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Adieu Mac OS X Server, petit ange parti trop tôt

Comme souvent chez Apple, les enterrements de produits sont effectués de façon bien plus discrète que les lancements (bon, sauf pour Mac OS 9, à l’époque). C’est le cas pour macOS Server, né Mac OS X Server, présenté avant même Mac OS X, dans sa fameuse version Rhapsody en 1999 par Steve Jobs.

Mac OS X Server, c’était le produit qu’on voyait concurrent ultime de Windows NT à l’époque. Multi-tâche, bardé de services, et taillé pour le futur, il proposait des nouveautés impressionnantes pour l’époque, et relativement simples à mettre en œuvre, comme le Netboot ou QuickTime Streaming Server.

Mac OS X Server - Higher Intellect Vintage Wiki
Si vous avez eu cette boite chez vous et avez fait mumuse avec : vous êtes vieux.

Et les années avançant, Apple l’avait encore de plus en plus équipé, avec des fonctions aussi qui lorgnaient directement vers Exchange (toute la partie collaboration avec ce qu’Apple nommait Teams et qui embarquait les calendriers et contacts partagés ainsi que le wiki), de la gestion de SAN avec Xsan, du réseau, de la gestion de poste de travails, un serveur de podcasts… Une vraie boite à outils multifonctions !

C’est par une simple note technique mise à jour ce 21 avril qu’Apple annonce la fin de macOS Server, qui n’était plus que l’ombre de lui-même depuis plusieurs années, la plupart de ses fonctions ayant migré au sein de macOS tout court (comme le partage de fichiers – qui a en fait toujours été là – ou le serveur de cache), ou sur d’autres solutions en ligne. Ou complètement dézinguées, en fait.

Curieusement, je ne suis pas particulièrement triste de cette disparition. Même si j’ai consacré beaucoup de temps à Mac OS X Server, et qu’il a été le moteur de l’activité de Gete.Net Consulting au tout début de mon activité il y a bientôt 16 ans, j’avais anticipé sa disparition complète il y a quatre ans, et déjà annoncé qu’il fallait se préparer à migrer sur d’autres plate-formes. Eh, j’avais même fait son éloge funèbre !

Note pour plus tard : le t-shirt moulant, c’est bien, mais avec quelques kilos de moins.

On peut toujours s’interroger sur les raisons de la fin de macOS Server, mais la raison principale pour moi tient en un mot : iPhone. À partir du moment où l’iPhone a été annoncé en janvier 2007, tous les regards se sont tournés vers le nouveau bébé prodigieux de Steve Jobs, à juste titre d’ailleurs. Mais déjà, à l’époque, Apple avait du retarder le lancement de Mac OS X Leopard pour que l’iPhone sorte dans les temps, et il aura fallu attendre Snow Leopard pour que toutes les fonctionnalités les plus ambitieuses de Mac OS X Server soient vraiment en place et (à peu près) stabilisées.

Stabilité… Cela aura d’ailleurs été le principal souci de Mac OS X Server. Oh, sur l’ensemble des services, ça tournait pas trop mal, mais la partie annuaire (Open Directory) n’a jamais été aussi solide qu’elle aurait du être. De ce point de vue, Mac OS X Server aura toujours été décevant alors qu’il aurait du être un parangon de stabilité. Et à partir du moment où Mac OS X Server est devenu une simple application installée par dessus Mac OS X, où le serveur était facturé 30 balles, le désintérêt d’Apple pour sa plate-forme était avéré.

Une fois le Xserve tué dans l’oeuf, le Mac mini Server dégagé, il n’y avait plus trop d’illusions à se faire. Le destin de Mac OS X Server était scellé, et ce n’était plus qu’une question de temps avant qu’il soit définitivement mis à la porte. Il ne me reste donc plus qu’à migrer les quelques rares Mac mini Server encore en place chez mes clients pour définitivement tourner la page.

Mais quelle belle page de l’informatique Mac OS X Server aura été, que de formations auront-nous donné, et de certifications passé. Good bye, old friend, et merci à toi. Tu seras resté pendant plusieurs années un vrai compagnon de route, capricieux mais sympathique. qui m’aura accompagné durant de chouettes aventures, qui m’aura fait bouger dans le monde, qui m’aura fait rencontrer plein de gens sympa, et pour qui j’aurai fait du debug en veux en voilà.

Salut à toi, et pense bien à faire la bise à Mac OS 9 et ClarisWorks de ma part.

