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Mac M1 : le miracle premier d’Apple

Je n’ai pas voulu réagir à chaud sur le lancement des Mac M1 (on aura l’occasion d’y revenir prochainement), préférant attendre d’avoir les machines dans les mains pour en parler plus en détails.

Le processeur M1 d'Apple.

J’ai donc réussi à me procurer un MacBook Air M1 (256 Go, 8 Go de RAM, l’entrée de gamme, simple, basique) ce vendredi 20 novembre (le jour de l’anniversaire de ma fille, joyeux anniversaire ma chérie ! Et non le MBA n’est pas pour toi…), merci la Fnac, vu qu’Apple a du mal à livrer en ce moment. Rentré à la maison, déballage du Mac, démarrage…

Une boite de MacBook Air équipé de processeur M1.

Ah oui, ça démarre vite. Vraiment vite. Mais plus encore, c’est la fluidité constante de la machine qui surprend. Et évidemment, pas de chaleur, pas de bruit.

Côté performances… ça dépote.

Pour le fun, je me suis amusé à réaliser un de mes tests favoris : lancer un lot d’applications à la chaine… genre toutes les apps des dossiers Applications et Utilitaire . Les apps se lancent à une vitesse impressionnante, mais surtout, la machine reste réactive ET silencieuse. Là où le même test sur un MacBook Air de 2019 déclenche les ventilateurs en quelques secondes. Impressionnant.

Puisque je parlais de fluidité, un petit test rapide. J’ai installé Office 2019 sur ce Mac, et j’ai lancé Excel. Comme on peut le voir, côté consommation de RAM, c’est pas vraiment ça :

Capture d'écran du logiciel Moniteur d'activité sur macOS avec Excel sur processeur M1 via Rosetta.

Comme vous pouvez le constater, la consommation de RAM est très élevée, même avec un simple document Excel lancée. Rosetta 2 fonctionne très bien, mais semble gourmand en RAM : presque 1 Go direct. Ouch.

De même, côté fluidité de l’affichage, c’est pas encore ça sous Rosetta. Redimensionnez une page, et ça saccade pas mal. Mais attention : ça reste totalement, parfaitement utilisable, autant que sur un processeur Intel natif, voire meilleur ! Et rien que ça, c’est déjà très impressionnant. J’ai par exemple lancé Pixelmator sur le MacBook Air, et je me suis seulement posé la question après de savoir si j’avais une version native… et en fait, non (en fait seul Pixelmator Pro aura une version native, à priori… enfin, en dispose déjà).

Mais quand on installe la version native M1 (encore en beta) d’Excel & co, les comportements changent radicalement. La consommation de RAM devient totalement délirante : au lancement, Excel ne consomme plus que 200 Mo de RAM, voire moins (là il est à près de 110 Mo…), le système semblant beaucoup plus rapide à allouer la RAM aux apps, ou également à la récupérer.

Capture d'écran du logiciel Moniteur d'activité sur macOS avec Excel sur processeur M1 en version native.

Ces différences de comportement sur la consommation de RAM sont très intéressantes et très enthousiasmantes, et permettent de se poser la question de la pertinence de prendre des machines avec plus de mémoire vive. Pour 95% des utilisateurs, 8 Go devraient être suffisants pour les années à venir. Si vous avez cependant des doutes, prenez 16 Go, mais dites-vous juste que ça devrait être quand même OK avec 8 Go pour la plupart des cas.

Mais là encore, ce qui étonne toujours, c’est la réactivité de l’application qui impressionne, là où Excel pouvait rester lourdingue même avec un Mac récent. Là, ça reste toujours ultra fluide. Utilisez Mission Control, même avec 40 fenêtres, et l’effet reste toujours fluide là où le MBA tire la langue.

Et l’autonomie ? Là aussi, ça reste très impressionnant puisque j’utilise ce MBA depuis hier soir 21h30 environ, et je n’ai pas à chercher à le charger, et à 15 heures, il a encore 38% de batterie, alors que j’ai installé des logiciels, surfé, regardé des vidéos sur Twitch… En revanche, je pense qu’il a quand même perdu pas mal de batterie durant la nuit (environ 10% je dirais, après environ 10h de mise en veille). À vérifier. Mais dans tous les cas, je trouve la consommation très raisonnable, surtout vu les performances derrière.

Et ce n’est que le début

Je complèterai mes impressions durant les prochains jours, mais pour le moment, je suis totalement bluffé par les performances de ces nouveaux Mac, leur autonomie, et ceci même s’il s’agit finalement des mêmes machines extérieurement parlant. Et à moins de disposer d’apps très spécialisées pour lesquelles Rosetta pourrait poser problème , je vous invite à considérer sérieusement l’option M1 si vous envisagez de changer de Mac. Certes, peut-être que les premiers mois seront un peu rock’n’roll, le temps que les apps M1 débarquent en masse.

Et puis, reste évidemment les problèmes liés à l’absence de compatibilité Windows. Peut-être rédhibitoire pour certains, pas tellement pour la majorité. Là aussi, si vous devez utiliser des VM en masse, les Mac Intel restent la solution à privilégier.

Je tâcherai de revenir prochainement sur des points un peu plus techniques sur ces nouvelles machines. Mais aujourd’hui, je ne peux qu’applaudir Apple d’avoir osé faire ce pas très audacieux vers des Mac intégralement basés sur son propre silicium. Si la première génération de processeurs M1 dédiés aux Mac donne des performances aussi décoiffantes (corroborées par l’ensemble des tests que j’ai pu lire), je ne peux qu’être impatient de voir ce que ça donnera pour les futures machines professionnelles.

Adobe, tes paquets, si tu savais où on…

Je me suis encore pris la tête chez un client sur un problème d’installation des apps Adobe. Il faut savoir que la suite Creative Cloud , qui est quand même un outil qu’on a tendance à déployer beaucoup en entreprise, fait partie de ces produits qui sont particulièrement pénibles à déployer en entreprise. Enfin, qui ont été, à priori, car si ça a été très compliqué à une époque, Adobe fournit depuis quelques temps une console d’administration en ligne qui permet de générer des paquets customisés qu’on peut facilement déployer.

Sauf que.

Récemment, mon client m’informe qu’il n’arrive pas à installer un paquet d’installation fraichement généré pour la suite complète. Même en local, rien à faire, ça ne se déploie pas.

On tente de re-créer les paquets, pareil. On tente de créer un paquet de Photoshop seul, pareil.

