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Jouez au Bingo WWDC 2016 !

Allez, hop, pour s’amuser durant la présentation de la WWDC ce soir, une petite grille de bingo à remplir ! Si vous faites une ligne, criez « BINGO » (et éventuellement servez-vous à boire).

Grille du bingo WWDC 2016

 

Télécharger la grille du bingo_WWDC_2016 ici (PDF, 69 Ko)

WWDC 2014 : le bilan de la conférence inaugurale

(Oui, je ne dis pas « keynote », ça m’énerve toujours autant. Bref.)

C’était vraiment une belle Keynote ce soir1.

Durant deux heures, Apple a présenté son futur. Et c’est un futur qui me plait bien plus que celui de l’époque de Lion, entre autres. Mais surtout, elle montre ce que je m’entête à dire depuis des années : Apple n’est pas aujourd’hui pour faire des grands chambardements. Si vous attendez une révolution tous les matins, vous serez déçus.

Son travail est itératif. C’est un travail de longue haleine : si vous trouvez qu’il n’y a aucune différence entre l’interface Aqua2 de 2001 et celle de 2014, alors vous avez un vrai problème avec Apple. Et c’est peut-être l’intelligence d’Apple : plutôt que de vouloir tout radicalement changer, plutôt apporter de petites modifications, pour perfectionner son travail de longue haleine, plutôt que de tenter d’imposer par la force des changements radicaux et réellement sujets à controverse3.

L’un des maitres-mots de cette keynote aura surtout été la fluidité. Fluidité de transfert des informations d’un appareil à un autre. Il y a aujourd’hui encore trop de frictions à l’usage entre un appareil sous iOS et un Mac. On a déjà parlé longuement des limitations d’iCloud, par exemple sur 3 Hommes et un podcast. Il semble qu’Apple ait décidé d’écouter ses utilisateurs pour proposer une expérience plus simple, plus proche de ce qu’on souhaiterait vraiment. Le cas frappant, c’est iCloud Disk : on râlait qu’Apple ne proposait pas de stockage facile d’accès en limitant la partie cloud à l’intégration aux apps ? Hop, voici du partage à la Dropbox. Je râlais qu’on ne puisse pas prendre un appel téléphonique depuis son Mac lorsqu’il arrive sur l’iPhone ? C’est possible, et pas de souci pour envoyer iMessage ou SMS depuis le Mac. Vous voulez créer un hotspot entre votre Mac et votre iPhone ? Hop, un clic, c’est fait. On râlait qu’il fut impossible d’utiliser d’Airdrop entre OS X et iOS ? Voilà, corrigé.

Apps finder access

Plus impressionnant encore, la fonction Handoff, qui permet de reprendre un document sur son iPad ou iPhone exactement où on s’est arrêté sur son Mac. Reste à voir si dans l’usage on aura la même fluidité que durant la conférence4… Mais à priori, tout semble conçu pour que l’iPad, l’iPhone et le Mac5 travaillent réellement main dans la main… iCloud devenant le liant pour tous nos appareils numériques. Apple a compris depuis longtemps que ses appareils ne pouvaient pas fusionner de force, et ça tombe bien, ça n’est pas son objectif. Plutôt que de faire des solutions « sans compromis », comme le dit si mal Microsoft6, autant faire des solutions adaptées à chaque usage, mais réellement liés les uns aux autres.

Mais Apple est aussi parfois capable de faire quelques choix pour le moins radicaux, comme Metal7,une nouvelle couche de programmation pour tirer parti de la puissance graphique des processeurs A7 et dont la démonstration, je l’avoue, m’a pas mal impressionné. Ou encore… un nouveau langage de programmation. Curieusement, j’ai entendu qu’avec Swift, Apple voulait assassiner les développeurs. Diantre ! Parce que proposer un langage plus simple, plus rapide qu’un langage créé il y a plus de 25 ans, et tirant le meilleur parti de nos processeurs serait les assassiner ? Les développeurs auront certes du travail, mais si le langage est plus efficace, plus beau (mais oui !), ils passeront à Swift, tout comme les développeurs sur Windows ont embrassé C#. En tout cas, Apple leur a donné au moins un beau sujet de discussion pour les années à venir… Et il semble que les premiers retours sur Swift soient assez encourageants.

Restent les changements cosmétiques, qui comme d’habitude vont sûrement faire râler pas mal, puis on s’y fera, comme pour tout. On a survécu à l’interface Platinium et au passage à Aqua…

Bref… Si vous attendiez de voir ce que pouvait donner l’Apple post-Steve Jobs, vous en avez enfin un bon aperçu.