Quand la fenêtre de copie de macOS Monterey… disparaît

Un truc étrange s’est produit hier alors que je copiais des données depuis mon Mac vers un disque externe : la fenêtre de progression de copie a tout simplement disparu… alors que la copie semblait pourtant toujours en cours, et qu’elle ne pouvait pas s’être achevée d’un coup. Pas de message d’erreur non plus… Et rien dans le menu Fenêtres, là où normalement une fenêtre de copie s’affiche tout en bas.

Mais alors que je lançais une copie de fichiers vers un autre disque, la fenêtre de copie est revenue, affichant toujours fièrement sa progression vers le premier disque ! Diantre, s’agirait-il d’un… bug ? Pas vraiment, mais d’un nouveau comportement de la fenêtre de progression de copie depuis macOS Monterey. Explications.

Avant Monterey, quand vous copiez un fichier, il n’était pas possible de masquer la progression de la copie en cours. La fenêtre était là, même si vous décidiez de masquer ou fermer toutes les fenêtres via un Option + clic sur le bouton de fermeture de fenêtre. D’ailleurs, la fenêtre de copie n’affichait pas de bouton de fermeture (le fameux bouton rouge).

Copie en cours… et pas de bouton rouge en haut à gauche. La fenêtre reste toujours présente.

Depuis macOS Monterey, le comportement a changé : désormais, si vous fermez ou masquez toutes les fenêtres du Finder, la fenêtre de copie se ferme, même si la copie continue en arrière-plan.

Quoi, un bouton rouge ? Mais pourquoi donc ? Ah oui, on peut fermer cette fenêtre.

Ce qui est curieux, c’est que si vous fermez la fenêtre, la copie continue donc. Pas d’alerte, rien. La seule façon de la faire revenir est de passer par le menu Fenêtre, où vous pouvez choisir d’afficher la progression.

Afficher la fenêtre de progression fait revenir la progression de la copie…
… et sa fenêtre apparaît alors tout en bas du menu Fenêtre.

J’avoue que je suis un peu perplexe devant ce changement, qui génère à mon avis plus de confusion qu’autre chose, et qui masque complètement qu’une opération qui peut être critique est en cours. Imaginez, vous êtes à la fin d’une copie, vous souhaitez débrancher le disque, et, ah non, y’a une tâche qui bloque. Hmmmmmm… mais je ne vois rien, eh ??? Et l’on vous dit que le volume est en service quand vous voulez le démonter, sans vous indiquer quel type de tâche est en cours… Donc, méfiez-vous si vous avez tendance comme moi à masquer un peu trop vite vos fenêtres.

Attention à la Pythoncalypse de macOS !

Apple l’avait annoncé depuis quelques temps déjà : le langage de programmation Python 2, intégré à macOS, devait être retiré définitivement et non remplacé. Et que croyez-vous qu’il arriva : c’est le cas depuis macOS Monterey 12.3. Les conséquences sont parfois importantes : en effet, certains packages d’installation utilisent parfois des scripts en Python.

De même, de nombreux scripts qui circulent sur le net utilisent des commandes en Python. Et pendant très longtemps, même Apple recommandait de passer par une commande Python pour récupérer le nom de l’utilisateur courant. J’avais d’ailleurs indiqué une commande alternative lors d’un article précédent.

Les administrateurs de parc Mac seront donc avisés de vérifier que leurs scripts n’utilisent désormais pas de Python, ou en tout cas, de savoir quelles fonctions y font appel. Pour cela, il existe quelques outils qui peuvent faciliter la donne.

Vérifier la présence de Python dans vos scripts Jamf

Mon indispensable Laurent Pertois a commis un script capable de vérifier la présence de la commande désormais honnie dans vos scripts. Le script se récupère sur son Github, et vous devrez fournir quelques informations en début de script pour le faire fonctionner correctement (URL du serveur, identifiant et mot de passe). Comme il repose sur l’API Jamf, il sera conseillé de créer un compte réservé à l’utilisation de l’API avec des droits restreints.

Vérifier la présence de Python dans vos packages

L’excellent Armin Brezel de l’excellent site Scripting OS X a lui aussi créé un script fort efficace pour traiter le problème des packages. Indiquez simplement un ou plusieurs packages, ou encore un dossier suivi d’un joker (ex : mondossierdepackages/*) comme argument(s) du script, et il se chargera de vérifier lesquels font référence à Python (et donc à tester en priorité, ou à remplacer si possible).

