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Multitâche sur iOS : pourquoi on ne le comprend pas

Encore et toujours ce satané multitâche d’iOS dans un billet ? C’est que je trouve le sujet particulièrement intéressant, et il mérite encore qu’on se penche dessus. Car dès que quelqu’un tente d’expliquer pourquoi il n’est pas utile de quitter des applications sur iOS, il y a toujours quelqu’un pour expliquer que SI, il FAUT quitter TOUTES les apps régulièrement sur iOS. Alors que, je l’avais déjà expliqué, ce n’est nécessaire que dans des cas spécifiques.

Mais en réfléchissant un peu plus sur le sujet, je pense que le principal problème du multitâche d’iOS n’est pas dans son implémentation, finalement assez finaude et totalement adaptée à un système mobile, répondant à des exigences draconiennes en terme de consommation d’énergie. Non, le problème est dans la façon dont iOS présente le multitâche.

Vous connaissez donc la manipulation si vous êtes ne serait-ce qu’un peu geek 1  : vous faites un double clic sur le bouton central, et vous accédez aux applications dernièrement lancées. Soit. La barre d’icône peut faire pas mal penser au Dock de Mac OS X : elle permet de lancer une application déjà lancée, ou une application récemment lancée mais qui serait quittée, et permet aussi de quitter une application (enfin, c’est ce qu’on pourrait croire, voir plus loin).

En clair : cette barre présente trop de choses différentes de façon identique. Le Dock de Mac OS X présente les applications de façon différente selon qu’elles sont lancées ou non 2. Je dois avouer que je n’ai jamais été trop fan du Dock : il cumule énormément de fonctions différentes sans forcément bien les différencier. Il s’est certes amélioré avec les années, mais ce côté fourre-tout un peu bordélique m’a toujours un peu gêné. Combien de fois j’ai du expliquer en formation que non, on ne peut pas mettre n’importe quoi à gauche dans le Dock, ce n’était que des applications, sans que cela soit clairement bien expliqué ou visible directement dans l’interface…

On retrouve donc ce côté fourre-tout bordélique dans le gestionnaire du multitâche d’iOS :

  • Les applications en cours d’utilisation (mais pas au premier plan) ;
  • Les applications récemment lancées mais peut-être actives, sauf que je ne peux pas le savoir… Par exemple, il  se peut que la dernière application que j’ai lancée ait quitté inopinément… et elle n’est plus chargée en mémoire. Ou qu’elle ne gère pas correctement le fait d’être mise en arrière-plan et quitte systématiquement.
  • Les applications lancées depuis je ne suis plus quand. Je ne plaisante pas : je trouve sur mon iPhone à la fin de la liste des applications que je n’ai pas relancées depuis plus de trois semaines. Ces applications ne consomment en réalité rien du tout : ce serait plutôt l’équivalent du menu Éléments récents du menu Pomme de Mac OS X.

Que se passe-t-il réellement quand je tape sur l’icône d’une application dans le gestionnaire de tâches ? Si on reprend l’analogie avec Mac OS X, je peux passer d’une application à une autre qui aurait été lancée récemment, ou je tape en fait sur un raccourci vers l’application. Le problème évident est que je ne peux pas savoir à l’avance l’état de l’application. Regardez la copie d’écran suivante :

IOS Multitache

Petit jeu : une de ces applications n’est pas réellement active. Ami lecteur, sauras-tu retrouver laquelle ?

Et oui, il n’est fait aucune distinction entre les applications en arrière-plan selon leur état réel. Comment donc savoir si cliquer sur la petite icône de sens interdit que l’on observe quand on appuie plus d’une seconde sur une icône est vraiment utile ? Du coup, autant tout supprimer, comme ça on aura aussi les apps réellement chargées en mémoire… Mouaaaaaaaaaaaaaais.

Pourtant, cela pourrait être assez simple de donner un peu plus d’informations, non ? Imaginons :

IOS Multitache2

C’est une mise en situation très rapide, je ne suis pas graphiste, ni ergonome, donc je vous remercie par avance pour votre indulgence :) Mais disons que la situation des applications pourrait gagner en clarté avec un petit badge. Par exemple, indiquer que l’appli Tweetbot est en veille et donc ré-utilisable très rapidement. Que le BBC iPlayer est en cours de chargement d’un épisode de Doctor Who ou de Sherlock, par exemple. Et que l’application France est un alias vers l’application et est donc fermée. Encore que cette image ne parlerait pas aux gens qui ne font pas d’informatique, donc je doute de sa pertinence. Une autre solution : que la barre n’affiche vraiment QUE les applications lancées, et pas de raccourcis du tout vers des applications déjà quittées. Mais on y perdrait en facilité d’accès… Pas facile d’avoir une ergonomie simple ET compréhensible par tous !

Je comprends cependant très bien ce qu’Apple a voulu faire avec ce gestionnaire de tâches : rendre du pouvoir aux geeks, sans  pour autant sacrifier la simplicité d’iOS. Certes, la gestion du multitâches pour les applications tierces était nécessaire, car ne pas pouvoir utiliser un GPS en arrière-plan était juste risible… mais le gestionnaire de tâches méritera probablement plus d’attention de la part d’Apple dans le futur pour être plus clair.

  1. Et encore : mon épouse, plutôt dans la tranche des utilisateurs à qui l’informatique ne fait pas peur, ne connaissait pas la fonction.
  2. Enfin, c’était vrai jusqu’à Lion, puisque ce dernier peut également masquer l’indicateur d’activité des applications, ce que je trouve être une mauvaise idée.