C’est… Apple.

  1. Et merde.
  2. Peut-on encore d’ailleurs encore parler d’Aqua vu l’absence quasi-totale de cette interface liquide ?
  3. Coucou Windows 8, oui oui, c’est de toi qu’on cause
  4. N’oublions pas que chez Apple, la bande passante semble toujours infinie durant les démos.
  5. Et dans une moindre mesure, Windows puisqu’iCloud Drive sera également disponible dessus.
  6. Quand MS dit qu’il n’y a pas de compromis dans Surface, elle démontre systématiquement le contraire
  7. Dont le logo me fait furieusement penser au M sur la casquette de Mario…

WWDC 2011 : la nouvelle ère d’Apple

La conférence inaugurale de la WWDC 2011 aura vu son contenu clairement annoncé par Apple dès la semaine passée : Lion, iOS5, et iCloud. Rien de plus, rien de moins. Et Steve Jobs s’en sera donc tenu là.

Lion : le système presque trop simple

Rien de bien neuf sur Lion comparé à ce qui avait été annoncé il y a quelques mois. La plus grosse surprise vient de l’annonce du tarif de 23,99€ (j’aurais plutôt tablé sur 129,99€, Lion n’étant pas un OS de transition comme pouvait l’être Snow Leopard) et surtout, celle du mode de distribution uniquement via Internet. Ce qui me semble être audacieux, voire un peu trop :

  • Quid des gens qui n’ont pas l’ADSL ?
  • Quid des revendeurs Apple ? Je sais que ce n’est pas la principale préoccupation d’Apple, mais quand même…
  • Et les licences entreprise ? C’est évidemment un point qui me fait tiquer particulièrement : impossible de lier le téléchargement d’un OS à un identifiant unique. Et surtout, le paiement par CB sur l’iTunes Store va énerver et compliquer inutilement la vie de beaucoup de monde.

Lion Server est lui annoncé à 39,99€. Là encore, la chute de prix est spectaculaire : 87 pour cent de réduction ! Là, c’est un peu compliqué car Apple envoie un double message : nos produits sont très peu chers. Mais en même temps, cela voudrait presque dire « nos produits sont au rabais » pour certains clients[1]. Ce qui est encore plus étonnant, c’est à quel point Apple souhaite complètement simplifier à l’extrême sa gamme de produits logiciels. Il y a quelques années, Apple proposait une gamme de tarifs bien plus complexe, avec des mises à jour, des versions complètes, des versions 10 clients ou clients illimités, et même des numéros de série pour la version serveur. Pas d’activation, pas de tarification avec version famille, pro, ultime, 16 soupapes inversées… Tout le monde à la même enseigne, ce qui facilite aussi le développement je pense et évite les énervements des clients…

Mais en réalité, la baisse de tarif est encore plus spectaculaire, puisque vous pourrez acheter UNE copie de Lion pour l’installer sur autant de postes que vous le souhaitez chez vous. Même plus de pack familial… Là encore, simplification de la gamme et économies pour le client. Mais toujours pas de stratégie clairement annoncée pour l’entreprise, ce qui est particulièrement agaçant. C’est à croire qu’Apple ne vend aucun ordinateur aux entreprises, alors que le succès du Mac mini Server montre qu’il y a encore largement de la place pour Apple sur ce marché. De même, les nombreuses nouvelles fonctions de Lion Server montrent que celui-ci aura toute sa pertinence dans l’entreprise, avec une intégration encore plus poussée des appareils iOS. Wait and see, donc.

iOS 5 : l’année de l’émancipation

Les nouveautés pour iOS5 sont finalement très peu surprenantes, mais elles font particulièrement plaisir. Ce qui est surtout important, c’est qu’iOS devient ENFIN un système autonome. Souvenez-vous de ce billet où j’expliquais que l’iPad devait vivre sans iTunes.

Et bien, ça y est, c’est fait. L’iPad n’est plus un périphérique, mais un ordinateur, à lui tout seul. Idem pour l’iPhone. Ce sont des produits devenus totalement émancipés. Si vous souhaitez utiliser un iPad sans iTunes, c’est désormais totalement faisable, même pour faire les mises à jour. Et avec la synchronisation Wi-Fi, le transfert des données et la sauvegarde complète se font sans douleur au moment de la recharge, futé.