Installer Python 3

Une dernière alternative reste pour les administrateurs d’installer eux-même Python 3. Une version maintenue par la communauté MacAdmins se trouve ici. Il sera cependant indispensable de faire en sorte que vos scripts soient modifiés pour en tenir compte (ou de faire en sorte de pointer vers la nouvelle version de Python quand on appelle /usr/bin/python). Et évidemment, à vous d’en assurer la maintenance.

macOS Monterey : réintégrer un Mac dans Apple Business Manager

J’en avais un peu parlé dans mon article sur la WWDC 2021 : il est désormais possible avec macOS Monterey de réintégrer un Mac dans une solution Apple Business Manager ou Apple School Manager, même si ce dernier n’a pas été acheté dans le circuit Apple classique (à savoir : un revendeur Apple agréé entreprise, ou un Apple Store). C’était pourtant possible depuis quelques temps pour les appareils iOS et iPadOS, à l’aide de l’app Apple Configurator pour macOS. Si vous ne connaissez rien à Apple Business Manager, je vous invite à voir ma conférence sur le sujet.

Mais alors, comment ça se passe ? Et bien, il faudra passer par l’app Configurator… pour iPhone ou iPad. Celle-ci est encore en bêta (disponible entre autres sur AppleSeed for IT), mais elle ne devrait plus trop tarder à être disponible pour tous (croisons les doigts). Il y a cependant quelques contraintes importantes pour pouvoir réintégrer un Mac dans Apple Business Manager : 

– le Mac doit être équipé d’un processeur Apple Silicon, ou d’un contrôleur de sécurité T2 (liste ici) ;

– Le Mac doit être intégralement effacé au préalable (par exemple en utilisant la fameuse commande startosinstall avec l’option eraseinstall).

– Un administrateur du Mac peut retirer le poste d’Apple Business Manager durant 30 jours après l’enrôlement, simplement en le désenrôlant. Après 30 jours, l’intégration dans Apple Business Manager devient définitive.

J’ai testé avec un Mac que j’avais révoqué il y a quelques temps d’Apple Business Manager, et que je souhaitais réintégrer.

 

Une fois l’app Configurator installée sur l’iPhone ou l’iPad, il faut la lancer et la configurer avec un compte de votre instance Apple Business Manager. Le compte utilisé doit disposer des droits de Gestionnaire d’inscription des appareils.

Enrolement Configurator 9

Une fois configurée, l’app propose de chercher un Mac pour l’enrôler. Approchez donc votre iPhone de votre Mac (ce dernier doit être sur l’écran de choix du pays), et si tout va bien, l’écran va alors afficher le QR Code magique d’Apple. Il faudra alors essayer de mettre le motif dans le cercle. Attention, c’est plus facile à dire qu’à faire : si l’écran a un peu trop de reflet, ou pas assez de lumière, ça peut être délicat. J’ai remarqué que ça fonctionnait mieux avec la luminosité poussée à fond.

Enrolement Configurator 12

Si vous n’arrivez pas à faire reconnaître le motif pour appairer le Mac à l’iPhone, pas d’inquiétude : vous pouvez aussi utiliser un code unique à afficher sur le Mac et à recopier sur l’iPhone.

Enrolement Configurator 13

L’iPhone va alors transférer ses réglages de réseau au Mac (soit en utilisant le Wi-Fi existant, soit en transférant un profil créé au préalable et contenant la configuration Wi-Fi souhaitée). 

Enrolement Configurator 11

Si tout se passe bien, le Mac est alors ajouté (vous pouvez voir le statut de l’ajout en cliquant sur l’icône de liste en bas à droite).

Enrolement Configurator 8

Et voilà, le Mac est correctement assigné à votre instance Apple Business Manager ! Enrolement Configurator 3

Cependant, il ne pourra pas être associé automatiquement à votre MDM : il sera listé dans un MDM spécifique Apple Configurator. Vous devrez donc attribuer votre MDM habituel à votre appareil dans Apple Business Manager avant de le redémarrer.

Enrolement Configurator 2

Notez qu’on rencontre parfois des bugs toujours rigolos liés à Apple Business Manager, ainsi le MacBook Pro ajoutait apparaissait comme… un iMac. Ça arrive de temps en temps… mais ça n’a pas impact à l’utilisation.

