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Le syndrome du Pro

Je me pose la question encore une fois, suite à de nombreuses discussions sur mon fil Twitter. Certains estiment que l’iPad Pro… n’est pas pro. Parce qu’il n’est pas capable par exemple de gérer facilement un disque dur USB à travers l’appli Fichiers. Une limite totalement arbitraire imposée par Apple, c’est vrai.

Pour d’autres, ça sera l’absence de souris qui constituera une faiblesse. L’absence de pavé numérique. L’absence de Photoshop / InDesign / une application de bureau classique.

Pour d’autres, c’est l’absence de Microsoft Office. Ah mais non, il est dispo depuis bientôt 4 ans. Ah oui mais non, c’est pas la même chose que sur un ordinateur de bureau. Donc pas pro.

Mais est-ce que ces seuls points discréditent l’iPad (pas forcément Pro, non plus), de remplir des tâches professionnelles ?

Chaque jour, on rencontre de nouveaux utilisateurs d’iPad qui s’en disent satisfaits. Qui bossent avec, qui créent. Ce sont aussi des pros. Mais à la différence d’autres utilisateurs, ils ont été prêts à accepter les quelques sacrifices qu’imposaient la bascule vers iOS pour un outil qui leur correspondait peut-être plus. Qui leur proposait des choses qu’un ordinateur portable ne fait pas aussi facilement. Comme prendre une photo, et griffonner des remarques dessus avec un Apple Pencil avant de l’envoyer à un contact quelconque ou le stocker dans un service cloud dédié pour qu’un client puisse également l’annoter. C’est pas pro, ça ? Pourtant, c’est exactement ce pourquoi l’iPad a été conçu.

IPad Pro

Tenez, prenez la revue-fleuve de Federico Vittici sur iOS 12. Ce n’est pas sa première revue, loin de là, entièrement réalisée sur iOS. Ce n’est donc pas un usage professionnel ? Vraiment ? Pourtant, il a produit plusieurs milliers de signe, et tout mis en ligne uniquement avec son iPad. En revanche, il est intéressant de constater que dans la liste des applications utilisées pour réaliser cette revue, il n’y a pas de ces killer apps si indispensables à tout usage pro. Pas de Microsoft Word™, pas d’Adobe Photoshop™. Car l’iPad Pro n’est pas une machine de confort. C’est un ordinateur (disons-le, oui, c’est un ordinateur, ni plus ni moins), qui ne se laissera apprivoiser que si vous acceptez de remettre en cause votre façon de travailler, vos outils, pour y trouver de bien meilleurs outils, plus adaptés à vos besoins.

C’est un peu d’ailleurs un problème général : se dire que Word ou Excel sont incontournables, alors qu’il existe des outils cent fois meilleurs pour certaines tâches, même sur Mac. Personnellement, j’ai par exemple de plus en plus de mal à travailler avec Word, alors que je prends de plus en plus plaisir avec Pages, ne serait-ce que parce qu’il gère correctement les fonctions d’auto-enregistrement de macOS.

Mais alors, on peut toujours revenir à la question initiale : qu’est-ce qu’un pro ? Un professionnel, donc. Mais de quoi ?

Si l’on prend la définition de Wikipedia: Le professionnel est une personne spécialisée dans un secteur d’activité ou exerçant une profession ou un métier. Le professionnalisme caractérise la qualité du travail de quelqu’un ayant de l’expérience. Le professionnalisme est la capacité à assurer un engagement envers la société et à répondre à ses attentes. Mais historiquement, chez Apple, les Pro… ce sont les créatifs. Enfin, ça c’était avant. Depuis, Apple a conquis avec l’iPad et l’iPhone bien d’autres marchés professionnels, dont on parle beaucoup moins, parce qu’on reste attaché à cette frange de professionnels qu’ont été les créa de l’image, du son et de la vidéo durant des années pour Apple.

Il y a cependant une différenciation très importante chez Apple sur l’utilisation du mot pro. Chez Apple, le Pro s’applique pour différencier les gammes de matériel. Ce terme Pro a remplacé le terme Power avec le temps : Power Macintosh > Mac Pro, PowerBook > MacBook Pro, Power Pascal > Pascal Praud (ok je sors). L’iPad aurait pu s’appeler le Power iPad… et cela aurait été finalement plus clair. Un iPad, avec plus de puissance, tout simplement. Apple fait donc peut-être une erreur et complique la situation en attribuant le terme Pro à ses ordinateurs qui sont simplement les plus puissants, et pas juste réservés à une clientèle pro voire une clientèle s’intéressant uniquement à la création pure.

Revenons donc à nos iPad Pro. Si vous estimez donc que vous avez absolument besoin de connecter un disque dur externe de 8 To dessus pour travailler toute la journée, alors peut-être qu’effectivement, l’iPad Pro n’est pas (encore) pour vous. Mais ne pensez pas que ce que vous ne pouvez faire qu’avec votre ordinateur disqualifie automatiquement l’iPad comme outil professionnel pour beaucoup de gens. Considérez juste l’iPad comme un outil inadapté à votre besoin, tout comme le MacBook Pro pourrait être considéré comme inadapté à d’autres besoins. Seul importe le résultat final. Et ça ne rendra pas l’iPad pro moins pro pour les autres. Your milage may vary, comme disent les anglais avant le Brexit (après, ils diront juste « Fuck fuck fuck »).

Ce n’est pas l’outil qui décidera si vous êtes un pro ou non. C’est ce que vous ferez de cet outil qui le décidera pour vous.

iMac : la rupture d’Apple

Il fallait vraiment avoir la foi pour croire au retour possible d’Apple en mai 1998. Steve Jobs a repris les rênes de la société depuis moins d’un an, et il a mis en chantier un plan ambitieux, axé durant les premiers mois autour de l’image de la marque, et de Mac OS (pas encore macOS), son joyau. Apple n’avait pas encore cependant marqué les esprits, et Mac OS X n’existait alors que virtuellement, le chantier de l’adaptation de NextSTEP au Mac ayant à peine commencé. La seule grande raison pour laquelle Apple avait fait parler d’elle quelques mois auparavant dans les médias, c’était lorsque Bill Gates avait daigné mettre 150 millions de dollars dans la boite (« Microsoft rachète Apple »), en actions sans droit de vote. Ce qui a permis surtout d’étouffer les procès en cours…

Mais il manquait une vraie annonce, capable de marquer durablement les esprits. Un produit capable de remettre Apple au centre de la scène. Capable de créer une déflagration.

IMac

L’iMac a été cette déflagration. Un vrai choc. Son annonce a été scrutée, analysée, disséquée. C’était un produit clivant, mais capable aussi de rassembler. Sa couleur (le fameux Bondi Blue, du nom de la plage de Bondi en Australie) ne laissait jamais indifférent

Je me souviens des débats sans fin sur fr.comp.sys.mac autour de cette annonce, de ce produit fou, sorti de nulle part, ressemblant à aucun autre. Et surtout de la rupture technologique qu’il a constitué, avec un processeur G3 performant, et l’abandon de technologies historiques comme l’ADB ou le port série, ou encore le SCSI, et l’adoption de l’USB, standard émergeant de l’époque. La fin du syndrome NIH : Not Invented Here. Des choix très critiqués à l’époque, mais finalement justifiés et qui ont permis à Apple de se relancer. Et puis, le début de la fin pour le lecteur de disquettes, alors que les clés de stockage USB n’étaient même pas un concept pour l’époque.