Dans l’historique d’installation, un code d’erreur -112, et rien de bien probant sur internet. Les liens vers les quelques articles de base de connaissance d’Adobe que je trouve… ne fonctionnent pas parce que ÉVIDEMMENT les hyperliens c’est trop compliqué de les laisser fonctionnels (non). Mais je trouve finalement un dossier d’historique (/Library/Logs/Adobe/Installers/) qui contient deux fichiers, l’un totalement inutile, le second étant un log d’Adobe Acrobat. Vu que les développeurs d’Acrobat ont l’art et la manière de déployer leur soft de façon pour la moins pourrie alambiquée, je regarde, et là :

10/15/20 14:40:17:064 | [ERROR] | | OOBE | DE | | | | 1326262 | DW046: Following Conflicting processes were running -
10/15/20 14:40:17:064 | [ERROR] | | OOBE | DE | | | | 1326262 | block:Safari
10/15/20 14:40:17:064 | [INFO] | | OOBE | DE | | | | 1326262 | :: END TIMER :: [Total Timer] took 614 milliseconds (0.614 seconds) DTR = 6729.64 KBPS (6.57192 MBPS)
10/15/20 14:40:18:113 | [INFO] | | OOBE | DE | | | | 1326262 | -------------------------------------- Summary --------------------------------------
10/15/20 14:40:18:113 | [INFO] | | OOBE | DE | | | | 1326262 | - 0 fatal error(s), 1 error(s)
10/15/20 14:40:18:113 | [INFO] | | OOBE | DE | | | | 1326262 | OSX version: 10.15.7
10/15/20 14:40:18:113 | [INFO] | | OOBE | DE | | | | 1326262 |
10/15/20 14:40:18:113 | [INFO] | | OOBE | DE | | | | 1326262 | ERROR: DW046: Following Conflicting processes were running -
10/15/20 14:40:18:113 | [INFO] | | OOBE | DE | | | | 1326262 | block:Safari
10/15/20 14:40:18:113 | [INFO] | | OOBE | DE | | | | 1326262 |
10/15/20 14:40:18:113 | [INFO] | | OOBE | DE | | | | 1326262 | Please search the above error string(s) to find when the error occurred.
10/15/20 14:40:18:113 | [INFO] | | OOBE | DE | | | | 1326262 | These errors resulted in installer Exit Code mentioned below.
10/15/20 14:40:18:113 | [INFO] | | OOBE | DE | | | | 1326262 | -------------------------------------------------------------------------------------

Quoi hein ? Safari ??? Donc, ça serait l’installation d’Acrobat qui bloque TOUTE l’installation parce que Safari est ouvert ???

Je quitte Safari, je relance, et là… OH ÇA S’INSTALLE DIS DONC.

Donc, les développeurs d’Adobe (enfin, plus particulièrement, l’équipe en charge de l’installation des logiciels) sont des rigolos. Si un simple navigateur ouvert peut bloquer complètement une installation, on peut parfaitement indiquer dans un script de préinstallation qu’il est indispensable de quitter les navigateurs ouverts avant l’installation (je peux même parfaitement comprendre qu’Adobe souhaite cela pour pouvoir installer son plug-in PDF de daube).

Mais être incapable de générer un vrai message d’erreur compréhensible par l’utilisateur et lui imposer de se démerder par lui-même pour trouver une solution ? Ça confine juste au ridicule, et ça montre aussi le piètre niveau des tests de QA d’Adobe. Ce qui ne m’étonne plus vraiment.

De la taille des mises à jour de macOS et des mises à jour de macOS en général

Dans l’ensemble, j’aime toujours autant macOS depuis plus de 25 ans que je travaille sur Mac. Mais il y a une tendance sur laquelle Apple n’a pas vraiment fait d’effort depuis si longtemps : la taille des mises à jour. Et ça devient un vrai problème, à plein de niveaux, qu’Apple devrait traiter urgemment.

Des mises à jour colossales

Prenons exemple sur macOS 10.15. Nous devons aujourd’hui télécharger plus de 8 Go pour avoir un système complet à déployer sur un Mac. Mais si vous avec commencé avec macOS 10.15.0 (fous que vous êtes !), et que vous effectuez régulièrement les mises à jour système, vous aurez téléchargé :

MacOS 10.15.1 : 4,53 Go

MacOS 10.15.2 : 3,04 Go

MacOS 10.15.3 : 2,99 go

macOS 10.15.4 : 3 Go

(J’ai la flemme de mettre les liens, mais vous me croirez sur parole, hein ?)

Donc, si on résume, depuis l’arrivée de Catalina, on a du télécharger plus de 13,5 Go de mises à jour de macOS, soit une fois et demi la taille du système original. Sur seulement quatre mises à jour. C’est colossal. Et probablement inutile : Apple a-t-elle réellement besoin de mettre à jour un tiers de son système à chaque mise à jour ? Ou alors, est-ce la preuve de déficiences plus colossales dans le développement de macOS ? C’est d’autant plus surprenant que le problème, qui a existé avec iOS, a depuis été largement mis sous contrôle : même si les mises à jour restent parfois importantes, on n’en est plus au point où une mise à jour de sécurité pour résilier un certificat (soit un fichier à retirer) exige un téléchargement complet d’iOS….

Des mises à jour opaques

Mais au fait, pour corriger quoi ? Penchons-nous donc sur les notes qui accompagnent ces mises à jour. Si celles de macOS 10.15.1 sont correctes, je me dis qu’il y a des Go dépensés pour rien, quand par exemple je vois la mise à jour 10.15.3 :

La mise à jour 10.15.3 de macOS Catalina améliore la stabilité, la fiabilité et la sécurité de votre Mac. Elle est recommandée à tous les utilisateurs. 

  • Optimisation de la gestion gamma des niveaux de gris faibles sur le Pro Display XDR pour les flux opérationnels SDR lors de l’utilisation de macOS.
  • Amélioration des performances de montage vidéo multiflux pour les vidéos 4K encodées au format HEVC et H.264 sur le MacBook Pro (16 pouces, 2019).

Deux. Correctifs.

Pour 3 Go de mises à jour. Sur du matériel que vous n’avez probablement pas (parce que bon, les Mac Pro et les écrans XDR, ça ne court pas les rues).

La réalité est que cette mise à jour corrige probablement d’autres problèmes, certains pourtant jamais documentés par Apple ou déclarés comme tel par Apple, parce que j’ai du mal à croire qu’il faut 3 Go de données pour corriger deux problèmes sur du matériel hautement spécifique (et dans ce cas : pourquoi ne pas diffuser une mise à jour uniquement pour ce matériel ?).

