Archives de catégorie : Mac OS X Server

Adieu Mac OS X Server, petit ange parti trop tôt

Comme souvent chez Apple, les enterrements de produits sont effectués de façon bien plus discrète que les lancements (bon, sauf pour Mac OS 9, à l’époque). C’est le cas pour macOS Server, né Mac OS X Server, présenté avant même Mac OS X, dans sa fameuse version Rhapsody en 1999 par Steve Jobs.

Mac OS X Server, c’était le produit qu’on voyait concurrent ultime de Windows NT à l’époque. Multi-tâche, bardé de services, et taillé pour le futur, il proposait des nouveautés impressionnantes pour l’époque, et relativement simples à mettre en œuvre, comme le Netboot ou QuickTime Streaming Server.

Mac OS X Server - Higher Intellect Vintage Wiki
Si vous avez eu cette boite chez vous et avez fait mumuse avec : vous êtes vieux.

Et les années avançant, Apple l’avait encore de plus en plus équipé, avec des fonctions aussi qui lorgnaient directement vers Exchange (toute la partie collaboration avec ce qu’Apple nommait Teams et qui embarquait les calendriers et contacts partagés ainsi que le wiki), de la gestion de SAN avec Xsan, du réseau, de la gestion de poste de travails, un serveur de podcasts… Une vraie boite à outils multifonctions !

C’est par une simple note technique mise à jour ce 21 avril qu’Apple annonce la fin de macOS Server, qui n’était plus que l’ombre de lui-même depuis plusieurs années, la plupart de ses fonctions ayant migré au sein de macOS tout court (comme le partage de fichiers – qui a en fait toujours été là – ou le serveur de cache), ou sur d’autres solutions en ligne. Ou complètement dézinguées, en fait.

Curieusement, je ne suis pas particulièrement triste de cette disparition. Même si j’ai consacré beaucoup de temps à Mac OS X Server, et qu’il a été le moteur de l’activité de Gete.Net Consulting au tout début de mon activité il y a bientôt 16 ans, j’avais anticipé sa disparition complète il y a quatre ans, et déjà annoncé qu’il fallait se préparer à migrer sur d’autres plate-formes. Eh, j’avais même fait son éloge funèbre !

Note pour plus tard : le t-shirt moulant, c’est bien, mais avec quelques kilos de moins.

On peut toujours s’interroger sur les raisons de la fin de macOS Server, mais la raison principale pour moi tient en un mot : iPhone. À partir du moment où l’iPhone a été annoncé en janvier 2007, tous les regards se sont tournés vers le nouveau bébé prodigieux de Steve Jobs, à juste titre d’ailleurs. Mais déjà, à l’époque, Apple avait du retarder le lancement de Mac OS X Leopard pour que l’iPhone sorte dans les temps, et il aura fallu attendre Snow Leopard pour que toutes les fonctionnalités les plus ambitieuses de Mac OS X Server soient vraiment en place et (à peu près) stabilisées.

Stabilité… Cela aura d’ailleurs été le principal souci de Mac OS X Server. Oh, sur l’ensemble des services, ça tournait pas trop mal, mais la partie annuaire (Open Directory) n’a jamais été aussi solide qu’elle aurait du être. De ce point de vue, Mac OS X Server aura toujours été décevant alors qu’il aurait du être un parangon de stabilité. Et à partir du moment où Mac OS X Server est devenu une simple application installée par dessus Mac OS X, où le serveur était facturé 30 balles, le désintérêt d’Apple pour sa plate-forme était avéré.

Une fois le Xserve tué dans l’oeuf, le Mac mini Server dégagé, il n’y avait plus trop d’illusions à se faire. Le destin de Mac OS X Server était scellé, et ce n’était plus qu’une question de temps avant qu’il soit définitivement mis à la porte. Il ne me reste donc plus qu’à migrer les quelques rares Mac mini Server encore en place chez mes clients pour définitivement tourner la page.

