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Utiliser le nouveau calendrier MobileMe avec iOS 3

L’ami MacBrains du site éponyme s’est plaint ce soir d’un problème important : désormais, Apple force la migration des calendriers MobileMe vers un nouveau système. Las, ce nouveau système ne permet de récupérer les calendriers qu’à partir d’iOS 4, ce qui met sur la (multi)touche[1] le magnifique iPhone 3G de notre hélvète ami.

Sauf qu’en fait… ça marche très bien. Pour accéder à son calendrier après migration, il suffit de configurer le compte ainsi sur votre iPhone :

  • Lancez l’application Réglages.
  • Tapez Mail, Contacts, Calendriers.
  • Tapez Ajouter un compte.
  • Là, ne tapez PAS sur MobileMe, mais sur Autre.
  • Tapez Ajouter un compte CalDAV.
  • Renseignez les informations de la façon suivante :
    • Serveur : cal.me.com
    • Nom d’utilisateur : votre identifiant MobileMe, sans @me.com.
    • Mot de passe : le mot de passe de votre compte MobileMe.
    • Description : ce que vous voulez.
  • Tapez Suivant.

Le compte est ajouté, et utilisable sur votre « vieil » iPhone. Cette astuce a été testée sous iOS 3.1.3 et un iPhone 2G.

On dit merci qui ?

PS : chez David, pour les petites coupures, tu les laisses sur le compte en Suisse, comdab. Merci.

  1. AH AH AH.

Parts de marché

Il est donc acté aujourd’hui que puisqu’Apple propose une solution mobile fermée et qu’Android est ouvert (ahem), Apple est forcément condamnée à revivre le scénario des années 1990, et à revivre la même chute aux enfers. Parce qu’il est bien connu que l’histoire se répète, surtout en informatique.

La preuve : Windows Mobile est un succès écrasant aujourd’hui sur le marché des smartphones, Microsoft a écrabouillé tout le monde sur son passage, et il n’y  plus aucune société pour les combattre dans le domaine informatique. Non ? Je me serais trompé ?

Les analystes (et dans une certaine (grande) mesure, les journalistes) aiment à penser que le scénario de Windows il y a 20 ans est celui du succès et qu’il faut qu’Apple ouvre son système pour réussir à battre la concurrence. Quand bien même il y a beaucoup plus d’exemples de sociétés qui ont perdu, puis gagné à nouveau du terrain, alors que la domination de Microsoft via Windows est la véritable exception des technologies numériques.

Apple est devenue en moins de 10 ans l’une des plus grandes entreprises au monde en terme de capitalisation boursière sans pour autant avoir adopté Windows sur toutes ses bécanes 1. Et si on regarde de près, la suprématie de Windows n’a pas été particulièrement ébranlée sur les machines de bureau, où Linux ne perce que très timidement. Alors qu’il est tout aussi « gratuit » qu’Android pour les téléphones portables, non ?

Autre point amusant : continuer d’entendre qu’Apple aurait du licencier Mac OS dès 1985. Alors que le Mac était une architecture totalement différente du PC de l’époque, avec des écrans de bien plus haute résolution, et une ROM matérielle qui comportait la moitié de l’OS, donc un système totalement incompatible avec la technologie PC de l’époque. En 1995, Apple a autorisé des constructeurs à sortir des clones de Mac. Cela a failli la tuer. À la même époque, elle dépendait d’un OS en bout de course et sans aucun successeur (Copland était un fatras sans aucun vrai chef de projet).

De même, comme le rappelle ce billet, il existe de nombreux marchés où il n’y a pas eu de vainqueur bien défini, comme celui des jeux vidéo. Et c’est une très bonne chose : cela évite à chacun de dormir sur ses lauriers, la concurrence étant motrice d’innovation technologique. Dans les années 90, Nintendo dominait le marché jusqu’à l’arrogance, puis s’est prise une claque avec la PS 1 puis 2, Microsoft a débarqué, a dégainé le premier sur le marché des consoles « Next-Gen » avec la Xbox 360, alors que Nintendo revenait comme innovateur avec la DS puis la Wii.

Ce qui a sorti Apple du gouffre, ce n’est pas d’avoir tout abandonné à Windows : c’est de créer des nouvelles machines, de sortir des sentiers balisés, d’innover, de tracer sa voie sans écouter ceux qui avaient forcément raison. Si on avait écouté ces mêmes personnes, un produit comme l’iMac n’aurait jamais pu sortir2 et Apple aurait du prendre une licence de Windows NT 4 dès 1996 tout en enterrant Mac OS. Selon ces mêmes personnes, l’iPod aurait été un échec, et face au BlackBerry, l’iPhone, sans clavier, n’aurait eu aucun succès. Quand à l’iPad, c’est un gros iPod touch, personne ne veut utiliser ça pour remplacer son ordinateur.3

