Archive for iPhone

Conférences Apple’s Day : le Mac et iOS en entreprise [MàJ]

Je donnerai deux TROIS conférences le samedi 28 mai à l’Epita / Epitech / Etna (rayez les mentions inutiles) à l’occasion de l’Apple’s Day.

Les sujets que j’aborderai :

  • 14h00 : Intégrez vos Mac dans votre environnement informatique en un temps record
  • 16h00 : Découvrez comment intégrer iPhone et iPad dans votre entreprise
  • 17H30 : Mac OS X et la virtualisation

Ces conférences sont gratuites. Tout se passera sur le campus d’EPITA (24 rue Pasteur, Le Kremlin-Bicêtre).

Pour assister obtenir votre invitation, n’oubliez surtout pas de vous inscrire en ligne.

Et si vous souhaitez faire dédicacer vos exemplaires de À la découverte de son iPad, Leopard Efficace ou Snow Leopard Efficace, n’hésitez pas à faire un saut :)

Utiliser le nouveau calendrier MobileMe avec iOS 3

L’ami MacBrains du site éponyme s’est plaint ce soir d’un problème important : désormais, Apple force la migration des calendriers MobileMe vers un nouveau système. Las, ce nouveau système ne permet de récupérer les calendriers qu’à partir d’iOS 4, ce qui met sur la (multi)touche[1] le magnifique iPhone 3G de notre hélvète ami.

Sauf qu’en fait… ça marche très bien. Pour accéder à son calendrier après migration, il suffit de configurer le compte ainsi sur votre iPhone :

  • Lancez l’application Réglages.
  • Tapez Mail, Contacts, Calendriers.
  • Tapez Ajouter un compte.
  • Là, ne tapez PAS sur MobileMe, mais sur Autre.
  • Tapez Ajouter un compte CalDAV.
  • Renseignez les informations de la façon suivante :
    • Serveur : cal.me.com
    • Nom d’utilisateur : votre identifiant MobileMe, sans @me.com.
    • Mot de passe : le mot de passe de votre compte MobileMe.
    • Description : ce que vous voulez.
  • Tapez Suivant.

Le compte est ajouté, et utilisable sur votre « vieil » iPhone. Cette astuce a été testée sous iOS 3.1.3 et un iPhone 2G.

On dit merci qui ?

PS : chez David, pour les petites coupures, tu les laisses sur le compte en Suisse, comdab. Merci.

  1. AH AH AH.

Parts de marché

Il est donc acté aujourd’hui que puisqu’Apple propose une solution mobile fermée et qu’Android est ouvert (ahem), Apple est forcément condamnée à revivre le scénario des années 1990, et à revivre la même chute aux enfers. Parce qu’il est bien connu que l’histoire se répète, surtout en informatique.

La preuve : Windows Mobile est un succès écrasant aujourd’hui sur le marché des smartphones, Microsoft a écrabouillé tout le monde sur son passage, et il n’y  plus aucune société pour les combattre dans le domaine informatique. Non ? Je me serais trompé ?

Les analystes (et dans une certaine (grande) mesure, les journalistes) aiment à penser que le scénario de Windows il y a 20 ans est celui du succès et qu’il faut qu’Apple ouvre son système pour réussir à battre la concurrence. Quand bien même il y a beaucoup plus d’exemples de sociétés qui ont perdu, puis gagné à nouveau du terrain, alors que la domination de Microsoft via Windows est la véritable exception des technologies numériques.

Apple est devenue en moins de 10 ans l’une des plus grandes entreprises au monde en terme de capitalisation boursière sans pour autant avoir adopté Windows sur toutes ses bécanes 1. Et si on regarde de près, la suprématie de Windows n’a pas été particulièrement ébranlée sur les machines de bureau, où Linux ne perce que très timidement. Alors qu’il est tout aussi « gratuit » qu’Android pour les téléphones portables, non ?

Autre point amusant : continuer d’entendre qu’Apple aurait du licencier Mac OS dès 1985. Alors que le Mac était une architecture totalement différente du PC de l’époque, avec des écrans de bien plus haute résolution, et une ROM matérielle qui comportait la moitié de l’OS, donc un système totalement incompatible avec la technologie PC de l’époque. En 1995, Apple a autorisé des constructeurs à sortir des clones de Mac. Cela a failli la tuer. À la même époque, elle dépendait d’un OS en bout de course et sans aucun successeur (Copland était un fatras sans aucun vrai chef de projet).

De même, comme le rappelle ce billet, il existe de nombreux marchés où il n’y a pas eu de vainqueur bien défini, comme celui des jeux vidéo. Et c’est une très bonne chose : cela évite à chacun de dormir sur ses lauriers, la concurrence étant motrice d’innovation technologique. Dans les années 90, Nintendo dominait le marché jusqu’à l’arrogance, puis s’est prise une claque avec la PS 1 puis 2, Microsoft a débarqué, a dégainé le premier sur le marché des consoles « Next-Gen » avec la Xbox 360, alors que Nintendo revenait comme innovateur avec la DS puis la Wii.

