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iTunes, iPhone et le piège du chiffrement de sauvegarde

Petit cas intéressant la semaine passée : soit un iPhone 5s à faire migrer vers un nouvel iPhone 6 pour un de mes clients. Je branche le 5s sur son Mac, et je vais lancer la sauvegarde, qui était chiffrée. C’est pratique de chiffrer sa sauvegarde iTunes : au moins, quand on restaure sa sauvegarde, on conserve les éléments du trousseau, comme les mots de passe de mail, des points d’accès Wi-Fi… Fort utile. Si vous ne savez pas comment créer une sauvegarde chiffrée, rien de plus simple : cochez la case Chiffrer la sauvegarde locale dans le résumé de l’iPhone sur iTunes (c’est un iPad sur les captures d’écran, mais l’opération reste identique avec l’iPhone), puis tapez un mot de passe et confirmez-le.

Chiffrement iOS1

Chiffrement iOS4

Enfin, c’est utile SI ON N’OUBLIE PAS LE MOT DE PASSE DE LA SAUVEGARDE, ou si on a bien pensé à cocher la case Mémoriser ce mot de passe dans mon trousseau.

Or, ce n’était pas le cas ici : j’avais lancé une sauvegarde quelques temps auparavant de cet appareil, il a été sauvegardé sans problème, mais le mot de passe n’avait pas été stocké dans le trousseau1. Du coup, impossible de restaurer la sauvegarde (qui pouvait cependant toujours être effectuée).

Bah, pas grave, j’ai qu’à faire une nouvelle sauvegarde, et ne pas ré-utiliser la dernière, me dis-je.

Pas compliqué : menu iTunes > Préférences > Appareils > Supprimer la sauvegarde. Woké. Et on relance la sauvegarde.

Chiffrement iOS6

Maaiieeeeeeuh… Pourquoi iTunes veut toujours que j’utilise une sauvegarde chiffrée ?

Et pourquoi je dois toujours re-taper le mot de passe de la sauvegarde alors qu’il s’agit d’une nouvelle sauvegarde ?

Donc, là, iTunes me bloque. Woké, Pas grave, je prends l’iPhone, je le branche sur un autre Mac, et je relance la sauve…

HEIN QUOI QUE DONC QUOI HEIN ?

iTunes veut TOUJOURS le mot de passe de la sauvegarde ? Le mot de passe original que je n’ai plus ?!?

Conclusion donc définitive, et confirmée via Twitter ainsi que par cet article technique d’Apple : c’est l’iPhone lui-même qui gère le chiffrement de la sauvegarde, à partir du moment où celui-ci a été activé. Pas iTunes, pas le Mac, non : l’iPhone uniquement.

Donc, si vous perdez le mot de passe de la sauvegarde : vous êtes mort. Enfin, façon de parler, mais vous ne serez plus capable d’utiliser une sauvegarde chiffrée tant que vous n’aurez pas  complètement restauré l’iPhone.

La seule solution sera alors de sauvegarder via iCloud votre appareil, puis restaurer sa sauvegarde sur votre iPhone/iPad/iPod Touch. Ou de déchiffrer la sauvegarde existante en mode brute force avec un utilitaire dédié (il en existe, fonctionnels uniquement sous Windows malheureusement). En espérant que le mot de passe ne soit pas trop long, car sinon ça pourrait prendre très, très longtemps…

Toujours bon à savoir !

  1. C’était là ma plus grosse erreur, qui a entrainé tout le reste)

Les CGU sont imbitables. C’est pour ça qu’on ne les aime pas.

