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Comment refaire partir un MacBook Pro 2011 dont la carte vidéo ATI a grillé

Une fois n’est pas coutume, je laisse pour une fois le blog à mon ami Yann Jacob, spécialiste émérite des ordinateurs portables Apple, qui va vous expliquer comment faire pour sauver votre ancestral MacBook Pro 2011 affecté par le problème bien pénible de la carte graphique ATI grillée.Yann, c’est à toi !

Mbp 2011

ATTENTION : cette méthode désactive la sortie vidéo externe (merci @dandumontP).

Le pitch

Suite à la demande d’un ami dans la panade, je me suis (enfin) retrouvé avec dans les mains l’un de ces MacBook Pro de 2011 dont le contrôleur graphique Radeon X3000 a un problème de vidéo, dû à la fiabilité de ses soudures de placement, et qui nécessiterait un rebillage de ce composant de type BGA, ou son remplacement.

 

L’histoire

Ce type de composant a à plusieurs reprises posé des problèmes chez ATI/AMD, que ce soit sur des Mac (iBook vers 2005) mais aussi sur des PC Windows utilisant le même chip graphique. Nvidia a également eu à une époque des problèmes similaires sur d’autres types d’ordinateurs…

 

Le fait pour un portable d’être transporté rudement, ou de surchauffer (surtout si les pieds sous le boitier manquent ou que les radiateurs internes sont pleins de poussières) sont des critères aggravants qui peuvent précipiter la panne.

 

Les symptômes de cette panne sont variables: soit une trame de fond irrégulière, soit des lignes verticales de couleur répétées, soit un fond blanc ou noir, mais ils se soldent tous par l’absence de tout affichage video mac lors du démarrage en mode graphique. Mais tant que le Mac est en mode texte le problème n’apparaît pas (démarrage en mode verbeux avec Cmd v, mode single user avec Cmd s).

 

La réparation?

Mais ce type de réparation matérielle n’est pas à la portée d’un amateur sans du matériel bien spécifique (flux liquide et d’air chaud avec une buse à la bonne température, composant AMD de remplacement ou stencils pour son rebillage, soudure en pâte, capteurs thermiques, caméra video de placement, chauffage programmable de la carte, sequence de température de soudure… et un bon savoir-faire !). Il n’est donc disponible que chez très peu de spécialistes, et donc à un prix élevé en rapport avec leur experience et investissement matériel (ex http://macpc.fr)…

 

Les méthodes empiriques de ressoudage par chauffage du composant ou de la carte disponibles sur internet (utilisation d’une bougie, ou d’un four pour espérer rétablir les soudures du composant sur la carte mère) tiennent plutôt de la loterie, et requièrent donc beaucoup de chance pour réussir…

 

Il y aurait bien sûr la possibilité de remplacer la carte mère chez Apple, mais après neuf ans elle n’y est plus disponible, et ici encore le coût aurait été prohibitif…

 

 

Non, plutôt le contournement sans frais !

Pourtant tout ne serait pas perdu !Car cette architecture de portable Apple contient aussi un autre processeur vidéo Intel intégré, bien moins puissant mais bien plus économe en batterie.

 

Après des recherches sur le net, je me suis donc penché sur la méthode la plus simple pour désactiver le contrôleur vidéo Radeon (activé par défaut au démarrage)… en changeant déjà les réglages de démarrage par défaut (écrits dans la mémoire sauvegardée NVRAM), mais aussi pour déplacer l’extension Radeon (qui active le composant fautif s’il est présent) dans un dossier inactif.

 

Il est aussi possible d’utiliser une clé usb pour bosser sur un ArchLinux externe, mais j’ai préféré la solution du mode de démarrage en Single User ne le nécessitant pas.

Voici donc dans l’ordre les commandes que j’ai utilisé. Il serait d’ailleurs possible d’en faire un script Shell lancé au démarrage pour automatiser son action en cas de reset NVRAM, ou mise à jour système comportant la mise à jour des drivers Radeon. Certains le vendent d’ailleurs sur le net !