C’était aussi le vrai retour d’Apple sur le marché grand public et dans l’éducation, avec un ordinateur doté d’un port Ethernet (très rare en standard à l’époque), et d’un modem 33,6k en standard. Ce point avait tellement fait râler qu’Apple l’a corrigé avant la sortie de l’iMac, en intégrant finalement un modem à 56k, plus dans l’air du temps.

L’iMac a créé une rupture technologique et une rupture financière avec la fin du cycle infernal des baisses des ventes (il me semble qu’il n’y a eu ensuite qu’un ou deux trimestres où elle a vraiment bu la tasse ensuite, pas merci le G4 Cube…).

Mais surtout, l’iMac a créé une rupture émotionnelle, avec l’arrivée d’un ordinateur vraiment design, en rondeur, un véritable OVNI (« it comes from another planet… a good planet, with better designers, ajoutera-t-il malicieusement) dans le triste design industriel de l’époque. C’était la véritable arrivée de Johnny Ive aux commandes de l’Apple Industrial Design Group.

Qu’on l’aime ou pas, l’iMac aura été le symbole pour Apple d’un retour sur le devant de la scène, de sa renaissance, et le terme n’est pas trop fort. Et il est toujours amusant de constater qu’il s’agit sûrement du seul produit Apple à n’avoir jamais changé de nom depuis 20 ans, malgré ses différentes itérations qui l’ont petit à petit éloigné du concept original dans la forme, mais pas dans le fond : un ordinateur tout-en-un, pour tous.

Alors, joyeux anniversaire iMac. Le monde (et Apple) aurait été un peu moins sympa sans toi.

Et si vous avez envie d’en savoir plus sur le design des produits Apple, vous pouvez revoir ma conférence « Apple et le design », où je parle de l’iMac à partir de 24:30.

Apple Pay

«  N’importe quelle technologie suffisamment avancée est virtuellement indiscernable de la magie. » — Arthur C. Clarke 

C’est exactement la phrase qui me vient à l’esprit quand j’ai commencé à utiliser Apple Pay il y a quelques semaines, à l’aune d’un changement d’établissement bancaire (une banque à priori assez populaire). Tout dans le processus d’utilisation d’Apple Pay est complètement magique. De la reconnaissance vidéo de la carte, son intégration à l’iPhone, puis à l’Apple Watch, et son utilisation… Tout a été conçu pour réduire complètement la fameuse friction technologique (si chère à mon copain Mourad de 3 Hommes et 1 podcast).

Apple pay tim cook

Le plus intéressant socialement parlant est évidemment la réaction du commerçant de l’autre côté… surtout quand on paye avec l’Apple Watch ! Autant le paiement avec le téléphone, ça commence à rentrer (doucement) dans les mœurs, autant avec l’Apple Watch, ça surprend. Mais ça marche super bien, et là encore, l’absence de friction est remarquable. Double-tap sur le bouton latéral, on approche, bip, au revoir.

La plus grosse incompréhension vient du fait que la plupart des commerçants pensent que les limitations du paiement sans contact avec une carte sans code s’appliquent également avec Apple Pay, en particulier la fameuse limitation des 20€ de paiement. Or, ce n’est pas le cas. Vous pouvez parfaitement payer des montants dans la limite de ce que permet votre carte de crédit (bon, ça doit aussi dépendre peut-être des TPE). Du coup, ça peut être bien aussi sympa de rappeler aux commerçants qu’ils peuvent commander des stickers à poser sur leurs vitrines, ou même indiquer leur compatibilité Apple Pay dans Plans (cf cette page qui répertorie tout ce qu’il y a à savoir sur Apple Pay).

Mais il y a encore du boulot dans notre beau pays. J’ai passé quelques jours à Londres il y a quelques semaines à l’occasion de la conférence MacAD UK (où j’ai été invité comme speaker, on en reparle bientôt), et là-bas, j’ai pu circuler et tout payer dans la ville sans sortir une seule fois ma carte bancaire ou retirer le moindre penny à un distributeur. Là encore, le contrôleur dans le bus était amusé par le fait de contrôler la transaction depuis ma montre… Nous ne sommes pas encore là en France. Mais on s’en approche, petit à petit.

La dernière surprise, c’est ce Kickstarter pour le retour de l’application Twitteriffic sur Mac (auquel je vous invite à participer, tant qu’à faire), et là encore, le paiement par Apple Pay s’est fait sans douleur via Safari.

Apple Pay est vraiment magique. Et avec une friction quasiment nulle, c’est aussi un outil parfait pour nous faire encore plus consommer…

Nous sommes tous des petits lapins entourés de loups aux dents très longues.

Laissez la mémoire de macOS tranquille !

Kirk Mc Elhearn (que nous avions eu le plaisir d’avoir comme invité sur 3 hommes et un podcast) a publié ces jours-ci un article (en anglais) sur les problèmes de consommation de mémoire de Safari, qu’il trouve trop gourmand. Même s’il soulève des points intéressants, je pense qu’il a une approche trop technique de la gestion de la RAM de nos ordinateurs, et surtout de nos Mac, pour ne pas dire quelque peu rétrograde (no offense, Kirk). Et je pense que c’est assez symptomatique des utilisateurs (dont je fais partie) du Mac depuis de longues années. Reprenons donc depuis le début.

Aux origines fut le Systeme 1.0

Le premier système qui a équipé le premier Macintosh était le système 1.0. D’une sophistication incroyable pour l’époque, il ne permettait qu’un seul programme en mémoire à un instant donné. Le MultiFinder puis le Système 7 ont permis d’exploiter plusieurs applications en même temps. Et ce fameux Système 7 a aussi permis d’améliorer la gestion de la mémoire à l’aide de la mémoire virtuelle. Mais toutes ces améliorations ont posé d’autres problèmes : le système gérait la mémoire de façon coopérative, ne gérait pas la fragmentation de la mémoire (des bouts contigus de mémoire ne pouvaient pas être attribués à une autre application, sauf à quitter toutes les applications lancées depuis), et chaque application devait se voir attribuée une quantité de mémoire avant le lancement. Si l’application manquait de RAM, pas de bol ! Il fallait quitter l’application, la sélectionner, utiliser la fenêtre Lire les informations pour attribuer plus de mémoire (si on en avait…).

Fenêtre Lire les informations dans le Système 6

Bref, ce n’était pas vraiment très souple… et cette gestion de la mémoire a pénalisé le Mac durant de nombreuses années, jusqu’à l’arrivée de Mac OS X.

Mac OS X : la mémoire, c’est moi !

En 2001, le nouveau système d’Apple basé sur NeXT apporte enfin au Mac une gestion dynamique de la mémoire1. Ainsi, plus besoin de gérer la mémoire à la main : le système se charge de gérer comme un vrai chef d’orchestre la mémoire, en gérant plus intelligemment également la mémoire virtuelle qui était aussi devenue dynamiquement attribuée. Mais si la puissance des processeurs de nos ordinateurs a augmenté et la quantité de mémoire vive installée également, leur plus gros point noir reste le disque dur qui équipe majoritairement nos Mac. Et c’est le drame du swap : lorsqu’un programme manque de mémoire, le système déplace une partie de la RAM vers le disque dur, ce qui génère des ralentissements importants. Et là, pas le choix : il faut quitter des applications lorsque la mémoire commence vraiment à manquer.

