MacBook Air : le portable de l’immatériel

MacBook AirJ’ai assuré durant ces dernières semaines quelques journées de formation pour des revendeurs du réseau Apple et de la grande distribution. Au sommaire : principalement Time Capsule et… le MacBook Air.

Je n’en avais pas spécialement parlé après sa sortie (pas eu trop le temps, il faut dire). J’ai donc pu le toucher, faire mumuse avec, et réfléchir sur son utilité, son prix, son destin… Et je pense que c’est une superbe machine… peut-être le Mac du futur. Pourtant, il a ses faiblesses… et malgré cela, ça passe quand même… Pourquoi ? Probablement parce qu’il s’agit du premier Mac qui met en avant la dématérialisation complète des supports numériques.

Lors de sa dernière conférence, Jobs a clairement expliqué où ils allaient avec le MacBook Air. Il y a peu de temps, le lecteur DVD était indispensable pour ça :

Pourquoi utiliser un lecteur DVD ?

Mais désormais, il y a des alternatives, pratiquement toutes venant d’Apple :

MacBook Air : les solutions

Réfléchissons donc et voyons si ces raisonnements clochent :
– La disparition du support numérique pour la vidéo : ça semble devenir une réalité. C’est déjà le cas pour la musique, et ça le devient de plus en plus pour la vidéo. L’avenir est clairement à la VOD :
– L’installation des logiciels : 90% des logiciels que j’achète sont téléchargeables directement sur le Net, payables par le Net. Seuls les plus gros doivent être encore achetés en support physique. Et encore : rien ne s’opposait à ce qu’un produit comme Microsoft Office 2008 soit téléchargeable et achetable en ligne… à part la volonté de Microsoft ;
– La sauvegarde : Time Capsule est clairement la solution la plus intéressante du moment. Et si vous n’avez pas envie d’investir dans Time Capsule, un bête disque USB2 externe sera bien suffisant…
– Graver : mis à part pour la voiture (et là encore, aux USA en tout cas, c’est de moins en moins nécessaire, le connecteur iPod faisant son apparition dans une grosse partie des véhicules), c’est moins en moins nécessaire. Là encore, on préférera l’utilisation sur un disque externe si possible.

Evidemment, il y a des restrictions, comme l’impossibilité de lire un DVD à distance, et donc, le lecteur DVD externe restera sûrement indispensable à beaucoup. Mais l’essor des réseaux limitera de plus en plus ces limitations. Si je prends mon propre cas, je n’utilise que très rarement le lecteur DVD de mon MacBook Pro, que je transporte par contre très souvent. Et je grave de moins en moins de DVD : les supports à base de disques durs coûtent de moins en moins cher, sont beaucoup plus rapides, et stockent beaucoup plus de données qu’un simple DVD. La démocratisation des disques à base de mémoire flash éliminera même leur principal problème : leur manque de fiabilité.

Revenons maintenant sur une autre caractéristique qui a fait couler beaucoup d’encre : l’absence de port FireWire. J’ai été le premier à râler sur cette absence, jusqu’à me rendre compte d’un fait très intéressant : j’utilise de moins en moins le Firewire. Et les utilisateurs l’exploitent de moins en moins. J’avais investi il y a quelques années dans un hub FireWire (souvenez-vous, le fameux Firezilla !). L’essor du Firewire en 1999/2000 vient de l’explosion du marché des camescopes numériques DV, et sa vitesse très supérieure à celle de l’USB (400 Mb/s contre 12 Mb/s). Mais le Firewire a mal évolué : les avantages du Firewire 800 sur le Firewire 400 n’ont pas été déterminants, alors que le coût des contrôleurs était bien plus élevé. De plus, l’USB 2, avec ses 480 Mb/s, a récupéré une bonne partie de son retard sur le Firewire 400. Attention : je ne dis pas que l’USB2 est supérieur à Firewire.

Cependant, pour une grande majorité des utilisateurs, l’USB2 est suffisant : assez rapide pour la plupart des utilisations. Un iPod en USB2 n’est pas ridicule, alors qu’en USB1, il aurait été amputé d’une grosse partie de son intérêt. Seuls les geeks râleront sur le fait que l’USB2 consomme plus de temps processeur, ou est en réalité bien moins rapide que Firewire : pour le grand public, cette différence n’a aucune incidence.

Par ailleurs, si le marché de la création DV a été porteur pour Apple durant quelques années, avec des logiciels aussi puissants et accessibles que iMovie ou iDVD, il faut bien avouer que ce sont des marchés en perte de vitesse. Après tout, nous avons fait des montages, nous les avons gravés pour en faire des DVD vidéo, on a imposé une ou deux soirées diapos-DVD à nos amis (qui ne le sont plus ensuite)… Et c’est tout. C’est une utilisation qui était novatrice il y a dix ans, mais qui n’est plus en phase avec le monde actuel pour le grand public. Aujourd’hui, ce qui marche, c’est l’acquisition rapide, avec un montage également rapide… Seuls les caméscopes HDV proposent encore une sortie Firewire.