Par exemple, le fameux bug des portails captifs dont j’ai parlé ici a été corrigé… par macOS 10.15.2 ! Pourtant, les notes de macOS 10.15.2 ne mentionnent pas de correction de ce bug. Donc, oui, cette mise à jour a un intérêt, mais Apple ne communique pas du tout dessus, ce qui est encore plus irritant.

De même, je suis ravi qu’Apple mette à jour Apple News… sauf qu’en France et dans de nombreux autres pays, on n’a pas Apple News pour raison de droits de diffusion. Donc pourquoi imposer une app et une mise à jour qu’un public très restreint peut utiliser ?

Ah mais attendez, il y a aussi des mises à jour de sécurité ! C’est vrai, et elles constituent sûrement une bonne partie du poids des mises à jour système… mais dans ce cas, pourquoi ne pas séparer les mises à jour de sécurité intégralement des mises à jour de macOS ? Apple le fait bien pour ses anciens systèmes, qui n’ont alors plus de mises à jour fonctionnelles ou de bugs logiciels, mais bien des correctifs de sécurité ?

Des patchs plus fréquents… et moins lourds ?

Le poids des mises à jour est d’autant plus énervant quand on est confronté à un vrai problème et que le correctif aurait pu être disponible bien avant, peut-être dans un patch intermédiaire bien plus léger, plutôt que de proposer une mise à jour monolithique à chaque fois.

Même s’il est clair que macOS repose sur de nombreux frameworks interdépendants, il doit être possible pour Apple de trouver moyen de mettre à jour partiellement macOS pour corriger les bugs les plus urgents ou les plus courants. Je reviens une nouvelle fois sur ce problème de portail captif : le correctif (développé à l’arrache) pèse quelques Ko, et ne requière même pas de démarrage. Pourquoi Apple ne serait pas capable de faire de même ?

Et si Apple allégeait macOS ?

Et en général, Apple pourrait de toute façon mettre un peu macOS au régime. Par exemple, en ne forçant pas le téléchargement systématique de tous les fonds d’écran, mais proposer de les récupérer uniquement à la demande, par exemple en affichant une version basse définition le temps de télécharger la version HD ou 5K, ou même en les proposant juste sur l’App Store (pourquoi pas dans une catégorie dédiée ?). Rien que ça, on économiserait entre 1 et 2 Go. Apple le fait déjà bien pour les voix de Siri…

Encore mieux : Apple pourrait proposer des patchs plus fréquents et plus légers, plutôt que des grosses mises à jour monolithiques. À quoi ça sert de faire patienter 4 mois ses clients avec un bug, qui peut être corrigé en modifiant un fichier ? Je suis sûr que certains développeurs viendront m’expliquer qu’Apple ne peut pas le faire, pour une raison technique X ou Y. Je pense pourtant que si Apple veut, Apple peut. Les obstacles techniques, ce n’est pas vraiment ce qui lui fait peur. La volonté politique, probablement plus… Microsoft a déjà choisi cette approche depuis plusieurs années, avec les Patch Tuesdays1 pour les mises à jour de sécurité. Avantage énorme de cette approche : on sait quand les patchs de sécurité tombent. De même, Apple pourrait faire en sorte que les petits patches qui ne nécessitent pas de redémarrage soient déployées silencieusement. S’il n’y a pas besoin de redémarrer, le patch peu probablement être déployé en dehors du reste. Ou au pire, juste demander une fermeture de session.

Pour la WWDC 2020, j’aimerais donc qu’Apple annonce :

  • Un OS plus léger à installer ;
  • De meilleures notes de mises à jour quand les bugs sont connus et corrigés ;
  • Des mises à jour de taille réduite, si possible découplées des mises à jour de sécurité ;
  • Oh, et j’adorerais qu’Apple remette en ligne une liste des articles de support régulièrement mise à jour, comme elle le faisait à l’époque glorieuse de la TIL FR (les vrai savent), avec un flux RSS, à l’ancienne, pour qu’on soit mis au courant des problèmes connus et des éventuelles solutions (y compris temporaires).

C’est pas forcément énorme, mais ça serait déjà bien. Les gens qui n’ont pas une fibre à domicile et les techniciens de support informatique lui diront déjà bien merci.

Oh, et moins de bugs. Quitte à ce qu’il y ait moins de fonctionnalités. Si on pouvait avoir un Snow Catalina, ça serait pas mal du tout.

  1. C’est une approche non officielle, mais elle semble quand même assez standardisée.

L’iPad, dix ans plus tard

Apple iPad Pro 2018

J’avoue : je n’ai pas une super bonne relation avec l’iPad.

Ma vie avec Apple a commencé avec le Mac, il y a presque vingt-six ans. J’ai déjà raconté cette histoire, je ne reviens plus dessus. Mais j’ai du coup une relation particulière avec le Mac, car c’est l’outil qui m’a fait vivre, qui m’a passionné depuis tout ce temps, qui m’a fait rencontrer ma merveilleuse épouse, des amis inséparables, et qui a radicalement changé ma vie.

Quand Apple a présenté l’iPad il y a 10 ans, j’étais très enthousiaste. J’avais commandé un iPad peu de temps après sa sortie aux US, et j’avais même écrit un petit bouquin sur sa prise en main. Mais si l’iPad a été adopté par beaucoup d’utilisateurs débutants, des entreprises, des écoliers ou étudiants… j’ai parfois l’impression qu’il s’est un peu perdu en chemin. Son interface, qui aurait du devenir un étalon en termes d’intuitivité, a rendu compliquées des tâches qui paraissaient simplismes auparavant, les gestes multitouch difficiles à découvrir n’ont finalement pas simplifié son utilisation. Je me suis pris récemment la tête pour mettre deux apps côte à côte sur mon iPad. Ce n’est pas vraiment un souci que j’ai eu sur mon Mac depuis mes débuts, et je ne m’estime pas non plus totalement débutant en informatique… Le multitâche de l’iPad est terriblement mal foutu, comme l’explique très bien John Gruber, et il y a plein de choses qui sont trop compliquées à faire, dix ans après son lancement. Dix ans après, on se pose encore la question de savoir si on peut travailler avec l’iPad. Et pourtant, quel potentiel ! Et il est vrai que si on utilise les bonnes apps, on peut faire beaucoup de choses avec l’iPad. Embrasser de nouveaux workflows pour améliorer l’ordinaire. Pourquoi pas ?