À vrai dire, je trouve presque cette volonté d’uniformisation des pensées (« allez tous vers Android ! » après « Allez tous vers Windows ! ») presque inquiétante. Comme si il fallait absolument qu’il n’y ait qu’UNE solution universelle dirigée par UNE compagnie. Alors qu’on a très bien vu ce qui se passait quand une seule compagnie faisait la pluie et le beau temps, et en particulier le frein à l’innovation que cela devenait…

Donc : la concurrence d’Android est bonne. Mais la disparition de toutes les plate-formes ne serait pas une bonne chose. Mettre tous les pouvoirs dans les mains d’une seule société qui en a déjà beaucoup ne serait peut-être pas une bonne idée… Que cette société soit Google ou Apple.

  1. Certes, on peut installer Windows sur un Mac, mais ce n’est pas l’élément déclencheur qui a permis aux ventes de Mac d’accélérer depuis quelques années. L’arrivée de Mac OS X et d’iLife ont été les deux événements les plus significatifs à mon goût
  2. « Pas de lecteur de disquettes ! Pas de SCSI ! USB, mais c’est quoi ça ! »
  3. Quand bien même Apple a bien expliqué qu’il s’agissait d’un produit entre l’iPhone et le Mac.

Le point faible d’Apple…

… C’est qu’il y aura toujours des journalistes blogueurs pour écrire parfois tout et n’importe quoi.

Par exemple, dire que les fonctions de l’iPad sont cachées. Que le multi-tâche est dur à trouver. Qu’Apple refuse d’intégrer Flash, alors que c’est une techno qu’aucun autre constructeur n’arrive de toute façon à intégrer proprement aujourd’hui dans un appareil mobile (quatre ans après la sortie du premier iPhone…). Que la disparition d’un Steve Jobs mettrait la compagnie à genoux, alors qu’il a su avant tout remettre les valeurs d’Apple au centre de la compagnie et y placer des personnes qui ont toutes contribuées au renouveau de la société, ce qui perdurera bien après son départ 1. Qu’iOS est un système fermé et c’est trop mal, alors que c’est surtout un système qui fonctionne, ce qui est l’essentiel. Et que la notion d’ouverture est devenue d’ailleurs très relative

Désormais, donc, il faut trouver une nouvelle méthode pour taper sur Apple. Parce qu’après tout, c’est important de taper sur Apple. Sinon on ne se fait pas de pub… quitte à dire n’importe quoi.

OK, donc. Apple a implémenté le multitâche, mais n’a pas communiqué dessus. Ce n’est pas après tout comme si, quand on lance une mise à jour d’iTunes, il n’y avait pas un message qui apparaît pour dire quelles sont les nouvelles fonctions, et un lien pointant vers plus d’informations. Ce n’est pas non plus comme si ces fonctions n’étaient pas documentées sur le site, ou mises en valeur même sur la homepage d’apple.com. Et éventuellement reprises par les sites web en masse.

Je vais être critique, pour changer : il faut arrêter de penser que parce qu’Apple fait des produits plus ergonomiques que d’autres constructeurs, cela dispense l’utilisateur d’apprendre à utiliser son produit ou à se poser des questions dessus. Le problème, c’est que l’informatique, iPadesque ou pas, ça emmerde aussi beaucoup de monde. Que les mises à jour, on les fait parce que le logiciel le demande, et qu’on serait bien trop impoli de le lui refuser. Mais après, ce que ça apporte vraiment… En tant que fils de garagiste,  l’automobile m’a toujours profondément gonflée, et a un aspect particulièrement utilitaire. Je ne m’extasie pas devant un moteur V6, la courbe d’une BMW m’en touche une sans faire bouger l’autre, etc. Mais j’ai quand même fait un jour l’effort de LIRE le guide fourni avec mon automobile 2 et, incroyable, j’ai appris des choses !!!

Le problème, c’est que lire une documentation, informatique ou non, c’est souvent pénible pour quiconque. Et soit on se sent motivé, soit on espère faire face à un produit tellement simple qu’on peut se passer d’un manuel. Manque de bol, iOS 4.2 a apporté ce qu’on ne souhaitait pas voir arriver dans iOS : de la complexité. Parce que tout un tas de monde demande (exige !) des nouvelles fonctions, qui rendent le produit moins simple à utiliser. Plus complet, oui, mais moins simple. Très honnêtement, Apple aurait pu faire le minimum vital sur iOS, à savoir implémenter le multi-tâche sous forme de gestion des apps en tâche de fond. Car la plus grosse critique sur iOS quand on parlait de multi-tâche, c’était « je ne peux pas écouter Spotify en tâche de fond pendant que je surfe avec Safari, bouh caca Apple ! ». Tuer des tâches, passer rapidement d’une app à une autre, tout ceci est finalement un bonus pour les geeks. C’est juste redonner aux power users les outils qu’ils ont été amené à utiliser sur les plate-formes informatiques classiques et qu’ils pensent être indispensables pour Monsieur et Madame Michu.