Ce qui a sorti Apple du gouffre, ce n’est pas d’avoir tout abandonné à Windows : c’est de créer des nouvelles machines, de sortir des sentiers balisés, d’innover, de tracer sa voie sans écouter ceux qui avaient forcément raison. Si on avait écouté ces mêmes personnes, un produit comme l’iMac n’aurait jamais pu sortir2 et Apple aurait du prendre une licence de Windows NT 4 dès 1996 tout en enterrant Mac OS. Selon ces mêmes personnes, l’iPod aurait été un échec, et face au BlackBerry, l’iPhone, sans clavier, n’aurait eu aucun succès. Quand à l’iPad, c’est un gros iPod touch, personne ne veut utiliser ça pour remplacer son ordinateur.3

À vrai dire, je trouve presque cette volonté d’uniformisation des pensées (« allez tous vers Android ! » après « Allez tous vers Windows ! ») presque inquiétante. Comme si il fallait absolument qu’il n’y ait qu’UNE solution universelle dirigée par UNE compagnie. Alors qu’on a très bien vu ce qui se passait quand une seule compagnie faisait la pluie et le beau temps, et en particulier le frein à l’innovation que cela devenait…

Donc : la concurrence d’Android est bonne. Mais la disparition de toutes les plate-formes ne serait pas une bonne chose. Mettre tous les pouvoirs dans les mains d’une seule société qui en a déjà beaucoup ne serait peut-être pas une bonne idée… Que cette société soit Google ou Apple.

  1. Certes, on peut installer Windows sur un Mac, mais ce n’est pas l’élément déclencheur qui a permis aux ventes de Mac d’accélérer depuis quelques années. L’arrivée de Mac OS X et d’iLife ont été les deux événements les plus significatifs à mon goût
  2. « Pas de lecteur de disquettes ! Pas de SCSI ! USB, mais c’est quoi ça ! »
  3. Quand bien même Apple a bien expliqué qu’il s’agissait d’un produit entre l’iPhone et le Mac.

Le point faible d’Apple…

… C’est qu’il y aura toujours des journalistes blogueurs pour écrire parfois tout et n’importe quoi.

Par exemple, dire que les fonctions de l’iPad sont cachées. Que le multi-tâche est dur à trouver. Qu’Apple refuse d’intégrer Flash, alors que c’est une techno qu’aucun autre constructeur n’arrive de toute façon à intégrer proprement aujourd’hui dans un appareil mobile (quatre ans après la sortie du premier iPhone…). Que la disparition d’un Steve Jobs mettrait la compagnie à genoux, alors qu’il a su avant tout remettre les valeurs d’Apple au centre de la compagnie et y placer des personnes qui ont toutes contribuées au renouveau de la société, ce qui perdurera bien après son départ 1. Qu’iOS est un système fermé et c’est trop mal, alors que c’est surtout un système qui fonctionne, ce qui est l’essentiel. Et que la notion d’ouverture est devenue d’ailleurs très relative

Désormais, donc, il faut trouver une nouvelle méthode pour taper sur Apple. Parce qu’après tout, c’est important de taper sur Apple. Sinon on ne se fait pas de pub… quitte à dire n’importe quoi.

OK, donc. Apple a implémenté le multitâche, mais n’a pas communiqué dessus. Ce n’est pas après tout comme si, quand on lance une mise à jour d’iTunes, il n’y avait pas un message qui apparaît pour dire quelles sont les nouvelles fonctions, et un lien pointant vers plus d’informations. Ce n’est pas non plus comme si ces fonctions n’étaient pas documentées sur le site, ou mises en valeur même sur la homepage d’apple.com. Et éventuellement reprises par les sites web en masse.

Je vais être critique, pour changer : il faut arrêter de penser que parce qu’Apple fait des produits plus ergonomiques que d’autres constructeurs, cela dispense l’utilisateur d’apprendre à utiliser son produit ou à se poser des questions dessus. Le problème, c’est que l’informatique, iPadesque ou pas, ça emmerde aussi beaucoup de monde. Que les mises à jour, on les fait parce que le logiciel le demande, et qu’on serait bien trop impoli de le lui refuser. Mais après, ce que ça apporte vraiment… En tant que fils de garagiste,  l’automobile m’a toujours profondément gonflée, et a un aspect particulièrement utilitaire. Je ne m’extasie pas devant un moteur V6, la courbe d’une BMW m’en touche une sans faire bouger l’autre, etc. Mais j’ai quand même fait un jour l’effort de LIRE le guide fourni avec mon automobile 2 et, incroyable, j’ai appris des choses !!!

Le problème, c’est que lire une documentation, informatique ou non, c’est souvent pénible pour quiconque. Et soit on se sent motivé, soit on espère faire face à un produit tellement simple qu’on peut se passer d’un manuel. Manque de bol, iOS 4.2 a apporté ce qu’on ne souhaitait pas voir arriver dans iOS : de la complexité. Parce que tout un tas de monde demande (exige !) des nouvelles fonctions, qui rendent le produit moins simple à utiliser. Plus complet, oui, mais moins simple. Très honnêtement, Apple aurait pu faire le minimum vital sur iOS, à savoir implémenter le multi-tâche sous forme de gestion des apps en tâche de fond. Car la plus grosse critique sur iOS quand on parlait de multi-tâche, c’était « je ne peux pas écouter Spotify en tâche de fond pendant que je surfe avec Safari, bouh caca Apple ! ». Tuer des tâches, passer rapidement d’une app à une autre, tout ceci est finalement un bonus pour les geeks. C’est juste redonner aux power users les outils qu’ils ont été amené à utiliser sur les plate-formes informatiques classiques et qu’ils pensent être indispensables pour Monsieur et Madame Michu.