Personnellement, je n’ai jamais embrassé à 100% l’iPad, car pour y arriver, il faut lui ajouter un clavier. Ce que je me refuse à faire. Si j’ai besoin d’un clavier, mon MacBook Pro est là. Et j’écris très mal, donc impossible pour moi d’utiliser efficacement l’iPad Pencil. En revanche, quand je suis en congés, l’iPad constitue un moyen agréable de couper les ponts… mais pas trop. Je l’utilise plutôt comme outil de consommation de media (c’est un lecteur de comics et de vidéos extraordinaire). Et sa 4G permanente… J’adorerais qu’Apple intègre la 4G dans la gamme MacBook Pro, car aujourd’hui j’utilise plus souvent mon iPad comme borne 4G… que comme iPad. C’est quand même dommage.

Pour le moment, la voie d’une nouvelle informatique simplifiée, rêvée par Apple, n’est, pour moi, pas vraiment là. Et j’insiste : pour moi. Si au contraire, vous êtes ravi de n’avoir plus que votre iPad sous le bras, je suis très heureux pour vous. Pour le moment, j’ai l’impression qu il me frustre toujours plus qu’il ne m’apporte de la joie1.

J’espère quand même qu’il ne faudra pas dix ans de plus à l’iPad pour vivre son plein potentiel.

Et au pire, il me restera toujours le Mac.

Enfin, j’espère.

  1. Non, Marie Kondo, je ne vais pas pour autant le jeter, calme-toi.

L’affaire Zoom : quand la simplicité prévaut (trop) sur la sécurité

Zoom us SelfServiceIcon 512x512

Hier, l’affaire Zoom a éclaté au grand jour, avec la révélation de l’installation d’un serveur web tournant en loucedé sur tous les Mac sur lesquels cette application populaire de gestion de visioconférence est installée (et elle n’est à priori pas la seule à agir ainsi).

Tout ça pour quoi ? Pour éviter un clic de plus par l’utilisateur dans Safari quand ce dernier ouvre une conférence, car la page en question veut demander à ouvrir une autre application, ce que Safari n’aime pas vraiment (en fait c’est Apple qui n’aime pas ça, mais du coup Safari non plus).

Répétez cela avec moi :

Pour contourner une fonction de sécurité de macOS, un éditeur installe un serveur web local sur un Mac.

Alors, je veux bien que parfois, les alertes de macOS soient un peu pénibles (et ça ne va pas aller en s’arrangeant), mais personnellement, je trouve le comportement du développer absolument extraordinaire de désinvolture en disant « c’est pas si grave ». Ben si, un peu quand même…

Mais il n’y a pas que ça. J’ai du coup profité de l’occasion pour installer Zoom sur une machine de test, avec le package fourni par défaut sur le site de Zoom. Et là… surprises. En pagaille.

Le package se lance sans alerte particulière, puis on a une fenêtre d’alerte comme quoi le package veut lancer un script de vérification, ce qui peut sembler logique.

Sauf que.

Si vous cliquez sur Continuer, le logiciel d’installation… quitte. Directement. Pas de dialogue supplémentaire, rien.

Zoom Installer

L’application Zoom est déjà dans votre dossier /Applications. Vous n’avez pas accepté de licence, rien. Pas vu de Lisez-moi. Rien. Pas d’acceptation de licence, que dalle. Même pas besoin de taper votre mot de passe administrateur. Le logiciel s’installe et se lance tout seul. J’ai répété plusieurs fois le processus, sur différents Mac, même résultat.

Et effectivement, le package d’installation, au lieu de faire ce qu’il devrait faire, à savoir vous inviter à faire quelques clics, est juste tué sans condition, car le script de pré-installation…est devenu un script d’installation en force.

Ah, et au passage, il va aussi télécharger un fichier MacRetinaRes.zip qu’il va coller… quelque part. Aucune info.

Et comme l’application d’installation a été tuée direct… pas de trace de l’installation dans les reçus d’installation du système. C’est juste complètement n’importe quoi.

Bref, le logiciel d’installation de Zoom fait pas mal de trucs assez dégueulasses d’un point de vue déploiement. Alors qu’il aurait été tout aussi simple de proposer d’installer l’application à partir d’un DMG téléchargé, le mettre dans /Applications à la main et zou.

Mais il y a encore mieux (ou pire, c’est selon).

Zoom propose un package pour les administrateurs. C’est sur leur site, en haut à droite. Et le package d’installation IT est… tout à fait standard. Il installe proprement, il ne tue rien, bref… c’est presque propre.

Mais pourquoi gérer deux packages différents, dans ce cas, bon sang ? Pourquoi se compliquer ainsi la vie ?

La réponse pour Zoom semble finalement assez simple à comprendre :

Pour éviter toute friction entre la visioconférence et l’utilisateur.

D’un point de vue technique, ce que fait Zoom (et ils le disent), c’est vouloir limiter le nombre de clics entre le moment où une conférence est mise en route et un lancement de l’application est effectué, avec un téléchargement allégé. Ce qui ne part pas d’une mauvaise intention : les employés dans les entreprises perdent souvent beaucoup de temps à lancer une conférence, c’est souvent un moment de stress. Zoom essaye de limiter au maximum la friction1 pour éviter ce stress.

Malheureusement, à partir du moment où on contourne des sécurités fondamentales d’un système d’exploitation pour supprimer des clics, le développeur fait à mon goût une grave erreur. On ne peut pas dire « je vais faire sauter la serrure de votre porte, car le jour où un livreur doit déposer un colis chez vous, ça pourrait être gênant si la porte est fermée ».

La sécurité informatique n’est pas une option de nos jours, et qu’une société comme Zoom se permette de contourner ces sécurités est dangereux. Mieux vaut éduquer les utilisateurs que faire n’importe quoi sur un ordinateur, au risque de perdre la confiance de ses clients, actuels ou potentiels.

Zoom est revenu en arrière, a fait amende honorable (après avoir dit quand même au départ « ouais, OSEF »), mais les dégâts sont déjà faits en terme d’image, et ils mettront du temps à s’estomper.

  1. coucou Mourad !

Plaidoyer pour un Bureau libre !

Je vois parfois sur les Mac de mes clients, des utilisateurs de la famille ou autres un bureau d’une parfaite clarté.

Et surtout j’entends parfois dire :

« Votre Mac est lent, c’est parce qu’il y a trop de trucs sur le bureau ! »

Alors : non.

Meme si vous disposez de plusieurs dizaines d’icônes sur le bureau, il y a très peu de chances que ça soit la cause de problèmes notoires sur votre Mac. Vraiment. Il faudrait vraiment beaucoup d’icônes pour que l’effet d’un quelconque ralentissement se fasse sentir. Genre plusieurs milliers.

Mais surtout, je lis ou j’entends parfois que le Bureau d’un Mac est une zone temporaire de stockage sur laquelle il vaut mieux éviter de stocker des éléments trop longtemps. Pourquoi ? Parce que.