Mais quelle belle page de l’informatique Mac OS X Server aura été, que de formations auront-nous donné, et de certifications passé. Good bye, old friend, et merci à toi. Tu seras resté pendant plusieurs années un vrai compagnon de route, capricieux mais sympathique. qui m’aura accompagné durant de chouettes aventures, qui m’aura fait bouger dans le monde, qui m’aura fait rencontrer plein de gens sympa, et pour qui j’aurai fait du debug en veux en voilà.

Salut à toi, et pense bien à faire la bise à Mac OS 9 et ClarisWorks de ma part.

Command-iT 2019 : toutes les conférences sont en ligne !

JLogo Command iTe n’avais pas pris le temps de l’annoncer officiellement, mais toutes les conférences de Command-iT 2019 sont visibles en ligne sur la chaine YouTube de Command-iT !

Encore merci à tous les intervenants d’avoir joué le jeu en donnant de leur personne pour aborder tous ces sujets variés et passionnants, avec parfois des points de vue très marqués ^^

De mon côté, j’ai pris plaisir à animer ma conférence sur le DEP (enfin, Apple Business) ainsi que le workshop sur les packages (une première pour moi). Encore merci à tous les participants pour leurs commentaires, leur enthousiasme, et tous les échanges qui ont enrichi ces deux journées. 

Et si vous souhaitez voir un peu les coulisses de Command-iT, n’hésitez pas à regarder l’émission spéciale d’iWeek consacrée à Command-iT, avec Benjamin Vincent et une bonne partie de l’équipe habituelle ! Merci à Ouatch.tv de nous avoir suivis !

Quand à nous (enfin, les équipes de Gete.Net Consulting et Maxerviciz), nous prenons un peu de repos avant de préparer la troisième édition l’année prochaine… Car oui, Command-iT reviendra en 2020 !


Conférence intégration iOS et Mac en entreprise en ligne

J’ai donné il y a quelques semaines une conférence sur le thème de l’intégration des systèmes Mac et des appareils iOS dans le cadre de l’entreprise. Cette conférence est en ligne depuis quelques jours, mais j’avais oublié de le signaler. Oubli corrigé : vous pouvez donc la consulter directement sur Dailymotion si vous avez une heure et quart à perdre.

Lion Server 10.7.4 : corriger un refus des connexions AFP

Problème étonnant chez un de mes clients : après le passage de la version 10.7.3 à la 10.7.4, plus possible pour certains postes de se connecter en AFP ! Lors de la tentative de connexion, qu’on utilise le dialogue de connexion (Cmd + K) ou qu’on clique sur la barre latérale puis sur Connexion, une fenêtre s’ouvre quelque secondes, et… c’es tout. Pas de fenêtre d’authentification. Le message suivant apparaît alors dans system.log : 

Jun 5 21:34:41 iMac-1 com.apple.launchd.peruser.503[111] (com.apple.netauth.useragent[256]): Job appears to have crashed: Segmentation fault

Plus étonnant encore : le même poste client arrive à se connecter à un serveur AFP à l’extérieur du réseau sans souci. Et les postes clients hors du réseau se connectent au serveur sans problème également !

Après beaucoup (beaucoup) de recherche et un peu de déduction, j’ai découvert que dans les réglages du service AFP, la ligne kerberosPrincipal affichait via la commande

sudo serveradmin settings afp

affichait parmi tous ces résultats cette ligne :

afp:kerberosPrincipal = "afpserver"

Ah ! Bizarre, car normalement elle devrait indiquer le principal du service AFP au sein de Kerberos. Ce principal devait être de la forme :

 afpserver/server.example.com@SERVER.EXAMPLE.COM

 

Qu’à cela ne tienne ! Stoppons AFP, modifions le principal puis relançons AFP : 

% sudo serveradmin afp stop
% sudo serveradmin settings afp:kerberosPrincipal = afpserver/server.example.com@SERVER.EXAMPLE.COM
% sudo serveradmin afp start

Remplacez évidemment server.example.com par le nom DNS de votre serveur et SERVER.EXAMPLE.COM par le nom du domaine Kerberos de votre domaine maitre Open Directory.

Après modification, le service est de nouveau accessible. Ouf !