Mavericks : une gestion (encore) améliorée de la mémoire

OS X 10.9 (Mavericks) a également intégré un nouveau mécanisme de compression de la mémoire, afin de rendre la gestion de la mémoire plus efficace. Apple a d’ailleurs publié un nouvel article technique pour expliquer comment la mémoire est gérée par macOS (oui, on va maintenant dire macOS hein), et en particulier expliquer la notion de pression sur la mémoire. Et c’est peut-être l’endroit le plus important à comprendre pour bien gérer la mémoire de son Mac.

Moniteur Activite memoire compression

La zone Pression de la mémoire vous indique dans quel état se trouve la mémoire de votre Mac : si c’est vert, tout va bien ! Si on est dans l’orange, ça devient inquiétant, et s’il est rouge… Aie, vous êtes en mode swap total ! Dans ce cas, quitter des applications voire redémarrer devient indispensable.

Et encore, pour l’orange, ce n’est pas forcément significatif si votre Mac est équipé d’un SSD plutôt que d’un disque dur classique : certes le SSD reste moins rapide que de la vraie RAM, mais l’impact du swap sur les performances devient du coup très amoindri. Je ne dis pas qu’il n’existe pas, mais qu’il devient plus ou moins négligeable selon les cas.

Et Safari alors ?

Kirk constate que Safari consomme de la RAM, et ça le gêne. Je peux le comprendre, mais en réalité… qu’est-ce que ça peut faire si Safari consomme de la RAM si il y a encore de la RAM disponible ? Pourquoi vraiment est-ce un problème si Safari consomme 500 Mo ou un voire deux Go de RAM ? Est-ce que c’est vraiment un souci si cette mémoire n’est de toute façon pas utilisée par une autre application ? C’est le but du système d’exploitation d’attribuer de la mémoire, car la gestion qu’il en fait est bien trop complexe pour qu’on s’en occupe au final moins efficacement que lui.

Pour Apple, en fait, le but à long terme devrait être le même que pour iOS (et je pense que c’est leur objectif à long terme) : proposer le même système de gestion de mémoire que sur iOS où les apps sont tuées en arrière-plan et relancées automatiquement si besoin est (un mécanisme similaire existe dans macOS, mais je ne l’ai quasiment jamais vu en action), et où il n’y a finalement pas d’information sur la mémoire utilisée.

De nos jours, un navigateur web est une application complexe qui consomme de la RAM,  quasiment un système d’exploitation à lui tout seul, capable de gérer des applications de plus en plus complexes avec des langages interprétés dynamiquement, avec des contenus visuels ou sonores de plus en plus lourds (tiens, par exemple, placer des images Retina dans une page web, ça a forcément un impact sur la consommation mémoire de votre navigateur) . Quand Kirk dit que Google Docs consomme 500 Mo de RAM rien qu’en affichant uniquement une page blanche, c’est mésestimer la complexité de toute l’application autour de cette page. Nous ne sommes plus à l’époque de SimpleText, mais en 2016, et on s’attend à voir un traitement de texte (collaboratif en temps réel !) fonctionner à une vitesse correcte dans un navigateur web. Et pour que l’ensemble des fonctions de ce logiciel intégré au navigateur fonctionne… il faut sûrement plus de RAM que pour un Word. Et là encore, si j’ai encore de la RAM disponible, pourquoi devrais-je m’en priver si cela améliore les performances ? Si une page web consomme vraiment trop de RAM (et elles en consomment de plus en plus !), on peut toujours de toute façon la tuer sans stopper l’ensemble du navigateur (quel progrès mes aïeux !). Il arrive évidemment que certaines pages mal programmées génèrent des fuites de mémoire (j’en ai eu une aujourd’hui, en raison d’une vidéo mal programmée). Dans ce cas, pas le choix : tuez la page à l’aide du Moniteur d’activité, et passez à autre chose.

Mais alors, comment gérer la mémoire de son Mac ?

La réponse est en fait très simple : ne gérez la mémoire de votre Mac que lorsque c’est vraiment nécessaire, c’est-à-dire si vous constatez un ralentissement significatif d’activité, si une page web est plantée, si elle a un impact sur l’autonomie du Mac ou si ce dernier vous le demande poliment. Nous ne sommes plus dans les années 80, nos navigateurs sont des logiciels complexes qui ont besoin de mémoire pour fonctionner, tout comme l’ensemble de nos logiciels. Si vous avez encore la nostalgie des logiciels qui tournaient dans 100 Ko de mémoire, vous n’avez effectivement plus que vos yeux pour pleurer. Mais dans l’ensemble, macOS fait preuve d’une bonne efficacité dans la gestion de la mémoire. Ne le suppléez que si vous constatez un gros souci. J’ai eu par exemple le cas d’un logiciel (j’ai oublié lequel malheureusement) qui générait énormément de mémoire virtuelle (genre plusieurs dizaines de Go après quelques jours), alors qu’il s’agissait d’un logiciel simple qui se logeait dans la barre des menus. Lorsque j’ai constaté qu’il consommait plusieurs giga-octects de mémoire réelle probablement en raison d’une fuite de mémoire, je l’ai supprimé, et je n’ai plus eu de problème.

De même, n’oubliez pas que si vous disposez d’un SSD, la perte de performances imposée par la mémoire virtuelle est moins importante que pour un disque dur classique. Et si vous hésitez entre augmenter la mémoire installer un SSD pour améliorer un Mac vieillissant, investissez sans tarder sur le SSD !

Bref… Oubliez donc vos vieux réflexes, laissez vos programmes ouverts toute la journée si cela vous chante, et ne les quittez pas juste parce qu’ils consomment de la RAM à ne rien faire : au contraire, car cette mémoire sera disponible immédiatement en cas de besoin. Si macOS en a besoin, il saura sûrement la récupérer à son usage. Si vous quittez vos logiciels sans bonne raison, vous forcez le programme à se recharger de façon probablement inutile. N’ayez donc pas le Cmd+Q trop fréquent : vous ne feriez qu’y perdre côté inactivité. Et si toutes les fenêtres affichées d’un programme vous agacent, faites un clic droit > Masquer sur l’icône de l’application dans le Dock (ou Cmd + H pour masquer l’app en court, ou encore Cmd+Alt+H pour masquer toutes les autres applications en cours et ainsi dégager l’affichage). Ou pensez à exploiter le mode plein écran des applications macOS, c’est parfois aussi plus pratique.

Votre Mac ne pourra que vous en remercier !

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  1. Ainsi que la protection de la mémoire ou un vrai multitâche, mais ce n’est pas le sujet aujourd’hui.

APFS : un Système de Fichiers pour les rassembler tous

Je ne reviendrai pas sur les grosses annonces de la WWDC 2016, les communiqués de presse d’Apple étant assez complets. Je vais plutôt me concentrer sur une annonce qui n’a pas été faite durant la présentation, mais qui me semble assez importante pour justifier un billet complet sur le sujet :

Apple présente un nouveau sytème de fichier pour ses appareils.