Même si Apple a mis pas mal de limitations sur cette fonctionnalité, cela reste une nouveauté fort utile dans certains cas, qui devrait faciliter le redéploiement des anciens Mac dans les parcs informatiques des entreprises ou des écoles.

Gérer les instantanés Time Machine APFS avec macOS Monterey

NB : MacG a publié quasiment le même article quelques heures avant moi… Promis, j’ai pas copié ! :D

Une petite nouveauté qui n’a pas été très mise en avance par Apple : désormais, vous pouvez gérer les instantanés locaux (snapshots) APFS utilisés par Time Machine pour la sauvegarde à l’aide d’Utilitaire de disque. Les instantanés, ce sont ces sauvegardes Time Machine qui ne sont pas exécutées directement sur un disque externe, mais qui sont stockés sur le disque interne de votre Mac, par exemple lorsqu’il est déconnecté du disque de sauvegarde quand vous êtes en vadrouille avec votre MacBook Pro flambant neuf. Jusqu’à maintenant, Apple ne permettait pas un accès simple à ces disques, à l’exception de l’utilisation de la commande tmutil.

Désormais, avec Monterey, c’est beaucoup plus simple : lancez Utilitaire de disque et cliquez sur le menu Présentation > Afficher les instantanés APFS.

Hop ! Instantanément (huh huh), une nouvelle zone apparaît dans la fenêtre, vous permettant de visualiser ces fameux instantanés. Vous pouvez même double-cliquer sur un instantané dans la liste pour le monter sur le Bureau, comme une vulgaire disquette (oui, on est en 2021, et je parle de disquettes, jugez-moi). Vous pouvez alors naviguer dans la sauvegarde pour essayer de retrouver un fichier (est-ce vraiment plus intéressant que de passer par la jolie interface de Time Machine, je vous laisse juge).

Surtout, vous pouvez décider de supprimer des instantanés s’ils prennent trop de place (la colonne Taille privée vous indique l’occupation de l’instantané sur le disque). Il suffit effectivement de sélectionner un instantané puis de cliquer sur le bouton Moins pour le dégager sans sommation (enfin presque, vous devrez quand même valider la suppression de l’instantané).

Bon, en pratique, à moins de travailler pour la NSA, pas vraiment besoin de s’occuper de nettoyer les sauvegardes Time Machine à la main, vu qu’il y a un processus de macOS qui s’occupe de faire le ménage quand c’est nécessaire… Mais c’est toujours sympa de voir qu’Apple s’occupe de donner un peu plus de visibilité à certaines fonctions.

WWDC 2021 : les trucs que vous avez râtés (surtout si vous n’êtes pas un Sysadmin Apple)

Bien souvent, quand on est administrateur de parc Apple, les nouveautés les plus intéressantes d’une WWDC ne sont pas celles que l’ont découvre avec tout le monde durant la conférence inaugurale, mais plutôt les petits nuggets comme j’aime à les appeler, ce qui est relégué dans d’obscures notes de développeur ou autres.

Pour ma part, j’ai noté quelques changements très bienvenus dans macOS 12 en particulier et un peu également sur iOS en lisant les Release Notes des nouvelles versions beta de macOS et iOS. Entre autres :

Effacer le contenu et les réglages débarque sur macOS !

Que je l’attendais, cette fonction qui existe depuis les débuts de l’iPhone, surtout avec l’arrivée des partitions système et données séparées avec macOS 10.15 ! Et c’est désormais possible pour les Mac équipés de co-processeur T2 ou les Mac Apple Silicon :

Cette commande lance en réalité un utilitaire appelé Erase Assistant (localisé dans /System/Library/CoreServices/), qui vous prévient que certaines données seront supprimées, et vous invitera à désactiver votre compte iCloud si nécessaire sur ce Mac, ou ici, les empreintes liées à Touch ID :

Enfin, une fois qu’on clique sur Continuer, une petite alerte, et l’obligation de saisir le mot de passe d’un compte d’administrateur (quand même).

Mine de rien, c’est un apport énorme, en particulier pour les gens qui comme moi restaurent régulièrement des Mac pour faire des tests d’intégration. Fini les 20 à 30 minutes de réinstallation !

Notez que les administrateurs qui ont enrôlé leurs postes dans un MDM pourront aussi restrreindre cette possibilité… ou la lancer à distance sur un poste via une commande MDM. Le bonheur.