Mais en réalité, Monsieur et Madame Michu 3 n’ont pas forcément vraiment besoin de fonctions multi-tâches évoluées. Les gens qui ont adopté l’iPad parce qu’il est simple ne connaissent pas tous le coup du double-clic sur le bouton de l’iPad, et dans l’ensemble… ce n’est pas dramatique. S’il s’agit d’une fonction quelque peu dissimulée, c’est qu’elle n’est pas essentielle à l’expérience de l’iPad. Sinon, Apple l’aurait laissée bien visible, ou aurait eu une autre approche du Dock d’iOS. Tout comme beaucoup de gens ne savent pas qu’on peut faire Commande + Tab pour passer d’une appli à une autre sur leur Mac 4. Ou qu’on peut glisser une icône en enfonçant Commande et Option pour créer un alias.5. C’est mieux de le savoir, mais ce n’est pas indispensable de ne pas le connaître.

Bref : il y aura toujours différents niveaux d’utilisateurs. Il y aura toujours plusieurs niveaux d’utilisation de l’informatique. Il y aura toujours des gens intéressés par le sujet, et qui seront plus performants avec leur outil, parce qu’ils auront décidé de s’investir un peu plus que d’autres. Il y aura toujours des débutants, et des gourous. Ce n’est pas MAL que le constructeur / développeur propose ces solutions. Mais ce n’est pas MAL non plus que tout le monde ne les utilise pas. Le plus important reste que le produit soit stable, simple à utiliser, et qu’il apporte du plaisir à l’utilisateur. Si iOS gagne en fonctionnalités, c’est toujours mieux, mais il est parfois important que l’on fasse un petit bout de chemin tout seul. Ne serait-ce aussi que pour en retirer un peu de satisfaction personnelle.

Il y a une différence entre connaître le chemin, et arpenter le chemin – Morpheus, In Matrix.

  1. Même si je suis parfaitement conscient que sa disparition impactera à court terme la société.
  2. Une Prius II, puisque vous voulez tout savoir de ma vie, bande de pervers.
  3. Qu’on devrait peut-être arrêter de traiter comme s’ils ne connaissaient rien à l’informatique : si ça se trouve, il y a en France un monsieur Michu qui dirige des réseaux de botnets et va faire tomber mon serveur tandis que son épouse recompile des noyaux Linux entre deux pots de confiture. Les ordures.
  4. Oui, je sais, Alt + Tab sur PC. Mais vous êtes jamais venu sur ce blog ou quoi ?
  5. Si vous avez appris ces astuces ce soir, la prochaine étape, c’est Snow Leopard Efficace.

Présentation iOS en entreprise le 24/03 à Paris

Je présenterai iOS pour l’entreprise chez iCLG Paris, 26 rue du Renard (face à Beaubourg), 75004 Paris, le 24 mars prochain à 10h.

Au programme de la matinée :

– iOS : généralités
– L’intégration et le support Exchange.
– Messagerie, calendriers et carnets d’adresse avec les standards ;
– Contrôler l’environnement iOS avec les profils ;
– Les solutions de gestion mobile : MDM (Mobile Device Management) ;
– iOS et la sécurité ;
– La force d’iOS : les Apps – Achat, gestion, déploiement, SDK…

Une présentation de FileMaker Go pour iPad et iPhone complètera cette matinée.

Pour vous inscrire , cliquez sur ce lien :

http://www.iclg.com/inscription-iclgpro.asp?dateSem=110324&heureSem=10

Venez nombreux !

 

Nouveaux MacBook Pro, Lion… Mon opinion

Opinion dont tout le monde se fout peut-être, mais c’est mon blog, et je dis ce que je veux dessus.

Après cette mise au point importante… :-) Considérons donc que je me suis bien vautré sur les MacBook Pro. Pas de SSD à tous les étages, lecteur DVD en standard, mais l’arrivée de LightPeak Thunderbolt. Donc, vous le saurez : la prochaine fois que je fais une prévision, allez sur un autre blog plus intéressant, je sais pas moi, allez chez Lok MacBrains, David Bosman, WeLoveMac ou encore chez Anthony Nelzin par exemple1.