Je le répète :

Apple présente un nouveau sytème de fichier pour ses appareils.

En quoi est-ce important ? Pour le comprendre, il faut revenir sur l’histoire mouvementée des systèmes de fichiers sur nos Mac.

Au tout début, fut le Macintosh File System

Le premier système de fichier du Mac est apparu avec le Système 1.0 en 1984, et s’appelait Macintosh File System, ou MFS pour les intimes1. Bien que sophistiqué pour l’époque, il a vite montré ses limites, avec un maximum de 4094 fichiers par volume, ou 20 Mo de taille maximale pour un volume2. Surtout, il ne permettait pas de créer des sous-dossiers : une seule hiérarchie de dossiers était possible. Ce système de fichier fut donc rapidement remplacé, et Mac OS 8 ne permettait plus de lire des volumes MFS (de façon assez rigolote, Apple a proposé un plug-in VFS (Virtual File System) pour lire des volumes MFS sur Mac OS X 10.4… Je laisse ceci comme un challenge pour mon copain Pierre Dandumont ^^). L’une des particularités de MFS est d’avoir apporté la compatibilité avec les sacro-saintes ressources des fichiers du Mac.

Donc, exit MFS3. Et bonjour HFS.

HFS : les grands débuts d’un grand système de fichiers

Dès l’arrivée du premier disque dur pour le Mac en 1985, Apple lance son nouveau système de fichiers : HFS, pour Hierarchical File System. Déjà beaucoup plus mur, il est taillé pour le futur proche : avec une taille maximale de fichiers de 2 Go, 65535 fichiers par volume qui peut atteindre 2 To, il ne semble pas prêt de montrer ses limites, alors que FAT16 sur Windows accepte des volumes de seulement 2 Go maximum (4 Go sur Windows NT), ce qui posera pas mal de soucis avec l’arrivée des premiers disques atteignant cette taille à la fin des années 90… Et finalement, il remplissait bien son office.

Enfin, presque. Car il restait un système de fichiers 16-bits, limité à de nombreux niveaux. Et en particulier, le nombre fixe de 65535 blocs d’allocation sur le disque créait un gâchis d’espace énorme. Un petit alias de quelques octets sur un disque de petite taille pouvait peser plusieurs Ko sur un disque de 1 Go. Et tout comme Windows a du faire le saut vers FAT32, le Mac a du passer vers un autre format de fichiers.

HFS+ : HFS, mais en (beaucoup) mieux

Exit la limite des blocs sur 16 bits : HFS+ (ou Mac OS Étendu) apporte la gestion de volumes sur 32 bits, réduisant ainsi la taille des blocs d’allocation et apportant plein de nouvelles fonctions sympa. Les volumes, lisibles à partir de Mac OS 8.1, sont également compatibles Unicode avec des noms de fichiers jusqu’à 255 caractères, mais le système en bénéficiera réellement avec l’arrivée de Mac OS X. Et donc, HFS+ devient obligatoire pour installer Mac OS X, si vous étiez assez fou pour l’installer dès le 21 mars 2001 sur votre Mac.

Mais attention ! Bien qu’il a été officiellement lancé en 1998, HFS+ n’a pas cessé d’évoluer depuis. Entre autres :

  • Le support de la journalisation avec Mac OS X 10.2.2. Cette fonction est essentielle sur les systèmes modernes : en cas de plantage, on peut se fier à l’état du journal pour retrouver l’état fiable d’un volume après un crash système plutôt que de faire un contrôle de cohérence sur l’ensemble du disque.
  • Les listes de contrôle d’accès (ACL) avec Mac OS X 10.4 ;
  • La gestion des hard links vers des dossiers, essentiellement pour Time Machine (Mac OS X 10.5) ;
  • La compression de fichiers (Mac OS X 10.6) ;

Et aujourd’hui, votre iPhone, votre Mac, votre iPad… utilisent encore une version améliorée d’HFS+. Un système qui a pratiquement 20 ans. Il était temps de changer. Car HFS+ commence à montrer ses limites, et à se montrer indigne de nos machines. Et c’est surtout avec Time Machine que les limitations commençaient à être atteintes.

En effet, Time Machine est très exigeant : on parle de stocker des centaines de milliers de fichiers, certains variant très peu, et pour lesquels la fiabilité est essentielle. Or, HFS+ échoue quasiment à tous les niveaux avec Time Machine :

  • Pas de déduplication de fichiers. Vous avez plusieurs copies de fichiers dans votre Mac ? Pas de bol, HFS+ va garder une copie de chaque fichier sur votre disque. Pire : vous disposez de plusieurs copies de fichiers dans vos sauvegardes Time Machine ? Pas de bol, il y aura autant de copies du fichier qu’il sera mentionné sur le disque, même s’il a été juste déplacé. Pas très efficace.
  • Pas de vérification de la cohérence des fichiers lors de la copie. Il n’existe pas de mécanisme permettant de s’assurer à 100% qu’une copie de fichier est totalement cohérente lors de la sauvegarde Time Machine. Votre fichier devrait être bien copié, mais… on ne peut pas le garantir à 100%.
  • Pas de snapshot. Et pourtant, ça serait génial, et pas que pour Time Machine. Vous faites une modification de votre système de fichier, vous installez une grosse mise à jour, vous redémarrez, BIM, machine plantée. Vous pouvez en une seconde retrouver votre disque tel qu’il était avant la màj. Le rêve.
  • Pas de sauvegarde atomique des fichiers. Vous avez déplacer un fichier dans l’arborescence de votre Mac ? Et oui, Time Machine est idiot, il ne le sait pas, parce que HFS+ ne peut pas lui dire qu’un fichier juste déplacé n’a pas besoin d’être recopié intégralement. Et du coup, il le sauvegarde à nouveau. Ne déplacez jamais vos dossiers de films téléchargés du net. Jamais.
  • Pas de gestion de clone de fichiers. Un clone de fichier est une copie de fichier qui ne prend pas de place sur le disque dur. Et toutes les modifications que l’on fait à ce fichier sont ajoutées sous la forme de blocs supplémentaires sur le disque. Exemple : J’ai créé un document Word, je l’enregistre, Time Machine le sauvegarde. Je rajoute un paragraphe : Time Machine re-sauvegarde tout le fichier, y compris la partie déjà enregistrée. Pas efficace. Avec un clone, Time Machine pourrait dire « ne sauvegarde que la partie manquante du fichier, le reste, je l’ai déjà en clone ».

Et Apple a failli nous apporter toutes ces fonctions. On y a cru. Vraiment.

ZFS : l’espoir douché

Avec l’arrivée de Mac OS X Server 10.6, Apple a annoncé également la compatibilité d’OS X avec le format ZFS. Ce système de fichiers créé par Sun portait tous nos espoirs pour un système de fichiers moderne. Mais très peu de temps après l’annonce, toute mention de ZFS est retirée, et on n’en entend plus parler du tout. On suppose pour éviter des problèmes de licences avec Sun… Mais n’empêche, les admins Mac sont malheureux, et même si une tentative de solution commerciale a existé quelques mois, elle a été rapidement tuée dans l’œuf. La tristesse absolue.