Aujourd’hui, le vrai nerf de la guerre se trouve donc être Internet. La création numérique se résume désormais à faire un petit montage rapide pour le diffuser sur YouTube ou DailyMotion. Dans ce contexte, l’évolution d’iMovie 7, très décrié l’année passée, est finalement compréhensible : moins de temps passé à faire des montages sophistiqués, au profit d’une diffusion rapide sur le réseau. Ça ne rend pas iMovie 7 génial pour autant, mais ça explique un peu mieux le nouveau positionnement d’Apple à son sujet.

Maintenant, pourquoi propose un seul port USB ? Là, c’est un mystère, et il est vrai que ça fait chiche. Pour autant, c’est un faux problème : le simple ajout d’un hub permet de rajouter plusieurs ports. Et là encore, Apple pousse à l’utilisation des technologies sans fil. L’imprimante ? Sur le port USB d’une borne Airport, ou mieux, Time Capsule. La sauvegarde ? Time Capsule. Le clavier et souris ? BlueTooth. Les enceintes ? Au choix, AppleTV, ou Airport Express, donc Wi-fi. Et dans les pires des cas, n’oublions pas que l’USB2 est hot Plug’n’play…

Le MacBook Air n’est donc pas la machine la plus complète du marché : c’est une nouvelle catégorie dans le segment des ultra-portables. Apple, comme d’habitude, n’a que peu sacrifié côté puissance par rapport aux ultra-portables. C’est une machine à la connectique limitée, mais qui reste parfaitement fonctionnelle. Quand à savoir si c’est une machine secondaire ou si ça peut être une machine principal, je répondrai que cela dépend clairement des utilisations.

Ce qui est certain, c’est qu’il s’agit vraiment d’un portable pas comme les autres, prompt à déchaîner les passions. Rien qu’à ce titre, il est exceptionnel…et digne d’être un produit Apple comme on aime les voir. Et comme bien souvent, le voir en photos ne donne pas la vraie mesure de la machine : il faut vraiment le toucher, le manipuler pour comprendre à quel point il est différent d’un MacBook ou d’un MacBook Pro.

8 réflexions sur « MacBook Air : le portable de l’immatériel »

  1. La perte du firewire est pour moi quelque chose d’énorme car je ne veux me racheter une nouvelle caméra video mais surtout j’adorais l’idée de pouvoir démarrer en mode target. J’ai sauvé un temps fou avec cette possibilité sur des mac divers. Ne plus pouvoir le faire m’apparaît être un grande perte.

  2. Et bien oui, je dois dire que j’adhère à tout ce qui est écris. Il y a quelques années quand j’ai acheté mon Powerbook 12″, j’ai vraiment regretté qu’Apple ne mette pas de modem RTC. A ce moment-là, cela m’a vraiment apparu pour le moins stupide. Je l’ai vraiment regretté, et j’ai acheté le PW… Je me rends compte aujourd’hui que je n’ai jamais eu le besoin d’utiliser ce fameux Modem.

    Là quand j’ai vu qu’il n’y avait pas d’Ethernet et de lecteur de CD, je me suis d’abord dis… que c’étais vraiment stupide, et puis j’ai réfléchi. Où et quand m’étais-je servi de l’Ethernet et du lecteur de CD ? Et là, c’était le blanc… En fait, depuis 2 ans, j’ai du me servir à 3 ou 4 reprises au total de ces fonctions.

    Alors, j’ai acheté un Macbook Air. En moins d’une semaine, je regarde mon ancien Macbook en me demandant comment j’ai pu porter tous les jours un machin aussi lourd, et comment j’ai pu supporter un écran aussi mauvais.

    Bref, je suis conquis. Il faut en essayer la machine pour le croire, mais surtout vivre un peu avec. Ne pas se laissez abattre dans son désir par les reviews et autres, c’est vraiment une superbe machine.

  3. Je suis tout à fait d’accord avec vous je suis à 100% pour la fin du support optique et pour le media virtuel en général et d’ailleurs j’ai aussi eu l’occasion de tester le MacBook Air et je trouve que c’est une machine vraiment formidable. Désormais je n’attend plus que la disponibilité du service de vidéo d’iTunes en France pour être pleinement satisfait de la nouvelle politique d’Apple au sujet du support optique.