 

 

Faire un Reset du gestionnaire d’énergie (SMC)

Faire la séquence de touches Shift + Ctrl + Option + Power

 

Faire un Reset de la mémoire sauvegardée (NVRAM)

Faire la séquence de quatre touches Command + Option + p + r  jusqu’a entendre le son de redémarrage une ou deux fois

 

Forcer l’extinction de l’ordinateur (en gardant la touche de mise en marche enfoncée quelques secondes)

 

Demarrer l’ordinateur en mode Single User de la partition de recovery et obtenir le Shell (root#)

Démarrer en pressant les touches Command + s   (voire Command + r + s pour High Sierra)

 

Désactiver si besoin la protection contre les modifications système (SIP) si elle est active

Pour savoir son état taper d’abord

csrutil status

 

s’il répond qu’elle est « enabled », alors taper

csrutil disable

 

Forcer le démarrage sur le contrôleur video intégré Intel par défaut, et ainsi désactiver l’usage du contrôleur video discret (la Radeon) au démarrage, en tapant cette commande de configuration de la mémoire sauvegardée NVRAM…

nvram fa4ce28d-b62f-4c99-9cc3-6815686e30f9:gpu-power-prefs=%01%00%00%00

Activer l’affichage des infos au démarrage, et à l’extinction (c’est juste pour mieux voir ce qui se passe) en tapant

nvram boot-args="-v"

 

Note: une fois la machine fonctionnelle on pourra si l’on veut le désactiver, en tapant plutôt

nvram boot-args=""

 

Rebooter le Mac en tapant

reboot

 

Demarrer l’ordi en mode Single User

Démarrer en pressant les touches Command + s

 

Monter la partition du disque en lecture/écriture en tapant

/sbin/mount -uw /

 

Creer un dossier extensions-off (pour désactiver et y sauvegarder ensuite l’extension de la Radeon), en tapant

mkdir -p /System/Library/Extensions-off

 

Deplacer l’extension de la Radeon nommée AMDRadeonX3000.kext, du dossier extensions au dossier extensions-off en tapant

mv /System/Library/Extensions/AMDRadeonX3000.kext  /System/Library/Extensions-off/

 

Informer le système de la modification de la liste des extensions actives, pour qu’il en mette à jour le cache, en tapant

touch /System/Library/Extensions/

 

Rebooter le Mac en tapant

reboot

 

Normalement il devrait redémarrer et rester sur le contrôleur video intégré Intel HD3000, et si l’on installe l’utilitaire gfxCardStatus on devrait donc voir dans la barre des menus l’icône i comme intégré (dGPU off et iGPU on); pour la gestion de la température, il risque encore de ventiler à tort (il y a des utilitaires comme smcfancontrol qui permettent d’anticiper un peu avec des réglages différents). Certains logiciels de jeu ou de traitement graphiques risquent de ramer avec le contrôleur video Intel, et la machine de chauffer, mais il marchera quand même assez bien pour le commun des applications avec le contrôleur Intel HD3000 intégré.

 

Bonne nouvelle vie donc à ce MacBook Pro, et aux autres que cette documentation pourra aider… et bises à Mélanie et Guillaume (puisqu’on ne peut plus le faire en vrai)!

 

Yann

 

 

De la taille des mises à jour de macOS et des mises à jour de macOS en général

Dans l’ensemble, j’aime toujours autant macOS depuis plus de 25 ans que je travaille sur Mac. Mais il y a une tendance sur laquelle Apple n’a pas vraiment fait d’effort depuis si longtemps : la taille des mises à jour. Et ça devient un vrai problème, à plein de niveaux, qu’Apple devrait traiter urgemment.

Des mises à jour colossales

Prenons exemple sur macOS 10.15. Nous devons aujourd’hui télécharger plus de 8 Go pour avoir un système complet à déployer sur un Mac. Mais si vous avec commencé avec macOS 10.15.0 (fous que vous êtes !), et que vous effectuez régulièrement les mises à jour système, vous aurez téléchargé :

MacOS 10.15.1 : 4,53 Go

MacOS 10.15.2 : 3,04 Go

MacOS 10.15.3 : 2,99 go

macOS 10.15.4 : 3 Go

(J’ai la flemme de mettre les liens, mais vous me croirez sur parole, hein ?)