Et depuis, on voit les évolutions d’HFS+ qui s’améliore un peu, mais on souffre devant l’inefficacité de Time Machine à gérer son espace intelligemment. On voit des sauvegardes échouer bêtement, des disques se remplir inutilement, des espaces de stockage gaspillés. C’était même une blague récurrente dans le milieu : se demander si Apple, enfin, allait faire plaisir au célèbre John Siracusa en proposant enfin un système moderne. En effet, dans ses loooongues revues d’OS X, le problème du système de fichiers était régulièrement abordé par M. Siracusa, qui avait même consacré un article complet sur le sujet il y a pratiquement… dix ans.

On n’y croyait plus. On a attendu, on se disait qu’Apple ferait bien quelque chose un jour. Mais durant la conférence, rien. Désespoir.

Et soudain, un tweet qui tombe. L’espoir renait.

Bienvenue à Apple File System !

Apple File System (APFS) a été annoncé en douce, via le planning de la WWDC, juste à la fin de la conférence, et confirmé lors de la conférence OS State of the Union, beaucoup plus technique que la conférence inaugurale (historiquement, c’est même souvent celle où l’on découvre le plus de choses croustillantes). Un nouveau système de fichier, plus moderne à tous les niveaux, qui va faire sourire tout le monde et mieux sécuriser nos informations. Petit tour du propriétaire.

Un système de fichier unique, taillé pour les stockages modernes

APFS a été conçu pour tous les appareils Apple : de l’Apple Watch jusqu’au Mac, en pensant par l’iPhone et l’iPad, en tenant compte des spécifités des SSD ou mémoires flash qui les équipent. Ainsi, les fonctions TRIM sont nativement supportées, ce qui améliorera les performances et la durée de vie de ces mémoires solides.

Surtout, APFS n’a quasiment plus de limite : en étant un système de fichier 64 bits, il est capable de gérer jusqu’à neuf quintillions de fichiers. Soit un milliard de trilliards un million neuf milliards de milliards de fichiers (merci @mlamelot Jean-Paul Blanc, décidément, c’est pire que du Krazuki). Ça va, vous devriez être peinard pour pouvoir stocker vos trois documents Word sur votre bureau.

Plus intéressant encore, dans un monde où la synchronisation d’informations devient de plus en plus critique, APFS sait gérer des datations à la nanoseconde près. Ça parait étrange, mais le monde est ainsi fait : il faut que l’information devienne vraiment précise.

Une bien meilleure gestion de l’espace de stockage

APFS regorge d’astuces pour améliorer la gestion au jour le jour de l’espace de stockage. Certes, ce n’est pas très important si vous réinitialisez votre disque dur une fois tous les cinq ans, mais pour moi ou tous mes confrères qui avons l’habitude de formater des disques tous les jours, ce n’est pas négligeable ! Par exemple, l’allocation des blocs se fait de façon extensible dynamiquement, ce qui devrait rendre l’initialisation d’un disque beaucoup plus rapide et efficace à gérer dans le temps. De même, lorsqu’un fichier comporte beaucoup de « trous » dans ses données, la fonction dite « sparse file » permettra de mieux gérer l’espace de stockage, en réduisant la taille physique occupé par ces fichiers. Un peu comme si vous retiriez les trous d’un morceau d’emmental et compactiez tout le fromage pour qu’il prenne moins de place.

Notons encore des caractéristiques rigolotes comme le partage d’espace (space sharing) : imaginons que vous ayez formaté votre disque de 1 To en deux volumes, le premier contenant 100 Go de données, le deuxième en contenant 200 Go. Et bien, l’espace restant disponible annoncé sera de 700 Go au total, même si le disque a été divisé en deux volumes identiques. Magique ! Et particulièrement utile par exemple pour Boot Camp, puisque ça pourrait fonctionner quelque soit le système de fichier au dessus du container APFS.

Une meilleure sureté des données…

Vos données seront bien plus en sureté sur un disque initialisé avec APFS : en effet, divers mécanismes comme le copy-on-write ou « l’enregistrement sûr atomique », ou la coalescence des enregistrements permettront de s’assurer qu’un fichier soit toujours correctement enregistré sur votre disque. À bas les opérations à moitié effectuées !

… Ainsi qu’une meilleure sécurité !

La sécurité de vos données reste un sujet important de préoccupation pour Apple. D’où l’idée d’améliorer encore le chiffrement des disques après FileVault 2, en proposant carrément en option un chiffrement multi-clés avec des clés pour les fichiers et une clé spécifique pour les méta-données sensibles. Ainsi, même si la sécurité physique du disque est compromise, vos données restent chiffrées. De quoi rendre fous les gouvernements du monde entier.

APFS, l’ami de Time Machine (on l’espère)

Normalement, avec tout ça, la plupart des gros défauts abordés plus haut pour Time Machine devraient être de mauvais souvenirs.L’espace devrait être bien mieux géré, puisque le clonage de dossiers ou fichiers est nativement supporté, tout comme les snapshots. De quoi regagner énormément d’espace sur vos disques de sauvegarde, et rendre ces dernières beaucoup, beaucoup plus rapides. Et du coup, si vous utilisez Time Machine sur un serveur de fichiers, le réseau devrait beaucoup moins tirer la langue. On pourrait même imaginer une sauvegarde quasi-permanente et instantanée sur un autre disque, à intervalles hyper courts. Ça devient faisable.

Quelques limitations…

Évidemment rien n’est parfait dans ce bas monde, et pour cette première version beta publique de OS X Sierra, on rencontrera des limitations importantes :

  • L’impossibilité de démarrer sur une partition APFS ;
  • L’impossibilité de le partager en AFP (SMB obligatoire, de toute façon, AFP est officiellement annoncé comme déprécié, l’étape ultime avant d’être complètement retiré) ;
  • L’impossibilité de créer un volume insensible à la casse ;
  • L’absence de compatibilité Time Machine ;
  • L’impossibilité d’utiliser FileVault ;
  • L’incompatibilité avec les disques Fusion Drive, qui rassemblent disque dur physique et SSD pour créer un seul volume logique.
Pas d’inquiétude pour autant : à ce stade du développement, il est normal que certaines fonctions  soient indisponibles, aussi importantes qu’elles soient. Pour le moment, si vous avez installé la beta de MacOS Sierra, vous ne pouvez que créer des conteneurs APFS sur un disque. De quoi tester… mais attention à bien sauvegarder vos fichiers dans tous les cas :)

… mais énormément de promesse !

L’importance d’un système de fichiers efficace pour l’avenir n’est pas à négliger, et avec APFS, Apple prépare son futur pour les vingt prochaines années au minimum. D’autant plus qu’il semble qu’il sera possible de convertir dynamiquement un volume HFS+ en APFS.
À ce propos, les OS précédents ne seront pas capables de lire un disque APFS, mais est-ce qu’Apple renouvellera le principe très élégant des volumes HFS+ qui, lorsqu’on les branchait sur un Mac non compatible HFS+, n’affichaient pas une alerte d’initialisation du disque, mais montaient volume en affichant juste… un fichier texte appelé «  Where_have_all_my_files_gone » ? Une solution typiquement Apple.
En tout cas, Apple nous fait désormais attendre 2017 avec impatience pour profiter enfin d’un système de fichiers modernes. Et pour ne rien gâcher, ses spécifications techniques seront open source, contrairement à NTFS ou exFAT. Prends ça dans les dents, Microsoft !
  1. Oui, cette abréviation est beaucoup plus drôle à dire quand on parle français.
  2. En réalité, 20 Mio)
  3. excitées mes… quoi ???