Mais en réalité, Monsieur et Madame Michu 3 n’ont pas forcément vraiment besoin de fonctions multi-tâches évoluées. Les gens qui ont adopté l’iPad parce qu’il est simple ne connaissent pas tous le coup du double-clic sur le bouton de l’iPad, et dans l’ensemble… ce n’est pas dramatique. S’il s’agit d’une fonction quelque peu dissimulée, c’est qu’elle n’est pas essentielle à l’expérience de l’iPad. Sinon, Apple l’aurait laissée bien visible, ou aurait eu une autre approche du Dock d’iOS. Tout comme beaucoup de gens ne savent pas qu’on peut faire Commande + Tab pour passer d’une appli à une autre sur leur Mac 4. Ou qu’on peut glisser une icône en enfonçant Commande et Option pour créer un alias.5. C’est mieux de le savoir, mais ce n’est pas indispensable de ne pas le connaître.

Bref : il y aura toujours différents niveaux d’utilisateurs. Il y aura toujours plusieurs niveaux d’utilisation de l’informatique. Il y aura toujours des gens intéressés par le sujet, et qui seront plus performants avec leur outil, parce qu’ils auront décidé de s’investir un peu plus que d’autres. Il y aura toujours des débutants, et des gourous. Ce n’est pas MAL que le constructeur / développeur propose ces solutions. Mais ce n’est pas MAL non plus que tout le monde ne les utilise pas. Le plus important reste que le produit soit stable, simple à utiliser, et qu’il apporte du plaisir à l’utilisateur. Si iOS gagne en fonctionnalités, c’est toujours mieux, mais il est parfois important que l’on fasse un petit bout de chemin tout seul. Ne serait-ce aussi que pour en retirer un peu de satisfaction personnelle.

Il y a une différence entre connaître le chemin, et arpenter le chemin – Morpheus, In Matrix.

  1. Même si je suis parfaitement conscient que sa disparition impactera à court terme la société.
  2. Une Prius II, puisque vous voulez tout savoir de ma vie, bande de pervers.
  3. Qu’on devrait peut-être arrêter de traiter comme s’ils ne connaissaient rien à l’informatique : si ça se trouve, il y a en France un monsieur Michu qui dirige des réseaux de botnets et va faire tomber mon serveur tandis que son épouse recompile des noyaux Linux entre deux pots de confiture. Les ordures.
  4. Oui, je sais, Alt + Tab sur PC. Mais vous êtes jamais venu sur ce blog ou quoi ?
  5. Si vous avez appris ces astuces ce soir, la prochaine étape, c’est Snow Leopard Efficace.

Présentation iOS en entreprise le 24/03 à Paris

Je présenterai iOS pour l’entreprise chez iCLG Paris, 26 rue du Renard (face à Beaubourg), 75004 Paris, le 24 mars prochain à 10h.

Au programme de la matinée :

– iOS : généralités
– L’intégration et le support Exchange.
– Messagerie, calendriers et carnets d’adresse avec les standards ;
– Contrôler l’environnement iOS avec les profils ;
– Les solutions de gestion mobile : MDM (Mobile Device Management) ;
– iOS et la sécurité ;
– La force d’iOS : les Apps – Achat, gestion, déploiement, SDK…

Une présentation de FileMaker Go pour iPad et iPhone complètera cette matinée.

Pour vous inscrire , cliquez sur ce lien :

http://www.iclg.com/inscription-iclgpro.asp?dateSem=110324&heureSem=10

Venez nombreux !

 

Nouveaux MacBook Pro, Lion… Mon opinion

Opinion dont tout le monde se fout peut-être, mais c’est mon blog, et je dis ce que je veux dessus.

Après cette mise au point importante… :-) Considérons donc que je me suis bien vautré sur les MacBook Pro. Pas de SSD à tous les étages, lecteur DVD en standard, mais l’arrivée de LightPeak Thunderbolt. Donc, vous le saurez : la prochaine fois que je fais une prévision, allez sur un autre blog plus intéressant, je sais pas moi, allez chez Lok MacBrains, David Bosman, WeLoveMac ou encore chez Anthony Nelzin par exemple1.

Donc, pour le MacBook Pro, j’ai été mauvais, mais je pense que j’ai juste quelques mois d’avance, vous verrez bien, je finirai par avoir raison, si si. Mais surprise, Apple a lancé sa petite bombe de la journée avec le débarquement d’une version développeur de Mac OS X 10.7. Au passage, observez le changement radical chez Apple :

  • Début des années 2000 : Mac OS X est présenté et lancé en grandes pompes à chaque conférence majeure. Et ceci, jusqu’à 2007, avec la présentation de Mac OS X 10.5 à la keynote de la WWDC.
  • 2008 : Steve Jobs annonce lors de la conférence de la WWDC que le prochain OS s’appellera Snow Leopard. Et ? C’est tout. Seuls les développeurs auront le droit d’en savoir plus lors de la conférence de Bertrand Serlet. Il aura quand même droit à une petite démonstration un an plus tard pour la keynote de la WWDC 2009. Mais le cœur des démos, c’est clairement iOS, et Apple prépare le terrain pour 2010…
  • 2010 qui ne verra d’ailleurs pas de nouvelle version majeure de Mac OS X. On saura juste que Lion sera le nom de code de la 10.7, et fin 2010, on a droit à une petite démo de quelques minutes qui montrent que Lion sera Mac OS X + plein de gros morceaux d’iOS. « Back to the Mac », qu’ils disaient…
  • 2011 : annonce de la Developer Preview de Lion, en même temps que des nouveaux MacBook Pro. Il y a encore 4 ans, Apple aurait organisé un Special Event, là, c’est tout juste si les attachés de presse sont mis au courant.