Gonzague Dambricourt publie un billet intéressant ce matin sur les cris d’orfraie  que l’on entend dès qu’un nouveau service en ligne ouvre, comme c’est le cas pour le tout nouveau Google Drive. Et il a raison :

« Comme à CHAQUE fois qu’un service web sort, les « chevaliers blancs » d’Internet vont lire les conditions générales d’utilisation (CGU) desdits services pour pouvoir sortir un article ou des tweets en mode « scandale ». »

Mais j’ai quand même tendance à penser que c’est un peu normal de s’étonner, lorsqu’on lit quelque chose comme :

« Vous restez le propriétaire de tous les droits de propriété intellectuelle dont vous disposez sur ce contenu. En bref, ce qui vous appartient vous appartient. »

“Lorsque vous téléchargez ou soumettez un contenu à nos services, vous accordez à Google (et ceux avec qui nous travaillons) une licence mondiale  pour utiliser, accueillir, stocker, reproduire, modifier, créer des œuvres dérivées (telles que celles résultant de traductions, adaptations ou d’autres changements que nous faisons, de sorte que votre contenu fonctionne mieux avec nos services), communiquer, publier, représenter, afficher et distribuer un tel contenu. ”

On pourrait être d’accord pour dire que la CGU est abusive… puisqu’elle donne grosso modo tous les droits sur votre contenu à Google. Surtout, il n’est pas clairement précisé que c’est pour des raisons techniques que Google a besoin de cette clause.

Pour moi, l’autre souci dans le texte, c’est ceux avec qui nous travaillons.
Qui sont ces gens ?
Quels sont leurs réseaux ?
Je ne suis pas du genre à voir le mal partout. Le problème, c’est surtout que ces conditions générales d’utilisation sont juste imbuvables. Le charabia juridique utilisé dans ces CGU n’est compris que par peu de gens, et tout est fait pour masquer ce contenu dans les tréfonds de 40 pages de texte à usage légal.
Ne croyez pas que je sois particulièrement désagréable parce que c’est Google : la licence d’iTunes est bien pire (22 pages), la faute évidemment à l’intégration avec iTunes Store et autres joyeusetés.
Il faut que les CGU deviennent réellement utilisables. Un étudiant avait fait une proposition dans ce sens, et il y avait effectivement de l’idée. Mais tant que ces licences d’utilisation resteront aussi opaques, on aura droit à des commentaires pas forcément injustifiés.

Faut-il brûler iTunes ?

La question revient souvent sur le net ces jours-ci (voir par exemple ici, ici, avec un contre-argument ici) :

Faut-il qu’Apple scinde iTunes en plusieurs applications ?

On reproche souvent à iTunes un côté usine à gaz, trop de fonctions, trop complexe à gérer, trop de bugs… Et la solution serait de rendre les modules d’iTunes autonomes. Ex : séparer les fonctions de synchronisation de la fonction de lecture de média ou de l’iTunes Store. Cette approche rendrait iTunes plus léger et plus efficace à utiliser.

Je pense que ça serait une erreur.

La force d’iTunes, c’est justement l’intégration. Le fait que l’utilisateur lambda ait un seul logiciel à installer pour gérer l’intégralité de ses médias numériques, et pouvoir les retrouver instantanément sur tous ses appareils. Si on se retrouve à morceler les fonctions dans plusieurs applications, on crée  une nouvelle forme de complexité, des interactions difficiles entre composants. Rien ne m’agace plus que lorsque plusieurs morceaux d’une application se retrouvent éparpillés aux quatre coins du système d’exploitation1.

On voit cependant qu’Apple a déjà réfléchi au moins en partie au problème, en proposant la synchronisation via iCloud. Elle est encore loin d’être parfaite, mais elle existe, et fonctionne dans l’ensemble plutôt bien. Mais elle n’est pas adaptée à tous les média, en particulier la vidéo, beaucoup trop lourde aujourd’hui2. La synchro locale a donc encore ses avantages, qu’elle se fasse en Wi-Fi ou via un câble USB.

Le plus gros problème d’iTunes vient de son âge. iTunes est né en 2001. C’est un des plus vieux logiciels d’Apple toujours en activité… plus vieux qu’OS X3 ! Apple a ensuite greffé de plus en plus de fonctions sur iTunes, le rendant effectivement bien plus complexe qu’à l’origine, même si elle en a retiré pas mal au passage. N’oublions pas non plus que la plupart de ces fonctions sont intégrées… à la demande des utilisateurs ! Le compromis entre fonctionnalités et simplicité est toujours très dur à trouver, et je pense qu’avec iTunes, les développeurs ont fort à faire pour trouver le juste milieu. En fait, j’ai même tendance à penser que le travail d’Apple sur iTunes est sacrément bon vu les challenges qu’il implique. Sans compter, comme remarqué très justement sur un blog, les problèmes légaux impliqués par les partenariats avec les majors de la musique, de la TV et du cinéma, qui ne doivent pas faciliter le développement.