El Capitan arrive ! Êtes-vous prêt ?

Et voilà, c’est le moment de l’année que nous attendons tous… Une nouvelle version majeure d’OS X débarque. La douzième. Et comme pour toutes les mises à jour, se pose la question : dois-je installer cette mise à jour ?

ElCapitan

Et comme d’habitude, la réponse n’est jamais totalement tranchée.

Si vous utilisez OS X dans un contexte professionnel, avec des logiciels très spécifiques, la réponse est définitivement non. Avec une mise à jour majeure viennent également des incompatibilités, surtout avec les logiciels professionnels (vidéo et audio) utilisant des cartes spécifiques. Dans ce cas, évitez comme la peste la mise à jour, et attendez des jours meilleurs.

Pour les autres… Si vous avez des logiciels auxquels vous tenez vraiment, assurez-vous qu’il sont bien mis à jour pour fonctionner sur El Capitan au préalable. Et surtout, méfiez-vous de cette nouvelle fonction de protection de l’intégrité du système (System Integrity Protection, ou SIP), qui pose parfois souci à certains développeurs. Une nouvelle forme de protection qui rend l’installation de potentiels malwares plus compliquée, mais qui a aussi comme défaut de limiter certaines interactions possibles auparavant pour créer des « hacks » logiciels du système. Des outils comme Bartender ou Default Folder demanderont éventuellement de s’installer en désactivant temporairement SIP. C’est un peu pénible, mais c’est mieux qu’un blocage complet de ces logiciels. Bref… Faites le tour de vos outils favoris, et mettez-les à jour si nécessaire.

Mais globalement, pour une fois, je suis très, très optimiste. La version Golden Master (la fameuse GM) de El Capitan est particulièrement solide, et la version finale devrait être très très très proche de cette GM (on passerait d’une version 15A282b à 15A282c, donc quasiment aucun changement d’importance). La mise à jour se déploie plutôt rapidement (compter 20 à 40 minutes, maximum une heure), et je n’ai pas vu de bug vraiment majeur sur mes différentes machines. On est très loin de la cata qu’était Yosemite à son lancement… Avec les performances en hausse, et la compatibilité avec des Mac vieux de 8 ans (!), on peut vraiment affirmer que El Capitan est une des meilleures mises à jour d’OS X depuis quelques temps.

Mais dans tous les cas, et comme je le répétais encore sur iWeek hier : SAUVEGARDEZ ! Ne vous lancez pas dans une mise à jour majeure d’OS sans un filet de sécurité. Time Machine, Carbon Copy Cloner, SuperDuper!, Crashplan et bien d’autres sont vos meilleurs alliés ici.

Et évidemment, si vous voulez procéder à une installation propre du système, ou si vous devez installer plusieurs copies d’OS X à la maison ou au travail, je ne peux que vous inviter à télécharger la nouvelle version de DiskMaker X, qui devrait être disponible quelques minutes/heures après la disponibilité réelle d’OS X 10.11 :-)

En tout cas, bravo aux équipes d’Apple qui ont du bosser comme des dingues pour ce joli résultat, et qui vont encore devoir continuer à bosser, la 10.11.1 est déjà dans les bacs pour les développeurs… :-)

Quatres semaines avec l’Apple Watch

J’ai donc reçu mon Apple Watch il y a pratiquement quatre semaines, en même temps d’ailleurs que mes comparses de 3 hommes et un podcast. Je dois admettre que j’étais assez impatient, bien que réservé sur certains aspects de la montre. En aurais-je vraiment besoin ? Allait-elle vraiment me plaire ? Allais-je la retourner sous 14 jours comme certains l’ont fait ?

Déjà, le choix de la montre a été assez chaotique. Parti au départ pour prendre une Apple Watch en version sidérale 42mm, le coût m’avait quand même légèrement fait frémir : à 1249€, pour quelqu’un qui n’utilise plus de montre depuis des années, ça faisait légèrement bobo au portefeuille. Surtout si le test n’est pas concluant.

Je me suis donc rabattu sur le modèle Sport 42mm, avec le bracelet en fluoroélastomère (en plastique quoi), mais toujours en version sidérale. Un poil plus cher certes, mais infiniment plus joli à mon goût que le modèle standard.

Apple watch

L’Apple Watch a été livrée dans un boitier étonnement lourd, assez classieux, avec ses deux tailles de bracelet. Même si je suis resté durant tout ce temps avec le bracelet d’origine (M/L), je vais essayer maintenant de tester le bracelet S/M, même s’il m’oblige à utiliser le dernier point de fixation. Le bracelet est effectivement très confortable, j’arrive très facilement à oublier que je la porte. Côté solidité, ça a l’air plutôt très bien, mais je l’enlève lors des activités de bricolage à la maison… Limitons les risques, quoi (même si c’est souvent à ce moment que je perds le plus de calories !).

Côté affichage, je suis resté sur le look Modulaire, qui est parfait pour mes besoins : simple, mais efficace grâce aux quelques complications disponibles. Elle me donne les infos dont j’ai besoin très rapidement.

L’Apple Watch : le positif

Apres ces quelques semaines d’utilisation, voici ce que j’apprécie vraiment :

– Le look. Sur mon poignet, je ne la trouve pas très massive, finalement. Pas discrète, mais son côté monolithe compact a un côté rassurant.

– L’autonomie. Apple annonçait une journée, on est en fait bien au-delà. Perso je suis plutôt dans les 50% en soirée avec charge la nuit et utilisation à partir de 8h du matin. Alors oui ce n’est pas idéal (j’aimerais que la batterie tienne plutôt deux ou trois ans, eh), mais dans l’état de la technologie actuelle, c’est pas si dégueu.

– Les notifications. Sonores, visuelles, et surtout le fameux contact haptique, ces alertes sont bien fichues et relativement discrètes. Du coup j’utilise moins l’iPhone. Pour moi c’est la vraie force de la Watch. Ne plus avoir besoin de son iPhone pour répondre rapidement à un message, pour visualiser son calendrier, etc. Vraiment pratique.

– Répondre au téléphone avec la Watch : alors oui, c’est sûrement too much, mais qu’est-ce que c’est marrant :-D 

– Les apps. J’utilise peu d’apps sur la Watch, mais Mac ID est incroyablement fun à utiliser (déverrouiller son Mac avec sa montre, non mais ALLO QUOI).

– Le suivi d’activité. Alors, certes, c’est peut-être moins bon qu’un bracelet dédié… MAIS la Watch m’oblige à me bouger un peu plus. Je ne suis pas sportif, je suis souvent trop verrouillé sur mon clavier, et le fait que la Watch me rappelle de temps en temps qu’il faut me déconnecter, ou que ça serait plus pertinent de monter par les escaliers chez ce client plutôt que de prendre l’ascenseur, bref, qu’elle me force subtilement à être un poil plus actif n’est pas pour me déplaire. On peut le voir comme une contrainte, ou on peut estimer pathétique de devoir en arriver là… mais le fait est que pour moi, ça marche plutôt bien.