Cela indique surtout que Mac OS X, même s’il est toujours important pour Apple, n’est plus le produit à succès qu’il a été, et va s’imprégner de plus en plus de la philosophie d’iOS. Si on veut connaître le Mac du futur, il suffit de regarder vers l’iPad.

La plus grande question (pour moi) restait quand même de savoir ce qu’il allait advenir de Mac OS X Server après l’annonce de la mort des Xserve. Quid du Mac mini Server ? Et bien, la réponse est celle que je pensais depuis quelques temps : Mac OS X Server a été fusionné dans Mac OSX. Enfin, pratiquement : à l’installation de Mac OS X sur un poste, on pourra ajouter le package Serveur.

Ce que, grosso modo, Mac OS X Server fait déjà aujourd’hui.

En effet, le logiciel d’installation de Mac OS X Server, c’est un Mac OS X tout ce qu’il y a de plus standard sur lequel Apple rajoute une couche et des outils d’administration serveur à l’aide d’un package dédié. Dans quelques mois, passer sur Mac OS X Server à partir d’un Mac client ne vous coûtera pas plus cher, pour un nombre illimité de clients.

C’est une stratégie audacieuse, mais intéressante. Et surtout, elle montre qu’Apple veut continuer son serveur, même s’il ne cherche plus à attaquer les marchés d’il y a quelques années. Le temps passe, Apple reste une entreprise orientée utilisateurs, mais sa solution serveur est viable auprès des petites entreprises, donc autant la pousser dans cette direction. Le risque, c’est peut-être de ne pas être au final assez cher. En effet, qui pourrait avoir confiance dans un système serveur qui ne coûte pas plusieurs dizaines de milliers d’euros ? ;-)

Alors, certes, on peut se demander de quoi sera fait ce serveur, Apple ne parlant plus de certaines fonctions majeures des versions précédentes, comme le Netboot ou Podcast Producer. Cependant, il est intéressant de voir qu’elle parle de solutions de gestion centralisée de la partie Mac, mais également tout ce qui touche à iOS avec le nouveau Profile Manager ou une gestion simplifiée du protocole WebDAV. Apple prévoit donc que Mac OS X Server sera un complément utile à des déploiements d’iOS en masse… À voir. Mais je ne suis pas surpris outre mesure de la voir se déplacer là où est son cœur de marché, à savoir, les petites entreprises. Mais je peux comprendre que ceux qui ont investi sur des solutions très coûteuses et orientées sur des structures plus importantes soient inquiets…

Dire que je suis épaté par Lion serait également excessif, mais je suis très intéressé par ce qu’Apple propose aujourd’hui, et curieux de voir ce que sera le produit final. L’été n’est pas encore là, et Lion a encore le temps d’évoluer. Surtout qu’il semblerait qu’une certaine tablette recevra bientôt une mise à jour majeure, et iOS évoluer d’ici là…

Mais surtout, je pense que pour les consultants du monde Mac, il ne faut pas se voiler la face : Apple tire aujourd’hui la majorité de ses bénéfices d’iOS. Le Mac n’est plus sa plate-forme de prédilection, le futur sera tactile, et le PC (et le Mac) sont condamnés à disparaître dans les dix prochaines années. On peut pleurer là-dessus, tout comme on a pu pleurer sur l’abandon de Mac OS 9, des disquettes ou des PowerPC. Plutôt que de s’apitoyer sur le passé, il est urgent de regarder ce que l’avenir nous offre comme opportunités et les saisir. De préférence avec le sourire, même si ce n’est pas toujours facile.

  1. Name dropping particulièrement pas gratuit, donc les gars, n’oubliez pas les petites coupures sur mon compte en Suisse, merci.

Des jolis contes bien contés sur iPhone

Je fais rarement des pubs pour des applications sur iOS ou même sur Mac, mais là, c’est prix spécial du jury et du cœur. En effet, on trouve désormais dans l’iTunes Store trois contes parmi les grands classiques téléchargeables sur iOS pour la somme juste ridicule de 0,79€. Au programme : Boucle d’or, Blanche-Neige et le Petit Poucet.

Déjà, ça, c’est bien, d’autant que les illustrations sont super jolies. Mais en plus, les histoires sont portées par la merveilleuse voix de Michel Élias, qui a en plus le bon goût d’être un Macounet, et a encore le plus meilleur goût d’être un copain. Et sa voix, vous l’avez forcément entendue un jour, que ce soit dans des milliards de pub (dont les célèbres pub Ovomaltine ou Bénetton (« vous me reconnaissez ? »)), en tant que Pumbaa dans le Roi Lion, ou plus récemment dans les deux derniers épisodes du Professeur Layton sur Nintendo DS.

Donc, si vous avez des enfants et un appareil sous iOS (mais qui n’en a pas encore un ?), vous savez ce qu’il vous reste à faire !

TechnoIT fait le point sur Apple en entreprise

J’ai été invité il y a quelques jours par Lionel du blog TechnoIT à participer à une de ses émissions diffusée en balladodiffusion©™® [1]. Et imaginez-vous qu’à peine enregistrée hier soir, l’émission est déjà en ligne ! Un grand merci à Lionel donc pour ce débat de haute volée sur l’implication d’Apple en entreprise. Vous verrez qu’on y parle vraiment de tout : de Mac, de Mac OS X Server, d’iPad, d’iPhone, de déploiement, d’intégration… L’émission s’écoute donc sur le blog de TechnoIT, et vous pouvez vous abonner directement à son podcast ici ! Et vous pouvez suivre TechnoIT sur Twitter.