Là où Apple pourrait améliorer iTunes, c’est en séparant le moteur de l’application de son interface. Ainsi, cela rendrait l’utilisation d’interfaces alternatives de gestion plus simples, et éviterait d’avoir à lancer iTunes juste pour écouter un morceau ou pour faire une synchronisation standard ou une sauvegarde. Mais ce n’est sûrement pas facile à faire, d’autant qu’iTunes reste encore une des rares applications Carbon de Mac OS X car même si iTunes est écrit en Cocoa dans Lion (avec sûrement quelques gros bouts de Carbon dedans), il reste Carbon sous Mac OS X 10.6.8, tout en conservant les mêmes fonctions et la même compatibilité avec iTunes pour Windows ! Je ne serais du coup pas surpris qu’un iTunes X soit en cours de développement chez Apple, avec un moteur réécrit de zéro, un peu comme Final Cut X.

Parfois, la meilleure solution, c’est juste de recommencer depuis le début.

L’avantage : on sait que ça n’a jamais fait peur à Apple.

(Et si vous voulez plus d’infos sur les logiciels pour améliorer iTunes, voir iTunes : comment l’améliorer… ou s’en passer chez MacG.

  1. Les panneaux de configuration Windows m’ont par exemple toujours exaspéré, en particulier les réglages de réseau et de partage. Pourquoi le nom de l’ordinateur est-il à régler dans le poste de travail, et pas dans un panneau de configuration de partage, par exemple, comme le fait Mac OS X ?
  2. Rappel : un film HD de haute qualité, c’est plusieurs Go à transférer.
  3. À part Final Cut Pro et iMovie, je ne vois pas d’application aussi ancienne. Et même Final Cut Pro et iMovie ont subi un lifting majeur, les rendant très largement différents de leurs ancêtres.

Nouveau livre : À la découverte de son iPad !

Et bien ça y est, mon nouveau livre est enfin disponible ! Il s’intitule À la découverte de son iPad, et c’est le cahier idéal pour prendre en main l’iPad, découvrir ses fonctions, sa synchronisation avec iTunes, ses applications…

Sans plus attendre, la présentation officielle :

41 exercices pour piloter son iPad au doigt et à l‘oeil

Séduit par ses lignes racées, vous venez d‘acquérir un iPad, la première tablette informatique grand public, cet étonnant ordinateur aussi à l‘aise pour lire des vidéos qu‘envoyer des e-mails, visionner des photos, naviguer sur le Web ou encore consulter des livres électroniques. Pour apprendre à vous en servir, vous cherchez un ouvrage sans bla-bla, clair et pédagogique. Ce livre est fait pour vous : au fil de ces 41 ateliers où chaque étape est illustrée par une capture d‘écran, vous apprendrez à installer votre iPad, ajouter de nouvelles applications, acheter de la musique en ligne, lire des fichiers PDF avec iBooks, vous connecter en 3G et en Wi-Fi… En un mot, tout ce que l‘iPad a de meilleur à offrir, comme vous le montre cet ouvrage très visuel et 100 % pratique !

Ce livre s’adresse :
• Aux nouveaux utilisateurs de l‘iPad, équipés d‘un Mac ou d‘un PC
• Aux grands débutants en informatique

C’est donc un livre idéal à (s’)offrir si on se lance dans l’aventure informatique avec l’iPad, mais ça ne sera pas la « Holy Bible » de l’iPad (curieusement, par exemple, je n’évoque pas le jailbreak… :-) ).

Pour le moment, le cahier est disponible au format Izibook (PDF sans protection mais personnalisé avec votre adresse e-mail sur chaque page) ou ePub. Vous pouvez télécharger votre copie ici : http://izibook.eyrolles.com/produit/988/9782212700114 pour la modique somme de 16,90 €.
Et la version papier sera disponible dans toutes les bonnes boucheries aux alentours du 1er septembre.