Donc, si on résume, depuis l’arrivée de Catalina, on a du télécharger plus de 13,5 Go de mises à jour de macOS, soit une fois et demi la taille du système original. Sur seulement quatre mises à jour. C’est colossal. Et probablement inutile : Apple a-t-elle réellement besoin de mettre à jour un tiers de son système à chaque mise à jour ? Ou alors, est-ce la preuve de déficiences plus colossales dans le développement de macOS ? C’est d’autant plus surprenant que le problème, qui a existé avec iOS, a depuis été largement mis sous contrôle : même si les mises à jour restent parfois importantes, on n’en est plus au point où une mise à jour de sécurité pour résilier un certificat (soit un fichier à retirer) exige un téléchargement complet d’iOS….

Des mises à jour opaques

Mais au fait, pour corriger quoi ? Penchons-nous donc sur les notes qui accompagnent ces mises à jour. Si celles de macOS 10.15.1 sont correctes, je me dis qu’il y a des Go dépensés pour rien, quand par exemple je vois la mise à jour 10.15.3 :

La mise à jour 10.15.3 de macOS Catalina améliore la stabilité, la fiabilité et la sécurité de votre Mac. Elle est recommandée à tous les utilisateurs. 

  • Optimisation de la gestion gamma des niveaux de gris faibles sur le Pro Display XDR pour les flux opérationnels SDR lors de l’utilisation de macOS.
  • Amélioration des performances de montage vidéo multiflux pour les vidéos 4K encodées au format HEVC et H.264 sur le MacBook Pro (16 pouces, 2019).

Deux. Correctifs.

Pour 3 Go de mises à jour. Sur du matériel que vous n’avez probablement pas (parce que bon, les Mac Pro et les écrans XDR, ça ne court pas les rues).

La réalité est que cette mise à jour corrige probablement d’autres problèmes, certains pourtant jamais documentés par Apple ou déclarés comme tel par Apple, parce que j’ai du mal à croire qu’il faut 3 Go de données pour corriger deux problèmes sur du matériel hautement spécifique (et dans ce cas : pourquoi ne pas diffuser une mise à jour uniquement pour ce matériel ?).

Par exemple, le fameux bug des portails captifs dont j’ai parlé ici a été corrigé… par macOS 10.15.2 ! Pourtant, les notes de macOS 10.15.2 ne mentionnent pas de correction de ce bug. Donc, oui, cette mise à jour a un intérêt, mais Apple ne communique pas du tout dessus, ce qui est encore plus irritant.

De même, je suis ravi qu’Apple mette à jour Apple News… sauf qu’en France et dans de nombreux autres pays, on n’a pas Apple News pour raison de droits de diffusion. Donc pourquoi imposer une app et une mise à jour qu’un public très restreint peut utiliser ?

Ah mais attendez, il y a aussi des mises à jour de sécurité ! C’est vrai, et elles constituent sûrement une bonne partie du poids des mises à jour système… mais dans ce cas, pourquoi ne pas séparer les mises à jour de sécurité intégralement des mises à jour de macOS ? Apple le fait bien pour ses anciens systèmes, qui n’ont alors plus de mises à jour fonctionnelles ou de bugs logiciels, mais bien des correctifs de sécurité ?

Des patchs plus fréquents… et moins lourds ?

Le poids des mises à jour est d’autant plus énervant quand on est confronté à un vrai problème et que le correctif aurait pu être disponible bien avant, peut-être dans un patch intermédiaire bien plus léger, plutôt que de proposer une mise à jour monolithique à chaque fois.

Même s’il est clair que macOS repose sur de nombreux frameworks interdépendants, il doit être possible pour Apple de trouver moyen de mettre à jour partiellement macOS pour corriger les bugs les plus urgents ou les plus courants. Je reviens une nouvelle fois sur ce problème de portail captif : le correctif (développé à l’arrache) pèse quelques Ko, et ne requière même pas de démarrage. Pourquoi Apple ne serait pas capable de faire de même ?

Et si Apple allégeait macOS ?