  1. Je sais, c’est ridicule.

Magic Trackpad : le Multi-Touch pour tous

Donc, hier, Apple a lancé un nouveau périphérique, appelé Magic Trackpad, qui se pose à côté de votre clavier, et qui permet de piloter votre Mac avec des actions Multi-Touch 1. C’est donc la première incartade d’Apple pour intégrer ce formidable progrès technologique au sein des Mac de bureau.

Mais ça ne semble pas assez, et pas mal de monde (enfin, une certaine tranche de la population du web) semble déçue de ne pas avoir doigt à un iMac tout tactile. Par exemple, l’ineffable Olivier Frigara qui est responsable de l’exceeeeeeeellente émission On Refait le Mac 2 pense que l’arrivée du Magic Trackpad est une mauvaise nouvelle, car cela enterre l’idée d’un iMac complètement tactile.

Sauf que je ne suis pas vraiment d’accord, sinon je ne ferais pas un article, évidemment). Car la question est plutôt de savoir si un iMac tout-tactile serait une bonne idée ou non. 3. En l’état actuel des technologies, je dirais « plutôt non ».

Et pour le prouver, je vous invite à regarder cette magnifique petite pub de chez HP pour le Touchsmart 600, un ordi qu’il pourrait bien être un iMac tout tactile à part qu’il est pas très beau. Mais quand même. Regardez donc.


Pub HP touchsmart 600
envoyé par Galdon. – Découvrez plus de vidéos créatives.

Si on regarde en détails cette publicité, on se rend compte que la dame qui utilise l’ordinateur se tient… debout.

Vous utilisez souvent votre ordinateur debout, vous ?

L’approche de HP a du être un truc du genre : « le multitouch 4 c’est bien, c’est hype, c’est le futur, et la logique c’est de le mettre sur l’écran, si Apple l’a fait sur son téléphone, on peut bien le faire sur nos écrans, allez zou ! ».

J’imagine plutôt la situation suivante chez Apple.

« Bon les gars, on a mis du multi-touch dans notre téléphone, ça marche bien. Pourquoi ne pas utiliser cette technologie dans nos ordinateurs ?
– Ah oui, mais le souci, c’est qu’on a testé, et que c’est fatigant pour les bras… Et puis c’est pénible, après, regarde Steven, déjà qu’il a des auréoles pas possibles sous les bras, là il va faire fuir l’étage en moins de dix minutes d’iPhoto…
– Ouais, en plus l’écran se salit vite, et on peut pas le nettoyer en le frottant d’un geste sur sa manche ou son pantalon, comme on le fait avec l’iPhone. Peter il a essayé, et il nous a niqué sept écrans, tu te rends compte, sept !
– Bon, d’un autre côté c’est Peter, hein…
– Ouais pas faux mais bon…
– En plus, si on fait ça, ça veut dire que seuls les portables et les iMac bénéficieront de cette technologie, et en plus un grand écran multi-points, ça risque de coûter la peau des… et en plus on a déjà du mal à produire des bons écrans multi-points avec l’iPad, alors vous imaginez ?
– Et puis y’a le souci du placement de l’écran, ça obligerait soit les gens à se pencher dès la moindre action, et à retrouver quand même leur souris plus tard parce que bon, Mac OS X c’est pas non plus iOS pour tout ce qui est toucher, hein.
– Et toi, qu’est-ce que t’en penses Daaaaaaaaave ?
– Moi ? J’en pense rien. Juste que si y’en a un de vous qui touche à mon écran, je lui dirai de ne pas marcher avec mes chaussures en suédine bleu.
– T’es vraiment bête, Dave. Moi patron, je me disais que de toute façon, ce qui marche bien pour les produits qu’on tient dans la main, comme l’iPad, ça marche plus pour les grands écrans, comme nos portables ou l’iMac, parce qu’on ne peut pas forcément orienter l’écran comme on veut, ou sans mettre une force assez importante pour le bouger. Eh, le 27″ qu’on sort aujourd’hui il pèse un…
– QUOI ? On sort un 27 » aujourd’hui ???
– Euh non, oubliez, j’ai rien dit.

Le silence tombe dans la pièce.

Et d’un seul coup, un ingénieur à lunettes prend la parole :

« Bah alors, on pourrait aussi se dire qu’on fait un trackpad pour le Mac, après tout on l’a déjà fait« . En plus ça marcherait sur tous les Mac, et ça résout tous les autres soucis, non ? Tâches sous les bras, poids de l’écran, etc. En plus, ça éviterait de devoir rester debout tout le temps pour bosser avec, je crois que chez d’autres de nos copains ils ont fait ça, ça casse pas des briques… Après, le trackpad, faut juste le faire en Bluetooth, ça devrait pouvoir se connecter à tous les Mac ça non ?
– Ah ouais, pas con, ça, c’est une bonne idée. Tellement bonne qu’on dira que c’est moi qui l’ai trouvé, mais t’inquiète pas, t’auras quand même ton bonus !
– Ah, et au fait, patron, pourquoi qu’on vendrait pas des piles et un chargeur ? Ça fait des années qu’on met des batteries dans nos portables, c’est un peu pareil non ? Et ça nous permettrait de gagner encore un peu plus de thune…
– Et bien ça, c’est une idée lumineuse, de mon ami Callaghan ! Reste plus qu’à convaincre le Big Boss ! On va devenir riches !
– Euh, on est déjà riches.
– Ah oui, pas faux. Ben on va devenir super riches !