Donc, pour le MacBook Pro, j’ai été mauvais, mais je pense que j’ai juste quelques mois d’avance, vous verrez bien, je finirai par avoir raison, si si. Mais surprise, Apple a lancé sa petite bombe de la journée avec le débarquement d’une version développeur de Mac OS X 10.7. Au passage, observez le changement radical chez Apple :

  • Début des années 2000 : Mac OS X est présenté et lancé en grandes pompes à chaque conférence majeure. Et ceci, jusqu’à 2007, avec la présentation de Mac OS X 10.5 à la keynote de la WWDC.
  • 2008 : Steve Jobs annonce lors de la conférence de la WWDC que le prochain OS s’appellera Snow Leopard. Et ? C’est tout. Seuls les développeurs auront le droit d’en savoir plus lors de la conférence de Bertrand Serlet. Il aura quand même droit à une petite démonstration un an plus tard pour la keynote de la WWDC 2009. Mais le cœur des démos, c’est clairement iOS, et Apple prépare le terrain pour 2010…
  • 2010 qui ne verra d’ailleurs pas de nouvelle version majeure de Mac OS X. On saura juste que Lion sera le nom de code de la 10.7, et fin 2010, on a droit à une petite démo de quelques minutes qui montrent que Lion sera Mac OS X + plein de gros morceaux d’iOS. « Back to the Mac », qu’ils disaient…
  • 2011 : annonce de la Developer Preview de Lion, en même temps que des nouveaux MacBook Pro. Il y a encore 4 ans, Apple aurait organisé un Special Event, là, c’est tout juste si les attachés de presse sont mis au courant.

Cela indique surtout que Mac OS X, même s’il est toujours important pour Apple, n’est plus le produit à succès qu’il a été, et va s’imprégner de plus en plus de la philosophie d’iOS. Si on veut connaître le Mac du futur, il suffit de regarder vers l’iPad.

La plus grande question (pour moi) restait quand même de savoir ce qu’il allait advenir de Mac OS X Server après l’annonce de la mort des Xserve. Quid du Mac mini Server ? Et bien, la réponse est celle que je pensais depuis quelques temps : Mac OS X Server a été fusionné dans Mac OSX. Enfin, pratiquement : à l’installation de Mac OS X sur un poste, on pourra ajouter le package Serveur.

Ce que, grosso modo, Mac OS X Server fait déjà aujourd’hui.

En effet, le logiciel d’installation de Mac OS X Server, c’est un Mac OS X tout ce qu’il y a de plus standard sur lequel Apple rajoute une couche et des outils d’administration serveur à l’aide d’un package dédié. Dans quelques mois, passer sur Mac OS X Server à partir d’un Mac client ne vous coûtera pas plus cher, pour un nombre illimité de clients.

C’est une stratégie audacieuse, mais intéressante. Et surtout, elle montre qu’Apple veut continuer son serveur, même s’il ne cherche plus à attaquer les marchés d’il y a quelques années. Le temps passe, Apple reste une entreprise orientée utilisateurs, mais sa solution serveur est viable auprès des petites entreprises, donc autant la pousser dans cette direction. Le risque, c’est peut-être de ne pas être au final assez cher. En effet, qui pourrait avoir confiance dans un système serveur qui ne coûte pas plusieurs dizaines de milliers d’euros ? ;-)

Alors, certes, on peut se demander de quoi sera fait ce serveur, Apple ne parlant plus de certaines fonctions majeures des versions précédentes, comme le Netboot ou Podcast Producer. Cependant, il est intéressant de voir qu’elle parle de solutions de gestion centralisée de la partie Mac, mais également tout ce qui touche à iOS avec le nouveau Profile Manager ou une gestion simplifiée du protocole WebDAV. Apple prévoit donc que Mac OS X Server sera un complément utile à des déploiements d’iOS en masse… À voir. Mais je ne suis pas surpris outre mesure de la voir se déplacer là où est son cœur de marché, à savoir, les petites entreprises. Mais je peux comprendre que ceux qui ont investi sur des solutions très coûteuses et orientées sur des structures plus importantes soient inquiets…

Dire que je suis épaté par Lion serait également excessif, mais je suis très intéressé par ce qu’Apple propose aujourd’hui, et curieux de voir ce que sera le produit final. L’été n’est pas encore là, et Lion a encore le temps d’évoluer. Surtout qu’il semblerait qu’une certaine tablette recevra bientôt une mise à jour majeure, et iOS évoluer d’ici là…

Mais surtout, je pense que pour les consultants du monde Mac, il ne faut pas se voiler la face : Apple tire aujourd’hui la majorité de ses bénéfices d’iOS. Le Mac n’est plus sa plate-forme de prédilection, le futur sera tactile, et le PC (et le Mac) sont condamnés à disparaître dans les dix prochaines années. On peut pleurer là-dessus, tout comme on a pu pleurer sur l’abandon de Mac OS 9, des disquettes ou des PowerPC. Plutôt que de s’apitoyer sur le passé, il est urgent de regarder ce que l’avenir nous offre comme opportunités et les saisir. De préférence avec le sourire, même si ce n’est pas toujours facile.

  1. Name dropping particulièrement pas gratuit, donc les gars, n’oubliez pas les petites coupures sur mon compte en Suisse, merci.