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Quatres semaines avec l’Apple Watch

J’ai donc reçu mon Apple Watch il y a pratiquement quatre semaines, en même temps d’ailleurs que mes comparses de 3 hommes et un podcast. Je dois admettre que j’étais assez impatient, bien que réservé sur certains aspects de la montre. En aurais-je vraiment besoin ? Allait-elle vraiment me plaire ? Allais-je la retourner sous 14 jours comme certains l’ont fait ?

Déjà, le choix de la montre a été assez chaotique. Parti au départ pour prendre une Apple Watch en version sidérale 42mm, le coût m’avait quand même légèrement fait frémir : à 1249€, pour quelqu’un qui n’utilise plus de montre depuis des années, ça faisait légèrement bobo au portefeuille. Surtout si le test n’est pas concluant.

Je me suis donc rabattu sur le modèle Sport 42mm, avec le bracelet en fluoroélastomère (en plastique quoi), mais toujours en version sidérale. Un poil plus cher certes, mais infiniment plus joli à mon goût que le modèle standard.

Apple watch

L’Apple Watch a été livrée dans un boitier étonnement lourd, assez classieux, avec ses deux tailles de bracelet. Même si je suis resté durant tout ce temps avec le bracelet d’origine (M/L), je vais essayer maintenant de tester le bracelet S/M, même s’il m’oblige à utiliser le dernier point de fixation. Le bracelet est effectivement très confortable, j’arrive très facilement à oublier que je la porte. Côté solidité, ça a l’air plutôt très bien, mais je l’enlève lors des activités de bricolage à la maison… Limitons les risques, quoi (même si c’est souvent à ce moment que je perds le plus de calories !).

Côté affichage, je suis resté sur le look Modulaire, qui est parfait pour mes besoins : simple, mais efficace grâce aux quelques complications disponibles. Elle me donne les infos dont j’ai besoin très rapidement.

L’Apple Watch : le positif

Apres ces quelques semaines d’utilisation, voici ce que j’apprécie vraiment :

– Le look. Sur mon poignet, je ne la trouve pas très massive, finalement. Pas discrète, mais son côté monolithe compact a un côté rassurant.

– L’autonomie. Apple annonçait une journée, on est en fait bien au-delà. Perso je suis plutôt dans les 50% en soirée avec charge la nuit et utilisation à partir de 8h du matin. Alors oui ce n’est pas idéal (j’aimerais que la batterie tienne plutôt deux ou trois ans, eh), mais dans l’état de la technologie actuelle, c’est pas si dégueu.

– Les notifications. Sonores, visuelles, et surtout le fameux contact haptique, ces alertes sont bien fichues et relativement discrètes. Du coup j’utilise moins l’iPhone. Pour moi c’est la vraie force de la Watch. Ne plus avoir besoin de son iPhone pour répondre rapidement à un message, pour visualiser son calendrier, etc. Vraiment pratique.

– Répondre au téléphone avec la Watch : alors oui, c’est sûrement too much, mais qu’est-ce que c’est marrant :-D 

– Les apps. J’utilise peu d’apps sur la Watch, mais Mac ID est incroyablement fun à utiliser (déverrouiller son Mac avec sa montre, non mais ALLO QUOI).

– Le suivi d’activité. Alors, certes, c’est peut-être moins bon qu’un bracelet dédié… MAIS la Watch m’oblige à me bouger un peu plus. Je ne suis pas sportif, je suis souvent trop verrouillé sur mon clavier, et le fait que la Watch me rappelle de temps en temps qu’il faut me déconnecter, ou que ça serait plus pertinent de monter par les escaliers chez ce client plutôt que de prendre l’ascenseur, bref, qu’elle me force subtilement à être un poil plus actif n’est pas pour me déplaire. On peut le voir comme une contrainte, ou on peut estimer pathétique de devoir en arriver là… mais le fait est que pour moi, ça marche plutôt bien.

– Le bracelet sport. J’étais pas convaincu au départ, je trouvais le bracelet milanais vraiment chouette, mais au final… je trouve que le bracelet Sport me convient bien, il est agréable à porter, donc très bien.

– Siri. J’utilise déjà Siri tous les jours sur l’iPhone, et son intégration avec la Watch est vraiment agréable. Mais des petits défauts quand même : si je lui dis « Appelle mon épouse sur son mobile », la Watch ne fait pas le lien avec Madame Gète, là où l’iPhone le fait très bien. Cependant, elle n’est pas totalement idiote : elle propose alors de transférer via la fonction Handoff d’iOS la requête vers l’iPhone, qui peut alors déclencher l’appel. Futé.

L’Apple Watch : le pas forcément positif.

– L’interface est parfois vraiment confuse. On ne sait plus trop où aller pour lancer l’opération suivante. Ça mériterait un peu d’éclaircissement, ou d’homogénéité. Bref, ça semble parfois plus compliqué que nécessaire.

– Les fonctions Force Touch sont… troublantes. Pas évident de savoir quand il faut appuyer de façon forte ou pas. Mais on s’y fait.

– Le bouton des contacts favoris. Il rend les choses inutilement confuses, et je ne l’utilise quasiment pas.

– Les fonctions de messages personnels à base d’envoi du rythme cardiaque à sa douce ou de GIFs pas très jolis… Non, vraiment pas fan.

– La couronne digitale. L’idée est géniale, l’exécution un peu moins, et là encore c’est plutôt lié à l’interface utilisateur qui ne suit pas. Perso, je ne l’utilise pas beaucoup au jour le jour.

« Mais à quoi ça sert, vraiment ? Pourquoi en aurais-je vraiment besoin ? »

La réponse ? Elle est absolument impossible à donner. Je sais juste que c’est un superbe objet, fait avec soin, avec une vraie attention au détail, toujours disponible (dans la mesure où sa batterie est pleine, hin hin)… mais surtout infiniment personnel. Tim Cook l’a toujours dit : « c’est l’appareil Apple le plus personnel qui soit ». Et effectivement : il s’agit d’un produit totalement orienté vers l’affect, autrement dit, rien qui puisse être mis sur une liste de choix.