Et en général, Apple pourrait de toute façon mettre un peu macOS au régime. Par exemple, en ne forçant pas le téléchargement systématique de tous les fonds d’écran, mais proposer de les récupérer uniquement à la demande, par exemple en affichant une version basse définition le temps de télécharger la version HD ou 5K, ou même en les proposant juste sur l’App Store (pourquoi pas dans une catégorie dédiée ?). Rien que ça, on économiserait entre 1 et 2 Go. Apple le fait déjà bien pour les voix de Siri…

Encore mieux : Apple pourrait proposer des patchs plus fréquents et plus légers, plutôt que des grosses mises à jour monolithiques. À quoi ça sert de faire patienter 4 mois ses clients avec un bug, qui peut être corrigé en modifiant un fichier ? Je suis sûr que certains développeurs viendront m’expliquer qu’Apple ne peut pas le faire, pour une raison technique X ou Y. Je pense pourtant que si Apple veut, Apple peut. Les obstacles techniques, ce n’est pas vraiment ce qui lui fait peur. La volonté politique, probablement plus… Microsoft a déjà choisi cette approche depuis plusieurs années, avec les Patch Tuesdays1 pour les mises à jour de sécurité. Avantage énorme de cette approche : on sait quand les patchs de sécurité tombent. De même, Apple pourrait faire en sorte que les petits patches qui ne nécessitent pas de redémarrage soient déployées silencieusement. S’il n’y a pas besoin de redémarrer, le patch peu probablement être déployé en dehors du reste. Ou au pire, juste demander une fermeture de session.

Pour la WWDC 2020, j’aimerais donc qu’Apple annonce :

  • Un OS plus léger à installer ;
  • De meilleures notes de mises à jour quand les bugs sont connus et corrigés ;
  • Des mises à jour de taille réduite, si possible découplées des mises à jour de sécurité ;
  • Oh, et j’adorerais qu’Apple remette en ligne une liste des articles de support régulièrement mise à jour, comme elle le faisait à l’époque glorieuse de la TIL FR (les vrai savent), avec un flux RSS, à l’ancienne, pour qu’on soit mis au courant des problèmes connus et des éventuelles solutions (y compris temporaires).

C’est pas forcément énorme, mais ça serait déjà bien. Les gens qui n’ont pas une fibre à domicile et les techniciens de support informatique lui diront déjà bien merci.

Oh, et moins de bugs. Quitte à ce qu’il y ait moins de fonctionnalités. Si on pouvait avoir un Snow Catalina, ça serait pas mal du tout.

  1. C’est une approche non officielle, mais elle semble quand même assez standardisée.

Oublier un package d’installation pour pouvoir le réinstaller

Problème curieux rencontré il y a quelques jours : impossible de réinstaller un package sur le poste d’un client. Sur les autres postes, aucun souci, mais pas sur le sien. Il s’agissait d’un package Cisco AnyConnect customisé pour installer uniquement la partie VPN. Quand on veut le réinstaller via le Self Service de Jamf, l’installation semble se passer… mais rien n’apparaît sur le Mac. Idem si on essaye avec la commande installer. Et quand on veut l’installer par l’interface graphique… rien à faire, car le logiciel d’installation bloque au moment de choisir les options disponibles pour l’installation.

Solution :

  • Lancer le Terminal ;
  • Taper :
pkgutil --pkgs

Ce qui vous donnera déjà le Package ID de tous les packages installés. Dans cette liste, cherchez le package qui correspond au logiciel installé. Dans mon cas, c’était com.cisco.AnyConnect.

  • Tapez maintenant :
sudo pkgutil --forget Package ID

En remplaçant le Package ID par celui trouvé précédemment, donc par exemple :

sudo pkgutil --forget com.cisco.AnyConnect

Tapez votre mot de passe d’administrateur, et validez. La présence du package est désormais oubliée par le système, et le package devrait être installé correctement.

Command-iT 2019 : toutes les conférences sont en ligne !

JLogo Command iTe n’avais pas pris le temps de l’annoncer officiellement, mais toutes les conférences de Command-iT 2019 sont visibles en ligne sur la chaine YouTube de Command-iT !

Encore merci à tous les intervenants d’avoir joué le jeu en donnant de leur personne pour aborder tous ces sujets variés et passionnants, avec parfois des points de vue très marqués ^^

De mon côté, j’ai pris plaisir à animer ma conférence sur le DEP (enfin, Apple Business) ainsi que le workshop sur les packages (une première pour moi). Encore merci à tous les participants pour leurs commentaires, leur enthousiasme, et tous les échanges qui ont enrichi ces deux journées. 