L’enrôlement de n’importe quel Mac dans Apple Business Manager et Apple School Manager, enfin possible !

Ça aussi, on l’attendait énormément, surtout que la possibilité existait depuis quelques temps sur iOS. Explication : depuis quelques temps déjà, il est possible d’intégrer dans les plate-formes Apple Business Manager et Apple School Manager des appareils iOS et iPadOS, même s’ils n’avaient pas été acheté à la base dans un canal validé par Apple. Pour comprendre ce point, il faut expliquer un peu l’enrôlement automatisé d’appareils (ADE pour Automated Device Enrollment, appelé auparavant DEP). Je ne reviens pas sur les détails du DEP de l’ADE, j’ai tout expliqué en détails durant cette magnifique conférence sur le sujet lors de Command-IT en 2019.

Mais voilà. Pour intégrer un appareil dans ABM/ASM, il fallait que le poste soit acheté dans un canal validé par Apple, avec un compte d’entreprise. Ce qui pouvait être très pénible : j’ai par exemple parfois acheté des appareils qui ne pouvaient pas être enrôlés, car achetés sur mon Apple ID personnel, et non pas sur un compte d’entreprise dédié. Idem avec les appareils achetés d’occasion. Du coup, impossible de réintégrer ces appareils à posteriori dans un compte d’entreprise. Parfois fort pénible.

Il y a quelques temps (iOS 13, je crois), Apple a proposé une parade pour les appareils iOS, en permettant leur réintégration dans un compte ABM/ASM à l’aide de l’app Apple Configurator sur macOS. Et bien, désormais… on va pouvoir faire l’inverse ! Pour les appareils iOS, un effacement de l’appareil sera indispensable depuis Configurator afin de le placer en mode supervisé, avec une inscription de l’appareil avec un profil d’enrôlement spécifique. Profil qui devra être conservé durant trente jours sur l’appareil : s’il est supprimé par l’utilisateur, l’appareil sera sorti du compte ABM/ASM, mais au-delà de 30 jours, l’inscription devient définitive.

Pour macOS, il faudra lancer l’application Configurator pour iOS, s’authentifier avec un compte disposant des droits Administrateur ou gestionnaire d’enrôlement d’appareils, et scanner une image dans l’assistant macOS. Ensuite, le Mac se verra assigné un serveur MDM virtuel « Ajouté par Apple Configurator » dans ABM/ASM, et pourra enfin se voir attribué son serveur MDM définitif.

Mine de rien, là aussi, c’est un énorme pas en avant de la part d’Apple.

Les administrateurs peuvent enfin supprimer des System Extensions

Depuis quelques versions de macOS, Apple pousse les System Extensions en remplacement des extensions de noyau (Kernel Extension) pour les logiciels qui n’en ont pas vraiment besoin. De nombreux éditeurs de logiciels ont fait le saut vers les System Extensions (ou sont en train de le faire), en particulier les éditeurs de solutions antivirus ou de contrôle de traffic (VPN, firewall…).

Soyons clair : l’implémentation des System Extensions a été pour le moins chaotique, en particulier leur pendant réseau, les Network Extensions. Éditeurs pas prêts au lancement de Big Sur, gestion des autorisations par les administrateurs pour le moins foireuse sur Big Sur en raison de bugs côté Apple… Pour être clair, la gestion des System Extensions ne fonctionne bien que depuis macOS 11.3.

Et il y avait surtout une limitation très pénible. Lors de la suppression d’une System Extension, il faut absolument que cette dernière soit supprimée par l’utilisateur lui-même, et plus précisément, en supprimant l’application associée à cette System Extension. Le problème, c’est quand vous passez par exemple d’un outil de contrôle de poste à un autre : l’administrateur ne peut pas lancer un simple script pour simplement supprimer l’extension, mais doit forcément demander à un moment ou un autre l’autorisation à un compte d’administrateur local du poste de la supprimer. Ce qui peut compliquer la gestion.

Désormais, les administrateurs qui ont proprement enrôlés leurs Mac dans un MDM disposeront d’une commande supplémentaire pour supprimer les System Extensions d’une app, sans avoir besoin de demander l’autorisation d’un compte d’administrateur local. Ouf !

Des mises à jour moins lourdes !