ZEVO : ZFS enfin sur Mac OS X

Zevo est une solution commerciale permettant la compatibilité de Mac OS X avec le fameux système de fichiers ZFS, longtemps attendu sur Mac et même annoncé par Apple avec Snow Leopard Server, mais dont l’intégration avait été abandonnée pour d’obscures raisons (sûrement des soucis de licence). Disponible en plusieurs versions dans le futur, car pour le moment seule la version Silver est disponible, les autres versions arrivant plus tard dans l’année. Attention, car cette version n’est pas annoncée comme compatible Mac OS X Server (c’est ballot quand même). De même il est impossible de booter sur un volume ZFS, donc ZEVO devra être utilisé sur un disque externe ou interne secondaire. Pas de support non plus du miroir ou du RAIDZ. Enfin, il y a un petit bug qui rend incompatible le partage des volumes ZFS via AFP sous Mac OS X 10.7.2 (c’est en cours de résolution paraît-il).

D’un autre côté, il va être intéressant de voir ce que cela va apporter en terme de compatibilités avec les logiciels, de fonctionnalités comme la gestion des versions et autres déduplications… Et le logiciel n’est pas très cher. À mettre en perspective de la perte de données que l’on peut rencontrer, et relire l’article de John Siracusa sur les problématiques posées par HFS+. Attention cependant : loin de moi l’idée de critiquer HFS+, qui rend encore beaucoup de services et fonctionne bien malgré son grand âge et a bien mieux suivi les évolutions technologiques que, au hasard, le FAT.

Je testerai Zevo dans les prochains jours, je vous dirai ce qu’il en est réellement :-)

(via MacGeneration)

2011 : l’année en demi-teinte d’Apple

2011 est bientôt terminée, et c’est évidemment le moment des bilans, comme le dirait Mickael Kael. Une année qui, à mon goût, ne restera pas parmi les meilleures qu’Apple a vécues. Ce fut évidemment une très triste année pour Apple : elle a perdu Steve Jobs, son co-fondateur. Même si le plan B était prévu depuis longtemps, même si Tim Cook est talentueux, même si les équipes ont été préparées au départ de Steve… Apple sans Steve Jobs sera sûrement très différente.

Ce fut également une année d’attentes côté nouveaux produits, mais une attente pas forcément récompensée. Certes, nous avons eu un iPhone 4S, superbe évolution à bien des égards (et une vraie révolution à venir quand Siri aura pris du galon). Nous avons eu une version majeure de Mac OS X, avec Lion, qui est pourtant loin de ce que j’aurais espéré pour une évolution majeure : le rapprochement vers iOS ne me semble pas si heureux que ça… C’est aussi Lion Server, un système qui n’est qu’une application de plus que Lion, pour un prix dérisoire, et une stratégie un peu bizarre de la part d’Apple, avec un système serveur professionnel vendu pas assez cher pour être totalement honnête. Du bon dans ce serveur, mais aussi du moins bon. J’attends toujours la 10.7.3 avec impatience…

La sortie la plus marquante de l’année côté matériel reste le nouveau MacBook Air, qui prend de l’ampleur et crée à lui seul le segment du « subnetbook », ordinateur puissant mais très léger. Un concept qui cartonne, au détriment de l’informatique « classique ». Et oui, c’est un produit de fin 2010, mais sa nouvelle version sortie cet été, bien plus puissant, le rend vraiment plus intéressant et plus apte à remplacer une machine de bureau sur bien des points.

2011, c’est aussi la fin officielle du Xserve, remplacé tant bien que mal (voire pas du tout remplacé) par le Mac mini Server. Bonne machine, bonne évolution matérielle, un bon concept, encore amélioré avec l’arrivée de ThunderBolt, technologie qui pourrait rendre finalement l’informatique bien plus modulaire. À voir si l’année 2012 sera l’année du ThunderBolt, ou si ça ne restera qu’une technologie pour les professionnels, réservé à une niche.