Dans l’ensemble, la Watch en est à sa version 1.0. Comme le premier iPhone qui n’avait pas de 3G ou de GPS, c’est un produit en devenir. Déjà, l’arrivée d’un SDK un peu plus complet devrait permettre de voir débarquer des vraies applications natives, et là les choses pourraient devenir bien plus intéressantes. De même, je suis curieux de voir ce qu’Apple va développer autour du cardiofréquencemètre… Il y a beaucoup de choses à faire.

En conclusion… je ne peux pas conclure. Je ne peux pas vous dire que c’est le meilleur produit Apple jamais créé, ni que c’est le plus indispensable. Mais c’est un superbe objet qui montre (art) un futur connecté, et pas aussi idiot ou inutile qu’on voudrait le faire croire.

N’essayez pas l’Apple Watch sur une seule journée pour faire votre opinion. Testez-la, utilisez-la vraiment. Elle saura se faire apprécier. 

En tout cas, j’aime mon Apple Watch, et je la garde :-)

Ceci n’est pas une montre

NewImage

 

Soyons honnête : ceci n’est pas une montre. Si on prend en compte le fait qu’une montre est un objet attaché autour d’un poignet et qui donne l’heure, alors non, l’Apple Watch n’est pas une montre.

C’est bien plus que cela. Et c’est peut-être le produit le plus complexe qu’Apple ait jamais sorti, car il se situe sur un territoire totalement inconnu pour nous, clients potentiels, mais également pour les sociétés informatiques ET les fabricants de montres.

Un ordinateur est… un ordinateur. Qu’il soit personnel ou professionnel, cela reste majoritairement un écran posé sur un bureau ou sur nos genoux, avec lequel nous agissons avec un clavier et une souris/trackpad. Ce n’est pas un objet personnel, dans le sens où est il facilement interchangeable avec un autre, et nous en sommes physiquement détachés.

Le smartphone est déjà beaucoup plus personnel. Il nous permet de créer un lien intime avec l’extérieur, et il reste proche de nous, souvent dans notre poche 1. Le smartphone, c’est bien plus qu’un téléphone. C’est aussi un ordinateur de poche, un GPS, un appareil photo, une caméra, un walkman, et tellement plus de choses encore.

Mais la montre… c’est un objet particulièrement intime, que l’on porte quasiment en permanence avec nous. Mais certains s’en passent également très bien… surtout depuis l’arrivée des smartphones !

Et pour Apple, le challenge est énorme. Parce que nul est capable de dire si la Watch est capable de capter un large public… ou non. Nul n’est capable de dire si ses avantages, ses nouvelles fonctions, seront capables de compenser ses faiblesses (réelles).

Mais si certains se sont dit déçus par les annonces sur la Watch, c’est parce que nous avons une tendance naturelle à trop attendre d’Apple, qui fait parfois des merveilles de technologie, en étant capable de pondre des ordinateurs portables capables d’atteindre la journée d’autonomie. Pour la Watch, la batterie sera un vrai challenge. Elle pourrait tenir 18 heures en utilisation normale, mais on aurait préféré qu’elle fasse beaucoup, beaucoup plus. Ici, Apple a préféré choisir une technologie d’affichage et de construction supérieure à celle de la Pebble, mais elle ne fera pas encore de miracle sur son autonomie, hélas.

En revanche, ce que la Watch perd en autonomie, elle le gagne en design pur et dur. C’est un vrai, beau produit Apple, élégant dans sa forme, avec une vraie approche émotionnelle du produit. Je pense que beaucoup seront tentés par la Watch après l’avoir vue en magasin ou après l’avoir vue au poignet d’un ami ou collègue 2.

Surtout… il n’y a pas qu’une Watch, il y a des Apple Watches. Apple ne lance pas un produit, mais une collection aux prix très variés. C’est presque inédit pour un constructeur à la base d’ordinateurs. Et pourtant, ce n’est pas la première fois qu’Apple fait ça, souvenez-vous des iMac multicolores… Apple essaie ici réellement de s’affirmer comme une société au carrefour des sciences humaines et de la technologie. C’est son crédo. Mais elle va encore plus loin en mettant un pied dans le domaine du luxe, et ça, c’est quasiment inédit dans le monde informatique3.

La Watch sera lancée le 24 avril, et en pré-commande dès ce vendredi 10 avril. Personnellement, je pense qu’elle sera un joli succès, mais je peux tout à fait me tromper. Je pense aussi la commander, ne serait-ce que parce que sa sortie a le bon goût de coïncider peu ou prou avec mon anniversaire… Mais aussi parce que je suis curieux de voir si avoir à nouveau une montre à mon poignet peut me changer ma dépendance (assez réelle, soyons honnête) au smartphone.

Est-ce que la Watch sera le premier vrai échec de Tim Cook ? Ou est-ce que ce sera un succès aussi colossal que l’iPhone dans quelques années ? Nul n’est capable de le dire. Et contrairement à ce qu’on entend souvent, Apple a parfaitement le droit à l’échec : elle a aujourd’hui les reins financièrement assez solides pour tenter des paris un peu fous.

En tout cas, les prochains mois seront sûrement passionnants. Et pour ceux que mon avis intéresse vraiment, n’oubliez pas d’écouter 3 hommes et un podcast, le sujet a été abondamment traité ces derniers mois :-)

  1. Attention, évitez la poche arrière. Surtout avec l’iPhone 6.
  2. L’effet iPod : on le trouvait trop cher, mais après quelques minutes d’utilisation, on en voulait un…
  3.  à part Vertu, qui propose des smartphones à prix prohibitif, mais surtout un service de conciergerie associé.