Donc, le Magic Trackpad n’est pas l’iMac tactile. C’est le multi-touch pour tous, et sûrement pensé de façon plus poussée qu’un simple « mettons du multi-touch sur un écran ! » Ce n’est pas un produit qui sort par hasard : il répond bien à la demande du plus grand nombre d’avoir des fonctionnalités Multi-Touch sur les Mac, mais pas que sur les iMac : sur tous les Mac. Tout ça en pouvant quand même conserver quelques résidus de ouiche lorraine 5 sur les doigts sans que ça se voit sur l’écran. Alors certes, ça casse un peu l’image de l’iMac tout tactile, mais ça permet quand même de rester bien assis, d’avoir du multi-touch pour pas cher, et sans changer grand chose à son système. Alors certes, le multi-touch n’est pas encore bien géré par les applications tierce, point valable élevé par Olivier, mais peut-être est-ce justement parce que le matériel qui le gère n’est pas encore assez démocratisé. Désormais, avec le Magic Trackpad, les développeurs vont sûrement avoir de bonnes raisons d’investir dans le multi-touch sur Mac.

Et donc tout ça… c’est finalement plutôt une bonne nouvelle pour le Mac, non ? Mais que voulez-vous, je suis un éternel optimiste… C’est pas moi qui vous dirait « Monde de merde », tiens.

  1. multi-doigts ? Multi-digitales ? Comment qu’on traduit « Multi-Touch » en français, bordayle ?)
  2. Où je cause de temps en temps également, cherchez « Gete » sur le site pour retrouver les émissions auxquelles j’ai participé…
  3. J’aurais pu écrire « une bonne idée (ou pas), mais je me suis retenu. En plus il paraît que c’est has been, comme d’aller chez Azzedine Alaïa, ou de s’acheter des sous-pulls chez Yohji Yamamoto.
  4. qui n’est absolument pas démontré dans la pub, vérifiez vous-même : toutes les actions présentées sont faites en mono-touch, à part l’agrandissement du logo HP en trucage vidéo très mal réalisé à la fin…
  5. C’est des p’tites tartes.

Adobe contre Apple : un combat de vingt-cinq ans

(Attention, billet long…)

La fameuse clause 3.3.1 du SDK d’iPhone OS 4 n’en finit plus de faire parler d’elle. En résumé : cet article indique que « les applications doivent être écrites en Objective-C, C, C++ ou Javascript exécuté par le moteur Webkit d’iPhone OS. Les applications qui pointent vers des API documentées par l’intermédiaire d’une couche de translation ou de compatibilité sont interdites ».

La conséquence directe serait d’interdire les applications générées à partir d’environnements comme de développement comme le tout frais Packager pour iPhone intégré à Flash CS5, ou des outils comme Monotouch, Unity ou encore d’autres.

Les commentaire sont évidemment enflammés, et pour beaucoup, on y voit la main malfaisante d’Apple, qui cherche à brimer les développeurs, en les obligeant à faire de l’Objective-C au lieu d’utiliser des technologies « standard » (je mets « standard » entre guillemets, vous comprendrez plus loin pourquoi).

Surtout, surtout, cela serait le morceau de trop, la preuve de l’arrogance ultime d’Apple et de son mépris pour ses partenaires qui ont tant œuvré pour sa survie durant tant d’années. On doit donc remercier Adobe chaleureusement d’avoir continué à sortir Photoshop & co même lorsque Apple était au fond du gouffre.

Réduire le problème à ce simple débat « Gentil Adobe – Méchant Apple » est bien trop simpliste. La situation est particulièrement complexe, tout comme les relations entre Apple et Adobe.

Pour bien comprendre pourquoi il y a tant d’enjeux aujourd’hui autour d’iPhone OS, il faut repartir à l’origine de la discorde entre Apple et Adobe. Pour moi, elle commence dès 1985, lorsque Apple sort la première LaserWriter. Pour utiliser celle-ci, il fallait envoyer des fichiers utilisant le langage de description de page PostScript. Apple a donc acheté et intégré de juteuses licences PostScript dans ses imprimantes. Sans oublier le coût des polices PostScript, qu’Adobe faisait payer le prix fort. Avec parfois quelques subtilités : par exemple, pour créer des polices PostScript type 1 de meilleure qualité que les PostScript Type 3 , il fallait investir lourdement, les licences proposées par Adobe étant particulièrement coûteuses. C’est ce coût qui a poussé Apple à créer la technologie TrueType et à la licencier gratuitement à Microsoft. Quelle a été la réaction d’Adobe ? Hop, on publie gratuitement toutes les specs de PostScript Type 1… Il n’y a pas mieux que de couper l’herbe sous la concurrence.

Faisons un petit bond dans le temps… En 1997, juste après le rachat d’Apple par NeXT, ou le contraire, on ne sait plus trop. La migration vers Mac OS X va obliger les développeurs à migrer les applications du C++ vers Objective-C. Et ça, ça ne plait pas vraiment à Adobe, Microsoft ou Quark, car ça veut dire beaucoup de travail pour adapter leurs applications vers Mac OS X. Pour éviter de froisser les susceptibilités, Apple crée l’API Carbon, qui va permettre une transition en théorie plus simple des applications héritées de Mac OS vers Mac OS X. Seulement, cela a une conséquence directe pour le développement sur Mac OS X et pour les utilisateurs : certes le travail de développement est facilité pour les développeurs, mais la maintenance de deux API (Carbon et Cocoa) est un travail colossal, épuisant nombre de ressources humaines et rallongeant d’autant les cycles de développement. 1. Carbon a été annoncé comme abandonné depuis 2009, et des logiciels comme la Creative Suite 5 viennent juste d’être portées vers Cocoa… Dix ans de perdus.