Alors techniquement, c’est une aberration. Le Bureau est un dossier comme un autre. Rien ne vous empêche d’y empiler les données que vous voulez. Que ça soit dans le dossier Documents ou ailleurs, le niveau de sécurité de vos donnees sur le disque est le même.

Je pense quand même que le bureau d’un Mac n’a pas à être un dépotoir permanent. Quand vos icônes atteignent le bord gauche de l’ecran, c’est probablement la limite maximum. Quand elles se superposent à droite, c’est vraiment le moment de ranger.

Pour les gens qui aiment automatiser le classement, tournez-vous vers les actions de dossier d’Automator (cf l’excellent bouquin de Sylvain Gamel) ou vers le non moins excellent Hazel.

Comprendre les conteneurs APFS : partitionner pour mieux régner

J’ai pas mal parlé du système de fichiers APFS ces derniers jours, et voici un autre sujet peu expliqué sur le Net, alors qu’il me semble particulièrement intéressant : la notion de conteneur APFS. Pour la comprendre, il faut revenir à la notion de volume sur un disque.

Normalement, quand vous initialisez un disque, vous créez ensuite un ou plusieurs volumes dessus. Un volume est une partie de l’espace de stockage préparé pour recevoir des données. Traditionnellement, vous voyez un volume sur votre Mac, et il s’appelle Macintosh HD (alors que le petit du pangolin se serait appelé Gérard).

Cependant, pour plein de raisons historiques, il a été possible depuis la nuit des temps de préparer un disque pour créer non pas un mais plusieurs volumes, qu’on a appelé partitions. Et c’était fort pratique pour séparer des données les unes les autres, typiquement : pour installer deux versions de système sur un même disque dur. Cependant, une partition n’est pas forcément un volume : on peut très bien créer une partition sans lui appliquer de système de fichier. Dans ce cas, cette partition ne sera juste pas visible ou exploitable par votre ordinateur.

Donc : un disque peut contenir des partitions, chacune étant ou non préparée pour être un volume.

C’est clair pour tout le monde ? Je peux passer à la suite ?

La partition sur un disque classique

Sur un système de fichier classique, on détermine la taille de la partition lors de sa création. Les systèmes d’exploitation modernes comme macOS sont capables de créer une nouvelle partition simplement en diminuant la taille de la partition en cours, et en créant la nouvelle partition dans l’espace restant. C’est ce que permet Utilitaire de disque quand vous ajoutez une partition sur un système de fichier macOS Étendu (HFS+).

Prenons un cas pratique. J’ai un disque de 500 Go. J’ai initialisé le disque et formaté une partition A pour y créer un volume A1. Tout va bien pour le moment.

Je souhaite maintenant installer un autre système d’exploitation dessus sans toucher à mon système existant. Dans ce cas, je crée une nouvelle partition B de 250 Go, sur lequel j’applique un volume, que j’appelle B1 , et j’installe mon système dessus. Tout va bien aussi.

Le hic, c’est qu’il me faut décider à l’avance de la taille de ma partition, et l’espace alloué lui est définitivement réservé. Ici, chaque volume prend 250 Go, et si une partition est remplie, et bien… tant pis ! Dans certains cas, on pourra éventuellement réduire la taille de la partition, mais c’est une opération quelque peu complexe… et un poil dangereuse (oui, il vaut quand même mieux éviter de triturer les tables de partition dans la mesure du possible même si en cas de problème, Utilitaire de disque saura remettre normalement tout dans l’état avant le partitionnement du disque).

Et alors, et alors, et alors ? APFS est arrivéééééééééééé…

Contrairement à un disque HFS+, un volume APFS est un conteneur intégrant plusieurs volumes distincts. Avec Utilitaire de disque, si on sélectionne le conteneur APFS, on note par exemple un volume VM avant même le volume principal.

Le point le plus intéressant est que l’espace entre les différents volumes du conteneur est fluide, dans le sens où il est partagé entre les différents volumes. Vous disposez de la même quantité d’espace sur votre conteneur APFS, et tous les volumes voient la totalité de l’espace du conteneur comme disponible.

Quel intérêt ? Très simple : ne plus avoir à décider à l’avance la taille d’une partition… et regretter plus tard ce choix. Là, si vous avez décidé de rajouter un volume sur votre conteneur APFS, ça n’a aucune incidence sur l’espace disponible pour les autres partitions. Si vous aviez 300 Go d’espace libre précédemment dans votre conteneur pour votre volume A1, après avoir créé un nouveau volume APFS, le volume A1 verra toujours 300 Go de disponible ! L’espace disponible indiqué pour chaque volume sera toujours exactement le même.

Exemple pratique : j’ai du il y a quelques jours installer un système de test sur un Mac. Plutôt que de partitionner le disque (ce qui peut prendre beaucoup de temps si votre disque contient beaucoup de données, et là encore, manipuler les tables de partition, plutôt bof) sans savoir de combien de place j’aurai besoin, j’ai rajouté un volume au sein du conteneur APFS sans me prendre la tête sur la quantité d’espace nécessaire pour ce volume. Temps de l’opération : 30 secondes, impact sur ma façon de gérer mes données sur mon volume actuel : nul.

Si on ouvre Utilitaire de disque, on a bien ici un conteneur, qui contient d’ailleurs déjà un volume TARDIS.

Conteneur APFS 01

Si on clique sur Partitionner, on obtient un étrange message qui propose de partitionner « à l’ancienne », ou de rajouter plutôt un conteneur APFS.

Conteneur APFS 02

Notez qu’effectivement, il y a bien comme indiqué un menu Ajouter un volume APFS dans le menu Édition. Notez-le si vous décidez de devenir un maniaque du volume APFS.

Conteneur APFS 03

Nommez le volume, et cliquez enfin sur le bouton Ajouter.

Conteneur APFS 04

Et hop : en quelques secondes, le volume APFS était dispo, sans que cela ampute le volume d’origine d’un seul octet (bon, allez, sûrement quelques octets, mais vraiment c’était pas cher payé, et c’était rapide).

Notez bien : désormais, chaque volume dispose du même espace disque disponible. Bon, pas tout à fait, presque disponible, pour des raisons sûrement passionnantes, le volume additionnel peut présenter une taille un peu différente (une vingtaine de Go quand même dans notre cas…). Mais si vous copiez un élément sur le nouveau volume, vous constaterez que l’espace perdu le sera également sur la première.

APFS Comparaison Volumes

Bref, les conteneurs APFS, ce sont les joies de la création de volumes en quelques secondes, et sans toutes les emmerdes habituelles du partitionnement, c’est pas génial ça ? Si, bon.