Du futur, d’Apple et de Microsoft

Je suis tombé sur cet intéressant billet publié sur Medium par Franck Chen. Sa comparaison entre cette vidéo publiée par l’équipe Entreprise de Microsoft et le Knowledge Navigator, une vidéo futuriste conçue par l’équipe de l’Apple Technologies Group en 1987 est plutôt bien trouvée, et il est vrai qu’un grand nombre des technologies montrées dans la vidéo d’Apple commencent à vraiment se concrétiser 30 ans plus tard.

Mais d’un autre côté… Plusieurs points me dérangeant dans la vidéo de Microsoft. Tout d’abord, le fait que Microsoft présente sa vidéo dans le cadre de l’entreprise montre à quel point elle a toujours du mal à aller vers l’individu. Le coeur du marché de Microsoft, c’est l’entreprise.

Ensuite… Je ne pense pas qu’en 2015, Microsoft ait vraiment intérêt à créer ce genre de vidéos. Nous sommes déjà bien au courant de tous les avantages qu’apportent la réalité augmentée, Internet, les wearable devices ou le smartphone… parce que nous les utilisons déjà. Ce que Microsoft montre n’est qu’une version améliorée de ces concepts, rien de plus. La production de ces jolies images coûte cher, et n’apporte rien en terme d’image de marque pour Microsoft. Quel est le but recherché ? Montrer que dans le futur, tout sera mieux ? Mais tout est déjà mieux qu’il y a 10 ou 20 ans. On n’a pas besoin de vidéos pour nous dire que la réalité augmentée permettra de faire plein de trucs, on le sait déjà. Le public a désormais intégré la chose informatique : il faut arrêter de le prendre pour un con. En fait, je trouve que ces vidéos de « concept de vie » sont terriblement datés, et promettent juste trop. Dans le même genre, la vidéo de présentation de HoloLens a tout l’air du concept casse-gueules qui ne pourra pas être aussi performant dans la réalité. On est dans le domaine du vaporware.

À contrario, l’approche d’Apple me semble incroyablement plus concrète. Ses dernières campagnes de pub (« Tout est différent avec l’iPad« , « iPhone 6 World Gallery« , « Lancez-vous« , ne sont pas axées sur « Qu’est-ce que vous pourrez faire avec votre iPad/iPhone dans le futur », mais sur « Comment nos technologies changent la vie des gens aujourd’hui« . Elles montrent des changements très concrets. Apple ne vous montre pas que « le futur sera top », mais que « le futur, c’est maintenant ».

Que Microsoft pense avoir encore le temps et l’argent de produire des vidéos futuristes me semble naif, pour ne pas dire dangereux : plus encore que d’habitude, elle néglige de regarder ce qui se passe autour d’elle, pour présenter un futur de science-fiction en Full HD. Ça ne la sert pas vraiment, et ça la coupe de la réalité. Dans les années 80, Apple adorait montrer des trucs très futuristes, mais elle s’est également éparpillée au lieu de se concentrer sur l’essentiel : faire de bons ordinateurs. Ça a failli la tuer. À son retour, Jobs a fait un nettoyage de fond en supprimant tout ce qui était inutile dans la boite. Même si Satya Nadella a mis en oeuvre de gros chantiers et apporté des changements bienvenus dans la culture de l’entreprise, il y a donc encore du boulot pour changer la communication de Microsoft… et elle en aurait bien besoin.

Personnellement, je n’attends pas de Microsoft qu’elle me présente des images que j’ai déjà vu il y a 6 ans dans Avatar. J’attends déjà qu’elle me fournisse une nouvelle version fonctionnelle de Microsoft Office, avec les mêmes fonctions que la version PC. Ça tombe bien : la première beta d’Office 2016 est tombée cette semaine. Microsoft n’a donc plus que quelques mois pour me faire rêver

Finalement, je ne suis pas si exigeant que ça.

Les comparatifs étranges de 01.Net

Le site 01.net propose un très étrange classement de téléphones portables à plus de 450€. Ce classement aux critères très étonnants a fait réagir Benoit Pepermans qui se fend d’un long billet de blog fort intéressant. Outre le fait qu’on trouve un BlackBerry Passeport devant l’iPhone 6 (srsly, guys ?), l’article met en avant le fléau des sites technologiques qui ne mettent en avant que des critères dits « objectifs »… mais qui ne le sont pas tant que ça. Pire encore, qu’un site comme 01.net mette en avant des critères comme le nombre de pixels d’un capteur photo pour décider de sa qualité réduit en cendres sa crédibilité.

Mais surtout, il montre le décalage de plus en plus flagrant entre les sites qui veulent comparer des données dans un tableau, en oubliant totalement le côté émotionnel de ces appareils que nous portons en permanence avec nous, ou que nous utilisons tous les jours.

Les caractéristiques techniques d’un appareil électronique ne sont pas négligeables, bien sûr. Mais seule la prise en main réelle, l’utilisation sur le terrain, la possibilité de le toucher permettent d’en appréhender toutes les subtilités, que ce soit pour Apple ou pour d’autres constructeurs… Mais il faut être honnête, sur ce terrain, Apple part avec une avance phénoménale, car elle place le design au cœur de ses produits. Elle appelle à l’émotion. Je me souviens par exemple très bien du peu d’engouement pour le MacBook Air original, en 2008. Et puis, on le sortait de son carton, et… wouah. Ça ne ressemblait à rien de connu.

Et ça, toutes les caractéristiques techniques du monde ne peuvent pas forcément le contrer. C’est pour cela qu’il est la plupart du temps indispensable de voir l’appareil de vos rêves in situ. C’est comme pour l’automobile : vous ne choisissez pas forcément une voiture uniquement parce qu’elle fait du 4 litres au cent (même si ça peut être un critère, évidemment) : son aspect, son élégance vont aussi devoir vous parler. L’informatique atteint aujourd’hui le même statut que l’automobile : ce n’est plus un objet forcément moche, mais ce doit aussi être un objet avec lequel nous souhaitons avoir une relation plus… intime[1]. 

