RIP le Mac Pro

C’est donc sans cérémonie qu’Apple a définitivement enterré le Mac Pro, qui était à une époque son fer de lance technologique. Une page de l’histoire qui se tourne, comme tellement d’autres.

La fin du Mac Pro… C’est pas l’pied.

Est-ce réellement une surprise ? Le Mac Pro est peut-être, de tous les produits Apple des ces quinze dernières années, celui qui a eu l’histoire la plus compliquée. En 2012, c’était encore une machine exceptionnelle, puissante, extensible, qui faisait rêver.

Mais en 2013, sa transformation en poubelle de table, très esthétique certes, fut le premier dérapage. Là où on souhaitait voir apparaître un Mac toujours plus puissant, plus rapide et plus extensible, Apple a proposé… à peu près l’inverse, avec une machine magnifique mais non extensible, parfois moins puissante (les cartes vidéos qu’Apple avaient choisies n’étaient pas forcément les plus pertinentes)… Le syndrome du Power G4 Cube, mais avec la différence qu’à côté, on n’avait plus d’alternative avec un chassis plus classique.

Pire encore, le Mac Pro 2013 a, de l’aveu même d’Apple, bloquée celle-ci en terme de dissipation thermique, empêchant toute évolution des cartes vidéo vers des modèles plus intéressants. Un calvaire qui a duré six ans, une éternité en informatique. Cela a mené en 2017 à un des rares moments d’honnêteté d’Apple, en mode « on s’est vraiment planté », et à la sortie de l’iMac Pro quelques mois plus tard… et du Mac Pro 2019.

Le Mac Pro 2019, c’était un peu une machine de rêve un peu moche à mon goût [1. Je pense toujours que le peak design d’Apple en machine pro reste le Power Mac G4 d’origine, mais bon, ça reste totalement personnel) , mais sacrément balaise à l’intérieur et vraiment évolutive. Enfin… quand on peut y adjoindre des cartes vidéo, et là, je pense qu’on touche déjà au premier gros, gros problème de cette machine : aucun soutien des cartes nVidia.

Le deuxième problème, c’était évidemment son prix. En passant de 3000 à 6000$, le Mac Pro change de catégorie pour devenir une station de travail, et devient d’un coup bien plus inaccessible au commun des mortels, qui se rabattront sur le Mac Studio. Sans oublier les fameuses roulettes à 849€…

Enfin, le troisième, très gros problème est arrivé peu après. Et pourtant, cela aura été une bénédiction pour le reste de la gamme des Mac… Il s’agit évidemment des puces Apple Silicon. Car si cette gamme était spectaculaire en terme de CPU, elle empêchait toute connexion d’une carte vidéo supplémentaire. Fatal pour une machine de ce prix.

Le Mac Pro ne s’adressant plus qu’à une niche d’utilisateurs très fortunés, et d’une capacité d’extension de façade somme toute puisqu’on ne peut pas y ajouter les cartes les plus pertinentes du marché, les ventes ont dû chuter de façon tout aussi radicale.

Est-ce triste ? Oui, d’une certaine façon. Mais d’un autre côté, cela arrive à un moment où tout le reste de la gamme est incroyablement attractive et à une époque où les prix et la disponibilité des composants explose à cause de l’IA. Du coup, pour Apple, réserver des lignes de production pour un matériel sans grand avenir n’avait pas beaucoup de sens. Autant les rediriger vers du matériel qui se vend bien.

Est-ce qu’Apple fait une erreur en arrêtant cette machine ? Je ne le sais pas. Il est évident que certains clients d’Apple adorent le format tour et la possibilité d’extensions, mais cela reste une minorité. Pour autant, est-ce que cette clientèle saura se satisfaire du Mac Studio ?

J’ai lu également quelques commentaires attristés qu’Apple n’ait pas apporté plus de soin à l’annonce de la fin de cette gamme. Alors j’ai envie de dire… Apple fait très rarement des communiqués pour dire « désolé c’est fini ». Oui, Steve Jobs avait enterré Mac OS 9, mais c’était il y a 25 ans, autant dire une autre époque. Apple a arrêté l’iPod sans annonce, Apple arrêtera d’autres produits sans annonce, et quand on lui demandera, répondra « Oui, c’est vrai, on fait plus ça, mais regardez on a cet autre produit qui est presque tout aussi bien ». On peut le regretter, mais c’est comme ça.

Bref… Ciao le Mac Pro, j’t’aimais bien quand même. Mais crois-moi, je serai bien plus triste si un jour le Mac mini passe l’arme à gauche.

Laisser un commentaire