C‘est un truc qui me rend fou (et pas que moi) : la taille des mises à jour (et leur durée d’installation, aussi), depuis Big Sur. Mais ça va peut-être changer Une info trouvée par mon inestimable Laurent Pertois à moi que j’ai : la taille des mises à jour de macOS devrait être significativement réduite dans macOS 12, jusqu’à 2 Go de réduction dixit Apple (bon, ils précisent pas de combien on part, cela dit, parce que si la mise à jour fait 10 Go mais qu’on gagne 2 Go, bon…).

Un petit pas pour l’homme, un grand pas pour la bande passante et l’espace-disque. Mais j’attends de voir, quand même.

Des fonds d’écran à la demande

Tiens, ça aussi ça m’énervait, et là aussi Apple a fait des efforts : finis les plus de 1 Go de fonds d’écran, on passe à peine à une centaine de Mo, et quand on choisit un fond qui n’est pas sur le Mac, un petit nuage à côté de son titre vous invite à le télécharger.

Une meilleure gestion des mises à jour

Dire que la gestion des mises à jour dans macOS 11 était compliquée est un euphémisme. En réalité, depuis qu’Apple a forcé le déploiement des mises à jour de macOS avec une taille de mise à jour colossale, mettre à jour son Mac n’a jamais été plus complexe. Et forcer à mettre un parc à jour encore plus ! Du coup, on saluera l’arrivée de nouvelles commandes MDM (en espérant qu’elles fonctionnent bien cette fois-ci) pour forcer les mises à jour mineures OU majeures avec un délai de grâce pour l’utilisateur. Reste à voir comment tout cela va s’articuler, mais cela reste une bonne nouvelle.

C’est tout pour le moment, mais d’ici la sortie officielle de macOS Monterey, je suis sûr que nous aurons plein d’autres petits trucs à découvrir. Stay tuned

Quand Apple Notes est un poil trop gourmand

Depuis quelques temps (en fait depuis mon passage sur Big Sur ou sur le M1), je rencontre un bug curieux avec l’app Notes sur mon Mac : son utilisation du processeur est juste complètement démesurée (conjointement à une hausse également de consommation CPU) pour WindowServer :

Cela se traduit du coup par une baisse significative de l’autonomie et une chauffe excessive de la machine (ce qui est quand même fâcheux sur les Mac M1).

Après recherche, il s’avère que je ne suis pas le seul (comme souvent dans ce cas-là), et la solution semble relativement simple : il faut basculer du mode de présentation en liste vers une présentation en mode Galerie. Vous pouvez pour cela soit cliquer sur l’icône ad hoc, soit cliquer sur le menu Présentation > Par galerie.

Bon, le souci, c’est que c’est évidemment pas une vraie solution, le mode Galerie étant moins pratique que le mode Liste à mon goût, et du coup j’ai remonté le bug à Apple (FB9122849). N’hésitez pas à le remonter également afin de le faire corriger.

Le petit secret des iMac colorés

On a beaucoup parlé des couleurs des magnifiques nouveaux iMac cette semaine, et la comparaison avec les modèles des années 1990 était aussi assez évidente.

iMac 1999 en couleurs
IMac 24“ 2021

Mais le saviez-vous ? Ces derniers recelaient un petit détail étonnant : lorsqu’on réinstallait le système (macOS 8.5 à l’époque), l’apparence de l’interface et le fond d’écran par défaut reprenaient la couleur d’origine du Mac. Ainsi, quand on restaurait un iMac couleur fraise, le fond d’écran, la couleur de contraste des menus, les ascenseurs des fenêtres… prenaient tous une jolie couleur rouge lorsqu’on arrivait sur le bureau ! C’est quelque chose qui a perduré pour tous les Mac, jusqu’à l’arrivée de Mac OS X.

Pas de magie ici, évidemment, même si la méthode n’aurait pas été reniée par Arthur C. Clarke : lors de l’installation, le système récupérait le modèle exact du Mac en lisant le numéro de série, et adaptait ainsi la couleur de l’interface à la machine. C’était totalement inutile, mais du coup, parfaitement indispensable, pour reprendre la célèbre expression de Jérôme Bonaldi ^^ Et je suis curieux de voir si Apple va à nouveau reprendre cette idée pour la fournée des nouveaux iMac 2021, reprenant ainsi ce sens du détail qui fait sa réputation…

Comment bloquer l’installation de macOS Big Sur

Ça y est, macOS Big Sur est enfin disponible depuis jeudi 12 novembre ! Et du coup, en tant qu’administrateur système, vous êtes extrêmement pressé de voir tout votre parc adopter la nouvelle version…

Attendez, non, c’est pas ça ! Vous n’avez plutôt pas trop envie que vos utilisateurs basculent sur cette nouvelle version de macOS, parce que ça risque de vouloir dire incompatibilités en tout genre.

