de ne pas les gérer. Pas d’histoire de RAM à gérer, d’applis à quitter, et soyons honnête : dans 99,999% des cas, iOS gère ça très bien. La preuve : vous pouvez lancer sans vous poser de questions un nombre quasiment illimité d’apps, et l’OS ne ralentit pas et n’affiche jamais d’alerte de manque de mémoire. Mais comment fait-il ?

Tout simplement en tuant les processus inutilisés depuis longtemps. Lorsqu’une app est inutilisée, iOS va simplement la figer et écrire toutes ses données dans la mémoire de l’appareil. Mais là où un OS classique doit écrire les données sur un disque dur très lent, iOS écrit sur de la mémoire flash beaucoup plus rapide. L’opération est invisible pour l’utilisateur. Que la tache soit relancée à partir du disque ou de la RAM fait finalement peu de différence. D’ailleurs, vous pouvez faire le test : lancez toutes les apps de votre iPad. Il ne râle jamais que le système manque de mémoire2.

Du coup, pratiquement pas besoin de gestionnaire de taches pour gérer la mémoire de l’appareil. Mais alors, à quoi sert-il ? Je lui vois plusieurs intérêts, mais en tant qu’utilisateur avancé :

- Il donne accès à la liste des apps récemment utilisées. En cela, je le considère beaucoup plus proche des Éléments récents du menu Pomme ou du Dock de Mac OS X. C’est pratique pour naviguer entre les quelques dernières apps lancées. C’est à mon goût le point le plus intéressant de ce gestionnaire de tâches.
- Éventuellement à tuer une tache qui poserait problème. Personnellement, j’ai UN cas avec UNE app bien ciblée : Tom-Tom, qui continue de faire tourner à fond le GPS si on s’arrête un peu avant la destination. Et là l’iPhone continue de chauffer, chauffer (ça bouffe une puce GPS), et 2 heures plus tard, plus de batterie. Donc, je tue Tom-Tom systématiquement à l’arrivée.
-Une application (dé)bloque. Si elle ne répond pas et bloque les autres, autant la quitter.

JCC a rencontré un autre cas qui l’obligerait à quitter toutes les apps : un bug logiciel qui bloque alors la synchronisation avec iTunes. Mais personnellement je n’ai jamais rencontré ce problème et je ne relance jamais mes apps. Je ne dis pas que le problème n’existe pas, juste que ce comportement ne devrait pas arriver et n’arrive majoritairement pas. Ça serait plutôt une application particulière qui pourrait poser ce problème de synchronisation… Et le problème pourrait être corrigé quand l’application problématique est détectée, le problème remonté  et le bug éliminé.

À mon goût, quitter toutes les applications sous iOS revient un peu à reconstruire le bureau sous Mac OS 9 ou à réparer les autorisations sous Mac OS X : Ça peut réparer temporairement certaines erreurs, mais on le conseille un peu trop souvent, alors qu’il est souvent plus intéressant sur le long terme de comprendre pourquoi ce problème se déclenche3.

Mon conseil, donc : ne quittez pas les apps sans raison. Lassez iOS faire son boulot : après tout, dans la plupart des cas, il l’a très bien fait jusqu’à iOS 4. Et seulement si vous rencontrez un problème, envisagez de quitter certaines apps.

Pour reprendre une pub célèbre : ne passons pas à côté des choses simples.

Lire aussi sur ce blog et un peu sur le même sujet : Le point faible d’Apple…

  1. Pas un double-clic (réservé à la souris) ou un double-tap (pour la partie tactile de l’appareil).
  2. À contrario, la PlayBook de RIM utilise une méthode originale (ahem) : quand une app manque de mémoire, les coins se mettent à émettre une pulsation rouge. Si vous trouvez ça naturel, je ne comprends pas.
  3. Un peu comme si je vous conseillais de rajouter de l’essence dans votre voiture si elle ne démarre que le réservoir rempli à moitié : la solution serait de le remplir un peu plus, mais il serait quand même plus pratique et économique de comprendre pourquoi vous ne pouvez pas démarrer avec seulement un quart du réservoir).

Utiliser le nouveau calendrier MobileMe avec iOS 3

L’ami MacBrains du site éponyme s’est plaint ce soir d’un problème important : désormais, Apple force la migration des calendriers MobileMe vers un nouveau système. Las, ce nouveau système ne permet de récupérer les calendriers qu’à partir d’iOS 4, ce qui met sur la (multi)touche[1] le magnifique iPhone 3G de notre hélvète ami.

Sauf qu’en fait… ça marche très bien. Pour accéder à son calendrier après migration, il suffit de configurer le compte ainsi sur votre iPhone :

  • Lancez l’application Réglages.
  • Tapez Mail, Contacts, Calendriers.
  • Tapez Ajouter un compte.
  • Là, ne tapez PAS sur MobileMe, mais sur Autre.
  • Tapez Ajouter un compte CalDAV.
  • Renseignez les informations de la façon suivante :
    • Serveur : cal.me.com
    • Nom d’utilisateur : votre identifiant MobileMe, sans @me.com.
    • Mot de passe : le mot de passe de votre compte MobileMe.
    • Description : ce que vous voulez.
  • Tapez Suivant.