  4. J’aime avoir mes CD avec mes pochettes d’albums… Et la musique en Lossless est très importante pour moi.

    Mais même là, je ne peux pas argumenter, un lecteur externe pour ripper mes CDs en Lossless et puis c’est fini ! En déplacement, je n’en ai même pas besoin…

    Je réfléchis sérieusement à me l’acheter, l’Air de rien !

  5. J’adhère assez à l’article mais je trouve tout de même qu’un seul port USB est handicapant. Sur mon MacBook Pro, je trouve que deux port est déjà un peut limité. Je connecte pas mal de périphériques USB sur mon Mac:
    – Ma souris de voyage sans fil logitech (ma mighty mouse est trop encombrante et reste sur mon bureau)
    – Mon GSM
    – Mon PDA
    – Une de mes clés USB
    – Mon iPod
    – ma tablette wacom

    Chez moi je me connecte souvent avec Ethernet pour la vitesse de transfert et parce que le wifi qui se trouve à l’autre bout de la maison passe assez mal.

    Alors, oui, j’utilise rarement tout cela en même temps. Mais la probabilité d’avoir besoin de 2 ports en même est très élevés

    Oui, un hub USB me simplifierait la vie. Mais un hub avec son alimentation, ça prend de la place dans mon sac et c’est énervant à déballer.

    Je suppose raisonnablement ne pas être une exception, loin de là.

    Je pense donc qu’un second port USB, même un tout petit, aurait été vraiment sympa. Mais pour pousser un peu plus loin le concept, ce qui manque au MBA c’est une sorte de port pour station d’accueil.

    Une station d’accueil, c’est le truc qui me manque sur mon MBPro. Chaque soir, je dois brancher l’écran, le disque externe (USB + port firewire), le réseau et l’alimentation.

    En fait, ce qui aurait été a solution idéale pour le MBA c’est un connecteur Magsafe étendu pour accepter soit une alim standard, soit une petite station d’accueil comprenant au moins un ou deux port USB.

    Quand à concevoir un nouveau connecteur…

    Notez quand même que le clavier étendu peut servir un peu de station d’accueil. Si je devais acheter le MBA, je prendrais le clavier étendu + le connecteur ethernet + le superdrive pour les laisser sur mon bureau et y connecter le MBA chaque soir.

    Malgré cette critique, le MBA est formidable même s’il ne répond pas à mes besoins.

  6. Quand j’ai vu le MBA, J’ai bavé… Mon épaule me rapelle que mon MBP pèse lourd, surtout quand on trimballe la deuxième batterie, les divers accessoires (tous assez inutiles faut il le dire)… donc un le MBAm’a semblé le bon truc, qui ferait un chouette ménage avec mon iPhone.

    Je souscrit totalement à votre analyse, le MBA remet les choses là où elles doivent être, on ne part pas avec une encyclopédie sur les épaules et l’énormité des infos que l’on vient à mettre sur un portable rendent aussi son usage dangereux… A qui bon laisser 120 gb de données sur un petit disque et de râler car celle ci sont sagement répliquées après de très nombreuses heures, sur la borne time capsule qui doit aussi être énorme… bref, on stocke, on stocke et on oublie.

    Mon MBA, c’est comme une cure de jouvence, on revient à l’essentiel. la beauté de l’épuré, le dynamisme de la donnée bien rangée et prête à l’emploi. J’ai choisi une verson SSD, plus de 2/3 de mon disque actuel devra être archivé ou stocké mais je suis certain que cela ne posera aucun problème !

    Un regret cependant, j’aurais adoré trouver dans le MBA un modem HSDPA. Peut être que dans une mouture prochaine de l’Iphone, aura t’on une fonctionnalité dont Apple à le secret ? Ou alors, ce sera pour le port USB

    Dernier point le « problème de la batterie ». Pour mes voyages au long cours (entre 8 et 12 heures d’avion), je vais me laisser tenter par la solution de batterie externe. cela pèse 600 grammes mais cela allonge la durée de vie du MBA de plus que ce que l’on peut rêver avec ces gros laptop chauffants et énergivores !

  7. Moi ce que je cherche pour accompagner mon MBA SSD 128 Gb c’est un Hub usb auto alimenté si possible pour brancher mon iPhone, mon usb Ethernet et mon disque LaCie 320 Gb Little USB2 et mon SuperDrive.

    Si quelqu’un à une expérience avec un tel Hub ce serait cool de le partager

    à part cela le MacBook Air c’est du bonheur

  8. C’est un HUB alimenté qu’il te faut là! en auto alim tu trouveras pas!
    un USB c’est 5V. L’iPhone en a besoin de 5, ton disque dur aussi, le superdrive également. Il te faudrait donc un port USB générant 15v, ce qui n’existe pas sur un Air!

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