– Le bracelet sport. J’étais pas convaincu au départ, je trouvais le bracelet milanais vraiment chouette, mais au final… je trouve que le bracelet Sport me convient bien, il est agréable à porter, donc très bien.

– Siri. J’utilise déjà Siri tous les jours sur l’iPhone, et son intégration avec la Watch est vraiment agréable. Mais des petits défauts quand même : si je lui dis « Appelle mon épouse sur son mobile », la Watch ne fait pas le lien avec Madame Gète, là où l’iPhone le fait très bien. Cependant, elle n’est pas totalement idiote : elle propose alors de transférer via la fonction Handoff d’iOS la requête vers l’iPhone, qui peut alors déclencher l’appel. Futé.

L’Apple Watch : le pas forcément positif.

– L’interface est parfois vraiment confuse. On ne sait plus trop où aller pour lancer l’opération suivante. Ça mériterait un peu d’éclaircissement, ou d’homogénéité. Bref, ça semble parfois plus compliqué que nécessaire.

– Les fonctions Force Touch sont… troublantes. Pas évident de savoir quand il faut appuyer de façon forte ou pas. Mais on s’y fait.

– Le bouton des contacts favoris. Il rend les choses inutilement confuses, et je ne l’utilise quasiment pas.

– Les fonctions de messages personnels à base d’envoi du rythme cardiaque à sa douce ou de GIFs pas très jolis… Non, vraiment pas fan.

– La couronne digitale. L’idée est géniale, l’exécution un peu moins, et là encore c’est plutôt lié à l’interface utilisateur qui ne suit pas. Perso, je ne l’utilise pas beaucoup au jour le jour.

« Mais à quoi ça sert, vraiment ? Pourquoi en aurais-je vraiment besoin ? »

La réponse ? Elle est absolument impossible à donner. Je sais juste que c’est un superbe objet, fait avec soin, avec une vraie attention au détail, toujours disponible (dans la mesure où sa batterie est pleine, hin hin)… mais surtout infiniment personnel. Tim Cook l’a toujours dit : « c’est l’appareil Apple le plus personnel qui soit ». Et effectivement : il s’agit d’un produit totalement orienté vers l’affect, autrement dit, rien qui puisse être mis sur une liste de choix.

Dans l’ensemble, la Watch en est à sa version 1.0. Comme le premier iPhone qui n’avait pas de 3G ou de GPS, c’est un produit en devenir. Déjà, l’arrivée d’un SDK un peu plus complet devrait permettre de voir débarquer des vraies applications natives, et là les choses pourraient devenir bien plus intéressantes. De même, je suis curieux de voir ce qu’Apple va développer autour du cardiofréquencemètre… Il y a beaucoup de choses à faire.

En conclusion… je ne peux pas conclure. Je ne peux pas vous dire que c’est le meilleur produit Apple jamais créé, ni que c’est le plus indispensable. Mais c’est un superbe objet qui montre (art) un futur connecté, et pas aussi idiot ou inutile qu’on voudrait le faire croire.

N’essayez pas l’Apple Watch sur une seule journée pour faire votre opinion. Testez-la, utilisez-la vraiment. Elle saura se faire apprécier. 

En tout cas, j’aime mon Apple Watch, et je la garde :-)

Ceci n’est pas une montre

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Soyons honnête : ceci n’est pas une montre. Si on prend en compte le fait qu’une montre est un objet attaché autour d’un poignet et qui donne l’heure, alors non, l’Apple Watch n’est pas une montre.

C’est bien plus que cela. Et c’est peut-être le produit le plus complexe qu’Apple ait jamais sorti, car il se situe sur un territoire totalement inconnu pour nous, clients potentiels, mais également pour les sociétés informatiques ET les fabricants de montres.

Un ordinateur est… un ordinateur. Qu’il soit personnel ou professionnel, cela reste majoritairement un écran posé sur un bureau ou sur nos genoux, avec lequel nous agissons avec un clavier et une souris/trackpad. Ce n’est pas un objet personnel, dans le sens où est il facilement interchangeable avec un autre, et nous en sommes physiquement détachés.

Le smartphone est déjà beaucoup plus personnel. Il nous permet de créer un lien intime avec l’extérieur, et il reste proche de nous, souvent dans notre poche 1. Le smartphone, c’est bien plus qu’un téléphone. C’est aussi un ordinateur de poche, un GPS, un appareil photo, une caméra, un walkman, et tellement plus de choses encore.

Mais la montre… c’est un objet particulièrement intime, que l’on porte quasiment en permanence avec nous. Mais certains s’en passent également très bien… surtout depuis l’arrivée des smartphones !

Et pour Apple, le challenge est énorme. Parce que nul est capable de dire si la Watch est capable de capter un large public… ou non. Nul n’est capable de dire si ses avantages, ses nouvelles fonctions, seront capables de compenser ses faiblesses (réelles).

Mais si certains se sont dit déçus par les annonces sur la Watch, c’est parce que nous avons une tendance naturelle à trop attendre d’Apple, qui fait parfois des merveilles de technologie, en étant capable de pondre des ordinateurs portables capables d’atteindre la journée d’autonomie. Pour la Watch, la batterie sera un vrai challenge. Elle pourrait tenir 18 heures en utilisation normale, mais on aurait préféré qu’elle fasse beaucoup, beaucoup plus. Ici, Apple a préféré choisir une technologie d’affichage et de construction supérieure à celle de la Pebble, mais elle ne fera pas encore de miracle sur son autonomie, hélas.

En revanche, ce que la Watch perd en autonomie, elle le gagne en design pur et dur. C’est un vrai, beau produit Apple, élégant dans sa forme, avec une vraie approche émotionnelle du produit. Je pense que beaucoup seront tentés par la Watch après l’avoir vue en magasin ou après l’avoir vue au poignet d’un ami ou collègue 2.

Surtout… il n’y a pas qu’une Watch, il y a des Apple Watches. Apple ne lance pas un produit, mais une collection aux prix très variés. C’est presque inédit pour un constructeur à la base d’ordinateurs. Et pourtant, ce n’est pas la première fois qu’Apple fait ça, souvenez-vous des iMac multicolores… Apple essaie ici réellement de s’affirmer comme une société au carrefour des sciences humaines et de la technologie. C’est son crédo. Mais elle va encore plus loin en mettant un pied dans le domaine du luxe, et ça, c’est quasiment inédit dans le monde informatique3.

La Watch sera lancée le 24 avril, et en pré-commande dès ce vendredi 10 avril. Personnellement, je pense qu’elle sera un joli succès, mais je peux tout à fait me tromper. Je pense aussi la commander, ne serait-ce que parce que sa sortie a le bon goût de coïncider peu ou prou avec mon anniversaire… Mais aussi parce que je suis curieux de voir si avoir à nouveau une montre à mon poignet peut me changer ma dépendance (assez réelle, soyons honnête) au smartphone.

Est-ce que la Watch sera le premier vrai échec de Tim Cook ? Ou est-ce que ce sera un succès aussi colossal que l’iPhone dans quelques années ? Nul n’est capable de le dire. Et contrairement à ce qu’on entend souvent, Apple a parfaitement le droit à l’échec : elle a aujourd’hui les reins financièrement assez solides pour tenter des paris un peu fous.