Mais là encore, il manque quelques réponses à des questions typiques des entreprises : comment acheter des applications iOS en masse ? Comment j’accède à mes serveurs ? Vraiment dommage, à une époque où les entreprises commencent vraiment à s’intéresser plus que sérieusement à l’iPad et l’iPhone.

Et pour la partie polémique : on aurait effectivement voulu qu’Apple apporte un peu plus de fraicheur à iOS, avec quelques manques encore patents qui montrent que le jailbreak a encore de beaux jours. On pourrait même se demander pourquoi Apple a ainsi recopié le système de notifications d’Android, euh de WebOS… Ben vous pouvez y aller, critiquez. Mais honnêtement, si Apple a choisi cette solution, c’est peut-être parce qu’il s’agit simplement de la meilleure solution… Et qu’elle n’a pas (heureusement) le monopole des bonnes idées.

iCloud, ou la mort du système de fichiers

Le dernier gros morceau de la conférence était dédié à iCloud. J’ai d’ailleurs beaucoup aimé la petite réflexion de Jobs : « pourquoi faire confiance à la société qui nous a proposé MobileMe ? ». Moment de lucidité… Mais on peut effectivement espérer qu’Apple propose enfin avec iCloud toutes les solutions pour faciliter la synchronisation d’informations entre vos appareils. Le gros problème avec cette satanée synchronisation est de savoir où est la Vérité (l’information à jour la plus récente, et donc probablement la plus correcte) dès lors qu’on multiplie les points de synchronisation[2]. La seule solution ? Ne jamais avoir plus d’un seul point de synchronisation. Et iCloud va être ce point unique.

iCloud va loin, très loin. Contacts, calendriers, mails, photos, applications, livres, musique, données des logiciels, sonneries, configuration de l’appareil, vidéo… et même les documents. Ça, c’est vraiment vraiment bien. Vous enregistrez un document sur un appareil, et hop, il est disponible sur un autre en quelques secondes. Mais là encore, ça pose la question de la confidentialité des données et risque de faire peur à pas mal d’entreprises… À moins que pour Apple, la cause soit entendue : en dehors d’Exchange[3], point  (enfin plutôt, peu) de salut, et pour l’accès aux données, chaque entreprise doit décider de sa propre stratégie.

Mais iCloud est surtout la preuve que l’OS devient linéaire : l’emplacement des données sur votre disque importe peu, ce qui compte, c’est d’y avoir accès. C’est critiquable si on est utilisateur avancé, mais pour beaucoup de monde, ça sera largement suffisant. Vos données, partout, instantanément. On retrouve le côté « magique » de l’iPad. Et évidemment, avec un avantage énorme : c’est gratuit ! Enfin, du moins, pour les 5 premiers Go, et encore : une grosse partie des données ne fait pas partie de ce quota, dont la musique…

La musique, justement, parlons-en. iTunes Match était un énorme One More Thing. J’avais imaginé il y a longtemps qu’Apple puisse proposer ce type de système pour faciliter la migration de la musique inzecloud. Et c’est ce qu’elle a fait. Ne vous trompez pas : ce qu’Apple a mis en place est tout sauf simple, et les technologies derrière justifient probablement une bonne partie du nouveau Data Center à plein de sous qu’elle a mis en place. Et que les majors aient suivi Apple sur ce coup n’est pas la moins remarquable des victoires de Steve Jobs. Évidemment cette solution ne fonctionnera au début qu’aux USA (la mondialisation n’est pas un mot encore dans le dictionnaire des majors), mais quand même : bel effort.

iCloud montre donc que le hub numérique décrit par Steve Jobs en 2001 n’est plus du tout d’actualité. iCloud est appelé à devenir une brique fondamentale de l’expérience iOS / Mac OS X. La synchronisation manuelle est dépassée : le but est de ne même plus savoir où sont les données, juste de les utiliser.

Les trente premières années n’étaient que le début, annonçait Apple en 2007. Apple amorce un tournant bien plus remarquable pour elle et ses utilisateurs qu’on pourrait le croire après cette conférence. Vu les changements incroyables opérés durant ces quatre dernières années, je n’ose pas imaginer à quel point les prochaines années vont être passionnantes…

  1. Ne riez pas : l’excuse « votre produit n’est pas assez cher pour être crédible m’a déjà été donnée par des DSI.
  2. Apple fournit avec les outils développeur un programme Synchrospector, très intéressant, qui fait souvent référence à cette notion de « The Truth », avec un grand T.
  3. Qu’Apple adopte de plus en plus au sein de Mac OS X et d’iOS…