Et si vous souhaitez voir un peu les coulisses de Command-iT, n’hésitez pas à regarder l’émission spéciale d’iWeek consacrée à Command-iT, avec Benjamin Vincent et une bonne partie de l’équipe habituelle ! Merci à Ouatch.tv de nous avoir suivis !

Quand à nous (enfin, les équipes de Gete.Net Consulting et Maxerviciz), nous prenons un peu de repos avant de préparer la troisième édition l’année prochaine… Car oui, Command-iT reviendra en 2020 !


Un message caché sur icloud.com

Le saviez-vous ? La page d’accueil d’iCloud contient un message caché. Pour le visualiser, il faut activer le menu Développement de Safari (menu Safari > Préférences > Avancées > Afficher le menu Développement dans la barre des menus), puis cliquer sur le menu Développement > Afficher l’Inspecteur Web. Dans la division de fenêtre, cliquez enfin sur l’onglet Console.

Et hop !

ICloud Message Cache

Il ne vous reste plus qu’à postuler chez Apple !

Le syndrome du Pro

Qu’est-ce qu’un pro ?

Je me pose la question encore une fois, suite à de nombreuses discussions sur mon fil Twitter. Certains estiment que l’iPad Pro… n’est pas pro. Parce qu’il n’est pas capable par exemple de gérer facilement un disque dur USB à travers l’appli Fichiers. Une limite totalement arbitraire imposée par Apple, c’est vrai.

Pour d’autres, ça sera l’absence de souris qui constituera une faiblesse. L’absence de pavé numérique. L’absence de Photoshop / InDesign / une application de bureau classique.

Pour d’autres, c’est l’absence de Microsoft Office. Ah mais non, il est dispo depuis bientôt 4 ans. Ah oui mais non, c’est pas la même chose que sur un ordinateur de bureau. Donc pas pro.

Mais est-ce que ces seuls points discréditent l’iPad (pas forcément Pro, non plus), de remplir des tâches professionnelles ?

Chaque jour, on rencontre de nouveaux utilisateurs d’iPad qui s’en disent satisfaits. Qui bossent avec, qui créent. Ce sont aussi des pros. Mais à la différence d’autres utilisateurs, ils ont été prêts à accepter les quelques sacrifices qu’imposaient la bascule vers iOS pour un outil qui leur correspondait peut-être plus. Qui leur proposait des choses qu’un ordinateur portable ne fait pas aussi facilement. Comme prendre une photo, et griffonner des remarques dessus avec un Apple Pencil avant de l’envoyer à un contact quelconque ou le stocker dans un service cloud dédié pour qu’un client puisse également l’annoter. C’est pas pro, ça ? Pourtant, c’est exactement ce pourquoi l’iPad a été conçu.

IPad Pro

Tenez, prenez la revue-fleuve de Federico Vittici sur iOS 12. Ce n’est pas sa première revue, loin de là, entièrement réalisée sur iOS. Ce n’est donc pas un usage professionnel ? Vraiment ? Pourtant, il a produit plusieurs milliers de signe, et tout mis en ligne uniquement avec son iPad. En revanche, il est intéressant de constater que dans la liste des applications utilisées pour réaliser cette revue, il n’y a pas de ces killer apps si indispensables à tout usage pro. Pas de Microsoft Word™, pas d’Adobe Photoshop™. Car l’iPad Pro n’est pas une machine de confort. C’est un ordinateur (disons-le, oui, c’est un ordinateur, ni plus ni moins), qui ne se laissera apprivoiser que si vous acceptez de remettre en cause votre façon de travailler, vos outils, pour y trouver de bien meilleurs outils, plus adaptés à vos besoins.

C’est un peu d’ailleurs un problème général : se dire que Word ou Excel sont incontournables, alors qu’il existe des outils cent fois meilleurs pour certaines tâches, même sur Mac. Personnellement, j’ai par exemple de plus en plus de mal à travailler avec Word, alors que je prends de plus en plus plaisir avec Pages, ne serait-ce que parce qu’il gère correctement les fonctions d’auto-enregistrement de macOS.

Mais alors, on peut toujours revenir à la question initiale : qu’est-ce qu’un pro ? Un professionnel, donc. Mais de quoi ?