Ensuite, il a fallu un temps très long à l’époque pour voir arriver Photoshop en version Mac OS X : alors que ce dernier est sorti en mars 2001, on ne vit débarque Photoshop 7 qu’un an après. Même Quark XPress et Office vX étaient sortis bien plus tôt. Ouch.

Les problèmes ont continué quand Apple a décidé d’intégrer des technologies pour accélérer le fonctionnement des applications graphiques, en particulier Core Image. On aurait pu voir arriver des modules fantastiques pour Photoshop s’appuyant sur les fonctionnalités de Mac OS X. Pas de chance : chez Adobe, on développe pour du multi-plate-formes, même si ça veut dire négliger les fonctions standard du système, et ce même si cela peut avoir un impact sur les performances pour l’utilisateur.

Cette tendance au mépris de la plate-forme s’est accentué avec l’arrivée de « l’interface Adobe » : depuis quelques versions, la Creative Suite propose ses propres modèles de fenêtres, palettes, au mépris des conventions du système, qu’il s’agisse de Windows ou de Mac OS X. Plutôt que de faire plus de travail et de bien nous intégrer à chaque OS, autant mal nous intégrer aux deux ! Après tout, cela sera bien plus simple pour les gens qui travaillent sur les deux systèmes… Même si le pourcentage de clients qui passent d’une plate-forme à l’autre régulièrement est sûrement peanuts. On se retrouve donc avec une interface dans l’interface, pour faciliter le travail d’Adobe. Et tant pis pour l’homogénéité de chaque système, hein.

Pendant ce temps, Adobe continue sa progression, et innove quand même en attaquant directement Quark XPress avec InDesign. Ce dernier s’est fait rapidement un gros succès par sa bonne intégration à la suite CS, ses innovations technologiques, un tarif agressif par rapport à son concurrent qui lui stagnait autant que son développeur était arrogant… Problème : après avoir utilisé la Creative Suite pour imposer InDesign dans un bundle somme toute bien pensé, Adobe n’a eu de cesse de faire grimper les tarifs de sa suite logicielle. La CS d’aujourd’hui coûte quasiment le double d’il y a cinq ans. Ouch. 2.

Adobe a aussi su se faire remarquer en rachetant Macromedia et ses différents logiciels, dont l’inévitable Flash (tiens tiens). Bien sûr, avant l’acquisition, pas de souci, on continuera le développement des logiciels de Macromedia. Utilisateurs de Freehand, soyez sans crainte ! Enfin pour un an, pas plus hein. Après, à la trappe, vous passerez sur Illustrator, même s’il est beaucoup moins efficace pour votre travail, na ! Au passage, Adobe a aussi racheté des produits comme Golive, qui ont également disparu, la faute au rachat de Macromedia. Merci pour rien, les gars. Sans oublier des softs formidables comme FrameMaker, toujours reconnu comme la référence des outils de création de documents techniques. Zou, en 2004, à la trappe la version Mac OS X ! Il ne reste plus qu’une version Windows XP/Vista à l’heure actuelle… au grand désespoir de beaucoup, pas vrai JCC ?

Adobe, c’est aussi la boite qui a décidé un jour d’arrêter Adobe Premiere pour le Mac (lors de la sortie de la version Pro), pour se raviser en 2006, suite au succès de Final Cut Pro et Final Cut Express qui commençait à lui faire un peu mal… C’est aussi la boite qui a décidé que sur Mac, il faudrait obligatoirement une version d’Acrobat Pro trois fois plus chère que la version Windows pour faire des PDF. Tiens, Acrobat… On pourrait en écrire des pages entières sur ce chef-d’œuvre de lourdeur, de non-ergonomie, dont une grosse partie des composants ne fonctionne que sur Windows (Acrobat LiveCycle Designer ou Acrobat Pro Extended, par exemple). Je ne le ferai pas, John C. Welch l’a fait bien mieux que moi (mais en anglais).

Mais Adobe, c’est surtout, depuis quelques années, la technologie Flash. Et vous savez quoi ? Comme beaucoup à ses débuts, j’ai admiré cette technologie, le fait que Flash permette de faire des sites beaucoup plus beaux, plus interactifs, etc. Malheureusement, depuis quelques années, on a constaté de façon assez étonnante des différences de performance entre les versions Windows et Mac de Flash assez bizarres. Chez Adobe, on fait des logiciels pour les technologies du futur, alors optimiser, hein, c’est pour les faibles ! J’exagère ? Si peu… Flash s’est cependant imposé, car c’était la technologie la plus pertinente et la plus standardisée pour créer des jeux, des sites intégrant du contenu multimédia, et bien d’autres de façon assez simple. En particulier, Flash s’est imposé comme LA méthode de diffusion de vidéo… même si elle fait passer les processeurs les plus rapides à 99% d’utilisation pour afficher des images qui bougent.

Le problème, c’est qu’avec le temps, la technologie est donc devenue lourde. Et surtout, HTML5 propose de remplacer en grande partie Flash par ses possibilités d’animation et d’intégration vidéo, sans passer par un plug-in. Et l’iPhone a clairement montré qu’un monde sans Flash était possible. Il est peut-être temps que Flash disparaisse pour laisser la place à un vrai standard.

