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L’iPad, dix ans plus tard

Apple iPad Pro 2018

J’avoue : je n’ai pas une super bonne relation avec l’iPad.

Ma vie avec Apple a commencé avec le Mac, il y a presque vingt-six ans. J’ai déjà raconté cette histoire, je ne reviens plus dessus. Mais j’ai du coup une relation particulière avec le Mac, car c’est l’outil qui m’a fait vivre, qui m’a passionné depuis tout ce temps, qui m’a fait rencontrer ma merveilleuse épouse, des amis inséparables, et qui a radicalement changé ma vie.

Quand Apple a présenté l’iPad il y a 10 ans, j’étais très enthousiaste. J’avais commandé un iPad peu de temps après sa sortie aux US, et j’avais même écrit un petit bouquin sur sa prise en main. Mais si l’iPad a été adopté par beaucoup d’utilisateurs débutants, des entreprises, des écoliers ou étudiants… j’ai parfois l’impression qu’il s’est un peu perdu en chemin. Son interface, qui aurait du devenir un étalon en termes d’intuitivité, a rendu compliquées des tâches qui paraissaient simplismes auparavant, les gestes multitouch difficiles à découvrir n’ont finalement pas simplifié son utilisation. Je me suis pris récemment la tête pour mettre deux apps côte à côte sur mon iPad. Ce n’est pas vraiment un souci que j’ai eu sur mon Mac depuis mes débuts, et je ne m’estime pas non plus totalement débutant en informatique… Le multitâche de l’iPad est terriblement mal foutu, comme l’explique très bien John Gruber, et il y a plein de choses qui sont trop compliquées à faire, dix ans après son lancement. Dix ans après, on se pose encore la question de savoir si on peut travailler avec l’iPad. Et pourtant, quel potentiel ! Et il est vrai que si on utilise les bonnes apps, on peut faire beaucoup de choses avec l’iPad. Embrasser de nouveaux workflows pour améliorer l’ordinaire. Pourquoi pas ?

Personnellement, je n’ai jamais embrassé à 100% l’iPad, car pour y arriver, il faut lui ajouter un clavier. Ce que je me refuse à faire. Si j’ai besoin d’un clavier, mon MacBook Pro est là. Et j’écris très mal, donc impossible pour moi d’utiliser efficacement l’iPad Pencil. En revanche, quand je suis en congés, l’iPad constitue un moyen agréable de couper les ponts… mais pas trop. Je l’utilise plutôt comme outil de consommation de media (c’est un lecteur de comics et de vidéos extraordinaire). Et sa 4G permanente… J’adorerais qu’Apple intègre la 4G dans la gamme MacBook Pro, car aujourd’hui j’utilise plus souvent mon iPad comme borne 4G… que comme iPad. C’est quand même dommage.

Pour le moment, la voie d’une nouvelle informatique simplifiée, rêvée par Apple, n’est, pour moi, pas vraiment là. Et j’insiste : pour moi. Si au contraire, vous êtes ravi de n’avoir plus que votre iPad sous le bras, je suis très heureux pour vous. Pour le moment, j’ai l’impression qu il me frustre toujours plus qu’il ne m’apporte de la joie1.

J’espère quand même qu’il ne faudra pas dix ans de plus à l’iPad pour vivre son plein potentiel.

Et au pire, il me restera toujours le Mac.

Enfin, j’espère.

  1. Non, Marie Kondo, je ne vais pas pour autant le jeter, calme-toi.