Bonne lecture, et n’hésitez pas à me remonter vos commentaires, remarques, encouragements, insultes… ici ou par e-mail.

L’iPad doit vivre sans iTunes

Cédric Ingrand de LCI exprime sur un tweet il y a quelques heures son énervement face à l’obligation d’utiliser iTunes avec l’iPad. Car dès qu’on allume l’iPad, le symbole fatidique apparaît :

Connexion à iTunes

Sans parler des restrictions incohérentes (lesquelles ?), je pense qu’il a cependant raison sur ce point que j’avais déjà soulevé ailleurs : l’iPad devrait s’émanciper de l’ordinateur pour devenir un vrai gros carton planétaire. Car les gens à qui j’ai montré l’iPad sont tous très enthousiastes, mais sont parfois rebutés par le fait qu’il s’agit d’un périphérique de l’ordinateur. Beaucoup rêvent de pouvoir l’utiliser à plein temps sans se poser la question d’avoir un autre ordinateur sous la main. Et c’est sûrement là que se révèle le problème du positionnement de l’iPad : ce ne peut être un remplacement du netbook, car ce n’est pas un ordinateur comme les autres. Un netbook, on lui branche un disque dur aux fesses, et hop, on peut le sauvegarder. Mais l’iPad ? Pas d’autre possibilité que de le connecter à iTunes. J’ai pris des photos, je les transfère sur mon iPad avec le kit ad hoc… et ensuite, je dois re-synchroniser avec mon ordi pour récupérer les photos. Groumpf. Sans parler des solutions actuelles beaucoup trop complexes pour transférer des documents dans les applications de la suite iWork, par exemple.

L’iPad doit pouvoir se trouver une vie propre, couper le cordon avec l’ordinateur, et pour cela il y a quelques solutions.

Rendre MobileMe gratuit (ou réduire largement son tarif) et proposer une synchronisation de TOUT l’iPad

Ah, le Cloud Computing… Ce magnifique horizon qui fait tant rêver les hommes ! Je dois admettre que je ne suis pas un fan de l’idée du tout en ligne. Appelez-moi vieux con ou ce que vous voulez, mais l’idée d’avoir mes informations sur Internet et nulle part ailleurs ne m’excite pas plus que ça, parce que quoi qu’on en dise, Internet n’est pas accessible partout, tout le temps. Si vous saviez le nombre de bâtiments ou rues dans Paris dans lesquels on n’attrape aucun réseau téléphonique et où tous les réseaux Wi-Fi sont saturés et fermés…

Cependant, l’idée d’une sauvegarde en ligne externalisée est intéressante, si on adjoint donc les possibilités de synchronisation de contenu. Si on peut récupérer ses contenus en ligne à partir d’un autre service, pourquoi pas. Dans ce cas, l’écran de démarrage de l’iPad pourrait soit proposer de se connecter à un réseau Wi-Fi pour ensuite rentrer ses identifiants MobileMe ou autre, et vivre sa vie tout seul.

Cela suppose également de trouver des méthodes pour transférer des contenus de l’ordinateur sans passer par le Wi-Fi, mais là encore, l’iDisk pourrait être une bonne méthode. Une mise à jour d’iTunes permettrait alors de synchroniser sa musique, ses photos, etc… d’iTunes vers l’iDisk. Le contenu serait accessible via me.com, mais également en streaming ou téléchargement vers l’iPad… Sexy non ?

Transformer les bornes Airport ou les Time Capsule en agents iTunes

Une autre solution serait de transformer les bornes existantes ou de créer un nouveau type de borne Airport capable de sauvegarder le contenu d’un iPad automatiquement. Ainsi en cas de problème, on pourrait brancher l’iPad sur la borne via USB, et le restaurer. On pourrait aussi partager plus facilement nos contenus personnels, par exemple les photos, entre plusieurs iPad, simplement en s’appuyant sur la borne. Il faudrait cependant un vrai processeur pour gérer ces contenus, d’où une autre solution à mon goût encore plus pertinente…

Transformer AppleTV en iTunes Media Center

Cette idée rejoindrait quelque peu la précédente. Plutôt que de faire d’AppleTV un simple moyen de diffusion de contenu sur la télévision, Apple pourrait en faire un vrai mini-ordinateur simple à contrôler, avec une sorte d’iTunes OS au milieu. Plutôt que de faire uniquement de la lecture, on pourrait aussi connecter son iPad dessus via Wi-Fi pour lire son contenu multimédia, et là encore utiliser le disque interne pour sauvegarder le contenu de l’iPad façon Time Machine, ou même le restaurer en cas de problème.