Faire le point sur les incompatibilités

Il faut d’abord regarder où se trouvent les éventuelles incompatibilités logicielles. En particulier :

  • Les applications encore 32-bit. Tout comme pour Catalina, celles-ci ne feront pas le saut vers macOS Big Sur.
  • Les applications reposant sur des extensions de noyau (les fameux kext). Même si macOS Big Sur ne les abat pas encore totalement (pour certaines, un redémarrage peut suffire), ces dernières n’ont pas vocation à rester et peuvent poser problème. Il faut pour certaines extensions de noyau déployer un profil pour les valider, et il faut redémarrer le poste… Pas idéal. Si l’éditeur d’un logiciel utilisant des extensions de noyau vous annonce qu’il n’est pas encore compatible pour macOS Big Sur, et qu’il ne sait pas quand ça arrivera… Il est peut-être temps de changer de crémerie.
  • Vérifiez aussi la compatibilité de vos matériels avec macOS Big Sur, en particulier vos imprimantes, traceurs… Si certains constructeurs assurent un bon suivi dans le temps, ce n’est pas toujours le cas. Donc, méfiance.
  • Certaines apps web, si vous utilisez Safari. Même si ça semble peu probable, mais si cela vous arrive, il faudra peut-être changer de navigateur.
  • Historiquement, on sait que les versions point zéro de macOS peuvent contenir des bugs parfois réhdibitoires voire critiques. Du coup, attendre la version 11.0.2 est sûrement un choix raisonnable. Et j’ai bien écrit 11.0.2 et non pas 11.0.1 puisque la version finale de macOS cette année est la 11.0.1, et non pas la 11.0 comme la tradition le veut. Bref, attendre quelques semaines n’est pas totalement déconnant.

Je ne veux pas que mes utilisateurs passent sur Big Sur, je fais quoi ?

À une époque où le modern management des ordinateurs devient une idée de plus en plus courante (accès administrateur autorisé à l’utilisateur, sous supervision du système informatique) , il est important de communiquer sur les raisons du blocage. Certains utilisateurs souhaiteront avoir accès dès que possible au dernier macOS, d’autres n’y verront aucun intérêt, mais c’est l’administrateur du parc qui doit assurer la continuité de service. Donc, si vous pouvez bloquer… bloquez.

Pour cela, il existe différentes méthodes.

Déployer un profil de configuration pour retarder les mises à jour via MDM

Si vos Mac sont intégrés dans un MDM (si ce n’est pas le cas aujourd’hui, c’est mal) ou un outil de déploiement de profil comme Munki, vous pouvez déployer un profil masquant les mises à jour pour une certaine durée. Pour cela, utilisez la clé enforcedSoftwareUpdate du payload Restrictions.

Vous pouvez créer ce profil à la main, avec un outil comme ProfileCreator ou configurer directement le réglage dans votre MDM s’il supporte ce payload, par exemple ici dans Jamf Pro :

Attention à bien choisir de retarder les mises à jour de logiciels. Il faudra macOS 10.13.4 minimum pour déployer ce profil.

Le défaut de cette méthode est qu’elle masque toutes les mises à jour, y compris d’éventuelles nouvelles mises à jour de sécurité pour l’OS actuel.

Utiliser une règle de restriction pour empêcher le lancement de l’app d’installation de macOS Big Sur

Quid des utilisateurs qui copient le logiciel d’installation de macOS Big Sur depuis un autre poste pour le lancer ? Dans ce cas, il peut être intéressant de bloquer complètement l’app d’installation de macOS Big Sur pour empêcher toute installation. Sur Jamf Pro, il suffit de bloquer le processus Install macOS Big Sur pour empêcher son lancement.

Déployer un package pour bloquer complètement macOS Big Sur

Une autre solution consiste à installer un package qui bloquera l’installation de macOS Big Sur : BigSurBlocker. Installez le package via votre outil de gestion habituel, et hop, l’utilisateur aura le droit à un petit message pour lui dire que non, nope, c’est pas pour tout de suite. La page liste également une méthode pour désinstaller BigSurBlocker proprement via un script.