C’est aussi pour cela qu’il sera indispensable de tester l’ Watch lorsqu’elle sera disponible, sans forcément regarder ses caractéristiques techniques, car plus encore, la montre parlera à votre émotion. Et peut-être que vous accepterez de sacrifier des éléments qui pourraient sembler importants[2]… parce qu’elle vous aura touché dans quelque chose de plus subtil qu’un tableau de caractéristiques techniques.

  1. Ne rigolez pas, au fond.
  2. <tousse tousse> L’autonomie <tousse tousse>

WWDC 2014 : le bilan de la conférence inaugurale

(Oui, je ne dis pas « keynote », ça m’énerve toujours autant. Bref.)

C’était vraiment une belle Keynote ce soir1.

Durant deux heures, Apple a présenté son futur. Et c’est un futur qui me plait bien plus que celui de l’époque de Lion, entre autres. Mais surtout, elle montre ce que je m’entête à dire depuis des années : Apple n’est pas aujourd’hui pour faire des grands chambardements. Si vous attendez une révolution tous les matins, vous serez déçus.

Son travail est itératif. C’est un travail de longue haleine : si vous trouvez qu’il n’y a aucune différence entre l’interface Aqua2 de 2001 et celle de 2014, alors vous avez un vrai problème avec Apple. Et c’est peut-être l’intelligence d’Apple : plutôt que de vouloir tout radicalement changer, plutôt apporter de petites modifications, pour perfectionner son travail de longue haleine, plutôt que de tenter d’imposer par la force des changements radicaux et réellement sujets à controverse3.

L’un des maitres-mots de cette keynote aura surtout été la fluidité. Fluidité de transfert des informations d’un appareil à un autre. Il y a aujourd’hui encore trop de frictions à l’usage entre un appareil sous iOS et un Mac. On a déjà parlé longuement des limitations d’iCloud, par exemple sur 3 Hommes et un podcast. Il semble qu’Apple ait décidé d’écouter ses utilisateurs pour proposer une expérience plus simple, plus proche de ce qu’on souhaiterait vraiment. Le cas frappant, c’est iCloud Disk : on râlait qu’Apple ne proposait pas de stockage facile d’accès en limitant la partie cloud à l’intégration aux apps ? Hop, voici du partage à la Dropbox. Je râlais qu’on ne puisse pas prendre un appel téléphonique depuis son Mac lorsqu’il arrive sur l’iPhone ? C’est possible, et pas de souci pour envoyer iMessage ou SMS depuis le Mac. Vous voulez créer un hotspot entre votre Mac et votre iPhone ? Hop, un clic, c’est fait. On râlait qu’il fut impossible d’utiliser d’Airdrop entre OS X et iOS ? Voilà, corrigé.

Apps finder access

Plus impressionnant encore, la fonction Handoff, qui permet de reprendre un document sur son iPad ou iPhone exactement où on s’est arrêté sur son Mac. Reste à voir si dans l’usage on aura la même fluidité que durant la conférence4… Mais à priori, tout semble conçu pour que l’iPad, l’iPhone et le Mac5 travaillent réellement main dans la main… iCloud devenant le liant pour tous nos appareils numériques. Apple a compris depuis longtemps que ses appareils ne pouvaient pas fusionner de force, et ça tombe bien, ça n’est pas son objectif. Plutôt que de faire des solutions « sans compromis », comme le dit si mal Microsoft6, autant faire des solutions adaptées à chaque usage, mais réellement liés les uns aux autres.

Mais Apple est aussi parfois capable de faire quelques choix pour le moins radicaux, comme Metal7,une nouvelle couche de programmation pour tirer parti de la puissance graphique des processeurs A7 et dont la démonstration, je l’avoue, m’a pas mal impressionné. Ou encore… un nouveau langage de programmation. Curieusement, j’ai entendu qu’avec Swift, Apple voulait assassiner les développeurs. Diantre ! Parce que proposer un langage plus simple, plus rapide qu’un langage créé il y a plus de 25 ans, et tirant le meilleur parti de nos processeurs serait les assassiner ? Les développeurs auront certes du travail, mais si le langage est plus efficace, plus beau (mais oui !), ils passeront à Swift, tout comme les développeurs sur Windows ont embrassé C#. En tout cas, Apple leur a donné au moins un beau sujet de discussion pour les années à venir… Et il semble que les premiers retours sur Swift soient assez encourageants.

Restent les changements cosmétiques, qui comme d’habitude vont sûrement faire râler pas mal, puis on s’y fera, comme pour tout. On a survécu à l’interface Platinium et au passage à Aqua…

Bref… Si vous attendiez de voir ce que pouvait donner l’Apple post-Steve Jobs, vous en avez enfin un bon aperçu.

C’est… Apple.

  1. Et merde.
  2. Peut-on encore d’ailleurs encore parler d’Aqua vu l’absence quasi-totale de cette interface liquide ?
  3. Coucou Windows 8, oui oui, c’est de toi qu’on cause
  4. N’oublions pas que chez Apple, la bande passante semble toujours infinie durant les démos.
  5. Et dans une moindre mesure, Windows puisqu’iCloud Drive sera également disponible dessus.
  6. Quand MS dit qu’il n’y a pas de compromis dans Surface, elle démontre systématiquement le contraire
  7. Dont le logo me fait furieusement penser au M sur la casquette de Mario…

Révolutionnaire

Il y  a quelques jours, j’ai été un membre actif d’une petite discussion lancée par un tweet de Cédric Ingrand, qui s’interrogeait sur le fait qu’Apple ne serait plus un moteur d’innovation. Samsung serait donc bien plus innovant qu’Apple, et ça serait la fin des haricots pour cette dernière, puisque Samsung a pris la première place du vendeur de smartphones (encore que ce chiffre pourrait être sujet à discussion, mais c’est un autre débat).

Après la tempête, le calme doit revenir

Être révolutionnaire ne peut être un état permanent. Un pays en révolution permanente n’est pas un pays stable. La révolution peut apporter un changement, mais il doit ensuite y avoir une stabilisation pour que cette révolution prenne corps.