Si l’on prend la définition de Wikipedia: Le professionnel est une personne spécialisée dans un secteur d’activité ou exerçant une profession ou un métier. Le professionnalisme caractérise la qualité du travail de quelqu’un ayant de l’expérience. Le professionnalisme est la capacité à assurer un engagement envers la société et à répondre à ses attentes. Mais historiquement, chez Apple, les Pro… ce sont les créatifs. Enfin, ça c’était avant. Depuis, Apple a conquis avec l’iPad et l’iPhone bien d’autres marchés professionnels, dont on parle beaucoup moins, parce qu’on reste attaché à cette frange de professionnels qu’ont été les créa de l’image, du son et de la vidéo durant des années pour Apple.

Il y a cependant une différenciation très importante chez Apple sur l’utilisation du mot pro. Chez Apple, le Pro s’applique pour différencier les gammes de matériel. Ce terme Pro a remplacé le terme Power avec le temps : Power Macintosh > Mac Pro, PowerBook > MacBook Pro, Power Pascal > Pascal Praud (ok je sors). L’iPad aurait pu s’appeler le Power iPad… et cela aurait été finalement plus clair. Un iPad, avec plus de puissance, tout simplement. Apple fait donc peut-être une erreur et complique la situation en attribuant le terme Pro à ses ordinateurs qui sont simplement les plus puissants, et pas juste réservés à une clientèle pro voire une clientèle s’intéressant uniquement à la création pure.

Revenons donc à nos iPad Pro. Si vous estimez donc que vous avez absolument besoin de connecter un disque dur externe de 8 To dessus pour travailler toute la journée, alors peut-être qu’effectivement, l’iPad Pro n’est pas (encore) pour vous. Mais ne pensez pas que ce que vous ne pouvez faire qu’avec votre ordinateur disqualifie automatiquement l’iPad comme outil professionnel pour beaucoup de gens. Considérez juste l’iPad comme un outil inadapté à votre besoin, tout comme le MacBook Pro pourrait être considéré comme inadapté à d’autres besoins. Seul importe le résultat final. Et ça ne rendra pas l’iPad pro moins pro pour les autres. Your mileage may vary, comme disent les anglais avant le Brexit (après, ils diront juste « Fuck fuck fuck »).

Ce n’est pas l’outil qui décidera si vous êtes un pro ou non. C’est ce que vous ferez de cet outil qui le décidera pour vous.

DiskMaker X 8 for Mojave est disponible

Si vous avez besoin de créer une clé de démarrage de macOS, et que vous avez envie de vous jeter su le nouvel OS d’Apple ce soir comme la misère sur le pauvre monde, pensez à sortir couvert ! DiskMaker X est mis à jour dans une nouvelle version pour la modique somme de ce que vous voulez.

Toutes les infos nécessaires sont sur le site http://diskmakerx.com. Qu’il va falloir qu’un jour je me prenne la tête à remettre en VF, suite à une mauvaise manip de ma part qui avait fait sauter les différentes langues, WOUHOUUUUUUU !!!

Et je reste à l’écoute de vos commentaires et suggestions à l’adresse ldm@gete.net.

Bonne migration, et n’oubliez pas le plus important avec de passer sur un nouvel OS :

SAUVEGARDEZ !!!

 

BACKUP

[Test] Fibaro, un détecteur d’ouverture de porte compatible HomeKit

Drame il y a quelques jours : un Velux resté ouvert, un orage un peu violent, une manette GamePad Wii U laissé sur le canapé… sous le Velux.

Et plouf le Gamepad.

Après avoir déboursé la rondelette somme de 80€ pour un nouveau GamePad (ouch), il a fallu trouver une solution pour éviter que le problème se reproduise. Et comme je n’en suis pas encore à lancer un Leetchi pour me faire offrir un nouvel iPhone remplacer le Velux par un modèle à détection de pluie, j’ai du chercher une solution pour au moins être alerté quand la fenêtre est ouverte.

Je n’ai donc pas encore trouvé la solution idéale, mais j’ai trouvé un détecteur de porte efficace chez Fibaro : le Door/Window Sensor (référence FGBHDW-002).

FIbaro Home door detection

Attention, il n’est pas donné : à 67,90€ chez Amazon, on n’est pas dans du produit d’entrée de gamme. L’indispensable Pierre Dandumont a lui testé deux autres solutions sur son blog.