Pour supprimer le conteneur, cliquez dessus, puis sur le bouton moins, et validez. Hop, le volume disparaît quasi instantanément et toutes ses données avec lui, et vous retrouvez votre volume de démarrage préféré tout seul aux commandes.

Déterminer une taille de réserver et/ou un quota sur un volume APFS

Malgré cela, vous aurez peut-être envie de limiter la place prise par un volume au sein du conteneur APFS. C’est pourquoi, au moment de la création du volume, vous pouvez cliquer sur Options de taille puis déterminer une taille de réserve et un quota de réserve.  La taille de réserve, c’est l’espace minimum garanti pour ce volume APFS : quoi qu’il arrive, il ne pourra descendre en dessous de la taille indiquée. Du coup, il lui sera donné priorité si l’espace venait à manquer entre les deux volumes. La taille de quota, c’est en fait la taille maximale du volume : vous ne pourrez pas le remplir de données au-delà de la quantité indiquée (sinon il hurle et alerte Alexandre Benalla).

Conteneur APFS 06

Considération philosophique du jour : à quand un volume APFS… réservé au système ?

La gestion des conteneurs APFS apporte, mine de rien, un changement assez important dans la façon dont nous traitons les volumes sur nos Mac. Cela peut même avoir certains intérêts pour, par exemple, sécuriser des données dans un volume particulier d’un conteneur dédié (et oui, chaque volume APFS peut avoir son propre chiffrement).

Mai je vois sur le long terme qu’Apple pourrait profiter de son expérience avec iOS pour répliquer le même fonctionnement sur macOS. À savoir : stocker le système des Mac de façon sécurisée dans un volume APFS, et rendre ce dernier quasiment inaccessible. En terme de sécurité, cela serait un progrès non négligeable, et l’intérêt de l’APFS serait de s’assurer que dans tous les cas, les données de l’utilisateur bénéficient toujours du maximum d’espace disponible sur le disque malgré la partition. Les données de l’utilisateur resteraient alors localisées uniquement sur un conteneur séparé du système. Peut-être que je me méprends, mais vu l’iOSsification de macOS, je ne serais pas surpris de voir cela arriver un jour, et peut-être même plus tôt que vous pourriez le croire.

Le syndrome du Pro

Qu’est-ce qu’un pro ?

Je me pose la question encore une fois, suite à de nombreuses discussions sur mon fil Twitter. Certains estiment que l’iPad Pro… n’est pas pro. Parce qu’il n’est pas capable par exemple de gérer facilement un disque dur USB à travers l’appli Fichiers. Une limite totalement arbitraire imposée par Apple, c’est vrai.

Pour d’autres, ça sera l’absence de souris qui constituera une faiblesse. L’absence de pavé numérique. L’absence de Photoshop / InDesign / une application de bureau classique.

Pour d’autres, c’est l’absence de Microsoft Office. Ah mais non, il est dispo depuis bientôt 4 ans. Ah oui mais non, c’est pas la même chose que sur un ordinateur de bureau. Donc pas pro.

Mais est-ce que ces seuls points discréditent l’iPad (pas forcément Pro, non plus), de remplir des tâches professionnelles ?

Chaque jour, on rencontre de nouveaux utilisateurs d’iPad qui s’en disent satisfaits. Qui bossent avec, qui créent. Ce sont aussi des pros. Mais à la différence d’autres utilisateurs, ils ont été prêts à accepter les quelques sacrifices qu’imposaient la bascule vers iOS pour un outil qui leur correspondait peut-être plus. Qui leur proposait des choses qu’un ordinateur portable ne fait pas aussi facilement. Comme prendre une photo, et griffonner des remarques dessus avec un Apple Pencil avant de l’envoyer à un contact quelconque ou le stocker dans un service cloud dédié pour qu’un client puisse également l’annoter. C’est pas pro, ça ? Pourtant, c’est exactement ce pourquoi l’iPad a été conçu.

IPad Pro

Tenez, prenez la revue-fleuve de Federico Vittici sur iOS 12. Ce n’est pas sa première revue, loin de là, entièrement réalisée sur iOS. Ce n’est donc pas un usage professionnel ? Vraiment ? Pourtant, il a produit plusieurs milliers de signe, et tout mis en ligne uniquement avec son iPad. En revanche, il est intéressant de constater que dans la liste des applications utilisées pour réaliser cette revue, il n’y a pas de ces killer apps si indispensables à tout usage pro. Pas de Microsoft Word™, pas d’Adobe Photoshop™. Car l’iPad Pro n’est pas une machine de confort. C’est un ordinateur (disons-le, oui, c’est un ordinateur, ni plus ni moins), qui ne se laissera apprivoiser que si vous acceptez de remettre en cause votre façon de travailler, vos outils, pour y trouver de bien meilleurs outils, plus adaptés à vos besoins.

C’est un peu d’ailleurs un problème général : se dire que Word ou Excel sont incontournables, alors qu’il existe des outils cent fois meilleurs pour certaines tâches, même sur Mac. Personnellement, j’ai par exemple de plus en plus de mal à travailler avec Word, alors que je prends de plus en plus plaisir avec Pages, ne serait-ce que parce qu’il gère correctement les fonctions d’auto-enregistrement de macOS.

Mais alors, on peut toujours revenir à la question initiale : qu’est-ce qu’un pro ? Un professionnel, donc. Mais de quoi ?

Si l’on prend la définition de Wikipedia: Le professionnel est une personne spécialisée dans un secteur d’activité ou exerçant une profession ou un métier. Le professionnalisme caractérise la qualité du travail de quelqu’un ayant de l’expérience. Le professionnalisme est la capacité à assurer un engagement envers la société et à répondre à ses attentes. Mais historiquement, chez Apple, les Pro… ce sont les créatifs. Enfin, ça c’était avant. Depuis, Apple a conquis avec l’iPad et l’iPhone bien d’autres marchés professionnels, dont on parle beaucoup moins, parce qu’on reste attaché à cette frange de professionnels qu’ont été les créa de l’image, du son et de la vidéo durant des années pour Apple.

Il y a cependant une différenciation très importante chez Apple sur l’utilisation du mot pro. Chez Apple, le Pro s’applique pour différencier les gammes de matériel. Ce terme Pro a remplacé le terme Power avec le temps : Power Macintosh > Mac Pro, PowerBook > MacBook Pro, Power Pascal > Pascal Praud (ok je sors). L’iPad aurait pu s’appeler le Power iPad… et cela aurait été finalement plus clair. Un iPad, avec plus de puissance, tout simplement. Apple fait donc peut-être une erreur et complique la situation en attribuant le terme Pro à ses ordinateurs qui sont simplement les plus puissants, et pas juste réservés à une clientèle pro voire une clientèle s’intéressant uniquement à la création pure.