2011, c’est iOS 5. Très honnêtement, c’est un des meilleurs produits qu’Apple a sortis cette année. Une excellente évolution, avec plein de petites et grosses nouveautés partout (centre de notifications et gestion multitouch en tête). Et évidemment, iCloud, le successeur de MobileMe, qui après des débuts assez cahotiques semble enfin donner satisfaction.

Il y aura cependant eu au moins une évolution positive majeure sur Mac : l’arrivée massive du JEU ! Que ce soit par les studios indépendants qui adoptent le Mac App Store, ou l’arrivée de Steam avec le fabuleux Portal 2 et bien d’autres, on joue sur Mac, et c’est un vrai plaisir de ne pas avoir à redémarrer sous Windows rien que pour lancer un p’tit jeu comme Super Meat Boy. Espérons que cette tendance se poursuive en 2012.

2011 n’aura donc pas été une année géniale pour Apple. À un niveau plus personnel, je n’ai pas été époustouflé par les nouveautés d’Apple durant toute l’année, et le manque de renouveau matériel s’est également ressenti : la meilleure preuve, c’est que je n’ai toujours pas fait évoluer mon parc informatique significativement en 2011 (l’iPhone 4S reste à ce jour mon plus gros investissement).

Heureusement, 2012 devrait être l’année où les équipes d’Apple auront enfin l’occasion de montrer à nouveau leur talent, avec le renouvellement attendu de nombreux matériels comme le MacBook Pro… J’espère juste que la fin du monde n’interrompe pas tous les programmes de façon inopinée, bien évidemment.

Conférences Apple’s Day : le Mac et iOS en entreprise [MàJ]

Je donnerai deux TROIS conférences le samedi 28 mai à l’Epita / Epitech / Etna (rayez les mentions inutiles) à l’occasion de l’Apple’s Day.

Les sujets que j’aborderai :

  • 14h00 : Intégrez vos Mac dans votre environnement informatique en un temps record
  • 16h00 : Découvrez comment intégrer iPhone et iPad dans votre entreprise
  • 17H30 : Mac OS X et la virtualisation

Ces conférences sont gratuites. Tout se passera sur le campus d’EPITA (24 rue Pasteur, Le Kremlin-Bicêtre).

Pour assister obtenir votre invitation, n’oubliez surtout pas de vous inscrire en ligne.

Et si vous souhaitez faire dédicacer vos exemplaires de À la découverte de son iPad, Leopard Efficace ou Snow Leopard Efficace, n’hésitez pas à faire un saut :)

Mac OS X : comment sélectionner automatiquement le PPD d’un copieur multi-fonction ?

Je déteste les copieurs multi-fonctions. Au moins, vous êtes prévenu : si vous lisez des gros mots, ça ne sera pas ma faute.

Je viens de me battre pendant quelques jours à essayer de faire fonctionner correctement un copieur BizHub 350 de Konica Minolta avec Mac OS X 10.6. Car, voyez-vous, le constructeur n’a pas encore eu l’heurt de proposer un pilote à jour pour ce système sorti depuis maintenant 14 mois… Pas grave, hein, on va se débrouiller, comme d’habitude !

Donc, après avoir trouvé avec le (très gentil) technicien de Konica le bon driver (C-401, parce qu’il y a un Fiery derrière, amusant non ?), puis sélectionné la bonne file d’attente (« print », là c’est facile, mais attention, ça dépend du copieur), il restait à trouver comment sélectionner automatiquement le bon driver. Car Mac OS X dispose d’une petite subtilité pour choisir automatiquement le driver. Il faut, dans l’ordre :

– que le copieur renvoie son nom de modèle (ModelName) à la connexion avec le Mac ;

– Qu’il existe dans un dossier PPDs (principalement dans /Library/Printers/) un PPD compressé au format .gzip et intitulé avec le ModelName du copieur.

Dans l’ensemble, ce mécanisme marche… pas trop mal. Mais que se passe-t-il si le développeur, particulièrement incompétent, fait n’importe quoi ?