Imaginez si Apple lançait réellement une révolution chaque année. Déjà que les Guignols se foutent de sa gueule à chaque lancement de produit…

Apple est capable de changer la course d’une industrie, comme elle l’a démontré. Mais il n’est pas forcément évident d’inventer ou de trouver the next big thing. Les marchés sur lesquels Apple peut se lancer existent, et le succès de l’iPhone a montré qu’elle était capable d’apporter un véritable sang neuf. Cependant, espérer chaque année un produit capable d’enterrer la génération précédente ne peut pas être viable. Il faut de temps en temps laisser souffler le public. Quelque soit le talent d’une entreprise, elle ne peut pas imposer du changement permanent.

Du véritable usage de la révolution

Apple a créé de nombreuses révolutions depuis sa création :

– Le premier vrai ordinateur pour tous dans un boitier plastique avec l’Apple ][ ;

– Le premier vrai ordinateur pour tous équipé en standard d’une interface graphique avec le Lisa puis le Macintosh ;

– Le premier vrai ordinateur multimédia pour tous avec le Mac II vx ;

– Le premier ordinateur pour tous équipé d’un port USB, avec l’iMac ;

– Le premier ordinateur portable pour tous équipé en standard d’une technologie Internet sans fil, avec l’iBook.

– Le premier vrai lecteur MP3 pour tous avec l’iPod ;

– Le premier vrai smartphone pour tous avec l’iPhone ;

– La première vraie tablette pour tous avec l’iPad.

Vous noterez cependant un point important dans ces révolutions.

Apple n’a inventé aucune de ces révolutions technologiques. 

Apple n’a pas créé la première tablette, ou le premier lecteur MP3, ou le premier smartphone ou encore la première interface graphique, ou le premier ordinateur équipé de ports USB. D’autres constructeurs pourraient se gausser d’avoir créé ces technologies.

Mais la force d’Apple est d’avoir su détecter dans ces technologies leur potentiel, et leur avoir permis de s’épanouir pleinement. D’avoir misé dessus, parfois énormément, en pensant être capable de faire sortir une technologie de l’ornière pour la rendre accessible au plus grand nombre.

Le terme « pour tous » que j’ai utilisé plus haut est cependant usurpé. Apple préfère souvent utiliser for the rest of us : pour nous, qui ne sommes pas des informaticiens et n’avons pas envie de le devenir. Et c’est exactement ce qui fait la force d’Apple : proposer une technologie comme le Wi-Fi, et la rendre utilisable par un enfant de 10 ans. Qui peut nier aujourd’hui que le Wi-Fi a révolutionné de nombreux usages de l’informatique et de la mobilité ?

Il y a évidemment de la provocation dans mon propos. Quand je dis que l’iPod est le premier lecteur MP3 pour tous, c’est évidemment faux sur un point : son tarif pouvait être considéré comme prohibitif, mais finalement était justifié par rapport à la technologie alors embarquée. Et ce que fait payer Apple, outre son design, c’est aussi cette facilité d’utilisation et cette cohérence entre le matériel et le logiciel.

Apple ne va donc pas forcément se lancer sur un marché juste pour faire plaisir à des analystes, qui voient dans le nombre de ventes d’un produit son potentiel. Alors qu’il faut prendre un appareil technologique dans son ensemble. On avait par exemple reproché à Apple de ne pas vouloir vendre d’ultra-portable à bas prix (les fameux netbooks), niant ici totalement son positionnement produit pour le placer face à Dell ou HP. Aujourd’hui, le marché des netbooks est mort, et a même fait du mal au marché du PC en général.

Alors évidemment, quand Apple annonce une révolution pour chaque nouveau produit, c’est forcément une hyperbole. Et comme je dis souvent, c’est un peu normal qu’Apple dise que chacun de ses nouveaux produits est le meilleur de sa catégorie1.

Des révolutions architecturales

Apple a sorti tous les produits cités précédemment en menant en même temps des nombreuses modifications d’architectures, des transitions parfois extrêmement risquées : citons évidemment la transition du PowerPC vers Intel, mais aussi celle vers l’architecture ARM, ou encore le passage de Mac OS 9 à OS X. Chacun de ces chantiers a été colossal, souvent audacieux, et assez brillamment réussi.

Ces chantiers sont cependant assez colossaux pour nécessiter de nombreuses années, mais on peut en voir une grande partie des bénéfices aujourd’hui. Le passage vers Intel a été un succès, avec des ventes de Mac en augmentation2, on peut enfin jouer à des tonnes de jeux  sur Mac, l’App Store pousse au développement de nouvelles applications, les développeurs reviennent justement en masse… Très positif donc.

Mais Apple n’a donc aucun problème en ce moment ? 

Si. Je pense que le principal problème actuellement avec Apple n’est pas avec le matériel, mais plutôt au niveau du logicielEt plus exactement, la stagnation inquiétante des logiciels qu’elle développe elle-même :

  • Apple a sorti iLife en 2003, et cette suite logicielle a été un incroyable argument vendeur du Mac.
  • iWork 09, dans une certaine mesure, a contribué à relancer une certaine concurrence à Microsoft Office (surtout grâce au merveilleux Keynote).
  • Aperture semble constituer une alternative intéressante à Adobe Lightroom.
  • Et Final Cut Pro était une arme ultime pour la création vidéo.
  • Apple avait aussi des ambitions côté serveur, en allant jusqu’à se lancer dans le SAN. Ça a fait pschit.
  • Sans oublier son outil de gestion Apple Remote Desktop…

Malheureusement, sur tous ces logiciels, il n’y a pas forcément eu de révision majeure depuis quelques années, à part l’évolution critiquée de Final Cut Pro X.  La suite iLife n’a pas vu de remplaçant à iDVD ou iWeb, iWork stagne et s’est même vu amputé de ses fonctions Internet avec l’abandon d’iWork.com, Aperture n’a pas évolué, Final Cut X est enfin sorti mais en version tronquée (même si des mises à jour ont corrigé pas mal de manques)…

En clair, côté logiciels Apple sur Mac, c’est pas la joie, et on ne voit vraiment rien de révolutionnaire. Mais n’est-ce pas là aussi la faute de l’iPad ? Ce dernier a eu entretemps de nombreuses mises à jour de logiciels, dont une version complète d’iWork, ainsi qu’iMovie, iPhoto et Garageband ! Et je ne serais pas surpris que le manque d’évolution côté Mac vienne de ces évolutions côté iOS, Apple étant connu pour avoir des équipes de développement resserrées.