Revenons donc à nos iPad Pro. Si vous estimez donc que vous avez absolument besoin de connecter un disque dur externe de 8 To dessus pour travailler toute la journée, alors peut-être qu’effectivement, l’iPad Pro n’est pas (encore) pour vous. Mais ne pensez pas que ce que vous ne pouvez faire qu’avec votre ordinateur disqualifie automatiquement l’iPad comme outil professionnel pour beaucoup de gens. Considérez juste l’iPad comme un outil inadapté à votre besoin, tout comme le MacBook Pro pourrait être considéré comme inadapté à d’autres besoins. Seul importe le résultat final. Et ça ne rendra pas l’iPad pro moins pro pour les autres. Your mileage may vary, comme disent les anglais avant le Brexit (après, ils diront juste « Fuck fuck fuck »).

Ce n’est pas l’outil qui décidera si vous êtes un pro ou non. C’est ce que vous ferez de cet outil qui le décidera pour vous.

Vingt ans au service (pas si secret) de votre Macintosh

Le 31 octobre 1997 a marqué le début de mon aventure professionnelle dans le monde Apple. Ceux qui me connaissent bien savent que j’avais déjà travaillé à la boutique ECA Électronique à Saint-Péray début 1997, mais il s’agissait à l’époque d’un contrat à mi-temps, alors que je poursuivais – de loin – mes études. C’est d’ailleurs à cause de ces mêmes études que j’ai fait la découverte du Mac à la fac de Lumière-Lyon II en 1994. Une rencontre qui a littéralement bouleversé ma vie. Séquence souvenir.

Les turpitudes de la vie, justement, ce sont elles qui m’ont fait partir à Londres en septembre 1997. Un premier passage sous la Manche en Eurostar, un débarquement à Primrose Hill, et la recherche d’un boulot. Et à cette époque-là, être fan du Mac, c’était avoir la Foi. Il y avait une seule boutique qui vendait du Mac sur Tottenham Court Road, pas très intéressée par mon CV. Je découvrais l’immensité de Londres, la pizza à l’ananas, les joies du Tube… et pas de travail après quelques semaines, parce que je ne me résignais pas vraiment à devenir serveur dans un café (métier fort honorable, mais ce n’était pas vraiment ce que je cherchais). Et puis une léééééégère dépression quand ma compagne de l’époque a décidé que voilà, c’est fini, alors que j’étais parti la rejoindre. La vie n’est pas toujours hyper rigolote. #SéquenceEmotion

Mais la vie fait aussi parfois bien les choses, comme ce jour où dans le Guardian I.T, supplément du célèbre Guardian consacré aux Information Technologies, je tombais sur cette petite annonce :

Cherchons un technicien Apple…

« Aaaaaaaaaaaaaaaahhh ! »

… parlant français.

OOHHHHHHHHHHHHHHHH.

Un coup de fil plus tard, j’apprends qu’une société appelée ICL Sorbus recrute des techniciens, mais je ne comprends pas vraiment pourquoi. On m’envoie un formulaire par fax à renvoyer, je remplis le test haut la main, un RDV avec un recruteur plus tard, un autre test technique, et hop, embauché.

Au saint des saints.

Chez Apple Assistance. Qui à l’époque, réduction des coûts oblige, voit ses centres de support regroupés à Sidcup, dans la banlieue de Londres.

Sidcup

Officiellement, je suis engagé comme technicien de niveau 1. Avec mon casque sur la tête, je devrai aider les clients français sous contrat 90 jours après l’achat. Une équipe de français parmi une dizaine d’autres pays, le centre étant européen. La richesse des cultures.

Je commence officiellement le 31 octobre 1997, avec une journée de formation sur… Newton. Le fameux Newton qui sera tué quelques mois plus tard. J’aurai eu à traiter UN appel pour un problème Newton dans toute mon existence.

Le week-end du 1er novembre, j’aide à installer tous les Mac du centre (il faut configurer toutes les adresses IP, les adresses mail…). J’aurai le numéro 100. Mon adresse mail sera du coup icl100@euro.apple.com. Tout un symbole (ou pas).

Lundi matin, c’est le grand bain. Enfin… Noyade est le terme le plus juste, puisque les clients doivent parfois attendre une heure pour avoir un technicien, pas forcément bien formé (beaucoup de techniciens avaient été embauchés parce qu’ils parlaient français, la connaissance du Mac ayant du être assimilée en quinze jours). Mac OS 8 (pas OS X 10.8, Mac OS HUIT, la version Classic de Mac OS) a été lancé il y a à peine deux mois, et les clients essuient les plâtres. Le standard est surchargé, mais… je m’éclate. C’est mon élément. J’adore être là, même si y’a la tension, la fatigue, le manque d’informations… Et j’aime aussi aider mes collègues, parfois confrontés à des problèmes à priori insolubles. On est un peu tous dans la même galère.

Et au bout de quinze jours, Gilbert, le responsable du niveau 2, vient me voir. Le niveau 2, c’est le service qui gère les clients sous contrat AppleCare et le support aux revendeurs. Le niveau où l’on rigole moins (en vrai, on rigolait beaucoup).

– Guillaume, il faut que tu montes au niveau 2.

– Euh, OK, mais pourquoi moi ?

– On a besoin des tes compétences. 

Gloups. Ça c’est gentil. Bon, ben… OK, allons au niveau 2. Le début d’une grande aventure, où je rencontrais Pierre, Johan, et où je vis débarquer Guillaume, Max, Ansgar, Bertrand, Busham et tant d’autres… L’équipe française était unie, et nous gagnons régulièrement en compétence. C’était une chouette période. Pierre qui rapport du fromage de France pour faire fuir les anglais, Ansgar qui m’apprend les subtilités de FileMaker, Guillaume qui m’apportera toute son aide pour mon déménagement près du bureau, Bertrand avec qui nous partons régulièrement en mode déconnade… Et bien d’autres, dont Laurent, avec qui on a fait tant de séances de ciné et de parties de Starfox 64.

Ça c’était pour les gens du centre, mais j’ai également eu la chance et l’honneur de rencontrer les équipes d’Apple France : Christian à la tête d’AppleCare, Patrice et Danielle aux Relations Clientèle qui me font confiance pour gérer les cas un peu compliqués (j’avoue : j’étais HYPER fier le jour où j’ai reçu mon premier courrier de client content de mon aide), et toute l’équipe du support niveau 2.5 : Gilles (qui se rappelle toujours à moi à chaque fois que je configure une boite mail sur un iPhone…), Christian, Victor et Yann, qui devint mon mentor malgré lui. Merci à elle, à eux, et à tous celles et ceux que j’oublie, de m’avoir fait confiance.