Et ben on se prend bien le chou. Car il faut alors trouver le modèle renvoyé par le copieur, ce qui n’est pas totalement évident… Dans mon cas, j’avais un PPD qui s’appelait Fiery X3e 22C-KM PS v2.0 eu. Pratique non ? Le ModelName dans le PPD indiquait quand à lui Fiery X3e 22C-KM PS Color Server v2.0 eu. Problème : quelque soit le nom utilisé, impossible d’avoir le PPD sélectionné automatiquement. Ce qui veut dire que le copieur ne se présente pas comme indiqué dans le PPD.

Et bien, soit ! Analysons un peu le traffic IP entre le Mac et l’imprimante au moment de la connexion. Tapons donc dans le Terminal :

sudo tcpdump -nnnvi en0 host IP_Copieur

Ici, en0 désigne le nom BSD de votre connexion Ethernet. La plupart du temps, c’est en0 si vous êtes en Ethernet ou en1 si vous utilisez Airport. En cas de doute, vérifiez ce nom dans Informations Système > Réseau. Et vous remplacez évidemment IP_Copieur par l’adresse IP ou le nom DNS de votre copieur.

Maintenant, ouvrez la préférence Système Imprimantes et Fax, appuyez sur le bouton +, puis sur le bouton IP pour faire une configuration via IP, et tapez l’adresse du copieur, ici 192.168.1.51.

Aie… « Imprimante PostScript générique » ! Pas vraiment ce qu’on veut… Il est temps maintenant de regarder ce que ça donne du côté de tcpdump Beaucoup de bla-bla, mais une ligne qui m’intéresse :

23:15:06.354258 IP (tos 0x0, ttl 64, id 0, offset 0, flags [DF], proto UDP (17), length 92)    192.168.1.51.161 > 192.168.1.2.59013:  { SNMPv1 { GetResponse(49) R=1536459456  .1.3.6.1.2.1.25.3.2.1.3.1= »C350″ .1.3.6.1.2.1.1.6.0= » » } }
Ne voyez-vous donc pas ? « C350 », qu’elle dit, la dame ! Il faut donc :
– Décompresser le PPD ;
– Remplacer à l’aide d’un éditeur de texte le ModelName dans le PPD par C350 ;
– Renommer ce fichier PPD décompressé en C350 ;
– Recompresser le PPD au format Gzip (avec la commande gzip, par exemple) ;
– Replacer le PPD C350.gzip dans le dossier /Bibliothèque/Printers/PPDs/Contents/Resources/
Saisissons  à nouveau l’adresse du copieur…
Victoire !!! Attention cependant à bien mettre le bon nom de file d’attente avant d’enregistrer : par exemple, pour ce modèle de copieur, c’est « print », mais sur d’autres, ça peut être « lp », ou rien, ou autre chose…
Et au passage, petite info : si vous utilisez les préférences gérées (MCX) pour appliquer des imprimantes par défaut à vos postes, méfiez-vous de ne pas laisser de caractère spécial ou accentué dans le nom de l’imprimante : vous risqueriez alors de rajouter des nouveaux doublons à chaque ouverture de session !

The day the Xserve died

Ce vendredi, la nouvelle est tombée sur les téléscripteurs, non pas par un communiqué de presse, mais par une petite bande jaune en haut de la page des Xserve.

Apple a donc décidé d’arrêter le Xserve, son serveur 1U à destination des professionnels. Immédiatement, le web et Twitter se sont enflammés, étant donné l’aspect critique que Xserve avait dans certains cœurs de métier. Et on m’a du coup demandé mon avis, et ça tombe bien puisque j’avais l’intention de toute façon de le donner (d’autant plus que la veille, lors de la fermeture de l’Apple Store, j’avais évoqué l’arrivée d’un nouvel Xserve. Boule de Cristal #FAIL !).

Il faut dire que des Xserve, j’en ai installé, géré et dépanné quelques-uns, puisque c’est une des plate-formes proposées par Apple pour faire fonctionner Mac OS X Server. Le Xserve, si vous ne connaissiez pas, c’est le serveur rackable qui tient dans un 1U, ce qui permet d’en mettre beaucoup dans une seule armoire informatique. Sa taille, ainsi que le fait qu’une partie de ses composants sont redondants (comme l’alim) en ont fait une solution de choix pour de nombreux administrateurs informatiques. Alors, évidemment, l’annonce de son abandon apparaît comme une demi-surprise.