Je pense cependant que cette période de transition des applications vers iOS est un chantier qui se termine, et désormais les versions Mac et iOS vont évoluer conjointement, ne serait-ce que pour pousser la synchronisation avec iCloud des documents entres ces plates-formes. Les logiciels devraient évoluer dans une meilleure direction et devraient permettre à nouveau de faire rayonner la plate-forme Apple. Car après tout, ce qui fait vendre les machines, ce sont aussi les logiciels, et c’est à Apple de montrer l’exemple en proposant les meilleurs logiciels du marché.

Cette nouvelle année devrait être donc passionnante… même si Apple ne révolutionne pas un nouveau marché. Mais ne serait-ce que parce que ses plates-formes n’ont jamais été aussi vivantes.

  1. Imaginez Tim Cook qui monterait sur scène un jour en disant : « bon, on vient de sortir un produit, mais c’est pas le meilleur, hein, y’a machin ou trucmuche qui font beaucoup mieux. »
  2. Bon OK, pas au dernier trimestre, mais pour plein de raisons bonnes ou mauvaises d’ailleurs.

Goodbye Google (et Gmail)

Gmail logo

C’est fait : j’ai supprimé mon compte Google. Et donc, viré ma boite Gmail au passage.

Pourquoi ?

Il y a plusieurs raisons à cela. La première, et sûrement la meilleure, est que… finalement, je ne l’utilisais quasiment pas. Oh, j’avais bien quelques services pratiques chez Google, mais rien d’irremplaçable. En réalité, la fonction que j’utilisais le plus dans Gmail, c’était son filtre antispam, ceux de mon hébergeur (1and1) n’étant pas bien efficace à l’époque. Ça a l’air d’être bien mieux aujourd’hui. Et dans le pire des cas, il y a d’autres solutions, comme SpamSieve, ou passer par un SMTP supplémentaire nettoyant le mail (dyn.com propose ce service). La seule fonction qui va peut-être me manquer, c’est la synchro des flux RSS. Peut-être que je créerai un autre compte Google (anonyme, celui-ci) uniquement à cet usage. Je verrai.

La deuxième raison : ces « innovations » de Google m’inquiètent de plus en plus. En clair : Google souhaite utiliser vos e-mails pour proposer des résultats de recherche supplémentaires lors d’une requête sur sa page principale. Alors évidemment, j’ai très bien compris que ce n’est pas parce que vous faites une recherche dans Google que vous allez taper dans mes mails. Mais quand même, je n’aime pas ce procédé. Certains l’apprécient peut-être, moi pas.

Google était formidable, il y a dix ans. Lorsque Google faisait son cœur de métier, et le faisait bien : proposer juste de la recherche, rapide, avec juste une barre de recherches, et… c’est tout. Depuis l’avènement de Facebook et d’iOS, Google flippe que l’utilisateur se détourne de la recherche, et donc, de ses revenus, puisque Google tire ses revenus de la publicité intégrée dans ses pages de résultats. Et cela la pousse à aller sur des terrains très glissants. Sûrement trop.

Gmail était également formidable à sa naissance, en 2004. À cette époque où les hébergeurs filaient royalement 10 ou 20 Mo de stockage pour le mail, Google en proposait 50 à 100 fois plus. Si vous vous demandez pourquoi avoir une adresse Gmail était très recherché… N’allez pas voir plus loin. Gmail a permis à Google de récupérer des tonnes de nouveaux « clients » simplement en proposant une solution BEAUCOUP plus intéressante par le seul aspect du stockage. Stockage qui ne lui coûtait d’ailleurs probablement presque rien : est-ce que tous ces utilisateurs exploitaient (ou exploitent toujours) réellement cet espace de stockage ? Cette mutualisation a évidemment fait énormément de publicité au service, qui, de plus, était fort bon, et a proposé très rapidement le protocole IMAP, à un moment où les appareils mobiles ont commencé à débarquer.

Un autre point important : j’utilise très peu les solutions web. Traitez-moi de vieux con si vous voulez, mais… je préfère toujours avoir les données en local, dans une application dédiée. Le webmail me donne des boutons, car j’ai toujours l’impression d’une solution moins évoluée techniquement que ce que me propose un client mail intégré. Un exemple tout bête : je suis un dingue du Glisser-Déposer. Je n’utilise jamais le bouton Ajouter une pièce jointe dans mon application de mail, car je l’ajoute toujours via un Glisser-Déposer. Or, quand je travaille avec une solution en webmail, la seule solution1, avec Safari, consiste à glisser la pièce jointe exactement sur le bouton d’ajout de PJ. Quand j’utilise Mail, je peux glisser ma pièce jointe n’importe où dans la fenêtre entière, ce qui rend les choses bien plus simples. Du coup, toutes les options kikoolol de Gmail… je ne les exploite jamais. Les fonctions d’archive, de tchat intégré, de recherche hyper balaise… Du vent, pour moi. Je précise bien pour moi. Si vous les appréciez et les utilisez, tant mieux. Personnellement, je n’y arrive pas.

Alors, quelle solution ?

En 1994, le sujet du bac de philosophie était : « Un acte gratuit est-il possible ? ». Comment je sais cela ? Parce que c’était l’année de mon bac, bien évidemment. Ma réponse, appuyée par des exemples des pubs de lessive (mais oui) était alors qu’il était quasiment impossible qu’un acte purement altruiste existe vraiment2.