Car un des problèmes qui reste avec l’iPad, c’est aussi… comment le restaurer en cas de problème ? À l’heure actuelle, il n’est possible de réinstaller son iPad qu’avec iTunes, et donc un ordinateur. Pas de DVD système fourni avec… alors que même le MacBook Air dispose d’un tel DVD ! C’est là encore iTunes qui sert de plate-forme de contrôle pour télécharger les mises à jour système, et les installer… ou restaurer iPhone OS.

En tout cas, si on regarde de près la forme d’Apple TV, de Time Capsule, ou encore du Mac mini, on se dit qu’il y a peut-être une convergence… Et si l’Apple TV en tant que tel manque d’attrait, en faire la plate-forme de sauvegarde et de synchronisation de l’iPad deviendrait diablement intéressant.

L’émancipation de l’iPad sera certainement complexe. Mais elle pourrait proposer à Apple de nouveaux challenges intéressants, et sûrement de nouvelles opportunités commerciales. Mais en attendant…il va falloir continuer de brancher ce sacré câble USB !

Pixar, DRM… et M*RD*.

Je suis furax.

Le père Noël a apporté à ma fille et moi-même le coffret Blu-Ray/DVD de Là-Haut, ce film de Pixar dont j’ai déjà dit tout le bien dont je pensais à sa sortie cet été. Dans un seul coffret, 4 supports optiques : 2 Blu-Ray, pour les gens qui comme moi ne sont pas encore passés à la Haute Définition, un DVD pour les gens qui comme moi utilisent cette antique technologie qu’est le DVD, et une version numérique pour les gens qui comme moi utilisent leur ordinateur pour… hein, quoi ? Vous avez quoi comme ordinateur, mon bon môssieur ? Un MAC ??? Ah mais non, c’est pas possib’, car la version numérique ne fonctionne qu’avec Windows Media Player.

Oui mais attendez… Pixar, c’est pas à Steve Jobs ? Et maintenant, Jobs il est pas à la tête de Disney ? Et d’Apple aussi ? Et y’a pas une méthode pour mettre des copies numériques qui fonctionnent aussi avec iTunes ?

Réponse globale : oui. D’où mon énervement que je qualifierai de légitime.

RAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH. Certes, ça n’enlève pour le coup rien aux qualités du film, mais quand même, c’est très énervant. Et oui, je sais, y’a Boot Camp et la virtualisation, mais ça n’est pas une bonne excuse.

Slate.fr et la mauvaise foi

Slate.fr se démarque une nouvelle fois par un article absolument ridicule : selon eux, Apple devrait autoriser n’importe quel périphérique à pouvoir se synchroniser avec le contenu de l’ordinateur via iTunes.

Outre le fait que cela demande à Apple de s’occuper de la gestion de périphériques tierce-partie et à assurer leur support (ce que personne ne fait, pas même Microsoft) avec son logiciel, il faudrait aussi arrêter de penser que Palm est un gentil ch’tit n’ange et que Apple c’est le gros méchant qui veut rien que les bloquer.

La vérité, c’est que chez Palm, ce sont des grosses feignasses, et qu’ils ont été bien plus pourris qu’Apple par le passé. Souvenez-vous : il y a quelques années, Palm a vendu de nombreux périphériques capables théoriquement de se synchroniser avec le Mac. Théoriquement, c’est le mot : car si Palm a un jour racheté Claris Organizer pour permettre la synchro, son développement était tellement buggé que la plupart des possesseurs de Palm se sont rués sur des solutions tierce-partie payantes, comme The Missing Sync. Et pour avoir eu en ma possession un LifeDrive durant quelques temps, je peux confirmer que ces solutions étaient parfaitement fonctionnelles, et bien meilleures que celles fournies par Palm.