Comment ça, demi-surprise ?

L’annonce d’Apple ne pouvait en fait que surprendre ceux qui suivent l’actu serveur d’Apple de loin. Cela fait longtemps que le Xserve n’a pas été mis à jour, et ses mises à jour depuis le passage à Intel ont été plutôt modérées. De plus, une rumeur circulait depuis pas mal de temps selon quoi l’équipe du Xserve avait été démantelée. Il n’en faudrait pas plus pour penser que l’abandon du Xserve est la preuve qu’Apple se retire du marché de l’entreprise.

Sauf qu’en fait, la situation est un peu plus compliquée que ça.

« We are not an Enterprise company. » ©Steve Jobs

Tout d’abord, une petite vidéo qui circule depuis vendredi et qui expliquerait pourquoi Apple arrête le Xserve :

Donc, Apple serait une compagnie de périphériques mobiles, et Steve Jobs n’aime pas le marché des entreprises, ce qui ferait donc deux bonnes raisons pour arrêter le Xserve. Certes, mais à mon avis, il faut chercher une explication ailleurs :

Car le Mac mini Server semble bien être le succès que j’avais prédit il y a quelques mois de cela. La demande semble très forte, et parmi mes clients, nombreux sont ceux qui préfèrent le Mac mini Server au Xserve, souvent sur-dimensionné pour eux. Et il s’agit d’un ordinateur souvent très largement suffisant par rapport aux besoins des PME/PMI :tout le monde n’a pas besoin d’avoir un monstre de puissance faisant un boucan d’enfer dans son bureau.

Malheureusement, Apple pense que le Xserve marche sur les pieds du Mac Pro, puisque son principal argument pour l’abandon du Xserve est que le Mac pro peut parfaitement remplacer le Xserve, et propose même à ce titre une version serveur du Mac Pro. C’est malheureusement faux, puisqu’outre la place qu’ils occupent, les Mac Pro ne bénéficient pas de certains avantages d’un Xserve, comme la double alimentation redondante, le contrôle du serveur via IPMI, une consommation électrique réduite [1]. Le Mac Pro représente une solution qui pourrait satisfaire certains clients… Mais certainement pas tous, hélas. Et à ce titre, la documentation de migration proposée par Apple fait curieusement l’impasse sur certains de ces points.

XsanCar il existe de nombreux marchés qui ont besoin de serveurs 1U, pour des raisons pratiques et techniques. En particulier, on penser au marché de la vidéo où Apple fait la promotion depuis quelques années de ses solutions Final Cut Server et Xsan. Quand on pense que de nombreuses écoles ou universités se sont par exemple équipées de solutions à base de Podcast Producer, logiciel qui permet de créer des contenus et les mettre à disposition sur différents médias dont, entre autres, iTunes U, la décision d’Apple a de quoi laisser perplexe, et là, je pense qu’Apple va avoir beaucoup de mal à se justifier de cet abandon[2].

Mais plus encore que l’abandon du Xserve, il y a une autre question sous-jacente qui inquiète…

Du futur de Mac OS X Server

Le Xserve était équipé de Mac OS X Server, et comme mon estimable confrère Yoann Gini l’a expliqué, il était à ce titre le fer de lance de l’équipe de Mac OS X Server. Et du coup, la disparition du Xserve peut fortement faire douter du futur de Mac OS X Server.

Pourtant, là dessus, je suis plus optimiste que Yoann. Même si un petit message d’Eric Zelenka (responsable chez Apple des produit serveurs, entre autres) a ce sujet a disparu du forum d’Xsanity, le fait qu’Apple pousse Mac OS X Server sur le Mac mini Server semble indiquer que le système aura un futur, sinon à quoi bon continuer de vendre du Mac mini Server ? Ce n’est pas toute la gamme qui a été arrêtée vendredi, mais un modèle de la gamme serveur. Et comme l’a fait remarquer un membre du forum d’Xsanity, si Apple avait voulu tuer Mac OS X Server, elle l’aurait fait en même temps.