Un service gratuit impose une contrepartie. Il faut un modèle économique pour qu’une entreprise survive. Soit le service est payant, soit il propose une gratuité à travers la publicité. Pour Gmail, la question ne se pose pas : le service est gratuit, et financé par une publicité particulièrement ciblée.

Si vous utilisez des produits Apple, vous pouvez utiliser iCloud, qui est… gratuit ! Mais pas totalement, en réalité : iCloud est financé par les produits Apple que vous achetez. N’oubliez pas qu’Apple tire la majorité de ses profits de la vente de matériel. iCloud n’a d’intérêt que si vous utilisez des produits Apple3

Personnellement, pour ce qui est de l’e-mail, j’ai depuis 1998 ans adopté toujours la même stratégie : utiliser uniquement des adresses e-mail liées à mon nom de domaine. Un nom que je paye chaque année, quelques euros par an. C’est un premier pas vers une certaine indépendance. Avantage énorme : votre adresse e-mail n’est plus liée à un hébergeur particulier. Vous pouvez changer d’hébergeur comme de chemise, c’est invisible pour tous vos correspondants. Un autre avantage : un nom de domaine à votre nom fait un poli plus sérieux.

J’utilisais Gmail quasiment uniquement pour le filtrage des e-mails. Ma stratégie était alors la suivante :

– Je crée autant d’alias que souhaité en @gete.net ;

– Chaque alias redirige vers mon compte Gmail ;

– Les messages non bloqués par le filtre antispam sont redirigés vers un compte unique de mon hébergeur, compte qui ne correspond pas à une adresse e-mail que j’utilise.

– Je relève alors via IMAP uniquement le contenu de cette boite.

L’un des avantages de cette méthode : elle évite de multiplier les comptes à relever. Je n’exploite qu’un seul compte, et ça me va très bien. Et comme tout est en IMAP, pas de problème de synchronisation entre Mac, iPhone et iPad.

Et à noter que tout ceci ne pose pas de souci, pour une raison bien précise : j’utilise Mail sur OS X. Et ce dernier sait gérer plusieurs adresses e-mails sur un seul compte (contrairement à Entourage ou Outlook). Du coup, je n’ai qu’un seul compte à relever pour récupérer les messages envoyés à toutes mes adresses e-mail, et je peux envoyer avec toutes ces adresses e-mail. Pratique. Et à noter que cette astuce fonctionne également sur iOS.

C’est une stratégie qui semble alambiquée sur le papier, mais elle est réellement efficace. Et surtout, elle me permet d’utiliser les mêmes adresses e-mail depuis 1999, malgré les changements de FAI ou d’hébergeur. C’est une indépendance qui a un certain coût, mais… elle est très agréable.

Comme déjà dit, mon usage de Gmail était très limité. Donc impact également très limité. Mon action sur Gmail 

Et pour le reste ?

Restent les autres services proposés par Google, et liés au compte Google :

  • Youtube : je n’ai publié qu’un tout petit nombre de vidéos sur YouTube. J’ai récupérées celles que je trouvais vraiment intéressantes et je les mettrai en ligne plus tard sur Vimeo
  • RSS : pour la synchronisation des flux RSS, malheureusement peu, voire pas de solutions. Peut-être que je recréerai un compte Google, anonyme, juste pour cet usage.
  • Analytics : mon hébergeur me propose une solution d’analyse, pas géniale, mais je m’en fous un peu, pour être honnête. Je ne vis pas vissé sur mes stats. Mon métier n’est pas lié au web. Certes, ça m’amuse de voir parfois les pics de connexion lors d’une sortie de Lion DiskMaker. Mais ça ne va pas plus loin. Je ne monétise pas le contenu de ce site.
  • iGoogle : je n’utilise pas. Ma page de démarrage est vierge par défaut.
  • Maps : je me suis toujours limité aux fonctions assez basiques de Maps. Pas trop d’impact pour moi. J’ai juste mis un lien personnalisé vers mon adresse sous forme de lien, que j’ai stocké dans la barre des signets de Safari.
  • Google Plus : AH AH AH ! Ahem.
  • Synchro calendriers / Carnet d’adresse : ça fait des années que j’utilisais MobileMe, puis iCloud, donc pas besoin de changer ici. Car j’ai curieusement beaucoup plus confiance envers Apple qu’envers Google pour respecter ma vie privée. C’est peut-être une erreur, mais… c’est comme ça.
  • Stockage : le coût du stockage ayant fortement baissé, l’avantage qu’avait Gmail a disparu. Tous les hébergeurs proposent désormais une quantité de stockage largement suffisante pour héberger nos mails et un bon paquet de données.

La grande question : quel est le coût de notre indépendance ?

Peut-être que je suis naïf, peut-être que l’indépendance n’existe pas, sauf à carrément monter son propre serveur chez soi, et là, je me dis même : pourquoi pas ?. Mais je n’en suis pas encore là. Pour le moment, quitter Google n’aura pas un impact majeur chez moi. Mais là encore, il ne s’agit que de mon expérience. Peut-être qu’il vous sera plus difficile de quitter Gmail. Peut-être même que vous ne souhaiterez pas le quitter.

Mais… laisser toutes nos données personnelles dans les mains d’une entreprise qui était fière d’indiquer qu’il ne fallait pas être malveillant dans sa devise et qui semble aujourd’hui fort sujette à caution me semble être une erreur. On peut rester vigilant. Google n’est pas encore totalement irremplaçable… même si cela a un coût.

  1. La plupart du temps, ça s’améliore de nos jours
  2. J’ai eu 11/20.
  3. On pourra me rétorquer qu’on pourrait très bien utiliser iCloud pour ne faire que de la synchronisation entre deux PC, et… c’est vrai. Mais je ne pense pas que ça soit un usage majoritaire, loin de là.