Mais que peut-donc penser Adobe de tout cela ? Pas compliqué : ses outils permettent de créer le contenu Flash. Mais plutôt que de penser à se pencher vraiment à fond vers HTML et estimer qu’il était désormais temps à Flash de laisser la place au vrai standard, elle décide d’aller encore plus loin dans l’intégration ! « Write Once, Run Everywhere »… Flash est le nouveau Java selon Adobe. Malheureusement, cette fameuse promesse de Java n’a que rarement été tenue : il n’est pas rare de tomber sur un applet Java qui requiert l’usage de Windows… De même, certains développeurs n’apportent le maximum de support technique qu’aux versions de Java tournant sur un ordinateur équipé de Windows. Enfin, il est clair que pour faire du WORE (ahem), il faut délaisser l’optimisation pour des plate-formes spécifiques, et donc créer un nivellement par le bas. Il est impossible qu’une technologie fonctionne de façon standard, partout, de façon archi-optimisée. Sinon, quel intérêt de faire des produits différents… Si c’est pour retrouver la même chose que chez les autres ? Où est le caractère de différenciation ?

Pour Apple, le message a été clair dès le départ : pas de Flash pour l’iPhone. Et chez Adobe, on est furax à l’idée de ne pas pouvoir faire tourner Flash sur l’iPhone, l’iPod touch ou encore l’iPad (cf les différents commentaires sur les différents blogs des gars d’Adobe). Imaginez : une société décide de ne pas se soumettre à la puissance du Dieu Adobe ! Désolé les gars, mais Apple a aussi le droit de décider des technologies compatibles avec ses appareils. Tout comme Adobe peut décider sur quelles plate-formes ses logiciels tourneront, avec ou sans l’avis de leurs anciens clients (voir par exemple les polémiques sur Adobe qui refuse que Microsoft intègre le PDF dans Office (ça semble avoir changé depuis), ou de donner accès à l’intégralité des fonctions de Flash pour raisons concurrentielles). Pour Apple, l’utilisation de Flash mettrait à genoux les appareils portables côté autonomie. 3 Les performances des applications portées de Flash vers iPhone sont par ailleurs pour le moment assez pitoyables… Pas vraiment de bonnes citoyennes.

La décision de couper court à tout environnement de programmation pour porter des logiciels en Flash vers iPhone OS peut sembler arbitraire, mais demeure finalement très logique. De même, Apple n’a pas peur de prendre des décisions radicales avec des technologies obsolètes : lecteur de disquettes, ports série, SCSI, PowerPC…S’il y a bien une entreprise capable de couper avec le passé, c’est bien Apple. Alors que pour Adobe, il sera difficile de tenir tête. Elle ne peut pas se permettre de cracher aujourd’hui sur une plate-forme qui représente une partie non négligeable de ses revenus et qui fonctionne très bien sans elle. 4. Si l’iPhone ne se vendait pas, Adobe aurait de quoi faire levier, mais en l’état actuel, il n’y a pas de concurrent valable à l’iPhone qui pourrait remettre Flash sur le devant de la scène mobile.

Flash est désormais un dinosaure de l’informatique. Le succès des logiciels bloqueurs de Flash comme Click2Flash montrent l’agacement de plus en plus important envers Flash. Adobe génère aujourd’hui du Flash, mais pourquoi ne pas embrasser dès aujourd’hui le HTML5 à fond ? Certes il y a un export Flash -> HTML5 disponible dans Flash CS5… Mais Adobe semble moins le mettre en avant que son export pour iPhone. Ne serait-il pas à la hauteur ? Ou parce que cela serait admettre qu’il existe une autre piste que Flash pour le Web ?

De technologie puissante et créatrice, Flash est devenu le nouveau Java, avec une promesse « écrit une fois, lisible partout ». Cette promesse est cependant irréalisable et crée un nivellement par le bas, ce qui est inacceptable pour une boite comme Apple. Il est désormais temps de laisser la place aux successeurs de Flash, basés sur de vrais standards… mais Adobe n’aime pas trop les standards qui ne lui appartiennent pas (tiens tiens). Et si Apple doit utiliser la méthode forte pour éliminer Flash, croyez-bien qu’elle n’hésitera pas à le faire. Même – et surtout – si cela doit gêner un ami de trente vingt-cinq ans…

À lire également (en anglais) :
– Le point de vue de Jean-Louis Gassée (ex-DG d’Apple France et ancien VP d’Apple), dans ses Monday Notes ;
– Un autre article-fleuve de Daniel Eran Dilger sur RoughlyDrafted.

  1. Même si de nombreuses applications d’Apple ont pu bénéficier aussi de l’aide de Carbon, en particulier le Finder, il n’est pas sûr que les ressources mises sur Carbon n’auraient pas bénéficié à réécrire un Finder en Cocoa bien plus rapidement. Ce dernier n’est arrivé qu’avec Snow Leopard…
  2. Et ne pensez pas faire des économies en l’achetant en ligne : pour télécharger la CS4, il vous en coûtera la bagatelle de 30€… Et pourtant, Adobe estime être une compagnie verte. Eh ben
  3. L’expérience sur les téléphones portables compatibles Flash semble montrer qu’Apple a vraiment raison sur ce point.
  4. Et quand bien même elle le ferait, je suis convaincu que ça n’embêterait pas plus Apple que ça puisque 1) chaque Mac peut faire tourner Windows et 2) Apple doit probablement avoir un Photoshop Killer prêt à sortir au cas où dans les labos. Ne rigolez pas : Mac OS X pour Intel a été un fantôme pendant 5 ans.