Alors, où est le problème aujourd’hui ? Pas compliqué : il semble que Jon Rubinstein, ancien d’Apple et désormais dans le top trois des boss de Palm, en veuille quelque peu à Steve Jobs de s’être fait lourder, et a décidé de taper là où ça fait du bien pour lui et du mal pour Apple. En clair : « Apple bloque la synchro du Palm ». Non : Apple empêche Palm de faire croire que son appareil est un produit qu’il n’est pas, ce qui est de la malhonnêteté de la part de Palm. Si Palm était honnête, elle aurait arrêté les frais dès le deuxième blocage, et se serait dite « bon, ben achetons une licence Missing Sync à Markspace, et vendons-la avec chaque Palm », fin de l’histoire. Ou mieux, elle aurait créé sa propre soluce de synchro, comme l’a fait RIM récemment pour le BlackBerry. Mais non : Palm, redresseur de torts, décide d’aller jusqu’à contourner les règles de l’USB Consortium en faisant croire que son appareil est fabriqué par Apple. Woah.

« Apple est hypocrite », selon l’auteur du torchon de Slate. « L’iPod aurait été un fiasco si Microsoft l’avait empêché de se brancher sur des PCs. ». Euh, et le soft de synchro, c’est Microsoft qui l’a fourni sur PC ???

« La dernière version du Mac OS peut même automatiquement se synchroniser avec Microsoft Exchange – quelque chose que même Windows ne permet pas ». Apple a fait quoi ? Elle a acheté une licence ActiveSync à Microsoft. Et alors ?

« Palm est obligé de s’en remettre à un piratage parce qu’Apple ferme toutes les voies légales d’accès – en rendant illégale cette même compatibilité qui a longtemps été la raison d’être d’Apple. » Et non, et c’est bien le problème. Si la synchro était impossible sans Apple, Missing Sync n’aurait aucune raison d’être.

Quand à l’argument Samba, il est bidon : Microsoft pouvait ne pas aimer Samba, mais son fonctionnement basé sur du retro-engineering ne pouvait être soumis à caution.

Alors, qu’Apple impose parfois des méthodes limites de verrouillage, pourquoi pas, mais dire qu’Apple bloque la synchronisation d’iTunes est juste de la mauvaise foi. La seule chose qu’Apple bloque, ce sont les méthodes plus que limites de Palm. Si ces derniers veulent fournir leurs outils de synchronisation, les API de synchro via MobileMe sont publiques, et il n’y a pas de difficulté à synchroniser le contenu d’iTunes pour le Pre. Il faut juste que les développeurs de Palm se mettent vraiment au boulot, et arrêtent de faire croire qu’ils sont trop gentils. Imposer à ses clients le jeu du chat et de la souris est un danger pour Palm, pas pour Apple : au bout d’un moment, ce seront les clients qui en auront marre.

Ah, et qu’on arrête avec le monopole d’iTunes et de l’iPod : Apple n’a rien imposé, les clients ont toujours été libres d’acheter leur musique ailleurs que sur iTunes Store, l’iPod n’a jamais été le seul baladeur MP3 du marché, et les DRM ont été imposés par les majors, pas par Apple.

iTunes 9 et iPhone : les compteurs synchronisent à nouveau

C’était un bug qui m’agaçait depuis déjà quelques versions d’iPhone OS : lorsqu’on effectuait une synchronisation entre iTunes et iPhone, le compteur du nombre de lecteurs d’un morceau n’était pas mis à jour entre les deux. Ainsi, si vous aviez écouté dix fois une chanson sur l’iPhone, l’information n’était pas renvoyée à iTunes lors de la synchronisation. Alleluïa : le bug est corrigé avec iTunes 9 et iPhone OS 3.1. Désormais, je saurai combien de fois je me suis gavé au total des mêmes morceaux de musique entre iTunes et mon iPhone.

Merki© Apple !