Le compte est ajouté, et utilisable sur votre « vieil » iPhone. Cette astuce a été testée sous iOS 3.1.3 et un iPhone 2G.

On dit merci qui ?

PS : chez David, pour les petites coupures, tu les laisses sur le compte en Suisse, comdab. Merci.

  1. AH AH AH.

Parts de marché

Il est donc acté aujourd’hui que puisqu’Apple propose une solution mobile fermée et qu’Android est ouvert (ahem), Apple est forcément condamnée à revivre le scénario des années 1990, et à revivre la même chute aux enfers. Parce qu’il est bien connu que l’histoire se répète, surtout en informatique.

La preuve : Windows Mobile est un succès écrasant aujourd’hui sur le marché des smartphones, Microsoft a écrabouillé tout le monde sur son passage, et il n’y  plus aucune société pour les combattre dans le domaine informatique. Non ? Je me serais trompé ?

Les analystes (et dans une certaine (grande) mesure, les journalistes) aiment à penser que le scénario de Windows il y a 20 ans est celui du succès et qu’il faut qu’Apple ouvre son système pour réussir à battre la concurrence. Quand bien même il y a beaucoup plus d’exemples de sociétés qui ont perdu, puis gagné à nouveau du terrain, alors que la domination de Microsoft via Windows est la véritable exception des technologies numériques.

Apple est devenue en moins de 10 ans l’une des plus grandes entreprises au monde en terme de capitalisation boursière sans pour autant avoir adopté Windows sur toutes ses bécanes 1. Et si on regarde de près, la suprématie de Windows n’a pas été particulièrement ébranlée sur les machines de bureau, où Linux ne perce que très timidement. Alors qu’il est tout aussi « gratuit » qu’Android pour les téléphones portables, non ?

Autre point amusant : continuer d’entendre qu’Apple aurait du licencier Mac OS dès 1985. Alors que le Mac était une architecture totalement différente du PC de l’époque, avec des écrans de bien plus haute résolution, et une ROM matérielle qui comportait la moitié de l’OS, donc un système totalement incompatible avec la technologie PC de l’époque. En 1995, Apple a autorisé des constructeurs à sortir des clones de Mac. Cela a failli la tuer. À la même époque, elle dépendait d’un OS en bout de course et sans aucun successeur (Copland était un fatras sans aucun vrai chef de projet).

De même, comme le rappelle ce billet, il existe de nombreux marchés où il n’y a pas eu de vainqueur bien défini, comme celui des jeux vidéo. Et c’est une très bonne chose : cela évite à chacun de dormir sur ses lauriers, la concurrence étant motrice d’innovation technologique. Dans les années 90, Nintendo dominait le marché jusqu’à l’arrogance, puis s’est prise une claque avec la PS 1 puis 2, Microsoft a débarqué, a dégainé le premier sur le marché des consoles « Next-Gen » avec la Xbox 360, alors que Nintendo revenait comme innovateur avec la DS puis la Wii.

Ce qui a sorti Apple du gouffre, ce n’est pas d’avoir tout abandonné à Windows : c’est de créer des nouvelles machines, de sortir des sentiers balisés, d’innover, de tracer sa voie sans écouter ceux qui avaient forcément raison. Si on avait écouté ces mêmes personnes, un produit comme l’iMac n’aurait jamais pu sortir2 et Apple aurait du prendre une licence de Windows NT 4 dès 1996 tout en enterrant Mac OS. Selon ces mêmes personnes, l’iPod aurait été un échec, et face au BlackBerry, l’iPhone, sans clavier, n’aurait eu aucun succès. Quand à l’iPad, c’est un gros iPod touch, personne ne veut utiliser ça pour remplacer son ordinateur.3

À vrai dire, je trouve presque cette volonté d’uniformisation des pensées (« allez tous vers Android ! » après « Allez tous vers Windows ! ») presque inquiétante. Comme si il fallait absolument qu’il n’y ait qu’UNE solution universelle dirigée par UNE compagnie. Alors qu’on a très bien vu ce qui se passait quand une seule compagnie faisait la pluie et le beau temps, et en particulier le frein à l’innovation que cela devenait…

Donc : la concurrence d’Android est bonne. Mais la disparition de toutes les plate-formes ne serait pas une bonne chose. Mettre tous les pouvoirs dans les mains d’une seule société qui en a déjà beaucoup ne serait peut-être pas une bonne idée… Que cette société soit Google ou Apple.

  1. Certes, on peut installer Windows sur un Mac, mais ce n’est pas l’élément déclencheur qui a permis aux ventes de Mac d’accélérer depuis quelques années. L’arrivée de Mac OS X et d’iLife ont été les deux événements les plus significatifs à mon goût
  2. « Pas de lecteur de disquettes ! Pas de SCSI ! USB, mais c’est quoi ça ! »
  3. Quand bien même Apple a bien expliqué qu’il s’agissait d’un produit entre l’iPhone et le Mac.