La mise en route est normalement simplissime : on allume l’accessoire (en retirant le petit papier qui bloque la pile), et on scanne le code HomeKit (à bien conserver précieusement) avec l’application Maison. Puis…

Rien. Accessoire non détecté.

Grumpf.

Mais est-ce que le souci ne viendrait pas d’iOS ? Car je venais juste de faire le passage vers la GM d’iOS 12…

Nouveau test, avec un iPad encore en iOS 11 et des brouettes…

Eureka ! Le jumelage se fait du premier coup, et l’accessoire est ajouté et visible dans l’application Maison.

IMG 5210

Et désormais, quand la fenêtre est ouverte, je reçois une alerte sur mon iPhone ! Enfin presque : il a fallu que je décolle et recolle l’accessoire dans le bon sens (on peut le visser). Après, c’est bon.

IMG 5210

… Et même sur l’Apple Watch !

IMG 5211

Idem quand elle est fermée : on reçoit alors une nouvelle alerte.

IMG 5212

Et dans l’app Maison, le détecteur est visible et son état indiqué.

IMG 5208

Cependant, HomeKit reste limité : impossible de rajouter un appareil détecteur de pluie, comme une station météo, pour déclencher une alerte si le détecteur de porte est en position ouverte ET il commence à tomber de la pluie. Mais c’est peut-être faisable avec des solutions comme Homebridge. À suivre donc…

iMac : la rupture d’Apple

Il fallait vraiment avoir la foi pour croire au retour possible d’Apple en mai 1998. Steve Jobs a repris les rênes de la société depuis moins d’un an, et il a mis en chantier un plan ambitieux, axé durant les premiers mois autour de l’image de la marque, et de Mac OS (pas encore macOS), son joyau. Apple n’avait pas encore cependant marqué les esprits, et Mac OS X n’existait alors que virtuellement, le chantier de l’adaptation de NextSTEP au Mac ayant à peine commencé. La seule grande raison pour laquelle Apple avait fait parler d’elle quelques mois auparavant dans les médias, c’était lorsque Bill Gates avait daigné mettre 150 millions de dollars dans la boite (« Microsoft rachète Apple »), en actions sans droit de vote. Ce qui a permis surtout d’étouffer les procès en cours…

Mais il manquait une vraie annonce, capable de marquer durablement les esprits. Un produit capable de remettre Apple au centre de la scène. Capable de créer une déflagration.

IMac

L’iMac a été cette déflagration. Un vrai choc. Son annonce a été scrutée, analysée, disséquée. C’était un produit clivant, mais capable aussi de rassembler. Sa couleur (le fameux Bondi Blue, du nom de la plage de Bondi en Australie) ne laissait jamais indifférent

Je me souviens des débats sans fin sur fr.comp.sys.mac autour de cette annonce, de ce produit fou, sorti de nulle part, ressemblant à aucun autre. Et surtout de la rupture technologique qu’il a constitué, avec un processeur G3 performant, et l’abandon de technologies historiques comme l’ADB ou le port série, ou encore le SCSI, et l’adoption de l’USB, standard émergeant de l’époque. La fin du syndrome NIH : Not Invented Here. Des choix très critiqués à l’époque, mais finalement justifiés et qui ont permis à Apple de se relancer. Et puis, le début de la fin pour le lecteur de disquettes, alors que les clés de stockage USB n’étaient même pas un concept pour l’époque.

C’était aussi le vrai retour d’Apple sur le marché grand public et dans l’éducation, avec un ordinateur doté d’un port Ethernet (très rare en standard à l’époque), et d’un modem 33,6k en standard. Ce point avait tellement fait râler qu’Apple l’a corrigé avant la sortie de l’iMac, en intégrant finalement un modem à 56k, plus dans l’air du temps.

L’iMac a créé une rupture technologique et une rupture financière avec la fin du cycle infernal des baisses des ventes (il me semble qu’il n’y a eu ensuite qu’un ou deux trimestres où elle a vraiment bu la tasse ensuite, pas merci le G4 Cube…).

Mais surtout, l’iMac a créé une rupture émotionnelle, avec l’arrivée d’un ordinateur vraiment design, en rondeur, un véritable OVNI (« it comes from another planet… a good planet, with better designers, ajoutera-t-il malicieusement) dans le triste design industriel de l’époque. C’était la véritable arrivée de Johnny Ive aux commandes de l’Apple Industrial Design Group.