Slate.fr et la mauvaise foi

Slate.fr se démarque une nouvelle fois par un article absolument ridicule : selon eux, Apple devrait autoriser n’importe quel périphérique à pouvoir se synchroniser avec le contenu de l’ordinateur via iTunes.

Outre le fait que cela demande à Apple de s’occuper de la gestion de périphériques tierce-partie et à assurer leur support (ce que personne ne fait, pas même Microsoft) avec son logiciel, il faudrait aussi arrêter de penser que Palm est un gentil ch’tit n’ange et que Apple c’est le gros méchant qui veut rien que les bloquer.

La vérité, c’est que chez Palm, ce sont des grosses feignasses, et qu’ils ont été bien plus pourris qu’Apple par le passé. Souvenez-vous : il y a quelques années, Palm a vendu de nombreux périphériques capables théoriquement de se synchroniser avec le Mac. Théoriquement, c’est le mot : car si Palm a un jour racheté Claris Organizer pour permettre la synchro, son développement était tellement buggé que la plupart des possesseurs de Palm se sont rués sur des solutions tierce-partie payantes, comme The Missing Sync. Et pour avoir eu en ma possession un LifeDrive durant quelques temps, je peux confirmer que ces solutions étaient parfaitement fonctionnelles, et bien meilleures que celles fournies par Palm.

Alors, où est le problème aujourd’hui ? Pas compliqué : il semble que Jon Rubinstein, ancien d’Apple et désormais dans le top trois des boss de Palm, en veuille quelque peu à Steve Jobs de s’être fait lourder, et a décidé de taper là où ça fait du bien pour lui et du mal pour Apple. En clair : « Apple bloque la synchro du Palm ». Non : Apple empêche Palm de faire croire que son appareil est un produit qu’il n’est pas, ce qui est de la malhonnêteté de la part de Palm. Si Palm était honnête, elle aurait arrêté les frais dès le deuxième blocage, et se serait dite « bon, ben achetons une licence Missing Sync à Markspace, et vendons-la avec chaque Palm », fin de l’histoire. Ou mieux, elle aurait créé sa propre soluce de synchro, comme l’a fait RIM récemment pour le BlackBerry. Mais non : Palm, redresseur de torts, décide d’aller jusqu’à contourner les règles de l’USB Consortium en faisant croire que son appareil est fabriqué par Apple. Woah.

« Apple est hypocrite », selon l’auteur du torchon de Slate. « L’iPod aurait été un fiasco si Microsoft l’avait empêché de se brancher sur des PCs. ». Euh, et le soft de synchro, c’est Microsoft qui l’a fourni sur PC ???

« La dernière version du Mac OS peut même automatiquement se synchroniser avec Microsoft Exchange – quelque chose que même Windows ne permet pas ». Apple a fait quoi ? Elle a acheté une licence ActiveSync à Microsoft. Et alors ?

« Palm est obligé de s’en remettre à un piratage parce qu’Apple ferme toutes les voies légales d’accès – en rendant illégale cette même compatibilité qui a longtemps été la raison d’être d’Apple. » Et non, et c’est bien le problème. Si la synchro était impossible sans Apple, Missing Sync n’aurait aucune raison d’être.

Quand à l’argument Samba, il est bidon : Microsoft pouvait ne pas aimer Samba, mais son fonctionnement basé sur du retro-engineering ne pouvait être soumis à caution.

Alors, qu’Apple impose parfois des méthodes limites de verrouillage, pourquoi pas, mais dire qu’Apple bloque la synchronisation d’iTunes est juste de la mauvaise foi. La seule chose qu’Apple bloque, ce sont les méthodes plus que limites de Palm. Si ces derniers veulent fournir leurs outils de synchronisation, les API de synchro via MobileMe sont publiques, et il n’y a pas de difficulté à synchroniser le contenu d’iTunes pour le Pre. Il faut juste que les développeurs de Palm se mettent vraiment au boulot, et arrêtent de faire croire qu’ils sont trop gentils. Imposer à ses clients le jeu du chat et de la souris est un danger pour Palm, pas pour Apple : au bout d’un moment, ce seront les clients qui en auront marre.

Ah, et qu’on arrête avec le monopole d’iTunes et de l’iPod : Apple n’a rien imposé, les clients ont toujours été libres d’acheter leur musique ailleurs que sur iTunes Store, l’iPod n’a jamais été le seul baladeur MP3 du marché, et les DRM ont été imposés par les majors, pas par Apple.

Un iPhone sans données ? Mais c’est génial !!!

On apprend aujourd’hui chez Yahoo (source Reuters) qu’Apple pourrait lancer un iPhone bon marché.

Attention, accrochez-vous, ça vole très haut : « L’idée est de pouvoir par exemple utiliser l’iPhone comme un baladeur musical et, si l’utilisateur souhaite aller sur internet, d’opter pour une connexion Wifi parfois gratuite dans les gares et les cafés ».

Ouais. L’idée serait de proposer… un iPod Touch, quoi. Y’a pas à dire : inventer des produits qui existent déjà, sont commercialisés depuis près de deux ans et dire « ‘tain, ça ça serait une idée géniale pour Apple ! », et être payé pour dire ça… Je me demande ce que j’attends pour me lancer comme analyste.