En tout cas, les prochains mois seront sûrement passionnants. Et pour ceux que mon avis intéresse vraiment, n’oubliez pas d’écouter 3 hommes et un podcast, le sujet a été abondamment traité ces derniers mois :-)

  1. Attention, évitez la poche arrière. Surtout avec l’iPhone 6.
  2. L’effet iPod : on le trouvait trop cher, mais après quelques minutes d’utilisation, on en voulait un…
  3.  à part Vertu, qui propose des smartphones à prix prohibitif, mais surtout un service de conciergerie associé.

Du futur, d’Apple et de Microsoft

Je suis tombé sur cet intéressant billet publié sur Medium par Franck Chen. Sa comparaison entre cette vidéo publiée par l’équipe Entreprise de Microsoft et le Knowledge Navigator, une vidéo futuriste conçue par l’équipe de l’Apple Technologies Group en 1987 est plutôt bien trouvée, et il est vrai qu’un grand nombre des technologies montrées dans la vidéo d’Apple commencent à vraiment se concrétiser 30 ans plus tard.

Mais d’un autre côté… Plusieurs points me dérangeant dans la vidéo de Microsoft. Tout d’abord, le fait que Microsoft présente sa vidéo dans le cadre de l’entreprise montre à quel point elle a toujours du mal à aller vers l’individu. Le coeur du marché de Microsoft, c’est l’entreprise.

Ensuite… Je ne pense pas qu’en 2015, Microsoft ait vraiment intérêt à créer ce genre de vidéos. Nous sommes déjà bien au courant de tous les avantages qu’apportent la réalité augmentée, Internet, les wearable devices ou le smartphone… parce que nous les utilisons déjà. Ce que Microsoft montre n’est qu’une version améliorée de ces concepts, rien de plus. La production de ces jolies images coûte cher, et n’apporte rien en terme d’image de marque pour Microsoft. Quel est le but recherché ? Montrer que dans le futur, tout sera mieux ? Mais tout est déjà mieux qu’il y a 10 ou 20 ans. On n’a pas besoin de vidéos pour nous dire que la réalité augmentée permettra de faire plein de trucs, on le sait déjà. Le public a désormais intégré la chose informatique : il faut arrêter de le prendre pour un con. En fait, je trouve que ces vidéos de « concept de vie » sont terriblement datés, et promettent juste trop. Dans le même genre, la vidéo de présentation de HoloLens a tout l’air du concept casse-gueules qui ne pourra pas être aussi performant dans la réalité. On est dans le domaine du vaporware.

À contrario, l’approche d’Apple me semble incroyablement plus concrète. Ses dernières campagnes de pub (« Tout est différent avec l’iPad« , « iPhone 6 World Gallery« , « Lancez-vous« , ne sont pas axées sur « Qu’est-ce que vous pourrez faire avec votre iPad/iPhone dans le futur », mais sur « Comment nos technologies changent la vie des gens aujourd’hui« . Elles montrent des changements très concrets. Apple ne vous montre pas que « le futur sera top », mais que « le futur, c’est maintenant ».

Que Microsoft pense avoir encore le temps et l’argent de produire des vidéos futuristes me semble naif, pour ne pas dire dangereux : plus encore que d’habitude, elle néglige de regarder ce qui se passe autour d’elle, pour présenter un futur de science-fiction en Full HD. Ça ne la sert pas vraiment, et ça la coupe de la réalité. Dans les années 80, Apple adorait montrer des trucs très futuristes, mais elle s’est également éparpillée au lieu de se concentrer sur l’essentiel : faire de bons ordinateurs. Ça a failli la tuer. À son retour, Jobs a fait un nettoyage de fond en supprimant tout ce qui était inutile dans la boite. Même si Satya Nadella a mis en oeuvre de gros chantiers et apporté des changements bienvenus dans la culture de l’entreprise, il y a donc encore du boulot pour changer la communication de Microsoft… et elle en aurait bien besoin.

Personnellement, je n’attends pas de Microsoft qu’elle me présente des images que j’ai déjà vu il y a 6 ans dans Avatar. J’attends déjà qu’elle me fournisse une nouvelle version fonctionnelle de Microsoft Office, avec les mêmes fonctions que la version PC. Ça tombe bien : la première beta d’Office 2016 est tombée cette semaine. Microsoft n’a donc plus que quelques mois pour me faire rêver

Finalement, je ne suis pas si exigeant que ça.

Les comparatifs étranges de 01.Net

Le site 01.net propose un très étrange classement de téléphones portables à plus de 450€. Ce classement aux critères très étonnants a fait réagir Benoit Pepermans qui se fend d’un long billet de blog fort intéressant. Outre le fait qu’on trouve un BlackBerry Passeport devant l’iPhone 6 (srsly, guys ?), l’article met en avant le fléau des sites technologiques qui ne mettent en avant que des critères dits « objectifs »… mais qui ne le sont pas tant que ça. Pire encore, qu’un site comme 01.net mette en avant des critères comme le nombre de pixels d’un capteur photo pour décider de sa qualité réduit en cendres sa crédibilité.

Mais surtout, il montre le décalage de plus en plus flagrant entre les sites qui veulent comparer des données dans un tableau, en oubliant totalement le côté émotionnel de ces appareils que nous portons en permanence avec nous, ou que nous utilisons tous les jours.

Les caractéristiques techniques d’un appareil électronique ne sont pas négligeables, bien sûr. Mais seule la prise en main réelle, l’utilisation sur le terrain, la possibilité de le toucher permettent d’en appréhender toutes les subtilités, que ce soit pour Apple ou pour d’autres constructeurs… Mais il faut être honnête, sur ce terrain, Apple part avec une avance phénoménale, car elle place le design au cœur de ses produits. Elle appelle à l’émotion. Je me souviens par exemple très bien du peu d’engouement pour le MacBook Air original, en 2008. Et puis, on le sortait de son carton, et… wouah. Ça ne ressemblait à rien de connu.

Et ça, toutes les caractéristiques techniques du monde ne peuvent pas forcément le contrer. C’est pour cela qu’il est la plupart du temps indispensable de voir l’appareil de vos rêves in situ. C’est comme pour l’automobile : vous ne choisissez pas forcément une voiture uniquement parce qu’elle fait du 4 litres au cent (même si ça peut être un critère, évidemment) : son aspect, son élégance vont aussi devoir vous parler. L’informatique atteint aujourd’hui le même statut que l’automobile : ce n’est plus un objet forcément moche, mais ce doit aussi être un objet avec lequel nous souhaitons avoir une relation plus… intime[1]. 

C’est aussi pour cela qu’il sera indispensable de tester l’ Watch lorsqu’elle sera disponible, sans forcément regarder ses caractéristiques techniques, car plus encore, la montre parlera à votre émotion. Et peut-être que vous accepterez de sacrifier des éléments qui pourraient sembler importants[2]… parce qu’elle vous aura touché dans quelque chose de plus subtil qu’un tableau de caractéristiques techniques.

  1. Ne rigolez pas, au fond.
  2. <tousse tousse> L’autonomie <tousse tousse>