Qu’on l’aime ou pas, l’iMac aura été le symbole pour Apple d’un retour sur le devant de la scène, de sa renaissance, et le terme n’est pas trop fort. Et il est toujours amusant de constater qu’il s’agit sûrement du seul produit Apple à n’avoir jamais changé de nom depuis 20 ans, malgré ses différentes itérations qui l’ont petit à petit éloigné du concept original dans la forme, mais pas dans le fond : un ordinateur tout-en-un, pour tous.

Alors, joyeux anniversaire iMac. Le monde (et Apple) aurait été un peu moins sympa sans toi.

Et si vous avez envie d’en savoir plus sur le design des produits Apple, vous pouvez revoir ma conférence « Apple et le design », où je parle de l’iMac à partir de 24:30.

Command-iT : la conférence des Administrateurs et Administratrices Apple

Il y a presque une année de celà, mon copain Bertrand Pourcel de Maxerviciz et moi-même de Gete.Net Consulting assistions à MacAD UK, chez nos amis grand-bretons (où j’avais eu l’honneur de présenter une conférence sur DiskMaker X, entre autres). Et revint sur la table un débat qui nous avait déjà bien pris la tête durant ces dernières années :

Mais pourquoi on n’organise pas la même chose pour les Français, bon sang ?

En clair : est-ce que nous ne serions pas capables également de lancer une conférence francophone, de faire venir les experts du monde Apple pour discuter des outils d’administration, des meilleures méthodes de gérer un parc Apple, de notre façon d’appréhender ces déploiements, d’améliorer la sécurité, bref… de nous faciliter la vie et de faire profiter de notre expérience le maximum de nos confrères et consœurs ?

Un an plus tard, la réponse est SI. Nous en sommes capables. On relève le défi parce que c’est notre projet.

Voici Command-iT. IT, parce que c’est ce que nous faisons, de l’Information Technology. Command, parce que c’est la touche emblématique que l’on ne trouve que sur le clavier du Mac. Pour les plus anciens d’entre nous, elle nous accompagne depuis trente-quatre ans. Elle est le symbole de quelque chose d’intéressant.

Et c’est exactement ce que nous allons faire : quelque chose d’intéressant. De passionnant. Nous allons construire quelque chose, dès le 24 mars 2018 (inscriptions ici, avec un tarif préférentiel si vous vous inscrivez avant fin janvier). Nous allons essayer de partager notre passion, et de rendre notre travail encore plus efficace.

Être administrateur Apple, en 2018, c’est œuvrer pour un écosystème parfois complexe, en constante évolution, avec des problématiques de plus en plus pointues, dans un besoin de sécurité toujours plus important. Ce sont de nouveaux challenges, des nouvelles situations à appréhender, des nouveaux types d’appareils, de systèmes qui sont autant de nouveaux défis à surmonter. C’est devoir jongler entre des problématiques grand public et des milieux professionnels pas toujours au courant des spécificités de ces environnements.

Alors, rejoignez-nous pour cette première expérience. Elle ne sera certainement pas parfaite, car ce sera une première en France. Mais on saura enfin si nous avions raison, on vous écoutera, et si ça marche, on sera prêt pour rendre la deuxième édition encore meilleure. Et si vous avez envie de devenir partenaire, de sponsoriser l’événement, contactez-nous.

Le bonus : pour sa première, Command-iT prendra place dans un lieu fantastique, au Futuroscope de Poitiers. D’abord parce que ce sont les seuls à avoir accepté notre proposition Bertrand est du coin (ce qui me déchargeait bien de la partie logistique, soyons honnête), ensuite parce que j’ai déjà visité le parc et qu’il en vaut vraiment le coup, que ça soit en terme de qualité des attractions, d’architecture, de nourriture (sérieusement, les restaurants du parc sont à cent-mille lieux de ce que vous avez pu vous infliger dans d’autres parcs). Enfin parce que c’est un parc axé sur la technologie, et la technologie, c’est notre métier. En bonus, vous pourrez profiter du parc le dimanche, en famille si vous le souhaitez (ou tout seul, c’est très bien aussi).

Alors…

Construisons des choses intéressantes. Ensemble.

Bienvenue à Command-iT.