Bloquer l’affichage de la mise à jour

Un point agaçant : quelque soit la solution utilisée, la mise à jour macOS Big Sur continuera d’apparaître dans la préférence Système Mise à jour de logiciels. Pour la masquer définitivement, utilisez la commande suivante (en root) :

softwareupdate --ignore "macOS Big Sur"

Cependant, cette commande ne sera efficace que si votre Mac est intégré dans un MDM. Si ce n’est pas le cas, elle ne fera absolument rien. Si votre Mac fonctionne sous mac OS Catalina, elle ne devrait être fonctionnelle que pour macOS 10.15.6 avec les dernières mises à jour de sécurité (Apple ayant apporté quelques changements pénibles sur les versions précédentes de la commande softwareupdate).

Si vous souhaitez à nouveau faire apparaître la mise à jour, envoyez la commande :

softwareupdate --reset-ignored

Office Reset : l’outil indispensable quand Office vous fait des misères

Il y a quelques jours, un nouveau site a été annoncée par l’équipe de développeurs de Microsoft Office pour macOS : https://www.office-reset.com. Ce site propose différents outils pour remettre d’aplomb une installation d’Office défaillante.

Le principal outil s’appelle donc Office-Reset. L’approche est assez simple : il s’agit d’un paquet d’installation à télécharger et à lancer sur le Mac. Une fois lancé, l’app propose différentes options à cocher pour réinitialiser les apps de façon individuelle, ou de façon plus globale. Vous pouvez aussi en profiter pour supprimer Skype for Business (obsolète, il faut passer sur MS Teams maintenant enfin !), réinitialiser la licence (utile par exemple si vous décidez de basculer vers une licence Office 365 alors que vous utilisiez une licence Office à l’achat)…

Cochez les bonnes cases pour faire un nettoyage de Microsoft Office… plus ou moins en profondeur.

ATTENTION CEPENDANT : l’option Supprimer les données Outlook fait ce qu’elle indique, à savoir supprimer toutes les données d’Outlook en local. Du coup, si vous gardiez des messages d’une boite relevée en POP ou si vous stockiez des messages hors ligne (visible dans Outlook dans le dossier « Sur mon ordinateur »), ces messages seront intégralement perdus. À n’utiliser qu’en dernier recours, donc.

Quand est-ce que je dois utiliser ce paquet ?

Quand vous rencontrez un problème avec une app de la suite Office. Sinon, pas la peine. Vous trouverez sur cette page quelques-uns des dialogues ou messages d’erreurs qui pourraient vous inciter à utiliser une des options de ce paquet.

Et si on est un administrateur Mac, est-ce que c’est intéressant ?

Je veux, mon neveu ! Vous pouvez utiliser évidemment ce paquet à la demande poste par poste, mais les développeurs de Microsoft ont eu aussi l’ingénieuse idée de proposer plusieurs paquets différents, chacun correspondant à une des options pré-citées. Du coup, cela vous permet de créer différentes options de nettoyage à la demande, que vous pouvez laisser à à la disposition de vos utilisateurs dans un outil comme le Self Service de Jamf, le kiosque de FileWave ou le centre de gestion des logiciels de Munki. Vous pouvez même récupérer sur cette page des p’tites icônes trop meugnonnes pour customiser votre store d’entreprise (en haut à droite, cliquez sur chaque petite icône, elles sont en fait en 512×512 pixels).

Le kiosque FileWave, tel que proposé chez mes clients, avec tous les outils de désinstallation d’Office Reset. À utiliser avec précaution, quand même.

Si on regarde derrière le capot, les paquets contiennent en fait juste des scripts de post-installation, et sont signés et notariés. Rappelons que vous pouvez ensuite télécharger les paquets des apps Microsoft (que ça soit Office complet ou les apps en version individuelle) pour Mac depuis le site https://macadmins.software.

De plus, Microsoft propose deux packages individuels : Factory Reset et Remise en état d’usine. Dans le premier cas, tous les réglages sont supprimés, les licences retirées, etc, mais les fichiers des apps elle-mêmes sont conservés. Dans le deuxième cas, on passe à l’option nuclaire, en dégageant toutes les apps. Là encore, vos données Outlook locales seront supprimées, donc à n’utiliser qu’en cas critique.

C’est donc un ensemble d’outils très pratiques et bien pensés que Microsoft distribue ici, et on les remercie bien bas de nous les proposer de façon si propre (hey, Adobe, si tu pouvais en faire autant, y’a plein de monde qui serait content).