Le mystère du logo à l’envers

John Gruber pointe aujourd’hui vers le blog de Joe Moreno, qui a travaillé chez Apple en tant que consultant WebObjects, et qui explique pourquoi le logo Apple est repassé dans le bon sens quand le portable est ouvert. L’argument qu’il présente est intéressant, et même plus que cela : il atteste du fait que jusqu’au PowerBook G3 (FireWire, nom de code Pismo), la pomme était effectivement à l’envers quand le portable était ouvert.

Sex and the city s4e8 powerbook g3 1

Notez que dans cette série, le portable jouait mieux que l’actrice derrière lui.

L’explication alors donnée était simple : cela permettait à l’utilisateur de savoir dans quel sens attraper et ouvrir sa machine. Je me souviens qu’à l’époque, cette question revenait régulièrement lors des formations commerciales Apple que j’animais. Et surtout, surtout, à l’époque, une FAQ de la TIL 1 expliquait le problème en détails. C’était un article totalement officiel, en provenance directe d’Apple, ce que semble confirmer Joe Moreno.

Mais le plus intéressant dans l’histoire est arrivé à l’époque de la sortie du PowerBook G4.

PbG4

Et là… c’est le drame.

C’est à ce moment que la Pomme est repassée dans le bon sens, portable ouvert. Et à ce moment précis, un événement intéressant s’est produit : l’article de la TIL susmentionné a tout simplement… disparu. Volatilisé. Je ne l’ai plus jamais retrouvé, quand bien même je sais l’avoir vu. Et  le problème de la Pomme Karen Cheryl, qui n’en était théoriquement pas un, l’est devenu pour moi, surtout avec les PowerBook G4 Aluminium, que j’ai tenté d’ouvrir des dizaines de fois dans le mauvais sens, aucun indice visuel n’étant donné si on le saisit en le visualisant de haut… à part la Pomme, donc.

Peut-être qu’il est temps qu’Apple se penche réellement sur le problème, en ajoutant une Pomme qui change d’orientation selon que le portable est ouvert ou non… Allez Apple, surprends-nous !

  1. Tech Info Library, ancêtre de l’l’actuelle Knowledge Base

Pourquoi ne pas quitter les apps sur iOS (suite)

J’avais déjà écrit sur ce sujet, mais cet article (en anglais) va un peu plus loin. Très instructif.

2011 : l’année en demi-teinte d’Apple

2011 est bientôt terminée, et c’est évidemment le moment des bilans, comme le dirait Mickael Kael. Une année qui, à mon goût, ne restera pas parmi les meilleures qu’Apple a vécues. Ce fut évidemment une très triste année pour Apple : elle a perdu Steve Jobs, son co-fondateur. Même si le plan B était prévu depuis longtemps, même si Tim Cook est talentueux, même si les équipes ont été préparées au départ de Steve… Apple sans Steve Jobs sera sûrement très différente.

Ce fut également une année d’attentes côté nouveaux produits, mais une attente pas forcément récompensée. Certes, nous avons eu un iPhone 4S, superbe évolution à bien des égards (et une vraie révolution à venir quand Siri aura pris du galon). Nous avons eu une version majeure de Mac OS X, avec Lion, qui est pourtant loin de ce que j’aurais espéré pour une évolution majeure : le rapprochement vers iOS ne me semble pas si heureux que ça… C’est aussi Lion Server, un système qui n’est qu’une application de plus que Lion, pour un prix dérisoire, et une stratégie un peu bizarre de la part d’Apple, avec un système serveur professionnel vendu pas assez cher pour être totalement honnête. Du bon dans ce serveur, mais aussi du moins bon. J’attends toujours la 10.7.3 avec impatience…

La sortie la plus marquante de l’année côté matériel reste le nouveau MacBook Air, qui prend de l’ampleur et crée à lui seul le segment du « subnetbook », ordinateur puissant mais très léger. Un concept qui cartonne, au détriment de l’informatique « classique ». Et oui, c’est un produit de fin 2010, mais sa nouvelle version sortie cet été, bien plus puissant, le rend vraiment plus intéressant et plus apte à remplacer une machine de bureau sur bien des points.

2011, c’est aussi la fin officielle du Xserve, remplacé tant bien que mal (voire pas du tout remplacé) par le Mac mini Server. Bonne machine, bonne évolution matérielle, un bon concept, encore amélioré avec l’arrivée de ThunderBolt, technologie qui pourrait rendre finalement l’informatique bien plus modulaire. À voir si l’année 2012 sera l’année du ThunderBolt, ou si ça ne restera qu’une technologie pour les professionnels, réservé à une niche.

2011, c’est iOS 5. Très honnêtement, c’est un des meilleurs produits qu’Apple a sortis cette année. Une excellente évolution, avec plein de petites et grosses nouveautés partout (centre de notifications et gestion multitouch en tête). Et évidemment, iCloud, le successeur de MobileMe, qui après des débuts assez cahotiques semble enfin donner satisfaction.

Il y aura cependant eu au moins une évolution positive majeure sur Mac : l’arrivée massive du JEU ! Que ce soit par les studios indépendants qui adoptent le Mac App Store, ou l’arrivée de Steam avec le fabuleux Portal 2 et bien d’autres, on joue sur Mac, et c’est un vrai plaisir de ne pas avoir à redémarrer sous Windows rien que pour lancer un p’tit jeu comme Super Meat Boy. Espérons que cette tendance se poursuive en 2012.

2011 n’aura donc pas été une année géniale pour Apple. À un niveau plus personnel, je n’ai pas été époustouflé par les nouveautés d’Apple durant toute l’année, et le manque de renouveau matériel s’est également ressenti : la meilleure preuve, c’est que je n’ai toujours pas fait évoluer mon parc informatique significativement en 2011 (l’iPhone 4S reste à ce jour mon plus gros investissement).

Heureusement, 2012 devrait être l’année où les équipes d’Apple auront enfin l’occasion de montrer à nouveau leur talent, avec le renouvellement attendu de nombreux matériels comme le MacBook Pro… J’espère juste que la fin du monde n’interrompe pas tous les programmes de façon inopinée, bien évidemment.