C’est une époque également amusante, parce que je suis le premier tech d’Apple à contacter un journaliste (Jean-Luc Arnaud, remember ?) pour corriger une astuce qu’il avait publié dans Univers Mac, qui était alors MA référence magazine de l’époque. Parce qu’après tout, le support d’Apple avait parfois les réponses, pourquoi ne pas les diffuser plus largement ? Ce qui me valut une réponse enchantée de JLA et mon nom dans un magazine Mac pour la première fois le mois suivant. Peu de temps après, c’est un autre journaliste pour SVM Mac qui contacte AppleCare, il tombe sur moi, hello Vartan ! Un peu plus tard, c’est un autre journaliste qui me contacte, un certain Florian qui anime alors un de mes sites préférés, un certain Apple Café… Quelques temps plus tard, à la demande de Vartan, je commençais à rédiger une grande partie des Trucs et Astuces de SVM Mac, puis j’ai écrit dans Univers Mac, Mac & Co… Des noms qui évoquent de nombreux souvenirs, hélas disparus, la presse Mac de l’époque n’ayant pas réussi à s’adapter au monstre Internet. J’ai rencontré beaucoup des rédacteurs de l’époque, à l’exception notable de Christian Gulluyan, qui fut le rédacteur attitré des trucs et astuces d’Univers Mac à l’époque où j’ai commencé à lire le magazine, car il eut la mauvaise idée de nous quitter peu de temps avant. J’aime écrire, en tout cas. Et j’aime aider les utilisateurs de Mac.

L’époque Apple Assistance, c’est aussi l’époque fr.comp.sys.mac. Je découvre les joies des discussions parfois sans fin et je rencontre encore une fois de nouveaux copains fans d’Apple, étant le premier tech d’Apple Assistance à mettre ses pieds virtuels dans un forum public. Je fus rapidement « GG d’AA », puis « GG ex d’AA » quand je quittais mon job en mars 1998. Je participe à une Guerre des Chats mémorable, devient vice-amiral du C.C.C. (Comité Contre Les Chats).

Un jour, sur ce même FCSM, une certaine Mélanie débarque. Je lui envoie un jour un mail en privé, elle me répond. Elle débarque alors en fanfare dans ma vie. Résultat 17 ans plus tard : un mariage heureux et deux beaux enfants ♥️ (et plein de chats aussi).

J’ai rencontré des milliers de gens formidables, j’ai écrit des dizaines de bouquins, rencontré certaines de mes idoles (David Pogue, Jean-Louis Gassée…), participé à des conférences, été invité sur des plateaux de télé, lancé un logiciel à succès utilisé même par l’autre Steve, lancé un podcast avec mes irremplaçables amis Laurent et Mourad… Et j’en oublie sûrement. Avec peut-être un seul grand regret : n’avoir jamais pu rencontrer le Steve.

Mais bon, au final, je n’ai pas trop le droit de me plaindre. Je ne vais pas refaire toute ma carrière dans ce billet, mais j’avoue que j’ai un poil de nostalgie en pensant à tout ce trajet accompli. Pas vraiment en ligne droite, mais j’avoue que j’ai la chance énorme aujourd’hui de pouvoir vivre de ma passion pour une marque pas comme les autres. Ce n’est pas donné à tout le monde, et rien que ça, ça se savoure.

Et tout ça à cause d’une petite annonce dans un journal anglais. Comme quoi le destin, ça ne tient parfois pas à grand chose.

Merci à vous tous de m’avoir suivi, soutenu toutes ces années.

Et merci Apple.

Apple Assistance, Guillaume Gète à votre écoute !

Apple Assistance, Guillaume à votre écoute…

Apple Pay

«  N’importe quelle technologie suffisamment avancée est virtuellement indiscernable de la magie. » — Arthur C. Clarke 

C’est exactement la phrase qui me vient à l’esprit quand j’ai commencé à utiliser Apple Pay il y a quelques semaines, à l’aune d’un changement d’établissement bancaire (une banque à priori assez populaire). Tout dans le processus d’utilisation d’Apple Pay est complètement magique. De la reconnaissance vidéo de la carte, son intégration à l’iPhone, puis à l’Apple Watch, et son utilisation… Tout a été conçu pour réduire complètement la fameuse friction technologique (si chère à mon copain Mourad de 3 Hommes et 1 podcast).

Apple pay tim cook

Le plus intéressant socialement parlant est évidemment la réaction du commerçant de l’autre côté… surtout quand on paye avec l’Apple Watch ! Autant le paiement avec le téléphone, ça commence à rentrer (doucement) dans les mœurs, autant avec l’Apple Watch, ça surprend. Mais ça marche super bien, et là encore, l’absence de friction est remarquable. Double-tap sur le bouton latéral, on approche, bip, au revoir.

La plus grosse incompréhension vient du fait que la plupart des commerçants pensent que les limitations du paiement sans contact avec une carte sans code s’appliquent également avec Apple Pay, en particulier la fameuse limitation des 20€ de paiement. Or, ce n’est pas le cas. Vous pouvez parfaitement payer des montants dans la limite de ce que permet votre carte de crédit (bon, ça doit aussi dépendre peut-être des TPE). Du coup, ça peut être bien aussi sympa de rappeler aux commerçants qu’ils peuvent commander des stickers à poser sur leurs vitrines, ou même indiquer leur compatibilité Apple Pay dans Plans (cf cette page qui répertorie tout ce qu’il y a à savoir sur Apple Pay).

Mais il y a encore du boulot dans notre beau pays. J’ai passé quelques jours à Londres il y a quelques semaines à l’occasion de la conférence MacAD UK (où j’ai été invité comme speaker, on en reparle bientôt), et là-bas, j’ai pu circuler et tout payer dans la ville sans sortir une seule fois ma carte bancaire ou retirer le moindre penny à un distributeur. Là encore, le contrôleur dans le bus était amusé par le fait de contrôler la transaction depuis ma montre… Nous ne sommes pas encore là en France. Mais on s’en approche, petit à petit.

La dernière surprise, c’est ce Kickstarter pour le retour de l’application Twitteriffic sur Mac (auquel je vous invite à participer, tant qu’à faire), et là encore, le paiement par Apple Pay s’est fait sans douleur via Safari.

Apple Pay est vraiment magique. Et avec une friction quasiment nulle, c’est aussi un outil parfait pour nous faire encore plus consommer…

Nous sommes tous des petits lapins entourés de loups aux dents très longues.