De même, le fait qu’Apple n’ait pas présenté les fonctions de Mac OS X Server dans sa présentation de Lion n’est pas une preuve de l’inexistence de Mac OS X Server. J’ai considéré cette présentation comme un « teaser », pas comme un « trailer » de toutes les fonctions du futur Mac OS X, dont beaucoup de choses restent à montrer.

Par ailleurs, il y a une autre piste qu’Apple pourrait explorer, et cela a d’ailleurs déjà été fait : la virtualisation. Là, Apple pourrait avoir une carte à jouer, puisque Parallels et VMWare proposent des solutions pour virtualiser Mac OS X Server (avec un net avantage pour Parallels, qui dispose de pas une mais deux versions de son logiciel Parallels Server).  Pourquoi ne pas imaginer qu’Apple propose Mac OS X Server en virtualisation, par exemple sur des serveurs HP certifiés ? Complètement idiot ? Mais pourquoi pas ? Après tout, il y a bien eu des iPod HP ! Bon OK, ça n’a pas donné grand chose, mais cela pourrait être une piste : après tout, le Xserve n’avait rien de très différent au niveau matériel d’un serveur prévu pour faire tourner Windows Server 2008. Et il suffirait essentiellement qu’Apple libère un peu plus sa licence d’exploitation de Mac OS X Server pour ne pas la restreindre uniquement aux Mac pour se lancer sur ce créneau [3]. Mais dans ce cas, il serait dommage qu’Apple n’évoque pas dès aujourd’hui cette piste…

Ce qui nous emmène directement au dernier point.

L’échec de la communication vers l’entreprise

Apple ne sait pas bien communiquer avec le monde de l’Entreprise avec un grand E. Là où les entreprises souhaiteraient de la transparence et des roadmaps [4], Apple garde toujours son éternel couplet : « Nous ne communiquons pas sur les produits à venir ». Le risque est grand que l’abandon du Xserve soit une vraie douche froide pour l’entreprise et ralentisse l’intégration du Mac sur ces marchés. Malheureusement, dans un monde où iOS est désormais responsable de la majorité des bénéfices d’Apple, il n’est pas évident que cette dernière ait envie de faire des efforts particuliers à ce niveau, et c’est vraiment dommage.

La route du futur

Que conclure de cet abandon ? Difficile à dire, mais comme d’habitude, je dirais de ne pas trop s’exciter trop vite. Certes, il y a des zones d’ombres désagréables, mais avant d’aller hurler l’abandon de Mac OS X Server, j’inviterai chacun qui doit gérer ce système d’attendre le 31 janvier, au cas où Apple changerait certains de ses plans (par exemple avec la virtualisation). Ensuite, attendons les annonces officielles concernant Mac OS X Server 10.7. D’ici l’été prochain, nous aurons une vision un peu plus claire du futur qu’Apple prévoit pour sa plate-forme serveur, et nous pourrons décider s’il est alors temps ou non de changer de plate-forme (voire de métier).

Dans tous les cas, le Xserve aura été une belle aventure pour Apple. Espérons donc que la situation rebondisse d’ici quelques mois.

PS : à titre personnel, l’abandon du Xserve m’impacte peu, car je vends très peu de matériel, et ma clientèle reste orientée PME/PMI avec un net attrait pour le Mac mini Server. Mais si vous êtes administrateur dans un environnement majoritairement équipé en Xserve : courage, je suis avec vous !

  1. Même si la consommation du Xserve restait supérieure à celle de la plupart des serveurs du marché…
  2. Si elle estime d’ailleurs le besoin de se justifier, mais j’ai comme un doute, là.
  3. Voire que Larry Ellison et Steve discutent un peu pour proposer des solutions à base de serveur Sun Oracle, comme évoqué sur Xsanity…
  4. Encore que les roadmaps ne font jamais figure de vérité absolue, cf Windows depuis 1995… Mais elles ont le mérite de rassurer les DSI et les directeurs financiers.